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Tyler The Creator: « IGOR »

On peut dire de Tyler The Creator qu’il est régulier comme l’horloge. À tous les deux ans depuis 2009, il fait paraître un album. Son dernier en date, Scum Fuck Flower Boy, avait montré que le rappeur/créateur/compositeur américain n’a pas de scrupule à s’aventurer dans de nouvelles zones musicales. Il continuait à pousser plus dans la chanson R&B, délaissant un peu le rap qui avait fait sa marque de commerce.

On le devinera, c’est ce qui se poursuit sur IGOR. Le côté juvénile et vulgaire du personnage de Tyler The Creator continue aussi de s’estomper pour laisser place à un être sensible et émotif. Si l’homme contemporain doit être capable de parler de ses sentiments à des moments autres que la frustration au point de devenir presque un modèle pour les jeunes hommes.

Ainsi, « Earfquake », son premier « single », a beau être accompagné d’un clip où l’humour tient une place importante, la chanson elle-même, où Playboi Carti, Charlie Wilson et Jesse Wilson prêtent leurs voix, est une composotion émotionnelle évoquant l’amour et la séparation. « Running Out of Time « nous ramènera à la relation particulière qui unit Tyler The Creator et Frank Ocean en rappelant les créations de son ami et collaborateur tandis que « Gone, Gone/Thank You » comptera sur les voix de Ceelo Green et La Roux et que Tyler y rappera avec aplomb.

Il faut le conxtater, avec le temps, les compositions de Tyler The Creator continuent de prendre du coffre et de la complexité. Cette fougue et cette folie qu’il possédait déjà plus jeune est maintenant mieux réfléchi. Un bel exemple en sera la contagieuse « I Think » sur laquelle Solange glissera sa voix et remettra le couvert sur la très soul « A Boy Is a Gun », titre qui ouvre une porte aux procédés qui ont bâti le succès de Kayne West. Cette dernière porte D’ailleurs, celui-ci collaborera sur un « Puppet » qui démontrera la grande agilité de Tyler The Creator lorsqu’il est temps de rimer. Enfin, « What’s Good » empruntera une voie plus dynamique sur laquelle Slowthai accompagnera celui qui peut être compéré au MC américain.

Ce sixième album de Tyler The Creator frappe la cible en plein dans le mile encore une fois. Avec le temps, il se développe en un artiste de plus en plus pertinent. IGOR continue de creuser le sillon qu’il avait ouvert avec Cherry Bomb et approfondi sur Scum Fuck Flower Boy.

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26 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Only Real: « Jerk At The End Of The Line »

Niall Galvin, plutôt ici Only Real, est un singer-songwriter de Londres qui combine une diction faite de rimes à moitié narrées et à moitié hantées mais, dans les deux cas, toujours difficiles à distinguer. Même si il s’en défend on peut, à cet égard, le comparer à Jamie T même si ce « debut album » montre de lui un côté dingo qui lui est propre.

Jerk at the End of the Line le montre tel que lui et une bonne génération d’apprentis musiciens sont : des gamins qui ne tiennent pas en place, accros à l’Internet et pressés de marier des idées hétéroclites dont certaines ne vont pas réellement ensemble.

Sur les douze plages du disque on trouvera de la pop colorée (le « single » « Yesterdays »), du psychédélisme lo-fi (« Cant Get happy ») et des lignes de guitares limpides façon Marc DeMarco (« Cadillac Girl » ou « Pass The Pain »).

La plus grande partie de l’album se voudra enjouée et racontant des histoires de teenagers indolents et ça n’est que sur un titre comme la ballade abimée qu’est « Break It Off » que le ton se fera lus grave.

On choisira de retenir cet élément dans l’espoir de quelque chose de plus avisé dans le futur.

**1/2

13 avril 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire