Red Mass: « A Hopeless Noise »

Roy Vucino et Hannah Lewis sont l’épine dorsale du projet Red Mass qui vient de sortir A Hopeless Noise, avec peu d’annonce ou de fanfare, ce qui est surprenant étant donné que l’histoire du groupe, longue de dix ans, est, à bien des égards erratique. A Hopeless Noise fait suite au premier long métrage Kilrush Drive, sorti l’année dernière, et continue de présenter l’une des entités rock n’ roll les plus créatives et les plus dynamiques. Avec Kilrush Drive de 2019, Roy Vucino et Hannah Lewis ont livré un artefact art-punk sombre, submergé par l’angoisse et les ombres. A Hopeless Noise est une proposition plus brillante que son prédécesseur mais n’est pas moins sauvage et créative dans sa livraison. De nombreux invités sont présents tout au long de l’album et sont parfaitement intégrés au fil sonore du groupe, notamment King Khan, Mike Watt, MacDemarco, Evan Dando, Rick Froberg, Hugo Mudie, John Kastner, Jered Gummere et Drug Train. D’une certaine manière, la sortie de A Hopeless Noise clôt un chapitre pour Red Mass, en nettoyant pour ainsi dire l’ardoise, étant donné que la majorité de ces chansons ont vécu dans diverses incarnations en live et que, maintenant, elles sont taillées avec l’aide des coproducteurs Sebastien Perry Dave Kunstatter Dave Earl & Rafael Katigbak.

L’ajout de tant de collaborateurs présente un fan familier avec des coupes fraîches, « Killer On The Loose «  avec l’ajout de Rick Froberg au chant livre une version définitive d’un classique. Comme pour tout album vraiment génial, chaque morceau pouvait se suffire à lui-même, chacun étant empreint de sa propre identité sonore. « Fall From Grace » rebondit et se fraye un chemin à travers une histoire de richesses et de chiffons avec une espièglerie malicieuse, le punk scrappy de « Life Is A Cabaret » est bouillonnant et explosif plors que « Where Are My Drugs ? » enchante par sa frénésie à élaborer sur le manque. « Diamond Girl », lui, se distingue du groupe en ajoutant une guitare acoustique, des cuivres, des cordes et un air de sixties ye ye. Avec les voix combinées de Roy et Hannah, la chanson s’intégrerait facilement dans l’autre projet du duo, Birds Of Paradise, et sera une révalation qui sortira du l lot avec éclat. L’album se termine avec la discothèque souterraine de « Sharp », posant une base de néon et de chrome pour la performance vocale exceptionnelle d’Hannah, égalée seulement par l’interlude de métal sauvage de Vucino.

A Hopeless Noise est remarquable par sa qualité et son exécution, le secret de l’indéniable alchimie entre Roy et Hannah, la musicalité et l’écriture des chansons à bord et la capacité à s’entourer d’amis immensément talentueux. Pour tout fan de rock n’ roll, cet album est une célébration que l’on peindrait, bien sûr, en écarlate

***1/2

Mannequin Pussy: « Patience »

Mannequin Pussy aait oublié un second album faussement nommé Romantic. Le quatuor venu de Philadelphie et mené par la foutraque Marisa Dabrice au chant et à la guitare avait redonné ses lettres de noblesse au punk hardcore et il retente ici l’expérience avec un troisième disque nommé Patience.

Voici donc une nouvelle bonne dose de punk hardcore encore plus explosive et encore plus tête brûlée que jamais. Mannequin Pussy démarre en trombe avec des titres beaucoup plus maîtrisés que jamais avec entre autres le titre introductif qui donne le ton mais encore les allures grunge de « Drunk II » où on voit notre Marisa Dabrice partagée entre chagrin et désinvolture (« I still love you, you stupid fuck ») et « Who You Are ».

Entre moments de pure et folle rage (« Cream », « Drunk ») et d’autres plus mesurés avec notamment « Fear/+/Desire » partagé entre chaos et harmonie et « High Horse », Mannequin Pussy nous entraîne dans cette tempête riche en contradictions. Entre le songwriting aussi insolent que vulnérable de Marisa Dabrice et les compositions bien virulentes qui l’accompagnent (« F.U.C.A.W. »), le groupe de Philadelphie brasse le chaos qui empiète sur leur passage avant de retrouver une certaine lucidité avec « In Love Again » qui clôt Patience en grandes pompes. Assurément un des meilleurs albums punk-rock de cette année car plus ambitieux et plus passionnant à coup d’écoutes répétées.

***1/2

Fury: « Failed Entertainment »

Fury avait débarqué de manière « furieuse » un premier album intitulé Paramount. Depuis, le groupe de punk hardcore venu d’Orange County a fait grande impression avec ses compositions féroces. Il espère, ici, récidiver avec un nouvel opus intitulé è.

Dès les premières notes de « Angels Over Berlin », Fury sort les crocs et décrasse plus les tympans que n’importe qui d’autre.

En 11 morceaux et 27 minutes de musique, le groupe californien ne change en aucun cas leur formule gagnante que ce soit sur « Vacation », « Inevitable Need To Reach Out » ou sur « Birds of Paradise ».

Entre riffs tapageurs et section rythmique bien sauvage ainsi que l’interprétation très rentre-dedans de Jeremy Stith, on est bien servi.

On virera parfois dans du « sludge » façon Baroness sur des ponts bien heavy de « America », « Mono No Aware » ou bien de « New Years Days ». Avec Failed Entertainment, Fury continue sur sa lancée avec un punk hardcore qui montrera toute sen efficacité sur scène.

**1/2