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Sleater-Kinney: « The Center Won’t Hold »

The Center Won’t Hold, nouvel album de Sleater-Kinney, met fin à une rumeur, celle du départ de Janet Weiss . Il semblerait que, malgré un message pubié par elle sur un média social, elle soit toujours derrière les fûts sur les onze titres qui composent un dique où le féminisme du combo reste de plus en plus affiché.

Musicalement on reste dans le power rock, par exemple la chanson-titre, des buits de transe mécanique et, opportunément, des riffs de guitares parfumés aux années 90. C’est une recette parfaite pour véhiculer tension, cynisme ou triomphe, le tout oscillant entre espoir et désenchantement. Le combo reprend à bon escient la rectte de son premier « single » de l’année, « Hurry On Home » à savoir un effet choral et des réfrains bilieux, acerbes et sarcastiques.

La production de St. Vincent est inspirée extirpant le meilleur de ce que les jaunes femms ont à dire en conservant cohésion à la formation et cohérence à son discours. Le son est frais et ample tout en préservant la synamique à fleur de peau du combo (« Restless »).

Ainsi, tout en restant très proche de mécanismes pop comme sur « Can I Go On », et même si The Center Won’t Hold s’avère être le dernier album d’un Sleater-Kinney en tant que duo, voici un disque qui, tout chant du cygne qu’il peut être, sera, quoi qu’il arrive, l’album parfait pour tirer un trait sur une carrière.

***1/2

11 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Solids: « Blame Confusion »

Ce duo de Montréal n’essaie pas de réinventer le rock et, sur ce « debut album, ils ont, tout comme Yuck, créé avec Blame Confusion une sorte d’univers où Pavement serait encore roi et où des posters de Sonic Youth s’afficheraient surcelebration Rock les murs de la chambre de chaque adolescent américain.

Même revivaliste, ce disque est un succès parce que Solids vont au-delà de l’éthique du fuzz-rock des 90’s en y aglgomérant plusieurs tendances de l’indie rock qui se sont fait un chemin dans le grand public ces années passées. »Over The Sirens » ou le « single » « Traces » par exemple évoquent tous deux cet autre duo rendu fameux en 2012 avec leur disque Celebration Rock : Japandroids. Ils y ajoutent une indéniable touche décapante qui pourrait faire rougir des groupes de la même engeance comme Parquet Courts.

Au-delà de cette constante bouffée d’adrénaline les meilleurs moments de l’album se trouvent, toutefois, quand Solids choisit d’adopter une stance power pop dont la dynamique parvient à briser les parois de la distorsion. Un des morceaux phare sera « Haze Away » qui emprunte à Wavves son culte de la grandiloquence et, ce faisant, parvient à enrayer les élans de feedback qui semblent vouloir engloutir le disque. Les harmonies lointaines qui surgissent alors font du titre un morceau qui honorerait toutes les playlists de radio du monde et on pourrait en dire de même pour la chanson titre. Celle-ci part d’une grondement de guitare (Xavier Germain Poitrass) pour atteindre des proportions épiques dignes du meilleur « stadium rock » avant de nous surprendre encore plus par un chorus semblable à un drone dont le maître mot serait la mélodie.

Solids est déjà prêt pour des concerts qui, sans aucun doute, afficheront complet. Ils ont un son qui le mérite, ne leurs restera plus qu’à espérer le solidifier (sans jeu de mots) et de développer un peu plus les forces dont il fait preuve déjà.

guitareguitareguitare1/2

4 mars 2014 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

New War: « New War »

New War est un groupe australien de Melbourne dont le moins qu’on puisse dire est que son approche est « virile ». On aurait pu utiliser le terme « masculine » si celui-ci ne faisait allusion à un genre et si le combo ne puisait pas son énergie dans les lignes de basse propulsive de Melissa Lock. Élevée au punk et soutenant le combo par une rythmique infernale, elle fait osciller celui-ci entre l’intensité de Birthday Party et les expérimentations indie de Erase Errata.

Le batteur, Steve Masteron, vient en effet du post-punk et Lock a été formée à l’école de Seattle avec Riot Grrrl ; on pourrait, certes, les taxer de caviardage mais c’est la manière exceptionnelle dont ils contrôlent le chaos, dont ils gardent la maîtrise de sa brutalité qui fait de cet album éponyme quelque chose de distinct de beaucoup d’ensembles du même type.

Comme New War est groupe préoccupé par les concepts de tyrannie et d’oppression, il leur serait aisé de s’abandonner à une musique totalement violente et agressive, une traduction sonique de leur contestation. Mais c’est leur approche méthodique, voire clinique, de la composition et le contrôle que cela implique qui donne encore plus de poids à leur vision d’un monde marqué par l’absolutisme. Il y a quelque chose dans la palpitation du songwriting qui donne force et puissance, tout comme ces chants zombies et ces crescendos qui trahissent cette notion d’inéluctabilité dont « Wishlist » est une illustration dévastatrice.

Porteurs d’un éthique vaguement socialisante, aucun instrument n’est donné préséance sur l’autre au point que c’est la rythmique démentielle de Masterson qui, avec la basse, s’extirpera du voile désincarné des scansions des compositions pour se mêler aux vocaux éructés de Chris Pigmire sur « Slim Dandy ». L’électricité du titre phare « Revealer » catapultera tous les éléments soniques dans un corridor d’urgence et d’agitation, schématisant à merveille un disque où la focalisation saura toujours garder mesure sur le bouleversement.

★★★½☆

10 décembre 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Deap Vally: « Sistrionix »

Il est facile de détester Deap Vally. Le duo féminin de Los Angeles n’offre rien de nouveau dans le domaine du bluesy garage-rock hérité des Black Keys et des White Stripes et leur attitude a un panache qui peut sembler un peu trop calculé.

On ne peut pas dire non plus que Lindsey Troy et Julie Edwards ont les plus belles voix du monde et que leur musicalité guitare/batterie soit pleinement concluante.

C’est peut-être alors cette simplicité qui fait de Sistrionix un premier album si efficace. L’accord monotone imprime une pulsation stroboscopique à un titre comme « End of the World » couplé qu’il est au jappement puissant de Troy offre une merveilleuse mise en bouche qui ouvrira le disque.

Quand on combine ce côté direct à un sous-texte féministe sur « Gonna Make My Own Money » on obtient quelque chose de bien plus intéressant que ce « Independent Women » des Destiny’s Child dont il semble être l’écho.

Walk of Shame » est une infectieuse composition traitant de ce que peut représenter le fait de se réveiller un matin sans savoir qui est dans son lit et il procure un agréable détournement du cliché masculin habituel et, toujours sur le même registre, « Creeplife » sera une savoureuse incrimination de harcèlement sexuel.

Bien sûr, Sistrionix ne vise pas à échapper aux stéréotypes ; il s’agit d’un rock qui saisit par les bourses ou (équivalent) et qui vise même parfois à entériner les poncifs « sex, drugs, rock & roll and partying ».

Rien de nouveau donc sous les riffs, hormis un point de vue féminin qui tranche avec bonheur et intelligence sur les éternelles images associées « power rock ». Deap Vally n’essaient pas de réinventer le rock and roll mais de véhiculer ambiance de fête et énergie : de ce point de vue-là, elles y parviennent à la perfection.

★★★½☆

4 juillet 2013 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

The Virginmarys: « King of Conflict »

Ils ont la vigueur et la morgue de la jeunesse mais ils y ajoutent le classe et le talent des «  vieux  » rockers. Ils se nomment The Virginmarys et le premier album de ce «  power trio  », King of Conflict, est une des meilleures choses qui soit arrivée au (hard) rock-blues depuis longtemps. Les comparaisons sont flatteuses  : Eagle of Death Metal, Foo Fighters, Queens of the Stone Age mais avant tout Jimi Hendrix Experience, Led Zeppelin, Motörhead et Cream.

Procédons par ordre : les vocaux de Ally Dickety sont perçants comme pourraient l’être ceux de Plant ou de Dave Grohl s’alliant avec Alex Turner. Il suffit d’écouter « Dead Man’s Shoes » ou « Portrait of Red » pour s’en convaincre, associés qu’ils sont à la puissance du riff et du rythme.

Parlons de ce dernier justement. La relation entre Jack Bruce et Ginger Baker avait semé les bases de Crea quand ils étaient encore des blues-rockers psychédéliques. « Lost Weekend » et « Bang Bang Bang » montrent qu’ils ont fait des petits en la « persona » de Danny Dolan et Matt Rose.

Ajoutons la production astucieuse de Toby Jepson (Little Angels) mettant en valeur chacune des performances et vous obtenez un « debut album » de 53 minutes qui semble durer le temps d’un instant.

Bien sûr on pourra dire que tout cela a déjà été fait. Simplement The Virginmarys le font mieux et nous font encore mieux comprendre ce que Lester Bangs disait au jeune journaliste de Almost Famous : « C’est bien dommage que tu aies loupé le meilleur du rock and roll ».

The Virginmarys, eux, nous prouvent que cette juste cause n’est pas désespérée quand elle rugit d’authenticité sur la profession de foi qu’ils jettent à la face du rock « mainstream » : «  You’ve Got Your Money, I’ve Got My Soul ». On ne pourra rêver, conclusion qui fait tout sauf clore la controverse qu’il génèrent pour notre plus grand bonheur, slogan plus idéal et plus poétique que ce titre…

★★★★☆

17 février 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire