Gabriella Cohen: « Pink Is The Colour Of Unconditional Love »

2 janvier 2019

En 2016, Gabriella Cohen a connu la consécration avec son premier album Full Closure No Details ce qui a permis à la jeune australienne de se faire une place devant une scène indie de Melbourne des plus concentrés. Son retour, avec Pink Is The Colour Of Unconditional Love, la voit aborder une suite de carrière de manière plus sereine.

Pour ce successeur, Gabriella Cohen a définitivement pris son temps et s’est laissée emporter par son éventail d’influences musicales. Il n’est pas rare de croiser des sonorités rock’n’roll vintage sur l’introduction « Music Machine » et « Mercy » ou bien même « Baby » aux allures surf avec ses cuivres triomphants arrivant vers la toute fin par exemple. Avec sa voix de velours, on se laisse emporter facilement.

A côté de ces passages entraînants, on peut aussi relever des moments de grâce comme les ballades folk que sont « Miserable Baby » et « Recognize My Fate » ou encore d’autres titres plus cools comme la bossa nova de « Morning Light » et « Hi Fidelity ». La musicienne de Melbourne n’hésite pas non plus à rendre hommage à ses idoles avec le bien nommé « Neil Young Goes Crazy » résolument nonchalant comme on aime.

Avec ce second opus, Gabriella Cohen met à plat toutes ses influences pour aire de son melting-pot musical une expérience qu’il ne serait pas scandaleux de partager.

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Christopher Denny: « If The Roses Don’t Kill Us »

10 septembre 2014

La voix de Christopher Denny n’a pas été  aisée à définir au moment où il a sorti son premier album, Age Old Hunger, en 2007. Son vibrato aurait sans doute fait se retourner feu Roy Orbison mais il y a néanmoins une grand écart entre l’élégance éthérée de Big O et le timbre plus terre-à-terre et parfois éclairé par des traits d’humour de Denny.

Sept ans plus tard, If The Roses Don’t Kill Us est de la même veine, une alt-pop mâtinée de country rappelant également Jeff Buckley dans la manière dont les deux vocalistes évitent les attaques vocales gutturales pour faire, avant tout, passer une sensibilité aux antipodes de la virilité masculine.

Comme Willie Nelson dont il s’est inspiré à ses début, Denny a toujours été un rebelle par rapport à son environnement (l’Arkansas) et, si sur ce deuxième album il s’efforce de véhiculer un sens de confort plus évident, la tension est toujours de rigueur dans son « songwriting ».

Celle-ci se fait différente, par exemple désinvolte, inventive et à l’imagerie onirique sur « God’s Height » et « Million Little Things » ou la chanson titre font indubitablement preuve d’une individualité vive et excentrique.

Elle se manifeste également sur des titres plus âpres comme « Love Is A Code Word » ou un « Man A Fool » qui n’est pas sans évoquer le « Suspicious Minds » de Elmvis Presley.

Les mélodies demeurent toutefois agiles et elles friseront même le gospel sur un « Some Things » qui termineront If The Roses Don’t Kill Us de manière somptueuse. Voilà un album plein de surprises où l’émotion le dispute à certaines piques, il est le reflet du titre d’ouverture, un « Happy Sad » qui prouve qu’on peut naviguer entre deux sentiments opposés au même moment.

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