Zack Oakley: « Badlands »

7 décembre 2021

Le musicien et producteur « DIY », Zack Oakley, sort ici via Kommune Records son premier disque, Badlands, une expérience complète de heavy rock psychédélique et progressif qui va ramener l’auditeur dans les années 1960.

Oakley écrit et publie son propre mélange unique de musique psychédélique, de rock progressif, de blues et de folk, le tout mélangé avec sa propre touche.

Au cours des dix dernières années environ, Oakley a joué dans des groupes, notamment un groupe nommé Joy (qui a fait une tournée aux États-Unis et a été signé sur Tee Pee Records). Il était également dans un autre groupe de Tee Pee Records, Pharlee, qui a sorti son premier album en 2019.

Sur ce premier opus, le morceau d’ouverture, « Freedom Rock », est un rocker complet. Il mélange définitivement des éléments de rock progressif, de rock psychédélique, de blues et de folk, pour créer un titre qui tue et qui constitue une formidable chanson d’ouverture. On dirait aussi qu’il est un guitariste de talent.

Le début du titre « I’m The One » possède une ouverture qui ne ne peut que nous rappeler quelque chose que Led Zeppelin a écrit. Si vous aimez le rock progressif et le rock psychédélique, vous allez déjà apprécier ce disque. La guitare électrique sur cet album est démesurée et jdonne vraiment l’impressioe nous transporter dans une autre époque. De ce point de vue, c’est un triomphe artistique si vous souhaitez vous imbiber dans ce type de musique.

« Desert Shack » est une composition très cool, parfaite pour une playlist de fumigènes ou pour se détendre avec des amis, tandis que « Fever » excellera par sa parfaite instrumentation de guitare.

Sur « Looking High Searching Low », Oakley puisera dans ses racines folkloriques pour créer un excellent morceau de folk roots. Sur la dernière piste est le titre de l’album, qui réunit un mélange de rock psychédélique, de blues et de rock, Il commence lentement, mais monte progressivement en puissance pour devenir un excellent morceau, avec un grand mélange de genres différents.

Dans l’ensemble, cet album est superbe dans le style précité. Les chansons sont uniques, les paroles sont introspectives et racontent des histoires, et la musicalité est fantastique.

***1/2


Neal Morse: « Sola Gratia »

11 septembre 2020

« Dieu peut changer le monde avec une seule âme consentante ». Peut-être pas ce à quoi on pourrait s’attendre comme paroles d’ouverture d’un album de rock progressif. Neal Morse nous livre ce vers avec le plus grand engagement sur son nouvel album solo Sola Gratia, un opus constellé d’abondantes influences prog des années 70 distillées et mises en bouteille pour créer une expérience gospel-prog captivante.

Après une préface néo-folk qui appelle les auditeurs autour d’un feu de camp pour écouter le prochain conte de Paul l’Apôtre, l’ouverture de l’album débarque avec aplomb. Dans le style typiquement prog, plus prog que le prog même, avec un nombre de lignes musicales qui se tissent pour éliminer rapidement ceux qui attendaient avec impatience cet autre album de Morse.

Au milieu de la dense virtuosité de « Overture », on peut entendre une grande partie de son contenu de manière répétée tout au long de l’album, ce qui montre l’habileté de Morse à développer des motifs musicaux pour mettre en valeur des thèmes dramatiques récurrents. Certains morceaux ont également traversé les albums : les murmures de « In the name of God you must die » qui clôturent un « The Name of the Lord » évocateur de Bon Jovi renvoient à Sola Scriptura en 2007, à laquelle Sola Gratia sert de suite.

Avec son lot de bons vieux moments de chansons de théâtre musical, l’album tire également sur les cordes sensibles. Les délicieuses modulations circulaires et la mélodie vocale douloureuse de « Overflow » (et sa reprise au violoncelle « The Glory Of The Lord) » contrastent de façon touchante avec le battage médiatique fantasque à la Ballyhoo, lui-même bientôt piétiné par les chants extatiques de type « adult-oriented rock » sur « Building a Wall ».

L’influence de la batterie du pilier du prog-métal Mike Portnoy est immédiatement visible. Bien que ses éclats de contrebasse et ses remplissages de tom caractéristiques, parsemés tout au long de l’album, soient devenus synonymes de prog moderne, ses grooves magnifiquement sobres et ses éclaboussures de percussions auxiliaires sur l’hymne « Never Change », plus léger, ne laissent aucun doute à l’auditeur quant à sa polyvalence. Le jeu de basse de Randy George n’est pas en reste, il est une base totalement étanche, constamment sympathique au chant et un plaisir à écouter.

« Sola Intermezzo » et « Seemingly Sincere » semblent avoir été écrits spécifiquement pour piquer l’intérêt des fans de prog moderne et honorer l’héritage de Portnoy, avec la complexité des lignes à l’unisson et les changements de signature temporelle qui accélèrent plusieurs vitesses au milieu d’un passage bizarre sur le premier titre. Portnoy s’enfonce dans le second, agissantcomme un lance-flammes sur du papier tactile préalablement allumé par les synthés de Morse.

« Now I Can See/The Great Commission » clôt l’album avec un autre hymne vocal qui aurait certainement sa place en tant que finale d’un spectacle sur scène. Puisque Morse a promis des suites supplémentaires à Sola Gratia, cela n’est peut-être pas hors de question…

***1/2


Needlepoint: « The Diary of Robert Reverie »

17 janvier 2019

The Diary of Robert Reverie conviendra à tout ammateur du rock des années 60 et 70 et en particulier de la mouvance psyché/pop/prog. La filiation avec Caravan y est une évidence, c’est une de celles que revendique le groupe, tout comme Syd Barrett, Robert Wyatt (Soft Machine) et Camel dans leur liste de mentors. Ce quatrième opus est même celui dans lequel Needlepoint poussent le plus loin leur amour pour les sixties.
Ce projet de Bjorn Klakegg (compositeur, guitariste, chanteur) respecte les codes du passé avec de jolies couleurs apportées par les instruments emblématiques que sont l’orgue Hammond façon Doors, le piano Rhodes (à la mode Grateful Dead) et le jeu délicat sur les percussions (ambiance Pink Flod sur More). Guitare et basse sont quant à elles saturées juste ce qu’il faut pour donner un peu de grain à l’ensemble et donner davantage d’éclat au chant très clair et mélodieux.

Pour encore plus coller à l’époque, le quatuor basé à Oslo donne également dans le concept album, ils nous racontent l’histoire de Robert Reverie dont le nom est lui aussi assez évocateur, on est promené dans son petit monde entre onirisme et jazz-rock, entre songe et pop-prog, entre douceur et mélancolie.
The Diary of Robert Reverie représente une belle opportunité de redécouvrir un autre monde avec le son d’aujourd’hui, un opus qui permet de revisiter tout un pande l’histoire du rock ainsi que sa poursuite d’autres pistes presque parallèles (folk, jazz, prog, low-fi…).

***1/2


Goblin Rebirth/ « Goblin Rebirth »

2 juillet 2015

Goblin Rebirth n’est ni plus ni moins que la section rythmique de Goblin, le groupe de prog rock italien icônique des années 70.Goblin Rebirth est le fruit de ces retrouvailles, un album de rock progressif instrumental qui reprend l’aisance avec laquelle le combo illustrait des musiques de film.

C’est un disque fait de paysages sonores élégants laissant place à l’imagination et dans lequel les sensations principales n’ont rien à voir avec l’abstraction de ce type de musique si on considère les musiques originales de Goblin mais appartient plutôt au registre de l’émotion.

Goblin Rebirth nécessitera bien sûr d’être écouté après une mise en condition mais, ceci fazit, il nous proposera un voyage au sein de son complexes qui accompagnent d’excellentes mélodies.

***


Todd Rundgren: « Ruddans »

6 mai 2015

Il est indéniable que l’on doive considérer Rubddans, une collaboration entre Serena-Maneesh, Emil Nikolaisen, Lindstrøm et Todd Rundgren, comme un disque qui se réfère à la période musicale du milieu des années 70 de ce dernier, l’époque où le musicien de studio avait formé son groupe Utopia.

On peut également supputer que le disque ne ressemble en rien, tout comme ses productions précédentes, à ce qu’on a l’habitude d’écouter. Ses douze plages forment en fait une longue suite de 39 minutes avec des rythmes disco intermittents, des refrains « bliss out » et des passages avec des titres comme «  Liquid Joy from the Womb of Infinity ».

La vibe » » sera, en majorité, « trippy » et transcendantale sans être top verser dans l’indulgence alors que les morceaux les plus extrêmes ne masqueront pas le savoir-faire pop de Rundgren évident sur les synthés de « Put Your Arms Around Me » et l’électrifiant solo qui le suit.

Si le disque sort si tard, c’est en raison de propre travail solo de Rundgren, Global, on ne perdra pas au change d’avoir dû patienter.

***1/2


Todd Rundgren: « Global »

6 mai 2015

Les artistes pop responsable d’un chef d’oeuvre dans leur carrières sont rares, ceux qui ont été capable d’en réaliser deux ou trois sont encore moins nombreux. Todd Rundgren peut en revendiquer au moins cinq et encore si chacun devait citer les siens, le chiffre serait carrément doublé voire triplé.

Ce 25° opus n’en fera pas partie hélas. Le musiciens a alterné albums pop à la guitares et entreprises plus progressives avec son groupe Utopia où les synthés se taillaient la part belle ; ici Rundgren réitère le style EDM exploré dans le précédent State avec moins d’inspiration qu’à l’accoutumée.

Les compositions semblent être des pièces rapportées non pas tant à cause des mélodies que Rundgren a toujours été un maître à confectionner mais dans des arrangements ringards (en particulier les loops de batterie et les arpèges aux synthés).

Ceux-ci sont censés mettre en avant un environnement techno cloisonné mais celui-ci aurait grandement profité de percussions plus légères et acoustiques et d’instrument à cordes interptréts par de musiciens en chair et en os.

Global sonne stérile y compris dans ses moments où Rundgren semble maîtriser Garage Band à la perfection. Les exceptions en seront une belle ballade, « Soothe’, avec une mélodie à tuer et des textes pleins de pathos et le « closer », « Skyscraper », un excellent titre de power-pop se dissimulant sous un habillage EDM et enfin « This Island Earth » qui prouve encore que, en matière d’electronica, Todd Rundgren est capable de bien jolis sursauts.

Global est un disque qui ne plairait qu’aux inconditionnels du Wizard dont on ne peut que regretter qu’il ne soit plus une True Star.

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Fractal Mirror: « Gardens of Ghosts »

21 mars 2015

Fractal Mirror est un groupe à la fois art rock et dream prog d’Amsterdam. Garden of Ghosts est leur deuxième opus après un Strange Attractions sorti en 2013. Le rock progressif semble sortir d’un assez long exil, du moins en termes de visibilité, et notre combo batave donne l’impression de l’utiliser à bon escient en cultivant une poésie élégante à la Psychedelic Furs et des structures complexes étayées par une interprétation sans failles. Le batteur Frank Urbaniak rappellera Neil Pert de Rush, les vocaux soyeux de Leo Koperraat mêleront Richard Butler et Greg Lake et son jeu de clavier partagera le même culte de l’emphase que Keith Emerson.

Garden of Ghosts est un album fait par des gens qui adorent composer et jouer pour l’amour et l’excitation que faire de la musique procure. Ce disque n’est pas pour autant un LP strictement progressive rock ; on y trouve une pop artistiquement construite souvent mélancolique mais toujours mélodique et parfaitement exécutée.

 

« House of Wishes » débute d’ailleurs le disque sous des tonalités harmonieuses avec un entrelacs de guitare et de claviers qui prennent soin de ne pas se lancer dans des solos ultra rapides. Garden of Ghosts est un disque basé sur la notion de chansons même si ce qu’on entend est d’une technicité extrême, avec des vocaux de tout premier plan et ces atmosphères mi-épiques propres au prog rock. Ce qui surnage c’est la constance des mélodies et un talent à en composer qui les rend immédiates et addictives (« The Phoenix »).

Ceux qui attendent des solos interminables et à vous couper le souffle devront se contenter de climats sombres et concis tels que Bowie savait si bien les cultiver à la fin des 90’s, de mélodies flottantes aux claviers, synthés, slide et mellotron délivrant un son luxuriant comme sur « Lost in Clouds » ou du joyau harmonique qu’est « The Hive ».

Il faudra, en conséquence, souligner cet album qui semble inépuisable en termes de pépites (« Orbital View », « Event Horizon ») et se satisfaire de constater que jamais le prog rock n’a été si proche de se fondre à la new wave arty.

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The Pink Floyd: « The Endless River »

21 novembre 2014

Il fait partie de la nature humaine d’avoir un objet de quête et, par conséquent, de vivre d’espoirs, de regrets, de pertes. Indubitablement un des groupes les plus gigantesques dans l’histoire de lu rock and roll fut le Pink Floyd chez qui cette thématique fut toujours présente et qui, semble-t-il, met fin à sa carrière après un long hiatus sous la forme d’un ultime album qui va l’exemplifier une dernière fois, The Endless River.

Confirmé par David Gilmour et le batteur Nick Mason, cet ultime opus pose un clap de fin avec, pour base, une vingtaine d’heures de matériel inédit. Ce disque est aussi un hommage à Richard Wright qui a apporté sa contribution avant de disparaître en 2008 comme, auparavant Syd Barrett et, en un certain sens, Roger Waters, parti en 1985.

Bâti sur des enregistrements effectués sur une période de 20 ans, The Endless River va donc être une commémoration d’un passé irrémédiablement perdu plutôt que la recherche de nouvelles aventures, chose qu’on aurait pu espérer.

On va donc retrouver quelques uns des procédés les plus reconnaissables du groupe éparpillés tout au long de l’écoute qu’on pourrait avoir. Notons, pour mémoire, la lead guitar de Gilmour toujours teinté de ces racines blues vectrices d’émotion, les percussions régulières de Mason et les claviers omniprésents de feu Richard Wright. Puisque c’est de ce dernier qu’il est question sa participation posthume ira de la composition de certaines mélodies (« It’s What We Do ») à l’interprétation de ce qui sonne comme une élégie à lui-même sur « Autumn 68 ».

Le jeu de guitare de Gimour n’a ni progressé ni régressé et on reste toujours dans ce climat où, son le balancement doux de certaines parties, se glissent mélancolie et amertume comme si deuil n’avait pas été encore fait de « Shine On You Crazy Diamond » ou « Brain Damage », bref si Wish You Were Here était encore d’actualité.

La majeure partie de Endless River consistera en instrumentaux ce qui ne fait que mettre encore plus en valeur la continuité instrumentale des trois musiciens. Néanmoins, parsemées qu’elles sont par des petites échappées de groove « ambient », les compositions ont du mal à s’en tenir à un fil conducteur malgré le sustain aérien auquel on est habitué chez Gimour. Il n’y aura que sur un « Allons-y » plus ardent que le Floyd y ira véritablement ce qui est bien peu dans la mesure où le « closer », et seul titre où figure des paroles, « Louder Than Words » s’apparentera plus à un chant du cygne qu’à une envolée triomphale. On y trouvera, pêle-mêle, des passages instrumentaux inconstants et des observations justes mais désabusées sur la carrière du groupe, un amalgame assez irréel d’émotions où le symbiotique le dispute au poignant.

Gilmoury chante « Let’s us go with the flow, wherever it goes, we’re more than alive » curieuse contradiction entre une volonté de lâcher prise et de demeurer pourtant en vie. On peut y voir un voeu pieux et, si c’est le cas, The Endless River aura atteint son objectif de faire du Flioyd autre chose qu’un vague souvenir et de donner justification au titre choisi par le groupe pour illuster son ultime album.

***1/2


Midlake: « Antiphon »

25 novembre 2013

Quand un groupe perd son chanteur qui est également son leader, soit il se sépare, soit il change son nom. Quand ils restent ensemble, c’est le cas de Midlake après le départ de Tim Smith, l’album qui suit manque en, général de brillance. Heureusement, ça n’est pas le cas en l’occurrence et le combo a continué écrire des nouvelles compositions en négligeant totalement le matériel de Tim Smith.

Sur Antiphon, ce dernier a été remplacé aux vocaux par Eric Pulido, le guitariste originel et Midlake va se diriger vers une toute autre direction que celle de The Trials Of Van Occupanther ou le folk ambitieux de The Courage Of Others pour embrasser un style plus influencé par le « prog rock ».

Une partie de la formule demeure pourtant, une instrumentation non conventionnelle (flûte aérienne, ou l’instrumental en crescendo « Vale » qui sonne comme un écho de Fleet Foxes prégnant dans le disque précédent) ce qui fait que, même si ils ont choisi d’emprunter un chemin rigoureusement différent, des vestiges de Midlake sont toujours là. La voix de Pudilo s’imbrique parfaitement au son voulu par le groupe et s’avère très proche des tonalités de Smith sans pourtant en être une copie conforme.

Les synthés très « prog », les guitares en distorsions et les harmonies haut-perchées du titre d’ouverture nous font part de l’intensité qui va être prise par ce nouveau Midlake et la section rythmique galopante de « The Old And The Young » en fait sans doute une des meilleurs compositions du groupe toutes périodes confondues. Sur « Aurora Gone » Midlake retrouve le folk éthéré de leurs précédentes productions, rappelant ainsi que leur potentiel reste intact. Sur l’autre versant du spectre musical « Corruption » et « Provider Reprise » représentent par contre plutôt une catalogue d’occasions manquées que des titres mémorables.

Au total, Antiphon sonne encore comme un disque de Midlake malgré les changements ; il conserve le même caractère morose servi par compositions toujours accessibles. Tim Smith, lui, va s’orienter vers une carrière solo sous le nom de Harp, espérons qu’elle sera aussi intéressante et forte que l’est la production de son ancien groupe.

★★★½☆