The Rezillos: « Zero »

Le premier album des Rezillos, Can’t Stand The Rezillos, date de 37 ans. Ce qui est assez remarquable avec Zero est que le groupe sonne comme si il reprenait là où il s’était arrêté. La raison n’en est pas un revivalisme qui les aurait été coincés dans un cul de sac temporel mais tout simplement par le fait qu’il projette une atmosphère aussi fraîche que leuer tout premier opus.

The Rezillos s’honorent d’avoir deux leaders, un homme (Eugene Reynolds) et une femme Fay Fife), ce qui rend clair le fait que, dès leurs débuts, ils formaient un groupo à nul autre pareil. L’ironie est que c’est Elton John qui leur a permis d’être signés par Symour Stein sure Sire Recors ; peut-être avait-il été séduit par le fait que le combo avait une approche bien différente de celle du nihilisme qu’affectaient certains de leurs contemporains.

Zero reste un disque rempli à ras bord d’hymnes punks dès son ouverture avec « Take Me To The Groovy Room » et ce punk-là est de nature infectieuse dans la mesure où il véhicule une notion de menace et de danger tout bonnement délicieuse. C’est un album qui incite à danser le pogo tant chaque titre se succédant, « Sh’es The Right One », « N°1 Boy » ou « Sorry About Tomorrow », répète une formule sans qu’elle sonne frelatée.

The Rezillos enfilent les compositions un sourire narquois aux lèvres ; c’est ce qui les différenciera toujours d’autres combos punks. Il n’est que d’écouter les douze plages qui constituent Zero pour se persuader que jamais les titres qu’ils ont donné à leurs albums n’ont été autant de fausses pistes.

***1/2

Fawn Spots: « From Safer Place »

Fawn Spots est un trio punk venu de York et From Safer Place est leur premier album qui vient après une série de EPs dont l’éthique était celle du « do it yourself ». Le LP ne déroge pas à la règle puisqu’il a été enregistré dans les conditions « live » du « home recording ». Le groupe est fameux pour ses concerts incendiaires, il est donc presque logique que le disque s’emploie à en restituer l’atmosphère.

S’étant enfermés dans la remise d’un jardin de l’époque Géorgienne le disque va, dès l’entame,, exercer cette esthétique qui est celle de nous matraquer et de s’affranchir de toute limite. En effet, l’environnement choisi a permis avant tout à asseoir ces arrangements propres à l’auto-production et non pas à profiter de leur retraite pour peaufiner un peu plus leur son.

Le résultat est une bagarre constante entre les instruments, chacun semblant vouloir déverser son son énergie au dépend des autres. Les riffs ne sont qu’explosions et les vocaux aboiements le tout se mêlant sans un mur sonique ne pouvant véhiculer que, surprise surprise !, la colère.

Comme tout autre disque, From Safer Place nous offrira un endroit plus sécurisé avec du matériel un peu plus léger, des interludes apaisés comme » A Certain Pleasure » ou « Black Water » ou un instrumental, « In Front of the Chestnut ». Cela fournit une dimension supplémentaire à un disque qui, autrement, serait quelque peu monocorde même si c’est quand le groupe joue à fond les manettes qu’il est le plus fédérateur.

Fawn Sopts est un grupe encore jeune ; il montre ici un certain potentiel d’autant qu’il n’y a rien chez lui de foireux en termes d’exécution. L’album marquera peut-être une excellente inroduction à un plus large public.

***

Screaming Females: « Rose Mountain »

Le dernier opus des Screaming Females date de 2013 et c’était un EP, The Chalk Tape, dans lequel le trio se lançait dans de vagues recherches expérimentales au long de ses sept plages. L’approche était rapide et quelque peu désimpliquée et elle s’harmonsait assez bien avec le style punk débridé du groupe.

Rose Mountain, leur sixième album, est envoie le bois de façon tout à fait différente dans la mesure où il montre ce que le trio est capable d’accomplir si il prend le temps de polir et d’être un peu plus attentif aux détails. Cette évolution vers une ouverture sur d’autres tonalités avait déjà pu être pressentie sur leurs précédents albums comme Power Move et Castle Talk.

Ici, il semblerait que cette promesse se soit enfin réalisée avec ses guitares en fuzz libidineuses, ses solos qui pulvérisent et le alto chaotique de leur leader et guitariste Marissa Paternoster. Après 10 ans de carrière dans le guitar rock underground, Rose Mountain est un album de rupture par excellence.

Screaming Females s’échappent enfin de l’ombre punk qui menaçait de les stéréotyper et, si on devait aujourd’hui caractériser leur son, on pourrait dire qu’il est maintenant proche de ces riffs stoner rock graveleux qui évoquent le Black Sabbath des débuts. Le travail à la guitare de Paternoster assure la plus grosse partie de cette coloration heavy sur des morceaux comme « Empty Head » ou « Triumph » et elle y ajoute des textes qui sont en phase avec l’intensité émotionnelle de sa musique.

Le disque semble ainsi rendre coup pour coup, dans un échange immédiat et fulgurant entre mots et sons qui s’entrechoquent comme sur sur « Ripe » ou les deux se répondent même si quelques titres pop (« Wishing Well » et « Hopeless ») montrent que le combo a l’ambition de ne pas tout sacrifier au muscle et à l’enthousiasme mais aussi à explorer toute le spectre du guitar rock.

Avec cet opus, Screaming Females que c’est non seulement le rock féminin qui est vivace, mais le rock tout court.

***1/2

CJ Ramone: « Last Chance To Dance »

Avec un groupe aussi vital que The Ramones, il est important que leur legs demeure intact que ce soit par des rééditions de leur catalogue ou par des nouvelles sorties qui leur sont associées. Avec ce nouvel album, le deuxième, de leur dernier bassiste, Last Chance To Dance, les loyalistes peuvent dormir sur leurs deux oreilles… ou plutôt les rouvrir avec ravissement.
Le disque porte la flamme des Ramones avec style et avec ce côté graveleux qui leur était propre. On a donc droit à un clin d’oeil dirigé vers le passé mais aussi à une perspective plus fraîche. Le « single » « Understand Me ? » a suffisamment de riffs appartenant à la geste de Johnny Thunders pour qu’on se retrouve en terrain familier mais il nous propose également des textes et une mélodie qui ne peuvent appartenir qu’à CJ Ramone.


« Won’t Stop Swinging » sonnera, lui, comme The Romantics ayant avalé du speed avec ses riffs musclés tempérés par un chorus pop enlevé tandis que « Carry Me Away » aura un petit climat folk humide semblable à ce qu’on pourrait entendre dans un vaisseau de pêche perdu en mer et trempant dans du whisky Wild Irish Rose.
Le ton sera plus lourd avec un « Mr. Kalashnikov » très sombre; le titre étant un hommage à l’homme qui a inventé le AK-47. Les textes y sont mordants et les retournements ironiques le rendent intéressant alors que le mode rock sera réservé à ses riffs et son chorus qui semble émaner d’un groupe de forçats.
Last Chance To Dance contient la juste dose de riffs punk, de refrains mélodiques et d’abandon rock and roll pour représenter le prochain pas dans ce qui est le canon des Ramones; il est certain que si ses « frères » l’entendaient, ils en seraient tout estourbis.
***1/2

The Swingin’ Utters: « Fistful Of Hollow »

The Swingin’ Utters est un groupe dont la carrière s’étale sur plus de 25 ans ; il est donc malaisé de suivre un combo qui évolue constamment. Du street-punk ils sont passés à des influences foilk irlandaises puis à l’americana pure et dure comme, enfin, au rock and roll des origines.

Fistful Of Hollow confirme ces expérimentations mais maintient, néanmoins, un son orienté rock devenu leur depuis leur dernier album en 2013, Poorly Formed.

Comme dans chacun de leurs disques, il s’y passe toujours pas mal de choses et, sur ces 15 morceaux, on constatera une fois de plus que le résultat entier en est ien plus attrayant que la somme de ses parties. Pas de titre phare ni de « single » mais une qualité constante qui oblige à une attention soutenue.

Le punk est toujours un peu présent (« We Are Your Garbage », Tonight’s Moon ») : ils ont ce côté « classique » fait de notes parfaitement choisies et d’un esprit joueur qui commence à pointer le bout de son nez.

Comme d(habitude folk et americana seront représentés (« Napalm South » ou « End of the Weak ») mais ils seront saupoudrés de rock et de blues qui font partie du nouveau son que les Swingin’ Utters se sont appropriés.

Comme dans tout album aussi varié, le sequencing est l’élément clef. Celui-ci est parfaitement construit et ajusté avec des penchants plus marqués et lourds dans le répertoire folk ce qui donnera son unité sonique à Fistful Of Hollow.

On ne pourra qu’apprécier la confiance qui semble animer le groupe, d’autant qu’elle ne s’accompagne d’aucune tendance à la démonstration technique. Groupe et disque tous deux soudés, il est rare que des presque vétérans soient à même de garder la flamme et la qualité.

***1/2

Single Mothers: « Negative Qualities »

Quelle différence existe-t-il entre la confiance et la haine de soi ? Pour le leader des Single Mothers, Drew Thomson, il y en a peu. Au travers de dix chansons punks enflammées et denses n’allant pas au-delà de 30 minutes, Thomson semble vouloir avec insistance commettre un suicide social de la manière la plus consciente qui soit. Il sillonne une terre délabrées peuplée de tout ce qu’il peut être merdique : anciennes petites amies, amis, gamins prétentieux et son propre cerveau. Tout cela va dans cette même et unique case et, pour chaque déflagration qu’il envoie, il en est une autre qu’il dirige contre lui.

« Sur Marbles » il déclame, comme si il était condamné à ne plus jamais chanter, être hypocrite et l’assumer tout en reconnaissant que c’est un handicap, exemple parfait de la raison pour laquelle l’album s’appelle Negative Qualities.

Malgré toute cette conscience qu’il a de lui-même, Thomson ne perd jamais trace de ce qui se passe autour de lui. En ce sens c’est un observateur talentueux et plein d’esprit quand il parle de rencontres avinées, de rendez-vous manqués et de conversations de bars qui ne mène à rien. On sent chez lui une verve, celle de quelqu’un qui aime être en colère contre la vie. Tout n’est pas amer pourtant ; une guitare montant en flèche comme sur « Ketamine » occultera le désespoir de ses textes auto-destructeurs et la basse crasseuse au début de « Crooks » débouchera sur l’élément émotionnel central de l’album et son interrogation sur la vie qu’il mène : est-il un branleur ou pas ?

À cette question il ne répond que vaguement en parlant des circonstances qui exigent parfois qu’il le soit mais on peut supposer qu’il a désormais appris à gérer la sombre vérité qui se tapit derrière lui.`

***

Girl Tears: « Tension »

Selon l’opinion que l’on a du punk on pourra l’approche de Girl Tears, trio de Los Angeles, primaire ou primale. Tension est un titre qui résume bien la caractéristique de l’album : pas de solos de guitares, de pont compliqués, ou de virtuosité à afficher. Le résultat est un disque qui affiche douze titres au compteur en moins de dix minutes.

Veulent-il être dans l’essence la plus dépouillé du punk, ou bien la déconstruire, toujours est-il que Girtl Tears a décidé de ne pas se prendre la tête et à viser directement notre jugulaire. Le son est crasseux, il ne s’embarrasse pas de penchants vers la pop et les titres sont aiguisés avec pour base un riff à qui il arrive d’être accrocheur.

De ce point de vue, ils vont encore plus loin que ce que pouvait être l’impact du premier album des Clash et, avec les vocaux sombres qui ululent à la lune de Kam Andersen, on pourra retrouver une familiarité avec un Gun Club dont le gothique est né de façon prématurée.

Tension est et se veut inabouti et épileptique mais il est certain que de morceaux pleins de panache et d’arrogance comme « Candy Darling » ou « Kill for Love » auraient mérité un traitement allant jusqu’à, n’exagérons rien, deux minutes !

Bref, un disque à pleurer et qui ne mérite pas vraiment que l’on s’étende dessus ; reste à savoir si, selon que vous soyez fan absolu du punk, vous serez tenté de le jouer trois ou quatre fois à la suite.

**

Chain & The Gang: « Minimum Rock & Roll »

Il est des groupes qui ont besoin d’un manifeste ; Chain & The Gang, (chaine de forçats) mené par Ian Svenonius, est de cette trempe ! Il est vrai qu’en tant qu’auteur d’un livre nommé Supernatural Strategies for Making a Rock ‘n’ Roll Group et comme hôte dans de nombreux « talk shows » il s’emploie à mettre en pratique ce qu’il nomme le « crime rock », s’employant à mettre à jour rock and roll, blues, gospel et quartets vocaux dee 50’s et 60’s.

Minimum Rock & Roll a été enregistré à Portland et nous délivre une musique féroce et gourmande dont l’intention est de dévorer la médiocrité du monde que nous connaissons.

« Devitalize », bien qu’axé sur le sujet de la dévolution et nous demander de nous défranchiser de notre univers, est atemporel et d’opter plutôt pour l’exigence disco véhiculée par « Never Been Prtoperly Loved ». L’éventail musical sera vaste (electro en analogique sur « Stuck In A Box », brûlots vindicatifs avec « Crime Don’t Pay » ou What Are You Here For », et le swamp-groove de « Got To Have It Everyday »).

On retrouve Svenonius, artiste punk au fond, attiré irrésistiblement par le danger et promettant un bouleversement à chacune de ses sorties discographiques. Le groupe veut tester let remettre en question la marche de notre société que ce soit dans son « packaging » (voir la pochette) ou sa manière de nous égarer vers des intérêts qu’ils considèrent comme source d’aliénation puisque chaque chose est devenue marchandise disponible.

Quelque part cette démarche est celle des Situationnistes ; elle conduit Minimum Rock & Roll à dénoncer de façon nihiliste ce qu’on appelait avant « La Société du Spectacle ». Le disque est un vibrant hommage à la subversion du politiquement correct qui s’insinue même dans la scène indie. En écrivant un livre sur la stratégie du music business, Svenonius est entré dans le ventre de la bête et, si on devait reprendre une autre analogie de l’époque, montré qu’elle comme notre mode de vie ne sont que des tigres de papiers.

***1/2

Black Lips: « Underneath the Rainbow »

Underneath The Rainbow est le septième album de ce groupe garage rock d’Atlanta, étiquette qu’il justifié dès l’ouverture du disque par un « Drive-By Buddy » qui porte une très forte ressemblance au premeier hit des Monkees, « Last Train To Clarksville ». Ouverture plus que judicieuse car, si tout au long de sa carrière, Black Lips ont appris une chose c’est qu’ils savent désormais naviguer sur cette ligne étroite et délicate qui différencie un combo qui interprète bien son rôle oui qui le pastiche. Que les Monkees aient fait exactement la même chose avec leurs influences durant les 60’s ne fait que donner poids et profondeur au sens de la dérision faussement naïve qui est au cœur de leur nouvel opus.

Comme toujours avec Black Lips, le terme « garage rock » est à predre au sens large. Et sur ce disque figure un large spectre de refrains adolescent suraigus et de cette approche négligée qui_ embellit (ou entache suivant le point de vue) des titres qui, sinon, seraient prévisibles et convenus. « Make You Mine » est un clin d’oeilau Television Personalities rempli de crissements jouant sur les nerfs alors que « Dorner Partr » injectera un saxo asthmatique sur une pépite pop-punk qui serait autrement immaculée.

La distorsion n’est pas pour autant négligée bien qu’elle soit moins présente que sur l’album précédent du groupe, Arabia Mountain (2011). « Funny » est un refrain glam rock qui vous fait taper du pied obstrué par une guitare fuzz omniprésente et « Dandelion Dust » sera tout aussi élevé en volume avec un riff emprunté à « Spirit In The Sky » lui donnant une bien joli touche psychédélique.

Underneath The Rainbow fonctionne le mieux quand il atteint l’idéal équilibre entre abandon propre aux fantasmes garnements et cette sensitivité un peu idiote comme on la trouve sur un « Smiling » un plaidoyer pour l’autonomie adolescente aux harmonies exécutée de manière bâclée et qui résonne bizarrement de façon très sincère quand on saitr que les membres du groupes sont dans la trentaine.

Le morceau qui terminera le disque, « Dog Years », sera alors une superbe conclusion dans la mesure où il donnera aux Black Lips suffisamment d’envol pour aborder avec suffisamment de contrôle l’espace de l’interprétation débridée.

 

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The Beach Fossils: « Clash the Truth »

Sous la houlette de Dustin Payseur qui avait sorti un album solo en 2009, The Beach Fossils ont en publiant leur premier opus, gagné un public fidèle dans la scène dream-pop de Brooklyn. Il est vrai qu’avec leur formule guitares, basses, rythmes à quatre temps et vocaux baignant dans la « reverb » le groupe assumait totalement son esthétique « slacker » et ne cherchait pas à sonner différemment d’une myriade d’autres ensembles.

Ce qui avait séduit était un côté punk qui semblait greffé sur un répertoire indie pop et lui insuffler un sursaut d’adrénaline salutaire. L’intéressant était que The Beach Fossils ne se situait pas dans les extrêmes et que la qualité du songwriting de Payseur lui donnait une valeur mélodique qui demeurait palpable.

Clash The Truth est différent, moins râpeux, mais là encore The Beach Fossils n’ont plus le même line-up hormis Payseur et quelque part ce disque est le projet exclusif du vocaliste qui en chante toute les parties sauf quelques interprétations avec Kazu Makino de Blonde Redhead qui apporte une touche délicieusement nostalgique sur des titres comme « In Vertigo ».

Payseur gère tous les instruments sauf la batterie mais il a confié les rênes de la production à Ben Greenberg (The Men). Celui-ci apporte au projet un vernis qui n’apparaissait auparvant que par éclipses dans les compositions de The Beach Fossils.

Cette orientation surprenante pour ceux qui avaient pris l’habitude d’une tonalité plus punk, mais elle permet aux compositions de briller de manière plus éclatante qu’elles ne l’auraient fait si Payseur avait maintenu son optique initiale. Un titre comme « Shallow » par exemple offre des lignes de guitares claires et épousent volontairement la mélodie. Mais elles demeurent vives et acérés pour mieux contribuer à des textes dont on devine, par la diction, qu’ils sont vindicatifs et acerbes.

Sur « Clash The Truth » d’ailleurs Payseur ouvre l’album en déclarant : «  La vie peut être si pourries / Qu’on ne peut en apprécier ses moments purs ». Ceci donne le ton d’un album qui va ainsi offrir une dichotomie étrange entre désespérance et espoir. D’un côté il y aura le doucement acoustique « Sleep Apnea » ou la gentille palette instrumentale de « Ascension » et à califourchon entre cette humeur et son contraire on trouvera le classieux refrain indie pop « Crashed Out ».

Doit-on se préoccuper d’une telle versatilité ? Pas réellement et ce pour des raisons presques opposées. Au confluent du punk et de l’indie, Payseur met en avant une qualité de composition et surtout une sensibilité qui ne peut que plaider pour ses saillies contre les plaies du monde moderne. A contrario, et une fois l’effet de surprise du premier album passée, il lui est peut-être malaisé de gérer cette contradiction entre véracité et la démarche dream-pop ou « slacker » (branleur) quand celle-ci se manifeste ici. Cela explique, en partie, le titre de l’album, Heurt avec la Vérité tout comme cette pochette de visage atomisé ou brouillé.

Quelque part, on a finalement l’impression que The Beach Fossils n’est pas un groupe dont on peut attendre grand chose. C’est, une fois de plus, le prototype du combo qui se distingue des autres parce qu’il n’y a pas énormément de raisons de vibrer dans la scène indie d’aujourd’hui. Reste qu’on peut tout à fait se satisfaire de sa brillance mélodique, de ses guitares étincelantes et de ses rythmes amènes.