No BS: Just Rock & Roll!

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Kim Chrurchill: « Forgetting »

Presque six mois après I AM, Kim Churchill dévoile le deuxième de ses quatre microalbums moulés sur son exploration du monde. Forgetting, légèrement plus court, écrit et enregistré dans les forêts denses de l’île de Vancouver, est peut-être le plus hybride des albums du musicien australien — qui n’en est pas à ses débuts, aussi jeune soit-il encore. Ses séquences cinglantes et ses airs pop font un pas de côté pour accueillir un folk dépouillé et mélodieux souvent percussif, un héritage de ses premiers temps.

Comme si la grandeur de l’Ouest canadien avait forcé Kim Churchill à une réflexion qui ne concernerait pas seulement sa place dans l’univers, mais la fatalité de ses rapports aux autres, à la douleur, à la possibilité d’amour. Pour une rare fois, sa voix puissante est au premier plan — surtout sur « See You Soon, » une remarquable reprise de Coldplay. Plus qu’une confirmation de sa progression mélodique, Forgetting révèle que la voix de Kim Churchill est le meilleur porte-parole de sa liberté.

***1/2

2 novembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Anthony Reynolds: « A Painter’s Life »

L’idée de l’outsider est un concept pour lequel tout le monde éprouve de la sympathie l’outsider. Par exemple, le jeune footballeur qui est l’homme du match ou, dans un domaine plus musical, Anthony Reynolds, un amusicien qui mériterait plus de considération.

Cet homme est, en effet, un véritable artiste : signé sur un label indépendant reconnu par le puissant Warner Chappell pour ses talents d’auteur-compositeur, il a sorti de nombreux albums, écrit des biographies, produit, écrit et collaboré avec de nombreux artistes et même chanté avec le Moscow Philharmonic.

Chose dite, nous passons de l’Hadès au Mont Olympe, des ténèbres à la lumière. Le morceau d’ouverture, « Was Born », juxtapose la bande originale d’un thriller d’espionnage des années soixante avec les détails factuels de la naissance de l’artiste. Les paroles sont factuelles, drôles et voûtées, exactement ce que l’on peut attendre d’un maître orfèvre.

Lorsque Reynolds ouvre ses cordes vocales, un riche baryton se dévoile agréablement.

La production est fantastique, et avec des collaborateurs volontaires comme Rob Dean, Fiona Brice et Carl Bevan, c’est un album formidable qu’il faut absolument rechercher.

A Painter’s Life est une vie idiosyncrasique, chaleureuse, drôle et tendre. Un ensemble de compositions musicales à chérir. Un vrai maestro est à porté de nos tympans et il est temps que le reste du monde le sache.

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30 octobre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

James Blunt: « Once Upon a Mind »

Avec Once Upon a Mind, James Blunt retourne vers la formule qui a créé son succès dans les années 2000, tout en tentant de rester actuel. Mais quelques ingrédients manquent à la recette, et le résultat manque de saveur.

En fait, le tout sent un peu trop le réchauffé. Cela ne signifie pas que l’écoute des 11 chansons est désagréable, loin de là. Il n’y a rien à détester. Mais il n’y a presque rien, non plus, à adorer.

Quelques titres se démarquent : « Monsters », « Halfway mais le plus gros des morceaux de ce sixième opus ne fait souvent ni chaud ni froid. On sent dans les mélodies que le James Blunt de l’album Some Kind of Trouble tente un retour.

Le Britannique a pris la (bonne) décision de délaisser les tons électroniques de son précédent essai pour revenir vers les chansons douces tournées à la sauce populaire. S’il n’y a aucune complexité à la plupart des mélodies, les paroles, joliment composées, parviennent à rendre plus intéressantes certaines ballades.

La voix du chanteur de 45 ans n’a pas changé. Même lorsqu’elle est moins juste, on sent que ce n’est qu’au profit de l’émotion, qu’elle ne cherche pas à être parfaitement contrôlée. On se sent (presque) mal de parler encore de « Goodbye My Lover », « You’re Beautiful « et « 1973 », mais James Blunt semble vraiment avoir atteint le pinacle de sa carrière à ses débuts, avec ses trois premiers albums.

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29 octobre 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

Harmony Woods: « Make Yourself At Home »

Venue tout droit de Philadelphie, Harmony Woods avait publié son album, un Nothing Special qui faisait mentir son intitulé en permettant à Sofia Verbilla de se faire un nom sur la scène DIY locale. Grâce à cela, elle peut aujourd’hui avec un Make Yourself At Home au titre plus inclusif.

Ons’installe donc comme chez soi et on prête l’oreille à ses peines de cœurs. Dès l’introduction faussement acoustique, « Swing », la musicienne extériorise ses maux les plus profonds avant de s’y’attaquer de plus belle avec les plus électriques « Best Laid Plans » et « That’s Okay ».

Toujours à mi-chemin entre indie rock DIY et allures emo, Harmony Woods met en scène ses luttes intérieures suite à une relation amoureuse des plus malsaines qu’elle vient de traverser.

Elle paviendra ainsi nous toucher sur « The City’s Our Song » mais également « Ghosts » et « Burden » qui sortent du lot avec ce sujet très sombre bien exploité sur des arrangements musicaux des plus incroyables. Ajoutons cela à « Misled » et « Sagittarius » où Harmony Woods continue de voir plus clair à travers cette relation qui l’a laissé des séquelles en établissant un parallèle à un deuil. Make Yourself At Home n’est pas un album indie rock DIY à consonances emo comme un autre mais plutôt un votage émotionnel que nla chanteuse trace pour arriver à l’apaisement et, de ce fait, un retour à la case départ.

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15 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Doug Tuttle: « Dream Road »

Il semblerait que que Doug Tuttle soit encore un trésor bien gardé, et ce depuis 2012 et la fin de son projet MMOSS. Guitariste de génie, le Bostonien écrit et enregistre seul dans son appartement des morceaux fortement influencés par les sons 60’s, entre psyché, Paisley Underground et jangle pop.

Son quatrième album, Dream Road, ne déroge pas à la règle, ce qui n’est pas pour nous déplaire. En dix titres, Doug Tuttle réussit à nous happer dans un voyage sonore lumineux, un ensemble beaucoup plus cohérent et immédiat que ses précédents albums, les influences restent les mêmes enrichies de teintes country et americana, à l’instar du titre d’ouverture « I’ll Throw It All Away, » savoureux mélange des genres.

Suivi de près par « Twilight », « single » de l’album, ritournelle psy-folk imparable, entêtante, et ce son harmonieux, rythmé… Tuttle a de la maîtrise, en plus d’être multi-instrumentiste, il fabrique des pédales à effets, pouvant ainsi se permettre toutes les fantaisies, customisant à loisir ses instruments.

A ce stade, il serait de bon ton de vous encourager à poser vos oreilles sur les productions merveilleuses et impeccables de Doug Tuttle, certains entendront les Byrds, les Beatles, d’autres Beck, Tom Petty, mais aussi Kurt Vile, Kevin Morby, Mac DeMarco, Ty Segall, liste non exhaustive… et de lui souhaite le même destin.

***1/2

5 octobre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

Lloyd Cole: « Guesswork »

Lloyd Cole a décidé de laisser tomber les guitares acoustiques le temps d’un album de pop synthétique, chose promise mais enfin faite. Après quelques escapades électroniques avec Hans-Joachim Roedelius ou Wolfgang Seidel, le chant est également de rigueur ici et, connaissant le perfectionnisme de Cole, Guesswork ne pouvait pas être un truc bricolé à la vite mais un opus où la haute voltige était de rigueur.

Guesswork contient huit compositions de très haute tenue. ; débutant avec l’élégante « The Over Under » et son beat comparable à un battement de cœur, le disque nous entrainera ensuite dans une longue plage romantique les sept minutes qui la composent ersont subtiles et délicates. Le son ne sera pas toujours aussi raffiné au cours de ce treizième disque de l’artiste, mais on n’y perdra pas au change.
« Night Sweats » se montrera plus dansante ; un titre dans lequel Lloyd Cole se définit comme un « complicated motherfucker » ! Le wah-wah des guitares se conjuguera à merveille au rythme groovy de la mélodie adictive et très eighties et fera de ce titre une des plus belles réussites du disque.

A la différence de Don’t Get Weird On Me Babe, son second disque solo où l’Anglais flirtait avec un son plus électronique mais bien plus calibré FM, Guesswork pourrait constituer, à det égard, une forme de renaissance pour Cole. Ainsi, « Violins » et son intro ressemblant un peu à The Notwist sera une petite merveille pop synthétiqueaux accents Pet Shop Boys.
Bien entendu Guesswork ne contient pas uniquement des pop songs sautillantes. Lloyd Cole sait aussi nous séduire avec le son ambiant et posé de « Remains. The Afterlife », bien plus tragique et mélancolique que les autres compositions de l’album. Kraftwerk semble avoir été une belle inspiration pour le Britannique sur « Moments And Whatnot. When I Came Down From The Mountain » est un autre moment très réussi du disque avec son côté catchy et très pop avant que le majestueux « The Loudness Wars » ne cloture l’album de la plus belle des manières.
Guesswork est un disque atypique et très réussi ; magnifique vocalement et bien plus ingénieux musicalement qu’on pourrait l’imaginer, c’est sans doute le travail le plus abouti du chanteur depuis une quinzaine d’années, vraisemblablement un album-charnière pour Cole.

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28 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Ed Harcourt: « Beyond The End »

 

En 2016, Ed Harcourt avait offert un album intitulé Furnace qui inaugurait quelque chose d’inédit dans la trajectoire musicale du bonhomme. Et ce quelque chose se confirme quelques temps plus tard lorsqu’il délaisse le micro pour faire parler ses talents de compositeur sur son nouvel album 100% instrumental intitulé Beyond The End.

Cela peut paraître surprenant au premier abord mais Ed Harcourt nous offre une bande-son plutôt mélancolique et méditative où il met en avant son don de pianiste. Il en résulte un opus qui prend des couleurs de musique néo-classique où le Britannique a énormément écouté du Debussy, Satie et autres Grieg par des morceaux somptueux allant de l’introductif « Diving Bell » à « Beneath The Brine » en passant par « Empress of the Lake » et « Faded Photographs ».

A travers ses notes joués sur un Hopkinson Baby Grand de 1910 et accompagné d’un violon et d’un violoncelle, Beyond The End a de quoi rappeler les travaux de Steve Reich, Philip Glass ou même Nils Frahm dans sa démarche. Il y a de quoi être ébahi par le travail d’Ed Harcourt à l’écoute de « For My Father » et « For My Mother » qui ont de quoi tirer son épingle du jeu. Ce sera par conséquent la synthèse générale de ce Beyond The End qui permettra de montrer le musicien sous un nouveau jour.

***1/2

 

25 juillet 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | , | Laisser un commentaire

Merryn Jeann: « Merryn Jeann »

Merryn Jeann est l’album éponyme d’une jeune australienne et il se compose de sept morceaux qui sont autant de pépites craquantes qui pontuent le premier album de la chanteuse.

Hormis sa collaboration avec le musicien electro Møme, une chose ne passe pas inaperçue est une voix qui est aussi à l’aise dans le registre electro que dans des combinaisons voix et paroles imprégnées de poésie et de lyrisme.

On passera ainsi de moments calmes et sereins sur « Floating Away » et « See Saw » à des temps plus angoissants. Un peu comme lors d’un voyage, on est d’abord apaisé, puis l’angoisse monte au fur et à mesure que l’on s’enfonce dans un horizon, entouré par l’eau et ses profondeurs sombres.

Cette anxiété montante qui nous coupe la respiration et nous fait chercher l’air se retrouvera alors sur des titres comme « Canopy » et « Out of the City-To Find Air ». On retrouvera ici un peu de Laura Marling ou encore Kate Havnevik, à savoir une voix intense qui nous procure une émotion brutale et magnifique et qui nous prend aux tripes. Restera à espérer que le calme sous-jacent de certains passages ne soit pas occulté par de la froideur de ton imposée par le phrasé de la vocaliste.

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17 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Chelou: « Out Of Sight »

Cinq ans que l’on suit chacune des discrètes apparitions de Chelou, discrètes parce que l’Anglais distille des petits bijoux adroitement ciselés dans le plus grand des secrets.

Ne se limitant pas à un seul registre, le musicien alterne pistes folk épurées et pasagess à l’aspect pop assumé et au tempo plus relevé sur lesquels il est difficile de ne pas se déhancher.

Out Of Sight voit Chelou rassembler ses deux mondes et livrer un album dont la production soignée structure les compositions et amplifie les mélodies intimes.Plus fragile que jamais, la voix du chanteur ne trébuche pas une seule seconde nous invite à nous laisser naturellement bercer par les douze pistes, parfois mélancoliques, parfois nostalgiques mais toujours roboratives.

***1/2

17 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Ed Sheeran: « No. 6 Collaborations Project »

Imaginez une liste de lecture constituée d’une dizaine de très bonnes chansons disparates, interprétées par quelques-unes des plus grandes vedettes de la scène musicale contemporaine (et une ou deux sommités ressurgies du passé). Le seul point commun à tous ces titres : Ed Sheeran.

Le dernier album du Britannique, No.6 Collaborations Project, est cette liste de lecture. Comme son nom l’indique, l’opus n’est fait que de collaborations. Des pointures adjoignent leurs voix et leurs noms aux chansons écrites par Sheeran : de Camila Cabello et Cardi B à Justin Bieber, Chance the Rapper, Travis Scott, Skrillex et Bruno Mars, en passant par un retour (réussi) du duo Eminem-50 Cent. Installé dans un studio de Nashville, Ed Sheeran y a fait défiler ses invités durant trois mois d’enregistrement.

Les fans de la première heure du chanteur ne renoueront donc pas avec les sérénades acoustiques qui ont fait connaître le rouquin il y a huit ans déjà. Ils ne retrouveront même pas les tonalités pop légères, où s’insurgeait parfois la guitare, de ses deux précédents albums, x (2014) et ÷ (2017).

Sheeran, avec ses succès internationaux des dernières années, peut se permettre d’explorer, de sortir de son cadre. Et il ne s’est pas gêné. Il n’a pas fait qu’amener, à travers ses collaborateurs, une touche R&B (Beautiful People, avec Khalid, dans votre poste de radio très bientôt), hip-hop (l’entraînante trap-pop « Take Me Back to London », avec Stormzy), rock (« Blow », une des plus intéressantes, avec Chris Stapleton et Bruno Mars) ou latine (« South of the Border », avec Camila Cabello et Cardi B) à ses chansons. Devenu caméléon, l’artiste s’est lui-même transformé tantôt en rappeur, tantôt en rockeur, sans manquer de rester parfois fidèle à son identité de doux troubadour à la voix haut perchée.

Cette diversité déboussolera certains auditeurs. Mais si l’ensemble n’est pas homogène, il est tout de même cohérent ; un album éclaté qui est indéniablement dans l’air du temps.

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17 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire