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Mattiel: « Satis Factory »

Mattiel Brown, chanteuse originaire d’Atlanta, a tout d’une équilibriste tant elle sait jongler entre sa fougue et son héritage musical Blues Rock. Adoubée par Jack White qui ne tarda pas à l’emmener avec lui en tournée, cette chanteuse américaine a su trouver le cocktail explosif entre ses paroles tranchantes et un ton assumé très 60 ‘s.

Le résultat c’est un disque qui sonne à l’ancienne mais qui s’inscrit pourtant dans la modernité à travers ses textes incisifs.  C’est notamment le cas de l’excellent single « Je Ne Me Connais Pas » au refrain interprété en français, et dont le clip égratigne la virilité avec beaucoup d’humour. Ses paroles sont le résultat d’un travail en équipe avec Jonah Swilley qui a co-produit son album avec Randy Michael. Après leur collaboration fructueuse sur son premier album celui-ci a continué à lui écrire des textes qu’elle a retravaillés puis mis en musique.

Le résultat est assez jouissif, festif, notamment « Keep The Change » inspiré des changements dans sa vie à la suite de ses tournées avec Jack White. Le disque enregistré en Géorgie dans son Atlanta natal, navigue allègrement entre rock’n’roll 60’s, soul vintage, blues, folk americana et surf/psyché de la côte ouest pour un résultat particulièrement fougueux. C’est également pour ça qu’il n’a pas besoin d’être long : 12 titres pliés en 35 minutes, avec le même charme vintage que les bijoux Pop qui fleurissaient dans les années 60.

Cette « usine à tubes » de Mattiel devrait lui permettre de passer maintenant au cap supérieur, c’est un disque de caractère à l’atmosphère particulièrement cinématographique et enjouée qui, en fin de compte, n’a pas tellement le blues.

***1/2

3 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Tyler Brant And The Shakedown: « Truth and Lies »

Le jeune quatuor américain est de retour avec un nouvel album. Deux ans après son album éponyme, on se demandait vers quel horizon tendrait Tyler Bryant & The Shakedown ? Entre blues rock et hard rock, il est parfois difficile de décrire son style si particulier. Cependant, au bout du troisième effort studio, les choses semblent se préciser.

L’hypnotique « Shock & Awe » démarre l’écoute et mènera l’auditeur en terrain connu. La distorsion légèrement fuzzée prend davantage de place et l’association entre les quatre musiciens fonctionnra comme on en a l’habitude avec eux.

Le premier « single », « On To The Next », est du Shakedown pur jus, rock n’roll à souhait et des riffs et mélodies qu’on reprend aisément.

Les variations seront multiples. Le groupe ne s’entête pas à répéter une formule gagnante. Les influences vont du blues au rock, au hard rock et autre. Les petites touches d’originalité apparaissent ici et là et marquront alors vréritablement l’écoute.

L’envoûtant « Ride » incite à taper du pied, à hocher de la tête et à se mouvoir avec un certain groove. Et bien qu’on se laisse aller, à festoyer et à prendre du plaisir, les textes, eux, traiteront de sujet plutôt sérieux ; l’anxiété, la confiance en soi, avec « Shape I’m In »” et « Panic Butto »”, la vie et sa complexité au travers de « Ride » et « Out There ». Les paroles deviennent plus matures avec des vies personnelles exposées et impactées.

Néanmoins, cela n’empêche pas l’auditeur de dodeliner de la tête, bien au contraire ! Les refrains sont chantants, les riffs simples et ils s’immiscent très vite en tête.

Côté son, l’aspect brut est plus que jamais de retour. Mais la collaboration avec Joel Hamilton a bonifiée le rendu final. L’ensemble sonne un peu moins plat que l’album précédent, et le caractère en ressort légèrement bonifié.

TBSD n’existerait pans morceaux solennels ; ici ce sera « Judgement Day ». Guitare aérées et propres, percussions et bottleneck au programme, le chant puissant,frar alors place à un moment posé comme, d’ailleurs, sur « Trouble ».

Si vous préférez entrer dans le lard, alors « Drive Me Mad » remportera la palme avec cette particularité du combo ; à chaque début de morceau, il sera impossible de prévoir quoi que ce soit. Tempo, couleur, style, chant, groove. Chacun des titres constituera une découverte permanente.

Qu’en retenir ? Des compositions relativement courtes, mais qui vont à l’essentiel. Une facilité déconcertante à nous embarquer au moindre riff, au moindre refrain. Ajoutez à cela une diversité de plus en plus surprenante et vous obtenez un excellent disque. Tyler Bryant & The Shakedown surprend, confirme et compte bien nous en mettre plein la vue avec ce florilège de compositions percutantes mais nuancées

***1/2

1 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Spider Bags: « Frozen Letter »

Spider Bags est un groupe de Caroline du Nord signé chez Merge Records ce qui est toujours une référece en matière de rock indépendant. Frozen Letter, leur quatrième album est un mélange de psychedelia bluesy et de rock and roll assez classique mais il a la faculté de passer de l’un à l’autre, de véhiculer un sens du mouvement qui le fait alterner entre impression de naître à la vie avant de retourner dans une atmosphère de bar enfumé en un clin d’oeil.

« Coffin Car » en est un des meilleurs exemples avec un chorus nous incitant à y plonger, des vocaux étrangement psalmodiés et se répondant l’un l’autre ; une dynamique du plus bel effet qui voit le groupe avancer à toute vapeur.

Des morceaux encore plus rapides et pleins de peps comme « Back With You Again in the World » ou « Japanese Vacation » sont porteurs d’un même impact avec des mélodies encore plus fortes.

Tout au long de Frozen Letter les compositions s’inscriront dans ce registre « rapide et bruyant » ou dans un unique autre, lent et donnant une sensation de gueule de bois. La force du groupe est de justement pouvoir jouer habilement des deux, en changeant de climat à mi-chanson ou d’amener des éléments de l’un dans l’autre en fusionnant le lent et le bruyant.

La deuxième partie du disque sera, à cet égard, la plus représentative avec des morceaux qui passeront de 3 à 5 minutes et laisseront ainsi plus de place pour installer une atmosphère.

On ne pourra reprocher à Spider Bags de privilégier la première moitié de l’album en y déversant ses plages les plus rapides d’autant que la perspective d’un disque entièrement consacré à des blues-rockers qui donnent le cafard n’est pas réjouissante.

Spider Bags est , au total, un opus qui progresse en nous stimulant puis en nous mettant dans une sensation d’ébriété et de léger ensommeillement paresseux sans qu’on ait à se déplacer dans un bar .

***

9 septembre 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Scott H. Biram: « Nothin’ But Blood »

Scott H.  Biram est fameux à Austin (Texas) comme étant le seul « one man band » disposant d’une certaine notoriété. Quelque part on peut se dire qu’il faut avoir une personnalité plutôt dissociée pour s’orienter vers ce type de line-up et ceci se confirme avec ce 8° album qui le voit passer en un clin d’oeil du sacré, au profane ou même à l’ordurier.

Associé à ce sous genre qu’est le punk blues, le meilleur exemple en sera donné sur le batailleur « Only Whiskey », un des moments les plus hardcore d’un Nothin’ But Blood qui frise parfois le « metal ». On retrouvera la même scansion saturée sur un rap baptismal, « Gotta Get To Heaven », ajoutée d’un choeur country invoquant le Christ dans « When I Die ».

Il reprend le « Alcohol Blues » de Mance Lipscomb on une version qui semble indiquer qu’il a le feu aux fesses, mêlant à la fois une rage et une réflexion qui jalonnera tout l’album.

Cette dualité entre le Bien et le Mal pourrait sembler stéréotypée si elle ne faisait pas partie intégrante du personnage. On peut donc osciller entre un acoustique ballade intime comme « Slox & Easy » et les riffs trash et distordus d’un instrumental blues-metal comme « Around The Bend » ou une reprise effrayante du standard « Jack of Diamonds » qui voit Biram sembler faire se lever les esprits de son jeu de slide sur sa Gibson.

Nothin’ But Blood manque sans doute de morceaux phares, il demeure pourtant un disque percutant et solide ne serait-ce que par l’habileté du musicien à la six cordes et sa faculté à passer d’un registre à un autre avec une versatilité que seul un virtuose peut se permettre.

★★★☆☆

11 février 2014 Posted by | Quickies | , , , | Laisser un commentaire

The Vintage Caravan: ‘Voyage »

Venus de Reykjavik, The Vintage Caravan sont un trio dont Voyage est le troisième album. Tous comme leurs compatriotes, The Brain Police, le groupe joue du heavy rock mélodique, dont les racines sont un classic rock qui évitera les années 80.

Ce sont surtout les 70’s et encore plus les 60’s qui sont ici à l’honneur car il TVC n’hésite pas à mêler psychedelia à son blues et à un rock « vintage » qu’on on pourrait presque qualifier de « rétro rock ». On reconnaitra ainsi, au fil des morceaux, une pincée de Black Sabbath, une once de Deep Purpe ou de Uriah Heep, une lichette de Cactus sans oublier un autre (power) trio, Cream.

Même si on peut penser qu’ils ont bien écouté la collection de disques de leurs parents (ou aïeux), TVC ne composent pas platement et ils savent rendre justice à une ère assez fourmillante en termes de qualité et au son qui la caractérisait. « Cocaine Sally » est un blues-rock rapide et au délié presque élégant, sorte de croisement idéal entre Cream et Mountain, autre groupe dont à qui on pourrait les apparenter tant les arrangements fluides et psychédéliques rappellent ceux de Leslie West et de son groupe sur « Theme From An Imaginary Western ». À l’identique mais sur un mode plus subtil encore, « Do You Remember » montrera à quel point le trio peut s’avérer porteur d’une douceur lisse et bien huilée.

On notera aussi l’excellent jeu de guitare de Óskar Logi Ágústsson ainsi que son solo rageur sur un « M.A.R.S.W.A.T.T. » au groove hard-rock et, fidèles à leurs ancêtres, TVC utilisera la cloche de vache rituelle sur le monstrueux « Midnight Meditation ». C’est sur le morceau final, le grandiose « The King’s Voyage », que Voyage se terminera, comme prévu, en apothéose quelque peu peu grandiloquente néanmoins avec ses tempos déroutants et changeants et les accords plein de vivacité de Ágústsson.

Voilà un disque solide et qui justifie son titre ; ceci pas nécessairement pour ce qu’il explore géographiquement, mais plutôt par ce qu’il nous rappelle temporellement.

★★★☆☆

23 janvier 2014 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

The Strypes: « Snapshot »

Voilà enfin le premier album de nos Irlandais de Cavan après tout le « hype » qui les a entourés comme c’est si souvent le cas Outre-Manche. Snapshot est déjà bien nommé puisque, effectivement, il est composé de morceaux d’instantanés blues-rock avec, notamment, une reprise du « You Can’t Judge A Book By Looking At The Cover » de Muddy Waters. La différence avec d’autres groupes ayant bénéficié des mêmes acclamations : l’adoubement de Paul Weller, Noël Gallagher, Elton John (ce qui n’est peut-être pas un cadeau) mais surtout de Dave Grohl et ni plus ni moins que le Grand Jeff Beck (« le plus doué d’entre tous » selon maints guitaristes)

On peut leur reprocher manque d’originalité et d’identité (la pochette de ces jeunes gens vêtus comme des adultes peut s’avérer troublante) mais ils ont le mérite de se démarquer de la plupart des combos indie qui paraissent s’évertuer à sonner de la même manière. De ce point de vue, il est sans doute plus réjouissant d’entendre une reproduction de l’explosion « beat » du début des sixties que les éternelles antiennes passées aujourd’hui à l’électronique et au Moog.

Douze compositions originales plus trois reprises : Snapshots ne dépasse pas les 33 minutes. Aux manettes, Chris Thomas assure la production, qui a quand même oeuvré pour les Beatles, les Pink Floyd ou les Sex Pistols. Du feedback ouvrant « Mystery Man » blues construit à l’harmonica que constitue « Rollin’ and Tumblin’ », nous avons droit à tout ce qu’un guide pratique de la Blues Explosion pourrait nous enseigner : un son « vintage » mais vital, frais et comme rajeuni ; bref une férocité presque « live » sachant s’emparer du slogan des Who : « Maximum Rythm and Blues ».

Se posera bientôt, et se pose peut-être déjà la question : The Strypes sont-ils plus qu’un groupe glorifiant les reprises et se complaisant dans le pastiche ? Pour l’instant ils ne sont pas encore assez formés musicalement pour qu’on puisse de faire une idée. Reste donc à s’éclater sur l’énergie déployée par ces 33 minutes d’anthologie dont la brièveté-même est un gage de bénéfique impétuosité.

★★★½☆

28 novembre 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

John Fogerty: « Wrote A Song For Everyone »

Pour qui n’a pas connu Creedence Cleawater Revival au début des années 70, rappelons que ce groupe mené par John Fogerty véhiculait une image trop « americano redneck » pour avoir les faveurs des critiques. Leur musique puisait aux racines de la musique populaire US (blues, country, bayou) sur laquelle ils infusaient une bonne dose de guitares tranchantes et de vocaux musclés. Leurs compositions étaient rock mais trop accrocheuses et brèves pour faire cette chose honnie à une époque qui privilégiait les albums conceptuels, des « singles » qui furent pour la plupart ; autant de « hits » dans un Top 50 envahi par des sous-produits « middle of the road ».

Oui, CCR était un groupe « rock » malgré leurs chemises à carreaux, leurs jeans droits et leur cheveux mi-longs, oui Fogerty ne célébrait pas que l’American Way of Life comme peuvent en témoigner un « Bad Moon Rising » prophétique des temps futurs, un « Have You Ever Seen The Rain The Rain ? » sur lequel on peut dresser un parallèle avec le « A Hard Rain Is Gonna Fall » de Dylan ou un « Fortunate Son » qui adopte le point de vue de l’Américain de base pour dénoncer guerre, corruption, privilèges, ou autres.

Ce dernier morceau ouvre d’ailleurs Wrote A Song for Everyone (titre on ne peut plus fédérateur), album de reprises interprétées par Fogerty et une pléiade d’invités. Sur la chanson précitée, il s’agit des Foo Fighters qui injectent un sang suffisamment fébrile pour redonner vie à la hargne de l’interprétation initiale. On remarquera d’ailleurs, tout au long de l’album, combien la voix de Fogerty est restée égale à elle-même : fiévreuse, enragée, furieuse et viscérale.

De ce point de vue-là, certains titres ne peuvent pas mourir, « Fortunate Son » en est un exemple mais il n’est pas le seul. Le travail sur « Lodi » (avec Shane et Tyler Fogerty) est tout simplement remarquable transformant la complainte du morceau initial en véritable célébration et, quand la voix de Bob Seger accompagnée du piano délicat de Bob Maalone se mêle à celle de Fogerty sur « Who’ll Stop The Rain », c’est comme si le compositeur de « Against The Wind » rencontrait un compagnon de route.

La plupart des musiciens restent proches d’ailleurs des racines musicales des compositions. Allen Toussaint and The Rebirth Brass Band et de Jennifer Hudson recréent l’authenticité d’un « Proud Mary » véritablement universel et même Kid Rock semble marcher comme l’ombre fidèle de Fogerty sur un « Born on the Bayou » merveilleux hybride entre lee « swamp rock » et le rap.

Comment ne pas être heureux, alors, de retrouver le Fogerty d’aujourd’hui, avec deux inédits d’une solidité à toute épreuve (« Mystic Highway » et « Train of Fools ») même si d’aucuns auraient opté pour d’autres choix ? Disons-nous qu’il y a abondamment matière pour un Volume 2 et saluons la prérennité d’un artiste qui, bien avant Bruce Springsteen, avait su capturer le mal-être et le mécontentement, non seulement de la jeunesse hippie, mais aussi de l’Américain moyen, cette masse de gens plongés, aujourd’hui comme à l’époque de la guerre du Viet Nam, dans la ces petits boulots qui ne mènent nulle part, si ce n’est à encore plus de détresse et de ressentiment.

8 juin 2013 Posted by | Chroniques du Coeur | , , , | Laisser un commentaire