Mint Field: « Pasar de Las Luces »

Du shoegaze venu yout droit de Tijuana au Mexique ; c’est ce que nous propose Mint Field, un duo féminin à peine âgé d’une vingtaine d’années et qui est composé d’Estrella Sanchez (chant, guitare) et d’Amor Amezcua (batterie, synthés) qui possède un pied dans la shoegaze et un autre dans la dream-pop comme l’atteste leur premier album intitulé Pasas de las Luces.

Voici donc treize morceaux sentant la tristesse, la frustration et le chagrin de leurs existences parfaitement agencés en textures aussi bien oniriques qu’orageuses. Mint Field maintient ses influences musicales comme jamais avec ses riffs tantôt fuzzy tantôt mélodiques à travers des épopées touchantes comme l’introduction nommée « El Parque Parecía No Tener Fin » mais également « Ojos En El Carro » qui suit et « Temporada De Jacarandas ».

Il est clair que c’est très loin d’être la joie tout au long de ce Pasas de las Lucas où le tandem dépeint un Tijuana où il ne fait pas bon vivre entre taux d’homicide qui double et crise migratoire qui continue d’en faire des siennes sur « Ciudad Satélite » mais aussi avec ce temps paresseux et se languit sur « Cambios del Pasar » etqui s’exprime au travers de la tristesse personnelle exprimée sur « Para Galli ».

La voix d’Estrella Sanchez tente de se faire entendre au milieu de ses ambiances krautrock psychédéliques nuageuses, ses basses vrombissantes et ses caisses claires qui cognent fort avec « Cambios del Pasar » et « Boötes Void ».

Il arrive que des moments plus enlevés surgissent sur ce premier album comme « Quiero Otoño de Nuevo » dont la rythmique a de quoi rappeler Neu! et mettant un peu de piquant tout au long de ce tourbillon de mélancolie et de désespoir qui s’achève avec un « Club de Chicas » mémorable.

Pour un premier album, Mint Field place la barre très haute et leur mélange de shoegaze, krautrock et dream-pop orageux fait des merveilles avec ce Pasar de las Luces. Chaudement recommandable !

Bipolar Explorer: « Sometimes In Dreams / Til Morning Is Nigh: A Dream of Christmas »

Bipolar Explorer est un duo de dream-pop/shoegaze new-yorkais qui avait publié un premier opus Dream Together et qui semble vouloir faire d’une pierre avec n deuxième album connoté de la même manière en matière de terminologie puisqu’il s’intitule Sometimes In Dreams / Til Morning Is Nigh: A Dream of Christmas.

Composé de Summer Serafin (vocaux) et Michael Serafin-Wells (instrumentation) le couple nous emmène dans un univers, on l’aura deviné, onirique où l’intimité la plus pure et la plus cérémonieuse est mise en valeur.

À cet égard, c’est la voix de Summer Serafin que l’on va entendre dès les premières secondes de « You Are Loved (Summer’s Theme) » avant que son époux reprenne les devants avec des compositions épurées et célestes qui ont de quoi nous envoûter sur, entre autres, « Letter To The Darkest Star », « Ocean » ou même « So Anyway ».

En alternant passages parlés et envolées lyrico-sentimentales de Michael Serafin-Wells où il ne suffira que d’arrangements minimalistes (une guitare et des sonorités en arrière-plan) et de schémas « bipolaires », crépusculaires et umineux, Sometimes In Dreams nous convie dans sa matrice intrigante.

On sera, alors, fasciné par ce qui est du ressort de la beauté immaculée avec des titres comme « Out » et « Necessary Weight » en passant par les célestes « And At That Hour, Above (Perigee-Syzygy) », « The Choral Text Passage » et autres « Dead End Street » ; l’ensemble formant un tout.

Au travers de ces humeurs contrastées, ce double « concept album » est avant tout un exutoire ; qu’il parvienne à exorciser ce qui peut nous embraser le rend indispensable.

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Our Girl: « Stranger Today »

Débordant de guitares en fuzz et de compositions shoegaze Stranger Today est le « debut album » idéal si on veut élaborer sur l’alchimie qui existe entre les membres d’un groupe.

Le fait qu’ils soient meilleurs amis leur permet, en effet, de mettre leurs affinités personnelles au service de leur musique.

Celle-ci se veut lyrique, avec des mélodies parfois proches d’hymnes comme par exemple sur « I Really Like It » parfaite illustration du thème de la romance moderne.

Stranger Today est un opus plus qu’engageant, servi qu’il est camaraderie musicale et intuition homérique, il se fait miroir des nombreuses nuances de la vie moderne, à la fois pleine de bruits mais aussi de bonhomie.

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Magic Wands: « Abrakadara » & « Portals »

Magic Wands est un duo de Los Angeles qui sort ici simultanément ses troisième et quatrième albums. Les deux, Abrakadara et Portals (une collection de vieilles démonstrations) seront des indispensables pour tous les les amateurs de dream-pop et de shoegaze.

Le premier est excitant dans la mesure oui démontre l’expertise des artistes à mêler des titres accrocheurs et pop à des textures sophistiquées, puissantes, transcendantes et même mystiques

On n’y trouve confiance et esprit d’aventure,Une palette sonique comprenant des éléments éthérés, des guitares ambient et des synthétiseurs emplis de fluidité et de bienséance où ils explorent ainsi un paysage auditif en pleine expansion, sans sembler vouloir lui donner des limites.

On retiendra la chanson titre et l’atmosphère onirique d’un morceau comme « DNA » où les phrasés vocaux sans effort véhiculeront un sentiment de simplicité voire de simplisme qui sera démenti par la complexité des émotions que peut recevoir l’auditeur.

Portals sera compris d’inédits et de bandes restées à l’encan comme « Warrior Version 2 » et « Baby Love ».

C’est deux albums montre la versatilité du duo capable d’oeuvrer dans un registre très fermé et d’y trouver pourtant science du détail et imaginaire créatif non segmenté

***1/2

Pity Sex: « White Hot Moon »

Si ce quatuor de Ann Arbor suscite l’intérêt, ce n’est pas seulement an raison du nom qu’il s’est choisi, Pity Sex. Leur musique, du shoegaze assez intense, peut aussi faire parler d’eux car ça n’a rien à voir avec la fuzz permanente ou le lo-fi cataclysmique que leur premier opus nous présentait.

Bien sûr, sur White Hot Moon, on discerne encore des influences issues de la mouvance My Bloody Valentine mais ce qui va compter désormais est la relation existant entre les deux leaders du combo, Brennan Greaves et Britty Drake.

Que ce soit l’un ou l’autre qui soit à la barre, qu’ils se fondent en totale harmonie (« Bonhomie ») ou qu’ils se provoquent subtilement (« Burden You ») les deux font preuve ensemble d’une alchimie indiscutable.

Volontaire ou pas, le disque a ainsi un côté conversationnel qui ne se dément jamais. Greaves cultive la facette métaphorique que peut revêtir la notion de désir avec une phrasé en drones sensuels alors que l’approche de Drake est beaucoup plus directe quand elle évoque les peines de coeur ; «  want you but I don’t want to / I’ll never say I loved you because you know I still do » l’entend-on réitérer dans des tonalités aériennes qui contrastent avec le texte.



C’est elle qui prend les devants sur l’un des meilleurs titres de l’album, « Plum », une ode dévastatrice et candide dédiée à sa mère. Nous avons ici un des rares moments où la tendresse prend le dessus sur la distorsion permettant à la poésie de la parole dite de se faire entendre avec clarté et de légitimer l’aspect hypnotisant d’une voix dont la douceur nous agace en raison de la thématique abordée.

« Pin A Star » sera également un autre morceau qui fait figure d’anomalie tant il parvient à faire coïncider grondement sous-jacent et guitares lucides aux côtés de voix claires et doucereuses.

Pity Sex ont indéniablement pris quelques risques pour nous offrir un opus qui tranche. Ils ne réinventent sans doute pas la roue mais White Hot Moon est un effort solide, surtoput comparé au premier, Feast Of Love. Si on termine en espérant que l’étincelle entre Drake et Brennan continue de scintiller, il y a des fortes chances que le disque suivant mette le feu là où on apprécie d’être chatouillé.

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Presents For Sally: « Colors & Changes »

Colors & Changes est le deuxième album de ce groupe britannique dont l’univers rime avec psychedelia et shoegaze. Leur musique est à la fois sonore et scintillante avec, par moments des suites qui captent l’oreille et capturent l’attention.

« We Fought Lucifer (And Won) » est, par exemple, une très belle introduction qui voit Matt Etherton, le guitariste et vocaliset, se mesurer à un feedback en furie qu’il n’essaie qu’à peine de contrôler d’une voix mesurée et les douces harmonies de sa femme Anna.

«  Wishawaytoday », le premier « single », est plus calme mais tout autant rempli d’énergie que le titre qui a ouvert l’album.

Dans l’ensemble, on a droit à la recherche de belles harmonies, des compositions vaporeuses et des nappes sonores qui raffolent du « multitracking ».

« Anything Anymore » voit Anna s’emparer du micro d’une fort élégante manière qui rappellera Lush avec son époux apportant un soutien consistant sur les chorus, résumant à merveille les guitares « trippy » qui orneront l’ensemble.

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Secret Shine: « Untouched »

Basé à Bristol, Secret Shine est un combo qui est parvenu à s’échapper du moule que Sarah Records, son label, revendiquait.

Plutôt que de la dream pop stricto sensu, Untouched est un opus où l’on décèle une certaine paresse moins éthérée et principalement sur un registre shoegaze.

Cette évolution est liée au fait que Kathryn Smith , dont les vocaux hantés s’apparentaient à Swallow, Pale Saints ou Lush (respectivement Louise Trehy, Meriel Barham et Miki Bereyni, fait désormais partie intégrante du groupe.

Le résultat en est un disque qui scintille et se fait éruptif xomme sur « Temporal » et « Towards The Sune » alor que le « closer » de l’album (« Sun Warmed Water ») renvoie aux oubliettes l’approche initiale , plus douceâtre) de Secret Shine, pour se plonger dans la « noise pop ».

Voilà une évolution qui est bienvenue, elle rend justice à un ensemble méritant et trop longtemps sous estimé.

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Helen: The Original Faces

Il faut fouiner avec assiduité si on veut accéder à The Original Faces d’une manière qui ne soit pas tordue de distorsion tant elle aspire à la beauté. Il y a comme une barricade entre nos oreilles et cette recherche du céleste pour qui est étranger au modus operandi de Liz Harris.

Le rock est structuré mais le shoegaze y reste amical ce qui fait du disque un opus qu’on ne peut négliger d’un simple geste de la main. Le tambourin apporte sa toile d’imprévisibilité et d’addiction. The Original Faces est dépourvu de tout qui pourrait s’apparenter à une accalmie et le groupe semble prendre plaisir à nous mêler à son univers même si il n’est exécuté que de douze courtes plages.

On pense à Slowdive (« Allison »), mais ce sont surtout les couches faites de lyrisme et de mélopées qui juxtapose un climat où on cherche à se raccrocher à un élément qui ne vous file pas entre les doigts tant il oscille entre volonté d’agripper et de s’échapper.

Les textes, inaptes au déchiffrement, y contribuent comme sur « Violet » et ,si disque contribue à susciter perplexité il s’apparente aux volutes brumeuses qui ne cessent de solliciter nos oreilles et notre curiosité.

**1/2

Static Daydream: « Static Daydream »

Avec une pochette rappelant un album classique de Ride, Static Daydream nous prposent ici un « debut album » fait d’accroches massives et de tonnes de feedback. Les tonlités ne connaisent qu’un seul registre, le fuzz, les vocaux en reverb, les guitares hargneuses pour mettre en exergue une seule sensibilité, le post punk.

On retiendra « When I Turne Around You’re Gone » le titre phare, mais aussi le fuzz de « The Only One »ou « More Than Today ».

Static Daydream ne dépasse pas les onze titres et peut se prévaloir de le dénomination de shoegaze classique avec, en prime, de bien joiles harmonies qui nous surplombent ; bref tout ce qu’on est sn droit d’exiger d’une dream pop qui a décidé de se vêtir d’une parure moins émolliente.

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Blindness: « Wrapped In Plastic »

La guitatrste Debbie Smith (Curve, Echobelly) inaugure son premier album avec son nouveau groupe, Blindness. C’est un disque solide qui met en avant la versatilité de la jeune femme, musicienne mais aussi compositrice.

Dés l’ouverture, un Serves Me Right » à la basse fuzzy et crapuleuse nous sommes accueillis dans un climat qui va nous amener aux refrains sombres et brumeux d’une psychedelia qui nous incite à une danse psychédélique dont le maître mot est la cérémonie(« Confessions »).

La guitare de Smith glisse sans à coups et nous emmène dans des paysages sonores où place est faite au rêve, à des légers bruits, à des ballades pleines de verdeur, le tout constituant le parfait complément révélateur de la voix sexy et railleuse de Beth Rettig.

Celle-ci ronronne de frustration et nous fait part de récits om il est question d’aliénation et de frustration avec une once d’électronica programmée donnant un peu plus de carburant aux mélodies subtiles et dont l’agressivité est parfaitement servei par les percussions et les lignes de basse.

Wrapped In Plastic établit le chaînon manquant entre Britpop et shoegaze et Blindnesss emble devenir un creuset d’innovations.

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