King Gizzard & the Lizard Wizard: « K.G. »

21 novembre 2020

Les psy-rockers que King Gizzard & the Lizard Wizard poursuit ses incessantes métamorphes psychologiques sous la forme de ce 16e album studio, marquant ainsi ses 10 ans d’activité.

K.G. déforme et conteste les formules instrumentales occidentales, en s’appuyant sur les expérimentations tonales de Flying Microtonal Bananaqui avaient pris forme en 2017. Façonné pendant le confinement, chacun des six membres a composé et enregistré depuis son propre quartier de quarantaine. Le disque couvre ainsi différentes parcelles du territoire familier de Gizzard : la prophétie apocalyptique de « Automation » et la raclée apocalyptique qu’est « The Hungry Wolf of Fate » rappelant Infest the Rats’ Nest, tandis que les douces méditations de morceaux comme « Honey » renvoient au terrain plus folklorique de Oddments.

Sur « Intrasport », le combo s’attaquera à la space disco, troquant les mélodies de guitare folk orientale pour des rythmes synthétiques new wave. Les dix morceaux sont tenus ensemble par une pulsation tremblante ; pour un album formé avec une telle distance entre ses créateurs, on peut dire que K. G.offre un impressionnant sentiment d’immédiateté.

Au final, les motifs abondent et l’ordre apollonien prévaut. Il n’y a pas de quoi être surpris par K.G., mais peut-être sa reconnaissance témoigne-t-elle de la certitude du groupe de savoir qui il est, ce qu’il est venu faire et de son intention de ne pas s’arrêter de sitôt.

***1/2


Jason Simon: « A Venerable Wreck »

21 mai 2020

Guitariste du groupe américain de psycho-rock Dead Meadow, Jason Simon revient à ses activités en solo avec son nouvel album A Venerable Wreck.

Jason Simon a tellement de tours de guitare dans sa musette qu’on pourrait l’appeler « The Dynamo of the Guitar », malgré ses talents d’auteur-compositeur. On prête en effet très vite le compte de la pléthore de sonorités et d’effets qu’il peut accomplir grâce à son expertise des instruments à cordes et cela se vérifie encore plus sur ce disque..

Il fait appel aux services de Nate Ryan et de Jason Anchodo de The Warlocks, auxquels il s’est associé il y a 4 ans alors qu’il travaillait avec son propre groupe, Dead Meadow.

Il se sert d’un banjo électrique pour le morceau d’ouverture folklorique « Same Dream ». Puis il revient à une acoustique douce avec des notes de guitare gémissantes, certaines avec des effets de trémolo en arrière-plan, tout en chantant une chanson pleine d’espoir et de plain-chant avec une mélodie de style Cohen sur « See What It Takes ». 

Jason chante ensuite en chœur dans un style champêtre, « Snow Flakes Are Dancing », avec un doux effet wah-wah. Le style vocal et le rythme de JJ Cale, qui tapote du pied, se font entendre sur « Red Dus »t, mais il ajoute un effet de guitare plus flou que celui d’un coup de doigts et ponctue le tout d’accords de guitare fulgurants.

Sur « Moments of Peace », une guitare floue de style country est accompagnée de notes de guitare à pédales d’acier étirées. Mais c’est son habileté à combiner de multiples effets qui est le point culminant de cette ode à notre aspiration à un mode de vie paisible. Jupiter, une autre chanson de style Cohen, combine le picking acoustique et la wah-wah douce et le trémolo succulent. De la simplicité de « Jupiter », nous avons la complexité de « A Venerable Wreck ». Un solo de guitare liquide, un rythme répété et déformé,et de temps en temps, un nouvel effet est ajouté, ce qui en fait une aventure instrumentale fascinante.

Le bluesy « The Old One » a des voix qui résonnent au milieu du rythme trapu, avec des claviers qui sonnent comme des accordéons. Rêveur et cosmique, avec de subtils effets de distorsion occasionnels. « Doors Won’t Shut Blues » rebondit comme une chanson de Barrett Period Floyd avec des effets de guitare psychédéliques.  « No Entrance No Exit » et « Hollow » avancent à un rythme beaucoup plus lent mais des notes métalliques étirées ajoutent de l’intérêt après un simple doigté électrique / acoustique. Un autre qui pourrait appartenir au songbook de Syd Barrett.

Puis vient son dernier tour. Une guitare chatoyante à nouveau, une guitare électrique qui gratte doucement et un peu d’orgue bluesy mis dans le mélange pour faire de ce disque un splendide final à un album fascinant où vous ne pouvez jamais mettre Jason Simon dans un seul style.

Cet artiste très polyvalent, qui a la rare distinction de ne pas pouvoir être classé, a créé un album qui contient un trésor de merveilleuses surprises, tant dans la variété massive d’effets de guitare électronique que dans le choix du style de chant en fonction de la chanson. Les écoutes répétées m’ont permis de ne jamais me lasser d’aucun titre. A Venerable Wreck fera certainement partie des albums notoires pour 2020.

****


Irma Vep: « Embarrassed Landscape »

11 avril 2020

Beaucoup de choses ont changé depuis qu’Edwin Stevens, alias Irma Vep, a sorti son premier album, HAHA, en 2012, un LP lo-fi sensible rempli de morceaux qui ont à peine dépassé la barre des trois minutes et demie. Pour son quatrième album proprement dit, Embarrassed Landscape, Stevens utilise la tension et la détente comme jouet sur un album qui oscille entre angoisse obscure et sensibilité déchirante. Le musicien d’origine galloise résidant à Glasgow a repris la gamme variée d’idées de ses précédents travaux et a élevé la barre du genre psycho-rock lo-fi sur un LP plein de contradictions parfaites et d’incertitude infinie. 

Embarrassed Landscape évolue de façon binauriculaire entre un malaise de grande énergie et des répits doux dont les paroles sont tout sauf cela. L’ouverture, « King Kong », est un examen tonitruant de dix minutes sur l’anxiété sociale qui commence lui-même sur un instrumental de cinq minutes qui s’écrase. Ce morceau ne laisse cependant aucun doute sur la direction que prendra le reste de l’album. Ce sera une écoute rauque mais raffinée, transcendantale mais fugace, qui vous fera passer d’un extrême à l’autre en quelques minutes. 

Suivi de la première des propositions plus gracieuse de l’album, « Disaster », nous sommes réintroduits dans l’exceptionnelle capacité d’écriture de Stevens. Un exercice brutal d’auto-examen où les lignes de guitare complexes de Stevens transparaissent pour la première fois sur le mixage. Ce changement de rythme soudain attire l’auditeur alors que nous nous concentrons en vain sur ce qui n’est pas dit. 

Le reste de l’album se distingue par une alternance brutale, la musique de Stevens trouvant sa place quelque part entre le garage et le folk-rock. « I Do What I Want » est un hymne rebelle qui prend vie grâce à des riffs de guitare criards et à une batterie endiablée. Le premier single de cet album est un classique du genre, avec un riff de guitare prêt pour les festivals et un Stevens tempétueux qui hurle le titre vers la fin. Ce morceau est également rempli de enchaînements complexes, de rythmes imprévisibles et de ruptures majestueuses pour créer quelque chose de bien plus complexe qu’un simple hymne pour les foules enivrées du festival. 

« Tears Are the Sweetest Sauce » et « Purring » sont les deux titres qui brisent le cœur de cet album et qui me font penser à des versions à la sauce country de Leonard Cohen. Les voix de Stevens sont les leaders de ces morceaux plutôt qu’une autre couche de son, mettant en avant des paroles pleines d’esprit élégant. « Les choses que vous avez vues ne peuvent pas être nettoyées, mais vous pouvez les laisser tremper pendant que vous réfléchissez» ( The things that you’ve seen can’t be wiped clean but you can leave them to soak while you think) chante-t-il sur « Tears Are the Sweetest Sauce », ponctuant les problèmes de la vie avec une résolution tempérée mais néanmoins réconfortante. En superposant ces lignes sur des accords qui changent selon des schémas imprévisibles et complexes, on obtient des chansons aussi tendues que magnifiques. 

Cet album frénétique et à l’envers est mené à une conclusion gracieuse dans « Canary ». Rassemblant les thèmes de l’abus d’alcool, de la dépression et des visions inquiétantes, Stevens est sauvé par l’amour de son entourage. Sur une chanson qui est un bel hybride de folk et de psycho-rock, c’est le véhicule parfait pour conclure un album plein de tension et de splendeur.

****


The Warlocks: « The Chain »

10 avril 2020

Les Warlocks existent depuis plus de 20 ans et sont toujours très productifs et leur dernier opus n’avait même pas un an. SiMean Machine Music était un peu plus expérimenta il était toutefois resté fidèle au registre neéo-osychédélique

Un nouveau concept a toutéfois été développé pour la nouvelle œuvre du comno, The Cahin ; il s’agit de « Rocky et Diamond », une version moderne de Bonnie et Clyde, qui entrent dans les toues de la justice.

L’album fonctionne donc aussi comme une bande sonore, passe par différentes humeurs, offre des moments dramatiques où le psyche rock sera souvent mis en lumière dans le processus.

« Dear Son », le titre d’ouverture parle de rêve et de réserve,avant que « I’m Not Good Enough / Party Like We Used To » annonce, lui, une fin hymnique.

« The Robbery » sera intense et orienté vers shoegaze alors «  We Don’t Need Money » est grinçant et agité. Sur « Sucking Out Your Soul Like A Son Of A Bitch » un groove de stoner est déballé. Le néo-psyché traditionnel s’accompagne d’un « Double Life » incitant à la dérive et qui sera une conclueions idéale à cette excursion dont on sait les tenants mais pas les aboutissants.

***


Elephant Stone: « Hollow »

14 février 2020

Mené par Rishi Dhir, Elephant Stone a toujours joui d’une réputation enviable auprès d’une certaine confrérie de musiciens oeuvrant dans le rock psychédélique. En tournée, la formation a fait la première partie des Black Angels, Brian Jonestown Massacre, ou autres.

Après un premier album (The Seven Seas) et un album éponyme détenant une signature mélodique fortement inspiré des Stone Roses – disque paru en 2013 –, Elephant Stone s’est ensuite affairé à se doter d’une véritable identité sonore. En 2014 paraissait The Three Poisons ; un disque mieux réalisé et qui laissait présager le meilleur pour les Montréalais avant que le virage pop synthétique proposé sur Ship of Fools (2016) ne nous laisse sur notre faim.

Dhir et ses acolytes reviennent avec un nouvel album intitulé Hollow, un opus entièrement enregistré au studio Sacred Sound (studio appartenant à Dhir) et réalisé par le leader lui-même. Cette approche a sensiblement modifié la dynamique créative du groupe, surtout avec un « patron » qui assume encore plus ses choix !

Cette fois-ci, Elephant Stone retourne à un rock psychédélique plus traditionnel (sans verser dans une esthétique lo-fi) et propulse sa musique dans un espace interstellaire plus léchée. Les ambitions de ce Hollow sont on ne peut plus claires : « Il s’agit d’un album concept simple […] Il y a beaucoup de gens qui essaient de trouver une solution. Ils cherchent du sens, quelque chose en quoi croire… Nous voulons tous la même chose, mais nous essayons de l’atteindre de manière différente. C’est dans cet état d’esprit que nous avons écrit et enregistré Hollow », explique Dhir.

Hollow raconte l’histoire des innombrables dettes écologiques survenues après la destruction de la planète Terre par l’humanité. L’élite responsable de ce désastre climatique découvre alors une « nouvelle Terre » dotée de la même espérance de vie que celle que cette même élite vient d’anéantir par des décisions irresponsables. Et ça donne un album ambitieux, dystopique, aux accents aussi rock (« House on Fire ») que pop (« The Clampdown »). Une création qui n’atteint pas toujours la cible, mais qui a le mérite d’être animée par un réel désir de passer un message.

Divisé en deux parties distinctes, le premier segment, intitulé The Beginning, débute avec l’accrocheuse « Hollow World » et se termine avec « We Cry for Harmonia », une excellente chanson pop psychédélique. On offre également un coup de chapeau bien senti à l’intervention du sitar dans « Land of Dead »; l’instrument de prédilection de Dhir. Le deuxième segment, titrée simplement The Ending, s’amorce avec « Harmonia », prélude  d’un « Nouveau Monde », et se conclut avec l’aérienne « A Way Home ».

Évidemment, Hollow prend tout son sens si on l’écoute du début à la fin sans interruption. Même si un certain éclectisme stylistique caractérise cette nouvelle parution (pop, rock, psychédélisme, space-rock, synthpop, etc.), Elephant Stone demeure intelligible grâce à ce concept d’album simple, mais qui parle au plus grand nombre.

Sans être un disque d’exception, Hollow mérite qu’on y retourne plus d’une fois. C’est probablement le meilleur effort de la formation et ce n’est pas étranger au fait que Rishi Dhir assume pleinement le rôle de réalisateur et il permet à Elephant Stone de se positionner confortablement entre ce que crée Tame Impala et The Brian Jonestown Massacre.

***1/2


Moonlight Bloom: “Release”

13 février 2020

Ce trio psycho-rock basé à Denver, sort ici son nouvel album, American Impressionism. Le son celui d’un rock psychédélique agréablement varié et texturé, présent sur l’ensemble du dique. On aura droit à des compositions hypnotiques comme « Cloud Temple » et « Old Oak » ainsi qu’à des joyaux plus rauques àl’image de « Firestorm » et « Release ». Ce dernier est particulièrement impressionnant : une aventure fluide à base de guitare qui donne un aperçu de l’expansion ultérieure, avec ,une minute plus tard, une introduction de voix obsédantes et de lignes de guitare épaisses et réverbérantes.

La six cordes demeurera rugissante et assemblera à distance une texture qui se consumera à la fin du morceau, avec une distorsion étouffante qui ajoute à la suavité.Selon le groupe, ce morceau-titre parle de la façon dont la musique elle-même incarne une énergie féminine divine qui peut être séduisante et enchanteresse. L’album dans son intégraalité n’est pas loin de s’y conformer.

***


Jonas Munk & Nicklas Sørensen: « Always Already Here »

23 septembre 2019

Collaborant déjà avec des musiciens pour des résultats plus ou moins réussis (Billow Observatory ou ses sorties avec Ulrich Schnauss), Jonas Munk poursuit ses échanges, avec un nouveau duo, mené avec le guitariste danois Nicklas Sørensen. Dans la lignée de ses instrumentaux écrits sous le nom de Manual ou trouvables sur les disques des projets précités, il s’agit de croiser guitares et synthés, sur de longues distances (quatre morceaux sur cinq atteignent ou dépassent les sept minutes) et dans un registre entre krautrock, influences psychés et touches ambient.

Mêlant improvisations et variations plus écrites, les titres d’Always Already Here jouent assurément sur la répétition des mêmes formes et thèmes musicaux, au sein de chacun des morceaux. Pas très loin de certains partis pris minimalistes ou de la musique sérielle, les pistes des Danois confrontent assez habilement tapis itératif et divagations mélodiques (la fin de « Shift »), ces dernières pouvant, dans la vraie tradition psyché, friser avec des consonances venant du sous-continent indien (« Magnetic »).

À certains moments, toutefois, cette approche psyché prend trop le pas sur le reste, à l’image de Patterns, au thème trop marqué (comme si les guitares étaient jouées en tapping) et au caractère métallico-aérien trop poussé. De l’autre côté du spectre (ou presque), « Here » et « Tide » se font presque trop languides, le premier avec des guitares quasi-baveuses, tandis que le second manque peut-être un peu de corps ou de consistance. Au total, les travaux des Danois ne sont pas négligeables, constituant d’intéressants exercices de style, mais ils ne convainquent donc pas pleinement.

***


King Buffalo: « Longing to Be the Mountain

20 novembre 2018

Avec son nouveau disque,King Buffalo su éviter les pièges du deuxième effort, en n’apportant que de légères bonifications à son psych rock, nimbé de prog et de stoner.

Longing to Be the Mountain est un album aussi concis et expansif, que dynamique et introspectif à la fois. Pour le dire clairement, il est le meilleur disque que pouvait livrer le trio de Rochester, NY après le convaincant Orion (2016).

On reconnaît rapidement les compositions du groupe, la recette ne changeant évidemment pas. De longs crescendos mélodiques qui aboutissent sur d’épaisses couches de guitares et de basse. La formule se répète d’un titre à l’autre, mais sans jamais devenir monotone, le groupe conservant toujours une carte dans sa manche pour nous emmener vers d’autres strates.

Sur Longing to Be the Mountain, l’ajout d’ambiances, de pistes de guitares acoustiques, de séquences programmées et de claviers donne juste ce qu’il faut de nouveautés au son de King Buffalo pour le faire progresser et pour captiver les mamateurs qui ont usé à la corde leur copie de Orion.

Une tournée intensive avec Elde et All Them Witches respectivement, deux poids lourds de la scène psych rock et stoner, a nettement contribué à cette assurance nouvelle du groupe, tant sur scène que sur disque. Ce n’est d’ailleurs pas une coïncidence qu’un des membres d’All Them Witches est l’architecte de Longing to be the Mountain. Qui de mieux pour faire ressortir sur disque les forces d’un groupe que quelqu’un avec qui on a partagé la scène pendant plusieurs semaines aux États-Unis et au Canada ?

Peu de groupes parviennent à produire un psych rock aussi équilibré entre les atmosphères, les mélodies et le côté plus terreux des guitares propres au stoner. Mais même dans ses moments les plus pesants, King Buffalo demeure un groupe dont le son est en suspens, destiné au ciel et aux étoiles.

L’expansif et le cérébral dans les pièces de Longing to Be the Mountain réside dans les effets de répétition, l’usage minutieux des pédales de délais, la voix monocorde mais douce de Sean McVay et la structure linéaire, mais toujours ascendante des compositions.

Dès les premières notes de « Morning Song » qui sont un petit clin d’oeil à « Shine On Your Crazy Diamond » de vous savez qui, à la finale complètement psychédélique de » Eye of the Storm », en passant par la chanson titre, meilleur morceau ici, Longing to Be the Mountain est un album précis, relativement court et efficace. Il est aussi un pari réussi brillamment par le trio.

***1/2


Color You: « The Grand Trine »

27 mai 2017

Color You est un quatuor californien se psych rock et ce nouvel album arbore fièrement l’étiquette musicale à laquelle il se réfère. Bien que la référence soit ostensible, il n’est pas question ici de nous entraîner dans des longues odyssées où l’influence des stupéfiants serait un passage obligé.

En effet, malgré la couverture du disque qui illustrerait sans qu’on y trouve à redire, un van hippie, la musique est plus dégraissée et aigue et se penche sur un versant plus rock façon Nirvana ou The Pixies.

Le combo n’a pas peur d’explorer les extrêmes du genre en les opposant sciemment et si des morceaux comme « Empty » et « Lady In Blue » sont ampoulés comme des hymnes font montre d’effervescence et de vivacité.

Les harmonies vocales sont ainsi éthérées et débridées mais sonnent tout autant comme une incursion dans le surf rock (« Shine Through », « In Tune ») où les Red Hot Chili Peppers auraient apposé leur paraphe.

On trouvera de la « reverb » dans « Same Old Story » où le combo montre sa capacité à maîtriser cette manière concentrée et dépouillée d’évoluer dans le rock indie. Si The Grand Trine ne se montre pas pétri de cohésion, il est le portrait sensible et affuté d’un groupe en train de forger sa propre voie.

***


The Telescopes: « Hidden Fields »

8 août 2015

Sous leurs divers accoutrements, le brouhaha créé par ces vétérans du psyche rock que sont The Telescopes a constamment inspiré des troupes de shoegazers avides de dissonance abrasive et mélodique. Son leader, Stepehn Lawrie, ne sait sans doute pas scruter jusqu’à quelle profondeur l’allégeance à sa musique peut aller. Son huitième album, Hidden Fields, le suggère ce qui n’est pas une mauvaise chose car il nous consume encore plus qu’il ne nous incendie Chacun des titres a une pulsations dont les structures sont trompeuses et dont les contours fuzzy ont comme des riptides effleurant les pieds des nageurs imprudents.

« You Don’t Know The Way » est comme un prodigieux essaim de lignes de basse, les vocaux de Lawrie nous emmènent dans une lassitude poreuse alors que « Absence » s’entortille dans une fugue qui rappelle étrangement Spiritualized. Des nadelettes de mélodies jalonnen l’album avant que la pièce de résistance, un « closer » de 15 minutes « The Living Things » cumule lueurs brillantes et groove insubmersible.

On n’aurait aucune raison de déplorer qu’il dure plus longtemps tant cet album est de cette complexité qui nous bouscule comme il est si bon de l’être.

***1/2