No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

The Shondikes: « Psychotic Make Out Music »

Quand un disque commence avec un jingle de radio des années 70 et, ensuite, quelques cuivres bien sexy sur une rythmique rock and roll bien laid-back comme sur un de ces bons vieux films américains de John Homes, vous savez à quoi vous attendre et où investirr votre temps et votre énergie.

Voilà une musique addictive et divertissante (lisez « bandante »), à l’image de titres comme « Rock’Roll Sex’n Soul » ou « Cocaine Sex Slave Glamour Party ».

On entendra ici des délicieux échos des Stones des années 70 et un piano sauvage du temps où Mott The Hoople était à son meilleur.

Bien sûr on n’a que faire de le teneur des textes ; ce qui est essentiel sur ce disque est l’impact et une certaine flamboyance (imaginez Prince se décidant à faire un disque de rock and roll, les New Yorks Dolls retrouvant leurs esprits). Ajoutons enfin quelques mélodies imparables (« Mad Queen De Mondo Romantique »), des morceaux enveloppés dans une verve glam/pop (« Catch Me Kiss Me » ou « Come On And Seduce Me ») et on ne pourra que saluer un groupe fidèle à lui-même qui, si vous n’aimez pas encore le rock and roll, vous injectera le virus.

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1 avril 2016 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Prima Donna: « Nine Lives and Forty Fives »

Comment aborder un groupe qui se nomme Prima Donna ? Quand on sait que le combo vient de Los Angeles, que Nine Lives and Forty Fives n’est pas son coup d’essai et qu’il œuvre dans le rock à haute énergie la réponse peut sembler élémentaire mais elle s’avère néanmoins contrastée. Quel rapport entretenir avec une appellation qui renvoie à une certaine pose, à ce mélange de diva et de sainte nitouche qui habille un ensemble dont la musique est ce que les Américains nomment du « cool as fuck rock » ?

La réponse est peut-être précisément dans une approche qui ne se résume pas à des clichés. Prima Donna manient très bien le hard rock « made in LA » comme tous ces groupes aux cheveux bien travaillés qui y sont encore légion mais ils y ajoutent cette petite dose de sophistication, de kitsch même, ou de distance qu’apportent le glam des 70’s (pensez le Mott The Hoople de l’époque), le garage rock façon Green Day, la férocité blue collar (Social Distortion)  alliée à la pavane de Sunset Boulevard.

On pourrait trouver un explication dans ce résumé tout simple : Prima Donna c’est plus du Redd Kross que du Mötley Crüe. Comme les premiers, ils n’ont aucune aucune prédilection pour les excès sonique même si l’ouverture, « Pretty Little Head », semble franchir le mur du son ; comme Redd Kross ils ont principalement un amour de la chanson pop confectionnée au stade le plus artisanal, une power-pop ayant augmenté les décibels , un « Ballroom Blitz » qui aurait été interprété par T. Rex.

Toutes les compositions sont accrocheuses et surtout mémorables ; on a souvent galvaudé la terminologie de « disque où rien n’est à jeter », c’est pourtant véritablement le cas ici. Les chansons originales sont passionnées mais contrôlées (mention spéciale pour « Deathless » et Born Yesterday ») et les reprises sont d’autres morceaux de choix.

Elles sont trois et elles sont brillantes : « Rock and Roll Is Dead » (The Rubinoos), « I’m On Fire » (Dwight Twilley) et « Rip Her to Shreds » (Blondie). Titres ressuscités qui encadrent merveilleusement « Eat You Heart Out » et « Living In Sin », bref un disque auquel il ne manque rien y compris le saxo destroy façon Stooges (« Rubbish ») et les vocaux incendiaires d’un chanteur capable de moduler sa voix, Kevin Preston.

Ce cinquième opus de Prima Donna a prestance et allure, cette élégance du bruit qui vient non pas des artifices mais de ce qui constitue la chair du rock and roll ; à savoir son coeur.

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6 février 2015 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Chris Wilson: « It’s Flamin’ Groovy ! »

Le retour solo de Chris Wilson, figure historique des non moins historiques Flamin’ Groovies (il a remplacé très vite leur guitariste fondateur Roy Loney) était attendu depuis presque 10 ans. Est-ce un véritable disque solo ou une préfiguration d’une reformation des Groovies ?, Le titre de l’opus, It’s Flamin’ Groovy !, la participation de membres originaux du groupe (Roy Loney, Cyril Jordan et George Alexander) semblent présager une plongée qui s’articulerait autour de l’esprit du mythiqueShake Some Action.

Le groupe a d’ailleurs tourné sur la Côte Ouest, en Australie et au Japon comme s’il s’agissait de rôder des compositions qui figurent ici et dont une certaine partie a été coécrite avec Roy Loney. Complètent l’album les participations de l’ancien Procol Harum Matthew Fisher et la signature de son orgue Hammond facilement reconnaissable et les habiles glissés de la slide de Mike Wilhelm.

L’album s’ouvre sur un « All The Action » pétri de guitares carillonnantes et d’harmonies revisitant le classique « Shake Some Action » sur le mode d’une riposte un peu lasse à la chanson d’origine. « She Satisfies » et « Heart In Her Hand » sont, toutes deux, des chansons de Cyril Jordan datant des années 80 et qui, pour beaucoup de fans, font partie de morceaux présumés perdus.

Ailleurs,It’s Flamin’ Groovy ! s’aventure dans un territoire rappelant celui des Stones périodeExile on Main St. (« Down To The Wire »), Loney fait intervenir son rock and roll à haute énergie (« Gamblin’ Man ») et Chris Wilson montrera l’influence que le Revolver des Beatles a pu avoir sur lui avec la psychedelia de « Bad Dreams ». « Can’t Let Go » et « Feel Your Love » mesureront l’importance du bassiste George Alexander ; son jeu d’harmonica tempèrera l’étrange hybride du premier (acerbité à la Stones et douceur à la Byrds) et son jeu de basse sur le deuxième propulsera le titre vers un déhanché plein de souplesse.

Au final, notre question initiale ne souffrira aucune ambiguité. It’s Flamin’ Groovy ! est une réjouissante nouvelle ; non pas tant pour l’album en soi mais pour ce qu’elle semble anticiper : le retour d’un des groupes cultes les plus mythiques de l’histoire du (Vrai) Rock & Roll.

★★★☆☆

19 janvier 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

The Del-Lords: « Elvis Club »

Entre 1984 et 1990, les Del-Lords sortirent quatre albums de rock and roll créatif et énergique dont le succès fut inversement proportionnel aux jugements plutôt élogieux des critiques. Ils se séparèrent au seuil des années 90 mais, après quelques concerts de réunion plutôt bien accueillis, les membres originaux Scott Kemper (vocaux), Eric Ambel (guitares), Frank Funaro (batterie) décidèrent de sortir un nouvel album, épaulés par Michel DuClos à la basse.

Kempner a toujours été un compositeur accompli et aventureux et, sur Elvis Club, il semble ne pas avoir perdu son inspiration puisqu’il a composé 8 des 11 plages (l’une d’entre elles étant une reprise « rock » du « Southern Pacific » de Neil Young).

Des morceaux comme « When The Drugs Kick In », « All My Life », « Chicks Man » ou e »Letter (Unmailed) » sonneront de manière familière pour quiconque a une connaissance, même peu prononcée du groupe. On retrouvera donc une fusion de garage rock graveleux et du rock britannique, plus mélodique, des années 60 et 70 avec un son de guitare beaucoup plus défini, sec et précis. La chose est sans doute due au fait que Eric Ambel est devenu un producteur assez recherché depuis 20 ans et que sa science aux manettes sait parfaitement doser énergie rock et harmonies vocales.

Rien de novateur donc, mais Elvis Club (quel titre révélateur) nous fait retrouver un combo plus aguerri, avisé et, par conséquent, plus détendu. The Del-Llords ont pu ainsi aisément picoré dans le registre qui était leur marque de fabrique avant séparation sans se répéter. On pourrait espérer, peut-être, qu’ils trouvent un chemin de traverse vers un rock and roll plus imaginatif, mais, là encore, ça n’est pas sûr tant cet album est réjouissant.

 

3 juin 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Parquet Courts: « Light up Gold »

Parquet Courts fait partie de cette nouvelle vague de groupes new yorkais qui, comme Home Blitz ou Household) ont décidé on pas de réinventer le rock and roll mais de lui donner une nouvelle vigueur.

Centré autour du vocaliste Andrew Savaget et qui a quitté son Texas natal pour s’installer sur la Côte Est et du guitariste Austin Brown, le groupe délivre sur quinze titres enchaînés comme s’il n’était pas question de respirer des hymnes post garage dont le maître mot sera « énergie ». Light Up Gold est un instantané qui claque et vibre, immédiatement addictif malgré (ou grâce à) un axe n’allant pas au-delà de trois accords fondamentaux.

On trouvera donc très vite une immense gratification à l’écoute d’un « Borrowed Time » plein d’entrain, d’un « Stoned and Starving » chanson pop rock pleine de ce panache qui ferait plaisir aux Flaming Groovies ou de l’ouverture magnifiquement insensée que constitue « Master of My Craft ».

Parquet Courts arbore ses références (The Feelies et The Modern Lovers pour la petite touche distanciée, Pavement et Sonic Youth pour la faconde dans la résolution électrique) comme un étendard et c’est ce savoureux mélange entre humour (« Donuts Only ») et vaillance sonique (le bref mais intense « Carreers in Combat ») qui leur fait emporter le morceau (et nous hocher de la tête et taper du pied).

On pourra les taxer de revivalisme ce qui n’est pas vraiment inexact. Mais ce terme cesse d’être un gros mot quand il s’accompagne d’un tel « debut album » qui se fait écho d’une bonne humeur et d’une joie de vivre si contagieuses qu’elle ne nous donne qu’une seule envie : celle de ré-endosser sa guitare.

★★★★☆

19 janvier 2013 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

Free Energy: « Love Sign »

Après un premier album produit par James Murphy, Free Energy a formé son propre label pour la sortie de Love Sign et s’en est remis à John Agnello pour apporter une touche plus léchée tout en n’obérant pas la dynamique du combo de Philadelphie. Entretemps, il est vrai, le groupe a changé de guitariste aussi c’est presque d’un « debut album » qu’il s’agit.

L’énergie est toujours présente, simplement elle est plus canalisée et par cons »quent moins libre que sur le précédent opus. Celui-ci fleurait bon l’attitude « no nonsense rock and roll », Love Sign, lui, va s’en démarquer en adoptant une humeur plus contemplative.

« Dance All Night » et « Tilme Roll On » par exemple sont traversés par, qui des choeurs suffoquants, qui, par des power chords dramatiques qu’on aurait très bien pu entendre dans un disque Hard Rock FM de Bachman, Turner, Overdrive (« Backsratcher »). « Hey Tonight » et « Hold you Cose »sont, même, profondément introspectifs ce qui va presque à l’encontre de cette volonté de nous délivrer du rock and roll caractérisé par le « fun ».

Le groupe introduisait Love Sign en déclarant qu’il n’écrivait pas des pop songs qui passeraient çà la radio et en ceci on n’aura aucun mal à les détromper. Il ajoutait qu’il insistait sur le fait qu’il ne voulait pas s’ajuster. Sur ce plan, il a partiellement raison. Simplement il aura fait preuve d’un itinéraire atypique ; parti d’un son très « indie » il nous propose ici un disque qu’on pourrait presque qualifier de « classic rock »

 La césure par rapport au « mainstream » constituera alors en des textes qui se feront les témoins du mal-être et de l’aliénation ; c’est peut-être cette direction qui se montrera la plus prometteuse pour Free Energy.

★★★☆☆

18 janvier 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Ian Hunter: « When I’m President »

Bien sûr on ne va pas prendre au pied de la lettre le titre de cet album, sorti peu avant les élections américaines. Mais Ian Hunter a toujours fait preuve d’un humour assez ravageur et parfois même subtil. Témoin en est le nom du groupe qui l’accompagne, « rant » signifiant « diatribe » en Français. Cela résume à lui seul le personnage, dont les textes ont souvent été acerbes mais aussi dont le phrasé vocal rappelle toujours autant un Bob Dylan qui serait passé du marmonnement au ton déclamatoire et de paroles cryptiques à des prêches plus enflammés.When I’m President ne recèlera donc pas de surprises pour qui connait Ian Hunter ; il sera, comme à l’habitude, diablement bien exécuté. On retrouvera par conséquent avec plaisir ces boogies sur trois accords  poussés à fond les manettes, ces ballades, dylanesques cela va sans dire ; bref cette alternance de tempos qui permet à l’un de donner plus de relief à l’autre.

Hunter se frottera même au gospel (« Wild Bunch »), citera Jerry Lee Lewis sur « What For » ou exécutera avec aisance une réactualisation des riffs de Chuck Berry. Ces références seront traitées de manière incisive, façon, pour celui qui avait écrit Diary of a Rock & Roll Star dans les seventies, de réfléchir sur son âge qui avance.

Le tout est délivré sans nostalgie aucune, simplement avec la prise en compte de où l’artiste en est actuellement. Cet instantané nous est servi avec une joie ravageuse, preuve que Hunter, malgré sa causticité, a fait la paix avec le monde, le « music business » et avant tout, chose qui est la plus importante au bout du compte, avec lui-même.

★★★½☆

1 janvier 2013 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

Jim Jones Revue: « The Savage Heat »

Qu’est-ce qui peut bien arriver lorsque la quantité de votre propre production discographique semble avoir fait le tour des éléments musicaux qui vous ont conduit à enregistrer ? C’est une question qui doit tarauder The Jim Jones Revue et qui a certainement présidé à la conception de ce troisième album.
Heureusement, le groupe a toujours vu plus loin que Little Richard par exemple et il a toujours été attiré par d’autres sources. Celles-ci demeurent « combustibles » mais avec une approche différente que celle, hystérique, du premier cité.The Gun Club, The Cramps ou The Birthday Party en font partie et Jim Jones est suffisamment intelligent pour se rendre compte que, à l’instar de ce que faisaient tous ces illustres ancêtres des années 80, l’astuce consistait à utiliser ces influences mais à les transcender pour aboutir à une voix qui, même sdi elle ne sera pas vraiment inédite, continuera à rester la leur.

De ce point de vue, The Jim Jones Review semble s’être aligner sur l’itinéraire d’un groupe comme The Gun Club qui a su aller d’un sauvage Fire of Love à ce rock domestiqué mais toujours incisif présent enregistré sur Mother Juno.

Jim Jones a parfaitement intégré cette problématique et sait également ce qui est en jeu sur The Savage Heart. En outre, surtout réputé pour ses concerts incendiaires, le groupe était conscient que ce sens du rythme se devait d’être reconduit sur son travail enregistré.
C’est face à ce paradoxe, rester ancré dans ses racines initiales mais échapper à cette étiquette de « revivaliste », que l’album doit être abordé.

La productionj est toujours dirigée par le même homme, Jim Sclavunos réputé pour son travail avec The Bad Seeds et Grinderman. On retrouve donc la même puissance de feu, parfois même ampoulée, mais cette impression de grandiloquence outrancière est colmatée par une éventail sonore plus large où on trouve parfois une soupçon de venin inattendu de par sa subtilité. La cause en est des recettes de compositions plus profondes et un piano, celui du nouveau membre Henri Herbert, dont le jeu en baryton est mis plus en avant.

Le tout donne une atmosphère où cohabitent esprit presque fun (rythmique plus légère) et ces tonalités menaçantes et assassines apportées par un frappé sur touches qui sonne comme autant de coups de poignards.

Jim Jones, lui-même, semble s’être ajusté à cette nouvelle instrumentation tant il se montre capable d’en épouser certaines sonorités ; celles-ci se font bluesy « In And Out of Harm’s Way » ou « Eagle Eye Ball » et gravitent même sur ce même registre baryton façon Mark Lannegan sur « Midnight Oceans & The Savage Heart » qui clôt l’album.

The Jim Jones Revue s’aventure donc vers ces nouveaux territoires avec un certain succès. Il n’apporte, certes, rien de nouveau mais là n’était pas le but. Parvenir à donner patine artisanale et lustrée à chahut rocailleux et indistinct suffit suffisamment à notre bonheur auditif.

11 décembre 2012 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire