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Rat Boy: « Internationally Unknown »

Rat Boy alias Jordan Cardy de Chelmsford dans l’Essex, nous livre, 18 mois seulement après son premier album studio, Scum, une suite qui maintient les ingrédients originels mais qui s’aventure un peu plus loin dans le spectre musical du jeune musicien de 23 ans. Pour assurer l’après Scum nous est proposée au travers de 12 titres une nouvelle facette de Cardy nommée Internationally Unknown et surtout, une collaboration de choix.

Tim Armstrong, vieux routard punk de Rancid, a contacté lui-même l’artiste pour lui proposer sa plume et sa voix (en découle notamment un chouette « No Peace No Justice » pour un album qui reste en priorité dans la veine punk rock.

Ajoutons un autre élément qui fait que cet opus n’est pas une redite du premier ; Rat Boy a veillé à ce que les morceaux aient tous un « style » reconnaissable. Majoritairement ce sera du punk-garage avec « Chip on My Shoulder », » I Wanna Skate » et « So What » : guitare bien saturée, paroles courtes et voix éraillé:, de la valeur sûre pour le pogo.

Par la suite, l’amour du punk-rap de Rat Boy sera fidèlement traduit au travers de deux titres qui rendent hommage aux maitres du genre, les Beastie Boys : « My Name is Rat Boy » et « Don’t Hesitate ».

Le côté innovant du disque se traduira sur des morceaux comme un « Follow Your Heart », une sympathique titre electro-pop où, la voix de Cardy y est plus posée, le tempo ralenti un peu et nous permet de souffler en milieu d’album.

Enfin, un petit ovni qu’on n’attendait pas : un bon ska-reggae avec « Night Creatur »e. Pas de parodie du genre, cela sonne juste et étonne dans cette deuxième partie d’album un peu plus lisse.

Internationally Unknownn’est pas un opus redondant dans la mesure où il revendique toujours un côté amateur ; l’intérêt qu’il suscitera alors sera le fait qu’il s’éloigne du punk stricto sensu, et qu’il le fait de belle manière.

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1 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Fidlar: « Almost Free »

On connaît FIidlar pour leur fusion entre garage-punk et skate-punk bien énergique et déchaîné, alliage qui a donné naissance à deux albums : le premier, éponyme en 2013 et Too en 2015. On avait vu le groupe californien être à l’aise dans ses baskets avec des riffs qui déchirent et des rythmiques hallucinées mais qui, à force, tournaient un peu en rond. Pour relancer la machine, ils reviennent avec leur troisième album nommé Almost Free.

Fidlar a décidé de se lancer dans l’aventure de l’album qui regroupe plusieurs styles musicaux différents. On retrouve le côté déjanté qui a fait leur réputation comme sur l’introduction nommée « Get Off My Rock » mais encore sur « Can’t You See » et « Flake » où les sonorités dignes de Portugal. The Man ne sont jamais lointaines.

À trop vouloir élargir ses horizons et vouloir repousser les limites, on pourrait s’y perdre un peu aussi, quitte à trahir ses origines, Fidlar n’hésite pas à faire intervenir une section cuivres sur quelques titres dont le morceau-titre très dansant. Fort heureusement, on retrouve des morceaux pur jus comme « Kick » qui traite des problèmes de santé mentale ou encore « Scam Likely » mais on s’intéressera un peu plus sur les textes qui sont le point fort de ce nouvel opus. Traitant des petits désagréments du quotidien, les Californiens n’hésitent pas à mettre en avant une société qui désire s’échapper du quotidien (« Alcohol ») ou les relations amoureuses complexes (« Thought. Mouth ») mais avec une pointe d’humour qui va avec.

Sur Almost Free, le groupe a peut-être abandonné le punk énervé et festif au second degré pour un son plus audacieux mais cela ne les empêche pas, pour autant, de garder certains de ses repères… pour le pire et le meilleur.

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1 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Madness: « Oui Oui Si Si Ja Ja Da Da »

On avait plus ou moins enterré Madness avant que The Liberty of Norton Folgate ne les remette en selle de façon surprenante. Cette surprise s’étalait sur plusieurs niveaux ; « il s’agissait d’un concept album » et le groupe, qui n’avait jamais été à l’aise dans le format L.P., s’y montrait particulièrement performant.

Oui Oui Si Si Ja Ja Da Da marque de ce point de vue une régression puisque ce 10° album est un retour au schéma basique que nous connaissons d’eux, à savoir un combo à « singles » dont les albums étaient des reprises des dits « singles » avec quelques remplissages.

Le problème avec ce disque est que Madness n’a pas eu de « hits » depuis un certain temps et que ils en sont réduits à disséminer ici leur propre histoire et à la restructurer de façon plus moderne. Il est quelque part cruel de constater que leurs beaux jours sont derrière eux mais même eux semblent en être conscients. Pourquoi d’ailleurs, si ça n’était pas le cas, débuteraient-ils sur « My Girl 2 » ?

D’une certaine manière, Oui Oui Si Si Ja Ja Da Da est une reconnaissance de leur statut mais aussi une manière pour eux de ré-exploiter ce qui fut leur image. Les « nutty boys » vont donc nous délivrer quelques morceaux ska (« Leon », « Circus Freaks » ou « So Alive » habilement situés au milieu du disque), quelques mariachis sur « La Luna » et le sempiternel morceau grivois façon Ian Dury (« Kitchen Floor »).

Ce disque est ainsi un constat des limites qu’ils ont atteint. Bien qu’assumé il demeure quelque peu frustrant malgré sa verdeur, il émet avant tout un diagnostic, celui d’un groupe qui n’a pas su évoluer.

★★½☆☆

19 janvier 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire