The Lovely Eggs: « I Am Moron »

Am Moron, le sixième album de The Lovely Eggs, pourrait bien être l’antidote idéal au chaos actuel. Le duo basé à Lancaster, en Angleterre, a sorti son premier album en 2009 et, depuis lors, il a fait preuve d’une indépendance farouche. Adoptant l’esprit du bricolage, The Lovely Eggs fonctionne sans l’aide d’un manager, d’un agent de réservation ou d’une maison de disques. C’est une attitude qui, associée à une musique absolument fantastique, leur a valu une base de fans loyaux et aimants. 

Le son du groupe a, au fil des ans, réussi à incorporer tout ce qu’il y a de plus beau, de l’art-punk de Half Japanese aux écrits surréalistes de Richard Brautigan, en passant par la superbe bêtise du comédien culte John Shuttleworth. La psychedelia est devenu une influence plus importante depuis le LP This is Eggland, produit par Dave Fridmann en 2018. l’ouverture qu’est “Long Stem Carnations”, reprend là où l’album s’est arrêté. L’électronique de science-fiction s’estompe, la chanson se met en marche et nous nous précipitons à 100 mph comme nous le dit la chanteuse et guitariste Holly Ross : “Je suis aussi forte qu’une roue de chariot/Je suis connectée à ce que vous ressentez” (I’m as strong as a Wagon Wheel/I’m connected to how you feel.). Fridmann est de retour derrière le bureau et les chansons sonnent comme des vagues de sonorités dans sa production psychédélique.

L’élan déchirant de chaque chanson successive donne à I Am Moron un emballement brillamment essoufflé. L’humour du groupe s’accompagne d’un véritable sentiment de colère et, à l’occasion, d’un dégoût total. Si vous suivez le groupe sur les médias sociaux ou si vous les entendez dans des interviews, vous saurez à quel point ils sont passionnés. Leur punk joyeusement surréaliste imprégné d’urgence. La pop ridiculement accrocheuse, associée à des mots, de “You Can Go Now” donne l’impression d’un nettoyage de printemps sonique alors que tout et tous, des repas au micro-ondes aux divertissements eux-mêmes, sont montrés à la porte. “This Decision” nous fait perdre la tête et trouve Ross et le batteur David Blackwell (également son mari) en train de fournir une explosion de psycho-punk brute et magnifiquement fracassée.

« You’ve Got the Ball » prend un virage plus expérimental avec un mantra hypnotique et rythmé qui peut ou non concerner le football.Pourquoi s’en soucier ? Cela, après tout, semble frais, amusant et complètement décalé. “Bear Pit », le grognement de “I Wanna” et le névrotique “24 Eyes” sont garantis de faire tomber quelques chaussettes ; ils vont droit au but avec un triple titre de bonté punk-rock sans retenue. “The Mothership” est un moment de calme inattendu, le son du duo dérivant à travers le vide solitaire de l’espace comme Ross chante “I sleep alone/I just wanna sleep alone”. Un bref moment pour reprendre son souffle et « Insect Repellent » pourrait bien être l’un des meilleurs morceaux de l’album en s‘élançant dans la vie avec un groove brillant et lourd, “investment opportunities/repellent!/luxury coleslaw/ repellent !”

The Digital Hair” présentera un peu plus d’une minute de divagation psycho-punk, tandis que “Still Second Rate” capture parfaitement le talent du groupe pour un brûleur art-punk énergique et accrocheur.

Comme tout bon hôte, The Lovely Eggs vient peut-être de partir et de garder le meilleur pour la fin avec l’épopée “New Dawn”. Le couplet nous entraîne avec un rythme propulsif alors que Ross chante “la solitude de la vie/la vis qui ne tourne pas” (The melancholy morphs into euphoria as the chorus ushers in a new, hopeful dawn.) La mélancolie se transformera en euphorie alors que le refrain annonce une nouvelle aube pleine d’espoir. La chanson s’achève sur l’image de Ross dans une cuisine de campagne en train d’étaler des excréments sur des plans de travail en marbre. Les premiers pas vers le renversement de nos riches, les conservateurs votant les seigneurs suprêmes ? I Am Moron est un de ces albums qui semble être arrivé au bon moment ; c’est exactement ce qu’on peut avoir besoin d’entendre; et honnêtement, il se doit d’être écouté.

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Psychic Flowers: « Jumbled Numbers »

Depuis la dissolution de Ex-Breathers, David Settle est resté prolifique et inspirant, avec d’excellents projets comme Big Heet, The Fragiles et Psychic Flowers (sans parler des groupes de musique pour le podcast, Under The First Floor). Il reste très occupé et la qualité reste élevée, qu’il s’agisse de faire du « egg punk » ou du lo-fi, chaque projet apporte un élément différent de ses inspirations et puise dans l’essence même de ce qui le rend si influent au départ. Après les débuts de The Fragiles, Settle travaille à nouveau sur Psychic Flowers se un dernier album, Gloves To Grand Air. Enregistré dans sa cave sur un magnétophone à cassette 8 pistes, l’album est une power-pop volontaire qui équilibre le fuzz lo-fi et le sifflement de la bande avec des mélodies incontournables. Il est plein de magie d’enregistrements maison.

Le single « Jumbled Numbers » reprend un lead de guitare perçant inspiré de Guided By Voices et le transforme en une chanson pop grouillante, enfouie dans un bruit déformé et des cymbales qui engloutissent presque tout le mix. La chanson, un message pour laisser vos sentiments s’envoler librement (« vos émotions ne sont pas un crime » – your emotions are not a crime – ), est secouée par le son de guitare à électricité statique de Settle, chaque accord se frayant son chemin dans la myriade detonalités. C’est la dureté de la power-pop qui vous rappelle que vous n’avez pas toujours besoin d’être aussi dur, et que, souvent, le laissez- aller est préférable. Psychic Flowers écrit des chansons qui vont du punk garage à la pop slacker et l’attention que porte Settle aux détails sonores de la variété 8 pistes pousse tout délicieusement dans le rouge des émois de songeries imaginaires ainsi exacerbées.

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V/A: « Tea & Symphony »

Parmi les déclinaisons de la psychedela britannique, on pense souvent à la surenchère des solos à rallonge, aux empilades d’amplis Marshall façon The Cream. On pense aussi aux épopées prog. On oublie le plus souvent la veine baroque, ces raffinés de l’arrangement pour quatuors à cordes, harmonium, clavecin… Ceux qui se réclamaient des Zombies d’Odessey & Oracle ou des Beatles d’ « Eleanor Rigby » : voici 22 ouvrages exquis de ces dentellières et orfèvres, composant une compilation qui transcende aisément l’époque, de par la durabilité même de la musique classique dans l’équation.

Merveilles que le « Pictures » de Ray Brooks, I » Can’t Let Maggie Go » par The Honeybus, le « Fading Yellow de Mike Batt » : on a vraiment l’impression d’avoir trouvé la porte dérobée derrière laquelle ces trésors attendaient patiemment leur tour. Sinon les titres de Colin Blunstone (le chanteur des Zombies) et du groupe Nirvana (premier du nom), tout est à découvrir. Délicieusement.

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Big Mountain County: « Somewhere Else »

Cette montagne est nichée dans la ville au sept collines à savoir Rome et le combo avait déjà sorti un premier album nommé Breaking Sound qui, à l’image de son titre, avait pas mal fait sursauter les sons.

Somewhere Else pourquit la même veine fichée rock psychédélique, source d’inspiration qui se perçoit dès les premières notes de l’introductif « Dust », où plane le spectre lysergique du Brian Jonestown Massacre. Les mêmes climats azimutés se retrouveront qur d’autres pépites telles que « Yellow Morning », « Just A Boy » et « Dancing Beam » avec une verve triomphante.

Entre l’interprétation toujours aussi charismatique de son leader, les atmosphères trippy des morceaux telles que « Dancing Beam » et « Contéz » ainsi que la patte du duo de producteurs Paola Mirabella et Andreas Pulcini, il n’y a qu’un pas. Somewhere Else nous transporte en effet autre part avec les contrées cosmiques de « Tonite », « Far Away » jusqu’au final tonitruant intitulé « Lost Summer ». Big Mountain County un groupe à part entière et n’a d’autres frontières que celles de la géographie de notre psychisme, quelque part ailleurs.

***1/2

YĪN YĪN: « The Rabbit That Hunts Tigers »

YĪN YĪN est un combo qui nous vient de Maastricht et qui est du genre à mêler pop psychédélique et funk asiatique digne des années 1960 et 1970, comme l’atteste leur premier album nommé The Rabbit That Hunts Tigers.

Beaucoup avaient dansé sur les rythmes entêtants du morceau « One Inch Punch » et bien avec ce premier album, on est plus que servi. Après avoir mis en boîte une poignée de morceaux à l’intérieur d’une école de ballet dans un village hollandais au pied d’une montagne nommée Alpaca Mountain, YĪN YĪN continue de s’inspirer de la disco issue de la sono mondiale. Et c’est avec des morceaux instrumentaux résolument psychédéliques comme « Pingpxng » mais également « Thom Ki Ki » et « Alpaca » que l’on a affaire et qui nous feront danser jusqu’à l’aube.

Leur disco-funk aussi bien afro et asiatique des décennies antérieures arrive à nous hypnotiser comme il se doit. YĪN YĪN a beau jouer la carte du mystère mais cela ne nous empêche pas de réchauffer les cœurs avec des titres entraînants et groovy à l’image de « Kroy Wen », « Sui Ye » ou bien encore « The Sacred Valley of Cusco » qui pourraient faire office d’une bande originale d’un village hippie de la Chine du Sud dans les années 1960. Avec ce premier album, le quatuor de Maastrichtest propre à réchauffer les organismes lorsque les températures avoisinent les degrés négatifs.

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Oh Sees: « Face Stabber »

Il aura fallu une année complète à John Dwyer pour se décider à donner un successeur à Smote Deceiver. Si ce dernier se posait comme une espèce de chimère musicale allant piocher son inspiration dans des influences jazz, prog, space rock, garage voire metal, Face Stabber, lui, va encore plus loin dans l’expérimentation. Dans la volonté immuable de rompre avec toute étiquette que l’on aurait pu leur coller, Dwyer et ses collaborateurs préfèrent en effet s’aventurer sur les terrains plus fantasques du jazz fusion et du heavy-prog, tout en continuant de distiller un garage psychédélique dont eux-seuls ont le secret.

Le « single » « Henchlock », mastodonte de vingt minutes clôturant l’affaire, pourrait bien à lui seul faire office de mise en abîme de ce nouvel album. Porté par une rythmique aux faux airs de kraut sur laquelle vient tout du long s’opérer un dialogue halluciné entre guitares électrisantes et distordues donnant la réplique à des synthétiseurs plus cosmiques, le morceau nous propulse dans une atmosphère spatiale où les notes semblent flotter en suspension au milieu des échos et des réverbérations.

Dans la même veine bien que beaucoup plus court, « The Experimenter » résumera assez bien le tournant opéré par Oh Sees depuis Smote Reverser. En effet, on y retrouve peu ou prou les mêmes ingrédients rythmiques et vocaux, avec un côté garage beaucoup plus marqué dans les guitares. Le tout offre ainsi une progression habilement scindée en deux parties, dont l’énergie latente ne cesse de monter en pression, jusqu’à finalement exploser en un excès de guitares dont la violence ne fait que renforcer le contraste avec la relative tranquillité du reste du titre.

On aurait pu s’y préparer, mais on se laisse prendre au jeu tant le talent du génial Dwyer réside aussi et surtout dans l’interminable jeu de piste qu’il n’a de cesse de développer à travers ses différentes productions. Les motifs se créent, nous emportent avec eux, disparaissent, puis reviennent un peu plus tard, transformés, pour mieux céder la place à d’autres structures en ne laissant à l’auditeur aucune seconde de répit.

Si « Scutum & Scorpius » fait également figure d’odyssée psychédélique aux côtés du beaucoup plus dynamique S.S Luker’s Mom, ce nouvel album sait aussi brosser les amateurs de garage de la première heure dans le sens du poil, en proposant quelques titres nettement plus caractéristiques de la formation. « Gholü » et « Heartworm » par exemple, dont les guitares saturées à souhait venant supporter la colère grondante de Dwyer ne seront pas sans rappeler « Overthrown », tandis que « Face Stabber, » « Fu Xi », et l’incroyable combo « Poisoned Stones/Together Tomorrow », eux, miseront plus sur leur rythmique démentielle que sur leurs accords.

Si Face Stabber se veut d’une variété et d’une originalité rarement égalée dans la discographie de son géniteur, l’album renforce par là sa volonté de s’extraire des carcans sans doute un peu trop rigides du garage qui l’a vu accéder à la consécration. John Dwyer s’envole ainsi vers d’autres horizons, tout en ne perdant jamais vraiment de vue cette griffe si particulière qui donne aujourd’hui à Oh Sees de faux airs d’un Zappa qui aurait malencontreusement eu la main un peu trop lourde sur le cocktail L.S.D/Speed.

***1/2

Ty Segall: « Deforming Lobes »

Quatre années séparent le Live In San Francisco (enregistré en 2014, sorti en 2015) et ce Deforming Lobes (enregistré en 2018, sorti en 2019) et 4 années dans la vie de Ty Segall ça correspond à beaucoup de LP/EP produits et surtout à des changements de line-up et donc de son !
Avec son Freedom Band, Ty a largement durci la chose, ses compositions se transforment en véritables bombes massives, les potentiomètres sont montés au maximum, il faut faire du bruit, toujours plus, ils visent l’explosion sonore. Et c’est comme çà qu’on crée une bête adorée par certains, crainte par d’autres !


Fortement impressionné par la formation sur Freedom’s Goblin, ici c’est l’exécution et la production qui pêche fortement et peut faire soupirer. La distorsion partout, pas vraiment de nuances entre les instruments, ça se noie, ça devient parfois de la bouillie sonore qui ne permet même pas d’apprécier les chansons à leur juste valeur , mais faut que ça soit logique et qu’on puisse comprendre quand même ce qui se passe. Sur « The Crawler », « They Told Me Too » et « Cherry Red » (l’échange de guitare bien pensé) tout y est clair et appréciable, « Finge » s’en sort assez bien, « Love Fuzz » et son improvisation finale ne mène nulle part, « Warm Hand » » et « Squealer »/ « Breakfast Eggs » vont, par conyre, partir dans tous les sens et feront qu’on n’y comprendra pas goutte. « Warm Hands » est censé être une jam musclée et bien pensée mais, là, ce sera chacun jouant pour soi.

Enregistré sur 3 soirées (26, 27 et 28 Janvier 2018, le 26 étant le jour de la sortie de Freedom’s Goblin), pas sûr que les meilleures performances soient celles gravées sur ce disque… Deforming Lobes reste globalement une assez bonne performance, trop massive certainement et sans grandes nuances dans le son du groupe et la production de Steve Albini. Maintenant, Ty Segall devrait sûrement prendre un peu plus de risques, quitte à modifier de nouveau son (comme il a su bien le faire avec Emotional Mugger), parce qu’il commence sérieusement à tourner en rond avec son Freedom Band.

**1/2

Mega Bog : « Dolphine »

Happy Together de Mega Bog avait rencontré un certain succès il y a deux années de cela. Le projet de la musicienne Erin Elizabeth Birgy continue à faire parler d’elle d’albums en albums jusqu’à devenir un acte incontournable de la scène art-rock actuelle. Et il semblerait que l’américaine repousse une fois de plus les limites avec Dolphine.

Chaque album est une épopée fascinante que nous propose Mega Bog et Dolphine (inspiré par le mythe qui suggère que les humains évolueraient en créatures aquatiques pour vivre éternellement) en fait partie. En effet, au travers de ces onze nouvelles compositions résolument psychédéliques, on ne serajamais au bout de nos surprises. C’est avec l’introduction nommée « For The Old World » avec une interlude free-jazz déroutante mais agréable que l’on a affaire sans oublier d’autres trouvailles originales plutôt prog comme « I Hear You Listening (to the Bug On My Wall) », « Left Door » et autres « Truth In The Wild ».

Elle peut également compter sur l’aide de Meg Duffy alias Hand Habits et de James Krivchenia de Big Thief pour pouvoir mettre en boîte ce disque audacieux où les guitares résonnent, les claviers qui dansent et les cuivres qui donnent leur signal d’alarme de façon spontané avec une pointe d’expérimentation. Ce n’est pas pour rien que l’on rencontre la fusion entre Cate Le Bon et Animal Collective sur le morceau-titre pop psychédélique ou des allures plus folk sur « Spit In The Eye Of The Fire King » avec la contribution du regretté Ash Rickli du groupe Strictly Rickli. Entre moments féeriques avec « Diary of a Rose » plutôt mystique mais également « Shadows Break » et « Untitled (« With C ») » et d’autres plus haletants comme « Fwee Again ».

Une fois de plus, Mega Bog joue avec nos émotions avec ce nouvel opus aux airs de conte fantastique. Dolphine est un autre testament de la musicienne qui ne cherche qu’à repousser ses limites en ajoutant plus d’une corde à son arc. Son art-rock psychédélique ne finira pas de surprendre.

***1/2

Louder Than Death: « Stop Und Fick Dich ! »

Vous pensez sérieusement que King Khan allait se reposer sous ses lauriers après toute cette folle discographie ? Dans vos rêves les mans. Parce que le trublion canadien récidive avec un supergroupe nommé Louder Than Death est le nouveau combo créé par King Khan en compagnie de deux membres de Magnetix, Sean qui est membre des Spits ainsi qu’un membre des Shrines. Ainsi naquît leur premier album intitulé Stop Und Fick Dich !.

Voici donc quatorze titres où on est aisément convaincu de la complémentarité et de l’alchimie de ce supergroupe.

Dès le titre d’ouverture nommé « Chief Sleeps In Park », on a une parfaite entrée en matière avec ces tueries garage-rock psychédélique comme on en fait plus. L’énergie et la fougue restent constants du début à la fin sans oublier l’interprétation toujours aussi débridée de King Khan.

De « Erased World » à « Get Them Talkin’ » en passant par « Long N’ Wavy », « No Brain No Pain » et bien encore « Leather Boy », les morceaux ne dépassent presque pas les 3 minutes et se suivent avec tellement de fluidité que l’on entend rarement les enchaînements. De quoi mettre à l’amende toute la scène garage psychédélique californienne qui se réclame du garage psychédélique. La palme de l’originalité reviendra à un « Strange Way » plus mélodique et plus mesuré avant qu’il ne laisse place à une conclusion idéale en matière dde climats hypnotiques : « Baby Huey ».

***1/2

Psychedelic Porn Crumpets: « And Now For The Whatchamacallit »

Avec And Now For The Whatchamacallit, leur troisième album, les Australiens de Psychedelic Porn Crumpets pourraient enfin accéder à une reconnaissance bien méritée. Leur psychédélisme bruitiste des débuts fait place à plus de modulation, sans perdre en puissance ni en originalité.

Pour se faire sa place dans la nasse de la scène psyché musclée, la recette du groupe est simple : empêcher l’auditeur de respirer, le prendre à la gorge, et le matraquer avec des titres à la rythmique survitaminée, aux riffs ravageurs, à la voix sursaturée. Pour résumer le début de l’album, on pourrait qualifier sa musique de Temples sous acide, de King Gizzard épileptique, de Thee Oh Sees enragé… Dans ce déluge de puissance, PPC réussit même à conserver un sens mélodique incroyablement raffiné, en faisant impeccablement surnager les voix dans des arrangements certes moins riches, mais beaucoup plus lisibles que sur les albums précédents.

De cette ouverture, on retient l’enchaînement irrésistible des trois premiers titres, jusqu’à l’impeccable « Hymn for a Droid », son pilonnage rythmique mathématique et la voix héroïque de Jack McEwan.. Puis on se rafraîchit les idées avec la petite virgule de « Fields, Wood, Time », avant que le disque ne prenne une toute nouvelle musicalité. Beaucoup plus délié, le son du groupe prend alors de l’ampleur, les guitares respirent, dans des atmosphères qu’elles disputent aux claviers. Psychedelic Porn Crumpets alterne ballades planantes (« Native Tongue », « Dezi’s Adventure ») et titres clairement heavy « (Social Candy », « When In Rom »e), au milieu desquels trône « My Friend’s A Liquid », pièce pop décalée très élaborée, renforcée par des ajouts de voix, de flûtes..

Avant de clôturer cet album manquant parfois de liant ou de cohérence, le groupe laisse s’épanouir les claviers sur le trépidant et addictif « Digital Hunger », confirmant sa capacité à jouer avec nos représentations, à nous projeter dans toutes les directions et ainsi nous essorer à chaque écoute. Si tel était l’objectif des Australiens au moment d’entrer en studio, qu’ils le considèrent atteint.

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