No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Richard Edwards: « Verdugo »

En 2017, Richard Edwards avait publié un premier album, Lemon Cotton Candy Sunset qui était passé relativement inaperçu. Le musicien de Los Angeles avait chanté sa rupture et sa solitude de façon touchante ; le voici de retouravec son nouvel opus, Verdugo.

L’ex-membre de Margot and The Nuclear So and So’s continue de faire parler tout son talent sous la forme de dix compositions qui nous transportent dans les années 1970 et où l’on croise les spectres de Fleetwood Mac et de Jackson Browne lorsque l’on écoute « Gene » qui ouvre le bal, mais également « Minefield », « A Woman Can’t Say No » ou bien « Howlin’ Heart ».

Plus soft-rock qu’à l’accoutumée, Richard Edwards n’hésite pas à soigner ses textes plus vrais que nature. Verdugo marche ainsi sur le pas de son successeur avec un surcroit d’ambition. Grâce à des morceaux comme « Something Wicked », « Teens » ou encore la conclusion intitulée « Pornographic Teens », le Californien dessine de manière approfondie son univers musical solo avec beaucoup de réussite et de conviction.

***

25 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Lucy Rose: « No Words Left »

Jusqu’à présent, Lucy Rose avait été audible mais n’avait pas réussi à distiller la petite dose de frisson nécessaire pour nous faire chavirer. Sur le papier tous les ingrédients semblaient réunis mais il n’était sans doute pas facile de faire partie de la même génération que Laura Marling. Chacune d’entre elles a débuté au sain d’un groupe (Bombay Bicycle Club pour Lucy Rose, Noah and the Whale pour Laura Marling), mais c’est bien la seconde qui est très vite arrivée à maturité dans le cadre d’une très prolifique et exigeante carrière solo. Cela ne voulait pas dire que Lucy Rose n’allait pas totalement se libérer à un moment donné, mais elle a sans doute plus longtemps cherché sa voie entre amour pour la musique Folk et des arrangements parfois plus Pop, notamment sur son album Work It Out sorti en 2015.

Aujourd’hui l’Anglaise est de retour avec son album le plus dépouillé. Elle se met littéralement à nu sur ce disque dont la pochette en noir et blanc sied bien à la sobriété. C’est souvent dans ce genre d’exercice que le talent d’un singer songwriter explose, et c’est le cas pour Lucy Rose. Jamais ses chansons, dans leur plus simple appareil, n’ont sonné aussi juste. Des compositions folk pleines d’émotion et une sensibilité à fleur de peau qui ne sont pas sans rappeler quelques monuments du genre tels que Joni Mitchell.

No Words Lef test le fruit de longues sessions d’enregistrement à Brighton avec le producteur Tim Bidwell (Laish, Peggy Sue…). Une guitare acoustique, un piano, des arrangements de cordes, une basse discrète et quelques cœurs habités forment ce cocktail à la fois reposant et surtout très touchant, notamment sur « The Confines Of This World », « Treat Me Like A Woman » ou « Conversation » qui ouvre l’album. Nous voilà désormais happés dans l’univers de Lucy Rose qui, avec son disque le plus personnel, fait sa véritable entrée dans la cour des prétendants au statut de grande artiste folk. Quand les mots s’effacent, reste la musique, précieuse et envoûtante.

***1/2

7 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Billie Marten: « Feeding Seahorses By Hand »

Billie Marten est une auteure-compositrice-interprète originaire du Yorkshire quifut révélée en 2016 avec son premier album Writing of Blues and Yellows lui ayant valu suffisament de louanges possibles pour que son successeur, Feeding Seahorses By Hand, suscite attante impatiente.

Ici, on retrouve les ingrédients qui ont fait la renommée de Billie Marten, à savoir une indie folk chatoyante et sans superflu. Armée que de sa guitare acoustique et de sa voix sirupeuse qui ne lui fait jamais défaut, la native du Yorkshire continue d’ouvrir les portes de son intimité à l’écoute des perles allant de « Carton People » à « Bad Apple » en passant par les éthérés « Mice » gentiment morbide, « Blood Is Blue » ou la magnifique « Toulouse ». Atteinte de dépression saisonnière, elle raconte tout au long sa solitude sous toutes ses formes depuis qu’elle vit à Londres sur « Blue Sea, Red Sea » ou sur « Vanilla Baby ».

La production sans fioritures d’Ethan John réussit à capturer ses instrumentations quasi-nues et dépouillées mettant en valeur le passage à l’âge adulte d’une Billie Marten rongée d’incertitudes. Avec quelques arrangements aux claviers pour les moins discrets et de notes de guitare tantôt acoustique tantôt électrique, Feeding Seahorses By Hand est le journal intime d’une jeune femme dont on arrive à discerner cernerla psychologie fragilisée sur « She Dances », « Boxes »ou bien même le touchant « Anda ».

Il ne fait aucun doute que ce second opus sent la lucidité et la franchise de la britannique qui arrive à faire frémir son auditeur en raison de son contenu abouti et cohérent. Lucy Rose, Laura Marling et autres Fenne Lily seront, evec elle, en bonne compagnie.

***1/2

3 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Soak: « Grim Town »

En 2015, on avait découvert Soak avec un premier album nommé Before We Forgot How To Dream. Depuis, la chanteuse et musicienne nord-irlandaise Birdie Monds-Watson âgée de 19 ans à cette période est devenue une des rares actes à être nominé au Mercury Prize à cet âge. Quatre longues années se sont écoulées et la voici de retour avec Grim Town.

Après une introduction nommée « all aboard » annoncée par une voix masculine nous embarquant dans un voyage vers l’inconnu, Soak reste dans sa zone de confort en nous offrant des compositions indie folk soyeuses et riches en émotions à l’image de « Everybody Loves You » et de « Knock Me Off My Feet ».

Grim Town est, à ce props, une ville morne inventée par la jeune irlandaise, analogie de sa difficile errance davant lui permettre de passer à l’âge adulte.

L’interprétation est percluse d’émotions avec des compositions émouvantes à l’image de « Maybe » ou de « Crying Your Eyes Out ». Ce processus de maturité se fait alors piqueté d’angoisses perpétuelles et de traumatismes du passé qu’elle tente de surmonter et de cicatriser sur « Get Set Go Kid », « Fall Asleep / Backseat » ou bien même sur « Déjà Vu ».

Avec ces quinze morceaux, Soak nous emmène dans ce voyage émotionnel, parfois monotone mais dont la torpeur ne doit pas acculter les qualités.

***

3 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Jade Bird: « Jade Bird »

Il sera malaisé de cataloguer cette jeune auteure compositrice si ce n’est l’apparenter àa la nouvelle sphère britpop. Produit par Simon Felice et David Baron, qui semblent lui avoir majoritairement laissé carte blanche, on notera très vte la qualité de leur travail discret à travers des morceaux comme « My Motto » ou « Ruin »s, dans lesquels les instruments à corde accompagnent l’artiste en arrière plan, pour complètement laisser place à sa voix seule sur d’autres titres comme pour la poser sur un piédestal lumineux.

Alternant entre douces mélodies et explosions vocales (« Love Has All Been Done Before », « I Get No Joy »), entre refrains colériques et réflexions calmes sur les relations amoureuses et la découverte de soi (« Does Anybody Know »), Jane Bird fait déjà preuve d’une assurance surprenante pour ses 21 printemps.

Jade Bird afait pourtant déjà parler d’elle de l’autre côté de la Manche puisque, après avoir assuré la première partie d’Hozier, de Father John Misty, de Brandi Carlile et de First Aid Kit, cette fan de Bruce Springsteen se lance en solo pour une tournée en Angleterre et aux Etats-Unis. On remarquera à cet égard que son album rassemble les influences de tous ces artistes réunis.

Résolument country, le timbre de voix de la jeune femme n’est pas sans rappeler celui de la tout aussi talentueuse Amy McDonald. Une voix versatile, qui se veut à la fois réservée, calme et limpide sur les balades, mais aussi puissante, énervée, piquante comme du papier de verre sur les morceaux plus rock. 

Si le thème de ses chansons semble avoir été visité des centaines de fois (la réalisation soudaine qu’un couple n’est pas toujours ce qu’il semble être), la chanteuse a au moins le mérite d’attirer l’attention par son énergie destructrice et ses paroles ponctuées d’un humour sans borne, presque insolent.

Si cet album éponyme surprend, c’est aussi parce qu’il est difficile de mettre une étiquette dessus. Pop-Folk ? Country ? Acoustique ? Sur certains titres, l’auditeur se laisse porter par une douce introduction avant d’être catapulté dans une bagarre de salon, des fenêtres qui se brisent et des chaises qui fracassent le sol.

Bird a compris comment jongler entre savant mélange de solos acoustiques et refrains furieusement rock’n’roll et, par conséquent,proposer de quoi séduire tout le monde. Ne lui restera plus qu’à continuer sur une voie qui lui soit propre.

***

21 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Lucy Rose: « No Words Left »

Piano reverberé, guitare acoustique, cordes, voix cristalline… Lucy Rose joue avec son nouvel album, No Words Left, la carte de l’album intime et acoustique. Si la formule fait merveille sur la très belle et introductive Conversation, qui s’envole grâce à un arrangement évoquant le grand Nick Drake, elle est en revanche beaucoup moins convaincante sur les chansons qui suivent. Il faut en effet attendre l’arrivée de discrètes percussions sur « What Does It Take » pour voir l’album se réveiller un peu, et le morceau final « Song After Song » pour retrouver un semblant de refrain mémorable.
C’est que le risque de l’album folk acoustique est double : la monotonie et l’ennui. Et Lucy Rose n’échappe à aucun de ces écueils. Côté monotonie, la succession de morceaux aux tempos lents fait s’enchaîner les titres dans une relative indifférence. Côté ennui, les mélodies manquent cruellement d’immédiateté et d’aspérités pour marquer l’oreille de façon indélébile. Rien à déclarer non plus côté arrangements : tout ceci est très propre et bien exécuté, mais comme cela est téléphoné. Rien ne vient surprendre, à de rares exceptions prêt (le saxophone et le tourbillon de cordes sur le final de la jazzy « Solo(w) »).


Avec des titres comme « Save Me From Your Kindness », on se doute qu’on est pas ici chez le torturés et les freaks. Mais tout de même ! No Words Left nous donne une folle envie de lancer tout les musiciens sur une montagne russe pour voir ce qu’ils pourraient jouer ensuite. Qu’ils lâchent enfin le contrôle sur des titres bien trop polissés pour leur propre bien.
Globalement, No Words Left pêche donc par joliesse et manque d’originalité. Tout est ici fait pour être beau. Mission accomplie, certes. Mais on aurait souhaité plus de caractère pour nous faire tourner la tête.

**

 

14 mars 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

Adam French: « The Back Foot And The Rapture »

Chanteur et songwriter venu du South London, Adam French se lance avec un premier effort touchant et traversé de très belles mélodies. En écoutant quelques compos d’Adam French, on se dit qu’on est encore en présence d’un énième songwriter qui, guitare à la main, nous conte des histoires intemporelles plantées sur des jolies et douces mélodies déjà entendues des centaines de fois. Et pourtant, on s’étonne à leur trouver toujours quelque chose de différent, une sensibilité particulière, un sens de la mélodie. A 8 ans, Adam French reçoit sa première guitare. Passionné de musique, il va d’abord se faire les dents avec quelques uns de ses pairs, tournant dans quelques villes. Le style est radicalement différent : avec des amis, c’est plus des sons de l’ordre de Nirvana ou Queens of Stone Age qui sortent sur scène.

Et le voilà aujourd’hui, avec un folk doucereux, compilation de tribulations et d’expériences diverses, doublé d’un certain sens de la poésie et de la mélodie. Dès le premier titre, « Weightless », on croit entendre James Bay. Et le morceau est beau, très touchant. Sur ce premier album, Adam French laisse parler sa sensibilité, sa vulnérabilité. Avec « The Only Living Thing », il évoquera l’importance d’avoir un autre être à ses côtés tout en faisant allusion à des sujets comme les troubles mentaux ou la solitude et « My Addiction » le verra parler d’amour avec une sincérité désarmante.

A la manière d’un Tom Odell ou Ed Sheeran à ses débuts, Adam French sert des mélodies enivrantes sur des textes à la première personne. Quand bien même c’est imparfait, le jeune homme assume, reprenant dans son album de vieux titres comme « More to Life » et « Ivory » qu’il avait sortis cinq ans plus tôt. Seul le titre « Coco » fera, ici, office de nouveauté, offrant ici un refrain entêtant sur une rythmique un peu plus dansante.

Epaulé par l’expérience en la matière de Richard Cooper (producteur et mixeur à qui on doit le Wrong Crowd de Tom Odell ou Curve of the Earth de Mystery Jets), Adam French prend des risques, autant dans la manière (« Weightless » qui a été enregistré live et en une prise), les sonorités rxpérimentales (« You From The Rest » qui lorgne vers du Radiohead) ou dans les textes (le percutant « Wanna Be Here »). Il laisse également parler le charme guitare-voix sur un très beau « The Rat » (reprise de The Walkmen) ,accompagnétd’un violoncelle discret.

Entier et sincère, ce premier essai est une jolie réussite pour un artiste ayant une soif de grandir et d’apprendre et capable d’aller plus loin que son territoire londonien.

***1/2

12 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Ed Harcourt: « Beyond The End »

Ed Harcourt a la réputation d’être un singer-songwriter et, à ce titre, il n’a pas été avare de productions

Sur Beyond The End c’est avant tout le pianiste qui vise à se faire entendre. Profitant sans doute de ses collaborations avec Marianne Faithfull ou The Libertines ; il nous offre ixi un opus quasiment instrumental où, bien sûr ; son instrument de prédilection se taillera la part du lion.

Sous la houlette de Sreve Gullick (Jason oilina, Kurt Wagner) il continuera d’explorer cette déviation où se feront entendre les univers du poète William Cowper et de Walter Scott.

**1/2

26 novembre 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Nick Ellis: « Speaker’s Corner »

Reprenant les choses laissées en plan par Mike Badgers et Lee Mavers, Nick Ellis sort un troisième album magistral. Une guitare, une voix et l’affaire est dans le sac grâce à des chansons aussi simples qu’efficaces.
Le cahier des charges d’un disque de
Nick Ellis tient sur un post-it. Il lui faut sa guitare, sa voix et quelques mélodies. Le garçon ne se perd pas dans le frivole et l’inutile. Voguant sur la Mersey, avec comme compagnon de route Mike Head et comme pavillon les Everly Brothers, Ellis nous emmène dans les tourbillons de sa musique.

Plus direct et plus efficace que ses prédécesseur, Speaker’s Corner révèle les ombres d’Ellis. On se doutait évidemment que ce garçon était un grand sensible et qu’on n’écrivait pas Adult Fiction (son précédent opus) par hasard…
Ellis montre ici tout son savoir faire, de l’instrumental (« 
Sally-Go-Round the Roses ») à la pop (« I Get Love », un morceau d’ouverture d’anthologie) et nous présente ici un disque qui pourrait lui permettre de s’exporter.

****

10 novembre 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Ben Salter: « Back Yourself »

Méconnu sous nos terres, Ben Salter s’est imposé dans son Australie natale. L’auteur-compositeur-interprète originaire du sud de la Tasmanie avait publié deux albums plutôt bien accueillis notamment le dernier The Stars My Destination paru en 2015. Deux années plus tard, il avait fait son retour avec son successeur intitulé Back Yourself.

Avec la participation de son éternel collaborateur Conor Macdonald mais également Chris Townend à la production (Augie March, Portishead…), Ben Salter continue à se balader vers différents styles musicaux sans pour autant s’y perdre.

Ainsi, on se ballade entre folk contemplatif comme sur l’introduction « Where Corals Lie » et « The First Sign Of Madness » et envolées lyriques à l’image du morceau-titre et de « I Need You ».

Il s’agit de là l’album le plus diversifié car à travers sa plume reposant autour de questions existentielles, Ben Salter sait très bien lorgner vers des contrées explosives comme le rock fougueux et fuzzy de « Nazi Paraphernalia » ou d’autres plus théâtrales avec « Captagon Dancer » ou les allures gospel de l’audacieux « Spitting Imagery ».

N’oublions pas non plus les petites touches électroniques pour relever le tout avec « Isolationism » et « Fallout Four » et concluons que ce Back Yourself est pour le moins hétérogène mais suffisamment peu perfectible pour nous faire apprécier l’étendue du talent de l’Australien.

***

31 octobre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire