Spectral Park: « Spectral Park »

8 février 2013

Comment faire du neuf avec du vieux ou du vieux avec du neuf. Telle est l’énigme posée par Spectral Park, c’est-à-dire Luke Donovan, puisque sa musique est un recyclage garage et psychédélique fabriqué à partir de vieux disques qu’il a samplés. Le croisement est improbable mais plus qu’intéressant, un peu comme si les chevauchées sauvages d’un groupe comme The Amboy Dukes étaient passées sous la patte du légendaire producteur Tom Meek.

On pourrait parler de nostalgie si la musique de Donovan était mélancolique mais il n’en est rien bien au contraire. Spectral Park s’ouvre sous une atmosphère de kermesse aux teintes psychédéliques et la plupart des compositions vont garder cette tonalité de spirale frénétique dans laquelle l’intensité semble croître de seconde en seconde.

Dire que ce « trip » est hallucinogène est un euphémisme, le plus étonnant étant qu’il a été bâti à partir de vinyles abandonnés trouvés dans la rue.Son tripatouillage de sons est d’autant plus remarquable qu’il a été fait avec les moyens du bords, quelques boutons sur une console, et que sa musique résonne de façon aussi organique que si elle avait été faite sur acétate. De cette expérimentation folle, il n’est pas surprenant qu’en sortent de tels assauts sur les sens dans lesquels, pourtant, Donovan parvient à créer de façon égale des bribes mélodiques. D’une certaine façon cela a une parfaite logique car l’esprit est ainsi entraîné dans des royaumes familiers pour, très vite, s’en voir être détourné.

Les titres les plus confondants sont « Ornaments » avec son torrent de guitares mélodieux et de vocaux ou « Cut » un impressionnant mixage de garage 60’s accolé à un timbre de voix hors du temps et de l’espace. Spectral Park est sans aucun doute une remise à niveau du psychédélisme original et originel. On ne peut que rester yeux grand ouverts devant le kaléidoscope qu’il nous offre.

★★★★☆