Theon Cross: « Fyah »

18 avril 2019

Le jazz semble reprendre des couleurs depuis quelques années, avec la profusion de jeunes artistes, surtout en provenance de Grande-Bretagne, peu, néanmoins, apportent quelque chose de nouveau et de réellement excitant, à de rares exceptions près telles que Sons Of Kemet, dont Theon Cross fait partie.

Avec la sortie de son premier album Fyah, le musicien met à l’honneur son instrument de prédilection, le tuba, dont les sonorités graves résonnent comme des basses aux vibrations profondes. Accompagné des musiciens d’exception que sont la saxophoniste Nubya Garcia et le batteur Moses Boyd, Theon Cross se réapproprie une certaine histoire du jazz pour lui offrir des couleurs contemporaines, où underground urbain, afrobeat, musique caribéenne et groove vicieux issus des fanfares de Louisiane, donnent le tournis.

Il plane sur Fyah un esprit be bop, qui donne à l’ensemble une dimension extrêmement accessible, même pour ceux qui n’ont aucune affinité avec l’univers jazzistique, appuyé par la qualité musicale de l’ensemble, alliant magistralement modernité et tradition, le tout habillé par quelques invités prestigieux : Artie Zaitz (guitare), Tim Doyle (percussions), Wayne Francis (saxophone ténor) et Nathaniel Cross (trombone). Magistral.

***1/2