Violens: « True »

https://i0.wp.com/c3.cduniverse.ws/resized/250x500/music/876/8740876.jpgFormé par d’anciens membres de Lansing-Dreiden à la fin de 2007, le combo new-yorkais de Violens tire son nom d’une combinaison des mots « violence » et « violons ». Avec un son influencé par des éléments aussi disparates que les Zombies style psyché-pop, le shoegaze et le post-punk , Violens sortit un EP éponyme Mars 2008. Apres quelques changements de line-up, des remix de MGMT, le groupe sort son premier album, Amoral, le Friendly Fire en 2010. 2011 les voit publier plusieurs tires sur l’Internet avant que True n’apparaisse en 2012. Référence au noise pop, les compositions ont tendance à vouloir prendre place dans la tête et à s’imbriquer assez profondément, comme passées à la moulinette. C’est d’ailleurs le même cas de figure que sur le disque précédent sauf que, sur True, ça n’est plus chanson par chanson que cet effet se reproduit mais sur une base constante que rien ne brise. Le rendu en est nocturne mais, de façon étrange, assez engageant.

La raison en est cette ambivalence entre le côté épique dont un groupe comme Ride serait porteur et une fascination pour la psyche-pop introspective façon Rain Parade. Il suffit alors à Violens d’ajouter quelques éléments bruitistes et frénétiques pour enrober le tout. En outre, l’interaction entre la guitare et la voix n’est pas sans rappeler The Church, ce qui, effets de reverb aidant, apporte une tonalité chaude et presque réconfortante.

On a droit à un constant aller-retour entre énergie féroce mais tamisée et atmosphère singulièrement accueillante. On comprend presque la pochette où figure un lit qui aurait pu être douillet si les draps n’avaient pas semblé être froissés de façon désorganisée par des corps entremêlés.

Certains titres se dégagent et semble être faits pour la radio (« Totally True », « When I Let Go ») alors que d’autres donnent l’impression de vouloir aliéner l’auditeur (un « All Night Low »). L’album baigne néanmoins dans des nuances subtiles de nostalgie mélancolique et d’apparitions oniriques . Cela concourt à donner un disque agréable à entendre mais aussi à écouter. Le sommet en sera un « So Hard to See » qui reprend la formule shoegaze en y adjoignant un tempo groove assez dansant. Le morceau, certes, évoque The Cure, mais quand les influences sont prises avec intelligence, elles rappellent qu’il est toujours possible de pointer une petite lueur dans une atmosphère aussi glauque que celle d’une chambre où la couche semble souillée.