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Elva: « Winter Sun »

Les opposés s’attirent et sont faits pour se rencontrer, dit-on. Winter Sun, le premier album d’Elva, groupe à deux têtes bien faites et bien pleines, en est une preuve.
Le duo, d’abord. Elizabeth Morris, déjà bien connue pour avoir fait partie des Allo Darlin’, dont l’album Europe notamment avait déjà été repéré par les radars de la pop, est australienne d’origine et son compagnon Olla Innset, a œuvré au sein de quelques groupes norvégiens. L’Australie / La Norvège, le nord / le sud, le chaud / le froid…
Le titre de l’album, ensuite. Winter Sun, ce serait presque un oxymore mais sont en fait deux termes que rien n’oppose mais qui, au contraire, rapprochent les esprits… et les oreilles.
La pochette, enfin. On retrouve, là encore, cette dualité dans l’illustration de l’album avec la verdure, la luxuriance de la nature qui enserre tel un écrin une bulle glacée de blancheur hivernale.

Et la musique, dans tout cela ? L’album a été enregistré à l’automne 2018 dans un studio en pleine forêt suédoise. On peut penser que la quiétude des lieux a dû grandement favoriser l’énergie créatrice du couple qui se partage le micro. Les arrangements vocaux sont cristallins comme l’eau d’un ruisseau de montagne. D’ailleurs, en Norvégien, « Elva » signifie fleuve.

C’est vrai, à l’écoute des dix morceaux qui composent cet opus, on est en terrain connu. On pense à Belle and Sebastian ou encore à Camera Obscura, entre autres. On pourrait dire que c’est du folk à la sauce norvégienne mais cela serait très réducteur. Car confort ne signifie pas facilité. Les paroles sont belles, intelligentes, profondes et empreintes parfois de mélancolie. Le couple est bien dans son époque, enjoignant l’auditeur à vivre le moment présent et à lâcher des yeux les écrans (« Dreaming With Our Feet) ». L’atmosphère se fait tantôt sereine comme sur le morceau « Harbour in the Storm », tantôt plus agressive avec la présence de guitares distordues qui apportent ce qu’il faut de punch à la mélodie très accrocheuse de « Airport Town. »

Winter Sun est album très plaisant à qui donne envie de se laisser porter par le délicieux flot de sa rivière quitte à en être submergé.

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3 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

Benny Sings: « City Pop »

Pas New Yorkais ni même Californien, Benny Sings est un musicien chanteur hollandais (de son vrai nom Tim van Berkestijn) dont le dernier album remonte à 2015. Le voila désormais signé sur label de Los Angeles pour nous apporter, avec City Pop, sa part de groove, de rythmes langoureux et de bonnes vibrations.

Dans uns style Soul Funk Pop 70’s, voie début 80’s, proche à la fois du son de Steve Wonder et des Bee Gees mais aussi de ceclui de vieilles gloires du soft rock californien, Benny Sings charme, séduit tout de suite avec sa voix fragile et ses intrus impeccables, accompagné par le Canadien Mocky (sur « Duplicate ») qui lui aussi s’y connait en matière de pop moelleuse et sucrée.

Difficile donc de résister cette fois encore au savoir-faire de ce garçon qui n’en finit pas de nous cajoler avec sa Sunshine Pop plus roborative que jamais.

***1/2

22 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Lilac Time: « No Sad Songs »

En 1979, Stephen Duffy avait participé à la formation de Duran Duran avant de continuer en solo sous le nom de Tin Tin. S’ensuivit, en 1987, le désir de fuir les contraintes de l’industrie musicale et la mise en place, avec son frère Nick, de Lilac Time afin de poursuivre son esthétique soft-pop acoustique.

Depuis, Duffy a alterné collaborations extérieures (Robbie Williams, le violoniste Nigel Kennedy), disques en solo et productions sous le nom de Lilac Time comme ce dernier opus No Sad Songs.

Ce neuvième album est constellé de de mélodies pop majestueuses et d’orchestrations apprêtées, le tout contribuant à créer une atmosphère légère et romantique. C’est un disque à savourer, en galante compagnie de préférence, et surtout en goûtant les délices des douces amertumes qui, parfois, s’y incrustent.

***1/2

18 juin 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Sean Nicholas Savage: « Bermuda Waterfall »

L’album s’ouvre sur « Boogie Nights » un titre qui ne pourrait plus être représentatif de Sean Nicholas Savage, Depuis 2008, ce Canadien de 27 ans a produit une pop musice sereine et raffinée allant du douceâtre un peu écoeurant à une suavité succulente. Les thèmes en sont à l’unisson : la romance, les relations humaines et l’amour. Il sont toujours abordés de façon emphatique persque hollywoodienne mais il ne tombe dans ses excès. Il a une oreille pour la pop etemporelle et il combine à merveille jazz, lounge music, du R&B confortable et des « power ballads » d’une façon excentrique qui lui est propre. Cela donne des mélodies sans âge venue d’une personnalité mystérieuse qu’il a créée et exigeant une écoute répétée.

Sur son opus précédent, Savage avait choisi de ne pas trop pousser le son mais plutôt de le dépouiller et de raffiner ses éléments fondamentaux. Il avait donc poussé son spectre vocal au maximum avec des falsettos massifs.

Sur Bermuda Waterfall il semble avoir réalisé qu’il y avait un décalage et il a décidé de polir et d’élargeir les tonalités. Les pianos bénéficient de se traitement et les percussions sonnent complexes et équilibrées et, quand une rare guitare s’élève, elle sera chaude et enveloppante plutôt que brouillée et froide (« Hands Dance »).

Cette nouvelle signature n’est pas un énorme départ pour Savage dans la mesure où la séduction émane de chaque sillon. Les scratches lo-fi sont charmants et ne font qu’érafler légèrement les titres, juste pour éviter qu’ils ne tombent dans la mièvrerie.

On ne peut s’empêcher que, par moments, il se parodie lui-même (un Hangin On » évoquant Austin Powers) mais en d’autres occurrences sa tendresse n’est en aucun cas feinte (« Please Set Me Free »). Savage demeure le même crooner au cœur tendre et aux yeux troubles ; Bermuda Fall semble néanmoins être une projection sur plus grand écran qu’auparavant. Other Life, son album d’avant, était le plus indie, Bermuda Waterfall s’inscrit dans la lignée des « blockbusters ».

***1/2

19 mai 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire