Gil Scott Heron: « We’re New Again »

Comme l’avait fait Jamie XX pour le disque remixé We’re New Here, le jeune batteur et compositeur américain Makaya McCraven s’est emparé des pistes vocales de l’album I’m New Here du regretté poète soul-jazz Gil Scott Heron pour concevoir l’éclectique et passionnant We’re New Again. Éclectique, car McCraven n’hésite pas à jouer à saute-mouton avec les styles musicaux, le jazz en premier lieu, le funk, le hip-hop, le blues ; un exercice d’autant plus naturel que Scott Heron lui-même naviguait entre soul, jazz et proto-rap et que chaque chanson de cette relecture est séparée par un bref interlude en forme de bout de poème ou de conversation volée en studio.

Ces textes-bilans d’une vie chaotique revivent sous les arrangements savants de McCraven, soul-jazz sur la poignante « I’m New Here » (avec la harpe de la jeune Brandee Younger), le jazz « pur » de « New York Is Killing Me » ou les inclinaisons hip-hop des brillantes « I’ll Take Care of You » et « Me and the Devil ». Une relecture aussi ravissante que l’impression d’entendre Gil Scott Heron pour la première fois.

***1/2

Men I Trust: « Oncle Jazz »

L’album a beau s’appeler Oncle Jazz, il sera avait tout question ici de pop moelleuse et sensuelle avec le trio québécois Men I Trust qui propose là son 3e album en 5 ans.

Rien à jeter parmi 24 titres qui constituent ce disque. Mieux que ça, malgré sa durée de 71 minutes, ce double album ne se révèle jamais lassant, bien au contraire ! Il aurait plutôt tendance à nous envelopper dans un confort absolu. Avec son groove léger, ses sonorités bien rondes et la voix sublime et charmeuse la chanteuse guitariste Emma Proulx, Oncle Jazz est un vrai délice… quelque part entre Mac DeMarco, Beach House et Chromatics…

En effet, Men I Trust partage des points communs avec Johnny Jewel et ses groupes, notamment dans cette manière de faire sonner la reverb ou de développer des ambiances electro pop 80’s tendance « fin de soirée »… mais avec ce petit truc en plus à aller rechercher du côté du jazz peut-être, dans ce petit groove qui rend cet album qui ferait le même effet qu’une couette bien douillette.

***

Mocky: « A Day At United »

Deux albums en moins d’un an pour Mocky ! Après le très Lounge et ô combien délicieux Music Save Me, le compositeur canadien fait désormais paraître A Day At United, un disque dans un registre Soul Jazz Pop là encore irrésistible.

Opus de crooner enregistré en une journée lors d’une session menée à la baguette (c’est le cas de le dire) par Mocky depuis son kit de batterie, en compagnie de ses musiciens et du producteur Justin Stanley.

Neuf titres imaginés en quelques jours du côté de Silver Lake, là où vit désormais ce grand fan de Miles Davis mais sans doute aussi de Stevie Wonder, Marvin Gaye ou Curtis Mayfield. Des noms dont les ombres planent sur cette production  d’une infinie délicatesse tant elle est évocatrice de douces nuits d’été.

***1/2