No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Lucy Rose: « No Words Left »

Piano reverberé, guitare acoustique, cordes, voix cristalline… Lucy Rose joue avec son nouvel album, No Words Left, la carte de l’album intime et acoustique. Si la formule fait merveille sur la très belle et introductive Conversation, qui s’envole grâce à un arrangement évoquant le grand Nick Drake, elle est en revanche beaucoup moins convaincante sur les chansons qui suivent. Il faut en effet attendre l’arrivée de discrètes percussions sur « What Does It Take » pour voir l’album se réveiller un peu, et le morceau final « Song After Song » pour retrouver un semblant de refrain mémorable.
C’est que le risque de l’album folk acoustique est double : la monotonie et l’ennui. Et Lucy Rose n’échappe à aucun de ces écueils. Côté monotonie, la succession de morceaux aux tempos lents fait s’enchaîner les titres dans une relative indifférence. Côté ennui, les mélodies manquent cruellement d’immédiateté et d’aspérités pour marquer l’oreille de façon indélébile. Rien à déclarer non plus côté arrangements : tout ceci est très propre et bien exécuté, mais comme cela est téléphoné. Rien ne vient surprendre, à de rares exceptions prêt (le saxophone et le tourbillon de cordes sur le final de la jazzy « Solo(w) »).


Avec des titres comme « Save Me From Your Kindness », on se doute qu’on est pas ici chez le torturés et les freaks. Mais tout de même ! No Words Left nous donne une folle envie de lancer tout les musiciens sur une montagne russe pour voir ce qu’ils pourraient jouer ensuite. Qu’ils lâchent enfin le contrôle sur des titres bien trop polissés pour leur propre bien.
Globalement, No Words Left pêche donc par joliesse et manque d’originalité. Tout est ici fait pour être beau. Mission accomplie, certes. Mais on aurait souhaité plus de caractère pour nous faire tourner la tête.

**

 

14 mars 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

Adam French: « The Back Foot And The Rapture »

Chanteur et songwriter venu du South London, Adam French se lance avec un premier effort touchant et traversé de très belles mélodies. En écoutant quelques compos d’Adam French, on se dit qu’on est encore en présence d’un énième songwriter qui, guitare à la main, nous conte des histoires intemporelles plantées sur des jolies et douces mélodies déjà entendues des centaines de fois. Et pourtant, on s’étonne à leur trouver toujours quelque chose de différent, une sensibilité particulière, un sens de la mélodie. A 8 ans, Adam French reçoit sa première guitare. Passionné de musique, il va d’abord se faire les dents avec quelques uns de ses pairs, tournant dans quelques villes. Le style est radicalement différent : avec des amis, c’est plus des sons de l’ordre de Nirvana ou Queens of Stone Age qui sortent sur scène.

Et le voilà aujourd’hui, avec un folk doucereux, compilation de tribulations et d’expériences diverses, doublé d’un certain sens de la poésie et de la mélodie. Dès le premier titre, « Weightless », on croit entendre James Bay. Et le morceau est beau, très touchant. Sur ce premier album, Adam French laisse parler sa sensibilité, sa vulnérabilité. Avec « The Only Living Thing », il évoquera l’importance d’avoir un autre être à ses côtés tout en faisant allusion à des sujets comme les troubles mentaux ou la solitude et « My Addiction » le verra parler d’amour avec une sincérité désarmante.

A la manière d’un Tom Odell ou Ed Sheeran à ses débuts, Adam French sert des mélodies enivrantes sur des textes à la première personne. Quand bien même c’est imparfait, le jeune homme assume, reprenant dans son album de vieux titres comme « More to Life » et « Ivory » qu’il avait sortis cinq ans plus tôt. Seul le titre « Coco » fera, ici, office de nouveauté, offrant ici un refrain entêtant sur une rythmique un peu plus dansante.

Epaulé par l’expérience en la matière de Richard Cooper (producteur et mixeur à qui on doit le Wrong Crowd de Tom Odell ou Curve of the Earth de Mystery Jets), Adam French prend des risques, autant dans la manière (« Weightless » qui a été enregistré live et en une prise), les sonorités rxpérimentales (« You From The Rest » qui lorgne vers du Radiohead) ou dans les textes (le percutant « Wanna Be Here »). Il laisse également parler le charme guitare-voix sur un très beau « The Rat » (reprise de The Walkmen) ,accompagnétd’un violoncelle discret.

Entier et sincère, ce premier essai est une jolie réussite pour un artiste ayant une soif de grandir et d’apprendre et capable d’aller plus loin que son territoire londonien.

***1/2

12 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Ed Harcourt: « Beyond The End »

Ed Harcourt a la réputation d’être un singer-songwriter et, à ce titre, il n’a pas été avare de productions

Sur Beyond The End c’est avant tout le pianiste qui vise à se faire entendre. Profitant sans doute de ses collaborations avec Marianne Faithfull ou The Libertines ; il nous offre ixi un opus quasiment instrumental où, bien sûr ; son instrument de prédilection se taillera la part du lion.

Sous la houlette de Sreve Gullick (Jason oilina, Kurt Wagner) il continuera d’explorer cette déviation où se feront entendre les univers du poète William Cowper et de Walter Scott.

**1/2

26 novembre 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Nick Ellis: « Speaker’s Corner »

Reprenant les choses laissées en plan par Mike Badgers et Lee Mavers, Nick Ellis sort un troisième album magistral. Une guitare, une voix et l’affaire est dans le sac grâce à des chansons aussi simples qu’efficaces.
Le cahier des charges d’un disque de
Nick Ellis tient sur un post-it. Il lui faut sa guitare, sa voix et quelques mélodies. Le garçon ne se perd pas dans le frivole et l’inutile. Voguant sur la Mersey, avec comme compagnon de route Mike Head et comme pavillon les Everly Brothers, Ellis nous emmène dans les tourbillons de sa musique.

Plus direct et plus efficace que ses prédécesseur, Speaker’s Corner révèle les ombres d’Ellis. On se doutait évidemment que ce garçon était un grand sensible et qu’on n’écrivait pas Adult Fiction (son précédent opus) par hasard…
Ellis montre ici tout son savoir faire, de l’instrumental (« 
Sally-Go-Round the Roses ») à la pop (« I Get Love », un morceau d’ouverture d’anthologie) et nous présente ici un disque qui pourrait lui permettre de s’exporter.

****

10 novembre 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Ben Salter: « Back Yourself »

Méconnu sous nos terres, Ben Salter s’est imposé dans son Australie natale. L’auteur-compositeur-interprète originaire du sud de la Tasmanie avait publié deux albums plutôt bien accueillis notamment le dernier The Stars My Destination paru en 2015. Deux années plus tard, il avait fait son retour avec son successeur intitulé Back Yourself.

Avec la participation de son éternel collaborateur Conor Macdonald mais également Chris Townend à la production (Augie March, Portishead…), Ben Salter continue à se balader vers différents styles musicaux sans pour autant s’y perdre.

Ainsi, on se ballade entre folk contemplatif comme sur l’introduction « Where Corals Lie » et « The First Sign Of Madness » et envolées lyriques à l’image du morceau-titre et de « I Need You ».

Il s’agit de là l’album le plus diversifié car à travers sa plume reposant autour de questions existentielles, Ben Salter sait très bien lorgner vers des contrées explosives comme le rock fougueux et fuzzy de « Nazi Paraphernalia » ou d’autres plus théâtrales avec « Captagon Dancer » ou les allures gospel de l’audacieux « Spitting Imagery ».

N’oublions pas non plus les petites touches électroniques pour relever le tout avec « Isolationism » et « Fallout Four » et concluons que ce Back Yourself est pour le moins hétérogène mais suffisamment peu perfectible pour nous faire apprécier l’étendue du talent de l’Australien.

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31 octobre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

BC Camplight: « Deportation Blues, »

« Let me in » ; les paroles qui introduisent le nouvel album de BC Camplight sont une indication du contexte turbulent qui a accompagné sa réalisation. Après la sortie de How to Die in the North en 2015, on a annoncé à Brian Christinzio qu’il allait être exclu du Royeaune-Uni. Ce n’est qu’en arrivant à obtenir un passeport italien grâce à ses grands-parents qu’il fut autorisé à y rester.

Ce sont les aléas de cette bataille qui vont servir de toile de fond à Deportation Blues, une trame qui sera sombre et houleuse. Christinzio documente ici la myriade de ses réflexions, une myriade alimentée par une exploration de divers genres musicaux. On aura ainsi droit à des pulsations synthétiques désespérées sur « I’m Desperate », une ballade cadencée au piano de « When I Think Of My Dog » ou à une infusion enfumée où jazz et pop se mêlent sur « Hell or Pensylvania ». « Midnight Ease » sera cosmique et lissé avant d’amorcer une descente chaotique et bruitiste qui permettra au chanteur de clamer avec humour « I hate being dramatic » tout en admettant « Alright, that was pretty dramatic ».

Sur le papier, on aurait pu craindre que cette disparité nuise  à la cohésion de l’album, mais Christinzio parvient à les amalgamer et à en faire un effort cohérent soutenu par une thématique : celle de la personnalité fragmentée. Si Deportation Blues est issu d’un endroit où la turbulence était de mise, il réussit à magnifier et mettre en valeur la dynamisme et la créativité qui sous-tend un artiste qui est là pour, sur ce point de vue aussi, ne pas se retrouver exilé.

***1/2

15 septembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Craig Finn « Faith In The Future »

Craig Finn n’a jamais été effrayé par la perspective d’aborder des thèmes monumentaux et Faith in In The Future ne propose pas une grosse évolution à sa recherche d’une pop grandiose avec du panache. On y trouve certes moins de grandeur mais aussi une subtilité plus nuancée soniquement avec suffisamment d’espace dans ce qui est sa méthode d’observation d’un microcosme.

Les moments sont plus nuancés, équilibre en parfaite instabilité, permettant aux personnages créés par lui de respirer plus. Tout y est microcosmique et minutieux pourtant.

 

Sn dialogue est si simple qu’il en devient touchant comme sur «  Sandra, Calling From a Hotel » ou l’instantané que constitue «  Newmyer’s Roof » à propos du 11 septembre.

Comme le titre le suggère, le disque garde foi en l’avenir et le titre final, « I Was Doing Fine (Then a Few People Died) » nous laisse une lueur optimiste à la fin du voyage. À la fin du voyage subsiste une lumière qui nous chuchote qu’il faut conserver foi en l’avenir.

***1/2

22 septembre 2015 Posted by | Chroniques "Flash", Quickies | | Laisser un commentaire

Michael Stasis: « RIP III »

Michael Stasis est un singer songwriter né en Pennsylvannie mais basé à Los Angeles. C’est un artiste prolifique car il a sorti plus de 200 compositions au cours de ces dernières années.

Ce catalogue a de quoi impressionner ce qui explique pourquoi son label, Arbutus Records, sort une compilation, RIP III, qui à pour objet d’introduire et de faire connaître l’artiste.

 

La plupart des morceaux ont été enregistrés « at home » et ce côté auto-production reflète à merveille la « mentalité liste de lectures » à laquelle Stasis se réfère. Les compositions sot en effet très différentes les unes des autres, par conséquent, elles sonnent comme elles le devraient, à savoir avoir été interprétées par plusieurs artistes.

On y trouvera de la psychedelia folk fait maison, de la surf pop assez frénétique et des compositions cinématographiques faites pour le cinémascope. La tout fonctionne assez bien dans la mesure où Stasis est capable de concilier boîtes à rythmes à ballades majestueuses et pleines d’émotion.

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12 août 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Elenie Mandell: « Dark Lights Up »

Après un « debut album », Wishbone, unanimement encensé en 1999 cette singer:songwriter de Los Angeles a sorti des disques de manière très prolifique ce qui coïncidait avec son refus de faire le même disque à chaque fois. Sn itinéraire musical est fascinant ; rock, pop, country folk, jazz et même cabaret. Dark Lights Up son dixième opus partage le même éclectisme et le débuter sur un titre comme « Im Old Fashioned » en est révélateur.

Pour la première fois, l’artiste s’auto produit et c’est sans doute sa patte personnelle qui permet à l’album de ne pas sembler s’éparpiller au milieu de tous ces différents registres abordés. Pour cela elle a utilisé des arrangements clairsemées et clean, de type country.

Sa voix est souple, bien mixée et sous tendue par une instrumentation subtile et discrète (guitare, contrebasse, piano, batterie, trompette et bugle. Son duo mixte sur « Baby Don’t Call » est charmant alors que le plupart des climats vont du mélancolique (« Someone To Love Like You » et « China Garden Buffet ») au facétieux (« I’m Old Fashioned ») et au désinvolte (« Cold Snap » ou « If You Wanna Get Kissed »).

Ce mix méritera attention et il la retiendra sans peine.

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26 juillet 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

The Late Call: « Golden »

The Late Call est le nom d’un auteur compositeur allemand basé à Stockholm, Johannes Mayer. Ses trois premiers albums affichaient une approche minimaliste mais, pour celui-ci, il s’est entouré d’un véritable groupe.

Golden va naviguer entre deux pôles, celui de l’americana des 70’s et de la pop des 90’s. À partir de cela l’artiste ne brisera aucun moule ; ainsi la chanson titre est un exemple de easy-listening californien qui a pour objet de s’apparenter à Tim Hardin. Des morceaux comme « The Pact » seront de la vaine de pop élégante mise à la mode par Coldplay et Meyer sonnera même comme Chris Martin sur une ballade songeuse au piano de la trempe de « Leave No Trace ».

Cette composition a tout pour s’élever au statut de chanson épique propre à être interprétée dans les stades, une tendance vers laquelle Mayer semble vouloir s’orienter.

Entre petites chansonnettes mélodiques (« Carry » », Ghost World » et « Pickpocket ») et composition de pop acoustique plus réfléchies (« Come Alive), Golden nous offrira une écoute plaisante mais terne à l’usage.

**1/2

8 mai 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire