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King Buffalo: « Longing to Be the Mountain

Avec son nouveau disque,King Buffalo su éviter les pièges du deuxième effort, en n’apportant que de légères bonifications à son psych rock, nimbé de prog et de stoner.

Longing to Be the Mountain est un album aussi concis et expansif, que dynamique et introspectif à la fois. Pour le dire clairement, il est le meilleur disque que pouvait livrer le trio de Rochester, NY après le convaincant Orion (2016).

On reconnaît rapidement les compositions du groupe, la recette ne changeant évidemment pas. De longs crescendos mélodiques qui aboutissent sur d’épaisses couches de guitares et de basse. La formule se répète d’un titre à l’autre, mais sans jamais devenir monotone, le groupe conservant toujours une carte dans sa manche pour nous emmener vers d’autres strates.

Sur Longing to Be the Mountain, l’ajout d’ambiances, de pistes de guitares acoustiques, de séquences programmées et de claviers donne juste ce qu’il faut de nouveautés au son de King Buffalo pour le faire progresser et pour captiver les mamateurs qui ont usé à la corde leur copie de Orion.

Une tournée intensive avec Elde et All Them Witches respectivement, deux poids lourds de la scène psych rock et stoner, a nettement contribué à cette assurance nouvelle du groupe, tant sur scène que sur disque. Ce n’est d’ailleurs pas une coïncidence qu’un des membres d’All Them Witches est l’architecte de Longing to be the Mountain. Qui de mieux pour faire ressortir sur disque les forces d’un groupe que quelqu’un avec qui on a partagé la scène pendant plusieurs semaines aux États-Unis et au Canada ?

Peu de groupes parviennent à produire un psych rock aussi équilibré entre les atmosphères, les mélodies et le côté plus terreux des guitares propres au stoner. Mais même dans ses moments les plus pesants, King Buffalo demeure un groupe dont le son est en suspens, destiné au ciel et aux étoiles.

L’expansif et le cérébral dans les pièces de Longing to Be the Mountain réside dans les effets de répétition, l’usage minutieux des pédales de délais, la voix monocorde mais douce de Sean McVay et la structure linéaire, mais toujours ascendante des compositions.

Dès les premières notes de « Morning Song » qui sont un petit clin d’oeil à « Shine On Your Crazy Diamond » de vous savez qui, à la finale complètement psychédélique de » Eye of the Storm », en passant par la chanson titre, meilleur morceau ici, Longing to Be the Mountain est un album précis, relativement court et efficace. Il est aussi un pari réussi brillamment par le trio.

***1/2

20 novembre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Color You: « The Grand Trine »

Color You est un quatuor californien se psych rock et ce nouvel album arbore fièrement l’étiquette musicale à laquelle il se réfère. Bien que la référence soit ostensible, il n’est pas question ici de nous entraîner dans des longues odyssées où l’influence des stupéfiants serait un passage obligé.

En effet, malgré la couverture du disque qui illustrerait sans qu’on y trouve à redire, un van hippie, la musique est plus dégraissée et aigue et se penche sur un versant plus rock façon Nirvana ou The Pixies.

Le combo n’a pas peur d’explorer les extrêmes du genre en les opposant sciemment et si des morceaux comme « Empty » et « Lady In Blue » sont ampoulés comme des hymnes font montre d’effervescence et de vivacité.

Les harmonies vocales sont ainsi éthérées et débridées mais sonnent tout autant comme une incursion dans le surf rock (« Shine Through », « In Tune ») où les Red Hot Chili Peppers auraient apposé leur paraphe.

On trouvera de la « reverb » dans « Same Old Story » où le combo montre sa capacité à maîtriser cette manière concentrée et dépouillée d’évoluer dans le rock indie. Si The Grand Trine ne se montre pas pétri de cohésion, il est le portrait sensible et affuté d’un groupe en train de forger sa propre voie.

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27 mai 2017 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

The Telescopes: « Hidden Fields »

Sous leurs divers accoutrements, le brouhaha créé par ces vétérans du psyche rock que sont The Telescopes a constamment inspiré des troupes de shoegazers avides de dissonance abrasive et mélodique. Son leader, Stepehn Lawrie, ne sait sans doute pas scruter jusqu’à quelle profondeur l’allégeance à sa musique peut aller. Son huitième album, Hidden Fields, le suggère ce qui n’est pas une mauvaise chose car il nous consume encore plus qu’il ne nous incendie Chacun des titres a une pulsations dont les structures sont trompeuses et dont les contours fuzzy ont comme des riptides effleurant les pieds des nageurs imprudents.

« You Don’t Know The Way » est comme un prodigieux essaim de lignes de basse, les vocaux de Lawrie nous emmènent dans une lassitude poreuse alors que « Absence » s’entortille dans une fugue qui rappelle étrangement Spiritualized. Des nadelettes de mélodies jalonnen l’album avant que la pièce de résistance, un « closer » de 15 minutes « The Living Things » cumule lueurs brillantes et groove insubmersible.

On n’aurait aucune raison de déplorer qu’il dure plus longtemps tant cet album est de cette complexité qui nous bouscule comme il est si bon de l’être.

***1/2

8 août 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

The Smoking Trees: « TST »

La plupart des combos « psyche rosk » contemporains suivent deux voies. L’un est celle, frénétique et spacey et l’autre semble ne pas vouloir aller plus loin qu’une simple resucée de Tame Impala faite d’une esthétique paresseuse et désinvolte.

Avec un de ses membres nommés Sir Psy on aurait pu penser que The Smoking Trees penchaient plutôt vers la première option mais ils se siteuent de manière assez confortable au milieu avec un cocktail de soft rpck West Coast façon Byrds et des nappes ambient à la BJM qui occupent, dirons-nous, l’approche structurelle de leurs compositions.

TST sonne véritablement californien : les chansons étincellent et brillent comme si les rayons du soleil les baignaient sous des teintes déformées par sa réflexion sur nos perceptions. La plupart des titres sont mid-tempo ce qui sied bien à cette ambiance de défonce douce et tranquille.

La couverture de l’album est d’ailleurs fort indicative de ce « trip » vers lequel on souhaite nous emmener ; il est infiniment agréable et relativement exemplaire d’une Californie à laquelle on ne peut que rêver.

***1/2

16 juillet 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

White Hills: « Walks For Motorists »

Le 8° album studio d’un groupe psyche-rock peu ou prou underground n’augure, en général, rien de bon. Walks for Motorists va pourtant surprendre en sonnant ludique, engageant et, surtout, ne se prenant pas au sérieux. Si on considère que le combo a aiguisé ses dents depuis une décennie sur les riffs implacable su space-rock façon Hawkwind, ce disque est étonnamment dépouillé.

White Hills semblent plus intéressés ici à produire des grooves vigoureux plutôt qu’a délivrer un message ou une persona spécifiques et ils incorporent pour cela instrumentation et styles disparates sans idées préconçues.

Résultat des courses : des titres qui vous font opiner de la tête et qui, malgré leurs structures cycliques et répétitives d’une palette somme tout limitée, vpont laisse dans l’expectative du morceau suivant. Ce pourra être un simulacre du Stooges des débuts mais aussi des boîtes à rythmes façon Kraftwerk l’aboutissement sera suffisamment capricieux pour qu’on succombe à la tentation du « fun », surtout venant d’un groupe dont on attendait tout sauf ça.

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17 avril 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Faith Healer: « Cosmic Troubles

Cosmic Troubles est le deuxième album solo de Jessica Jalbert et le premier sous son nouveau pseudonyme, Faith Healer. Le titre du disque est tout à fait approprié à ce qu’on y trouve ; du garage rock qui se mêle d’influences plus fraiches héritées du psyche-rock des 70’s. « Acid », « Again » et « Until The World Lets Me Go » en sont des exemples flagrants mais ce qui distinguera ces chansons d’être purement des redites sera le choix de les accompagner de textes traitant des relations humains, de la vie après la mort d’une manière presque caustique et cosmique donc.

L’art de la composition de Jalbert évoquera donc la fin des 60’s et le début des 70’s d’autant que le production édifie un espace sonique assez étourdissant. Le disque est censé être écouté au travers de casques et on comprend le pourquoi de cette intention. « Canonized » démarre de manière lente mais nous consumera peu à peu jusqu’à exploser dans un kaléidoscope de tonalités étayés par des guitares en fuzz et des vocaux rêveurs qu’il est dificile en général de concilier.

Cosmic Troubles nous étonnera sans qu’on s’y attende ; il est rare de trouver des réinventions musicales aussi soudaines et dramatiques que cela.

***1/2

13 avril 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Wand: « Golem »

Ce groupe rock de Los Angeles continue de tranquillement influencer la scène psyche-rock contemporaine avec Golem, son deuxième album. Wand va satisfaire ainsi l’appétit de ceux qui apprécient les paysages « heavy » et inspirés par le psychédélisme tout comme des riffs de guitares garage épais dont le cœur mélodique est basé sur l’énergie. Depuis leur « debut album», Ganglion Reef en 2014, il semble même que le combo ait très aisément bonifié son approche.

Cette formule combine des éléments de shoegaze, de psyche et de desert rock enrichie d’une « esthétique » metal très crasseuse et d’une production cinglante. Les titres mortifères et expérimentations sont ici contrebalancées par une prise de son sèche mise en œuvre par l’ingénieur du son de Sacramento Chris Woodhouse. Le son de Wand va rappeler Kyuss ou Ty Seagall par la façon assez fraîche qu’il tente de revitaliser la psychedelia en évitant toute nostalgie surannée qui n’a plus lieu d’être aujourd’hui.

Avec des titres comme le « single » «S elf Hypnosis in 3 Days »et « Floating Head » Golem capture à merveille l’attitude garage basée sur la guitare de Wand tout comme l’empreinte rythmique des vocaux de Cory Hanon. Seul « Meleted Rope » adoptera une connotation plus douce et mélancolique voisine du Pink Floyd par son utilisation de la guitare acoustique qui va suggérer une que le groupe ne se sent pas étranger à des compositions plus émotionnelles.

Ce sera pourtant sans fausse honte que l’album privilégiera le volume tout en évitant de tomber dans la morosité grâce à des dynamiques sans cesse en mouvement et des textes hallucinés. Vers la fin du disque, le groupe s’orientera vers une démarche plus « desert rock » avec des morceaux comme « Planet Golem » ou « The Drift », paysages soniques qui rappelleront The Melvins et Dark Side of the Moon.

Golem va ainsi synthétiser influences metal et psychédeéliques combinant fuzz et et rythmes moteurs mais saura aussi montrer une sensibilité sous-jacente en termes de mélodie et de production ; bref une éclaircie dans la myriade de combos qui revendiquent l’étiquette psyche-rock.

***1/2

3 avril 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Medicine: « Home Everywhere »

Durant un bref moment le Medicine de Brad Laner a semblé encapsuler les années 90 puisque d’abord signé chez Creation puis chez American Recordings du légendaire Rick Rubin. Son répertoire était shoegaze et dream pop et un des ses titres a même fait une apparition dans le film noir The Crow ayant pour vedette Elizabeth Fraser des Cocteau Twins.

Medicine s’est ensuite séparé puis regroupé à nouveau. Ses deux premiers albums (comme ceux de Tame Impala entre autres ont bénéficié d’une réédition et nous ont refait bénéficié de de ce rock aux mélodies tachetées et aux guitares en feedback en vogue au début du alt-rock des 90s.

Sur ce nouveau disque après 18 ans, le combo est désormais un trio avec Laner, Elizabeth Thompson et Jim Goodall et, après plusieurs concerts, il nous sort un Home Everywhere dans lequel la première impression est que le bruit qui définissait leur répertoire est toujours là, intact après deux décennies.Il n’est que d’écouter pour cela la manières dont les guitares prennent vie en rugissant sur « Move Along – Down The Road » pour s’en rendre compte.

Medicine, pourtant est également capable de laisser ce bruit tourbillonner légèrement et de le mouvoir aux franges de la pop à des instants inattendus. Le jubilant titre d’ouverture « The Reclaimed Girl » voit ses six cordes scintiller d’éclairs au milieu d’un piano avant de se répandre en white noise à son apogée.

De la même manière un titre lent et mené au piano comme « It’s All About Youé » va laisser le fuzz enter en déflagration pour permettre à la composition de passer à une vitesse supérieure alors que, quelque part, le drone un trombone est jeté dans le mix comme dans une fosse aux lions.

La chanson titre, une suite de onze minutes, verra la trie s’aventurer dans la musique la plus ambitieuse jamais commis. « Home Everywhere » contient des références à Big Star ainsi qu’à des cadences rythmiques brésiliennes en son ouverture avant que le hurlement d’un feedback et que des cloches n’envahissent le morceau avant que celui-ci ne retombe dans un chant choral léger fait de voix qui roucoulent. Surviennent alors des nouvelles rythmiques et des niveaux de fuzz jamais atteints faisant de « Home Everywhere » la composition emblématique d’un disque qui baigne dans un éther psychédélique.

Medicine peuvent être à des décennies de leurs débuts ; leur renaissance prouve qu’ils ne sont aujourd’hui atteint d’aucunes rides.

***1/2

2 décembre 2014 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Comet Control: « Comet Control »

Il y a un peu plus d’un an que ces héros du psyche-rock canadien que sont Quest For Fire se sont déparés. Le guitariste vocaliste Chad Ross et l’autre guitariste Andrew Moszynski ne restèrent pas in,actifs très longtemps et ils recrutèrent très vite trois autres membres (basse, batterie, claviers) pour former Comet Control dont le premier album, éponyme, semble prendre les choses là où elles en étaient restées et vouloir les pousser encore plus loin.

Le quintet a un art indéniable à mélanger l’agressif et le trippy, ceci même au sein d’une unique composition. Celles-ci courent donc le long de toute la gamme de ces explorations soniques fondées sur le délire et allant jusqu’au les explosions psyche-rock les plus lourdes. C’est cette habileté à le réaliser sans faillir qui fait de Comet Control un groupe spécial.

Comet Control s’ouvre sur « Black Magic », un titre épique de huit minutes comportant guitares fuzz appuyées alternant avec des parties plus douces et des solos qui semblent vouloir viser les cieux les plus inatteignables. « Future Forever » et « Century » sont des rockers arrogants avec une rythmique frénétique et toujours ces éternrelles guitares fuzz maniées comme s’il s’agissait de lancer des bombes.

Enfin, « The Soft Parade » sera un autre exemple de l’imagination du groupe avec des riffs noueux contrastant avec des solos toujours aussi aériens tout comme sur le boogie aveuglant qu’est le spacey « Ultra Bright ».

Les aspects les plus « trippy » du groupe se retrouveront sur « For The Haze » et « Hats Off To LIfe » ; le premier avec une batterie robotique accompagnant des guitares étincelantes et en fusion alors que le deuxième, lui, semble avoir pour mission de se diriger vers l’espace le plus éloigné.

Si vous voulez embarquer pour une telle destination, Comet Control est fait pour vous. C’est un disque exemplaire de dynamisme conjugué à des refrains accrocheurs. Il suffirait d’ailleurs de bien peu d’écoutes pour qu’on se mette à souhaiter ne plus jamais redescendre.

***1/2

23 mai 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Pontiak: « Innocence »

Innocence est le 10° album de ce groupe de psyché-rock rugueux et prolifique venu de Virginie. Le début du disque demeure à leur image ; glapissement, martèlement des percussions et guitare la plus heavy qui soit.

Rien de surprenant dans cette soudaineté, les tros frères qui composent le combo ont toujours adopté cette démarche. Ici, pourtant, ils s’emploient à peaufiner leur musique et, enregistrant avec l’aide d’ordinateurs, ils font un voyage dans le temps ils nous emmènent vers ce rock monstrueux des 70’s puis le stoner rock des 90’s dont ils ont choisi les moments les plus doux et mélodiques.

Innocence parvient à équilibrer ces deux styles à la perfection ; la guitare fuzzy et hurlante de « Lack Lustre Rush » s’insérant avec aisance aux côtés de la progression harmonique d’un « It’s The Greatest » faisant agréablement ocsiller de la tête. Ce dernier titre, particulièrement, s’ouvre sur un orgue électrique dont l’intensité ira en crescendo jusqu’à l’introduction de la guitare et de la batterie. Après trois titres brûlants et primitifs, la lente consomption de « It’s The Greatest » offrira un répit judicieux et bienvenu.

Ce mode opératoire sera suivi par Pontiak tout au long de l’album ; titres heavy alternant avec des morceaux plus restreints et l’usage d’une guitare acoustique parsemée de ci de là de légères couches de distorsion.

L’intensité se retrouvera sur, le morceau phare, un « Surrounded By Diamonds » au riff imparable et dont on entend à peine les vocaux, composition qui sera égayée par des harmonies vocales qui lui apporteront une touche de légèreté.

On discerne ainsi la façon dont les morceaux ont été construits ; la plupart l’étant à partir d’harmonies vocales, cela permet au trio de les dépouiller et de produire des ballades teintées d’harmonie comme « Darkness Is Coming ».Le plus important sera pourtant cette habileté à partir d’un morceau dénudé pour y édifier ces couches électriques dont Pontiak raffole d’une manière qui sonne contrôlée mais aussi féroce qu’à l’habitude.

★★★½☆

4 février 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire