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The Maureens: « Someting In The Air »

The Maureens fait partie de ces groupes qui comme aux USA, (Fountains Of Wayne, The Posies, Matthew Sweet…) ou en Écosse (Teenage Fanclub, Attic Lights, Dropkick…) cultivent le culte de la power-pop, en particulier celui de Big Star. Le combo, lui, est originaire des Pays-Bas, patrie de Alamo Race Track et surtout The Nits.

Sur son troisième album Something In The Air, le groupe d’Utrecht applique une formule déjà fréquemment testée et approuvée. Une recette savamment dosée à base de mélodies raffinées, de guitares qui carillonnent et d’harmonies vocales en mille-feuilles.

De « 4AM » à « Valentine », The Maureens plaquent leurs accords de manière lumineuseet y superposent des entrelacs de voix qui évoquent bien souvent les échanges entre Jon Auer et Ken Stringfellow, les magiciens qui animaientThe Posies.

La fougue power-pop des Néerlandais est, par moments, adoucie sur quelques chansons plus introspectives par des intonations alt-country qui les rapprochent davantage de The Jayhawks ou encore de The Wyntown Marshals A l’image de ces derniers, dont la notoriété a toujours été inversement proportionnelle à la qualité de la production discographique, The Maureens mériteraient d’être plebiscités.

***1/2

4 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Weezer: « Teal Album »

Y a-t-il plus délinquants garnements que les vieillissants ados de Weezer ? Comme ça, pour le plaisir de faire ce qu’il ne faut pas faire, et pour tuer le temps jusqu’au prochain disque de matériel original, messieurs Cuomo, Bell, Wilson et Shriner se sont offert une salve de reprises anti-insolentes. Exprès. Revisiter l’« Africa » de Toto, symbole du commerce pop le plus lisse qui soit ? Oui. Et « Take on Me » de a-ha, à l’identique ? Oui. C’est tout juste s’ils flanquent du riff bien dégorgé sur leur galette bien composée, pour rester dans l’époque : les guitares grinçantes, c’est tout ce qui distingue leur « Happy Together » de l’originale des Turtles.

Un quart de siècle après leur « Buddy Holly » (dont le clip parodiait la série Happy Days), nos gamins quasi cinquantenaires ne respectent vraiment rien : pensez, leurs vilaines versions sont méchamment jolies. Blasphématoires puisque, comme le disait si bien Oscar Wilde, « La Jeunesse est un Art ».

***1/2

2 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Basement: « Beside Myself »

Après un troisième album intitulé Promise Everything Basement avaient, enfin donné un peu de corps à leur « power pop », les voilà qui récidivent sur ce nouvel opus Beside Myself.

Le combo semble vouloir continuer à mettre la pédale douce avec des accents californiens qui n’oublient pas , néanmoins, d’être flamboyants. On notera, à cet égard ,le titre d’introduction, « Disconnect » mais surtout des échos façon Weezer ou Green Day (« Ultraviolet » ou « Keepsake »).

Ce que l’on retiendra surtout avec ce Beside Myself, c’est leur volonté de s’aventurer vers des territoires beaucoup plus « arena rock » comme l’atteste d’autres titres pluas ampoulés dedans comme « Changing Lines », « New Coast » et « Slip Away ».

Avec ce quatrième opus Basement assument de plus en plus leurs désirs d’évolution ; reste à savoir si ces influences nouvelles ment assumées leur permettront de ne pas trop s’enliser dans les ornières du cheminement à l’aveugle.

**1/2

16 novembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

BIrd Sreets: « Bird Streets »

La « power pop » est un genre souvent mésestimé bien qu’il ait généré un nombre impressionnant de compositions qui font date Notons, liste non exhaustive, « My Sharona » (The Knack), « Surrender » de Cheap Trick, » What I Like Abut You » des Romantics ou « Just What I Needed » des, peut-être les plus créatifs, Cars.

Si on ajoute des combos comme Big Star, The Shoes, 20/20 ou the dBs, on comprendra pourquoi ces légendes font partie du lexique de la musique populaire américaine et représentent une inspiration pour maints autres groupes dont un artiste comme John Brodeur, un new-yorkais qui excelle dans la « bedroom pop » avec des album comme Tiger Pop éminemment inspiré par XTC (2000), le lo-fi Get Through en 2009 et, en 2013, Little Hopes, son effort le plus abouti soniquement jusque là.

Bird Steets est son nouvel avater et, enregistré de concert avec Jason Falkner (Jellyfish, Three O’Clock), le duo nous concocte un nouvel opus éponyme qui reprend et transcende tous les principes de base de la « power pop ».

Les guitares y carillonnent bienheureusement dès l’ouverture avec un « Carry On » fleuri comme le meilleur d‘un R.E.M.porteur d’avantures, « Betting on the Sun » suit avec son savoureux alliage de refrains emplis de clarté et de paroles où, peu à peu, s’introduit une légère noirceur, réflexion encore plus accentuée sur l’endeuillé « Spaceship ».

Ce titre, une évocation de la dépendance à l’alcool, est lyrique à souhaits avec des paroles touchantes où l’alcooBird STreetlisme est apparenté à un véhicule spatial en perte de contrôle. Ce parallèle s’exemplifie avec la compraison que fait Brodeur de son propre style de vie, manière d’évoquer l’intime de façon grandiose et digne.

La difficulté à changer côtoiera alors la volonté de ne pas le faire sur un « Some Dream » où le chanteur n’est pas loin de se stigmatiser y compris quand il reprend une thématique habituelle,celle de l’amour qui s’en ests allé.

Sur « Heal » il chante avec justesse comment une relation toxique peut se dénaturer alors que la vindicte sera réservé à une ex dans « Thanks for Calling ».

Peu à peu, Brodeur montre combien il devient un songwriter de plus en plus affuté et introspectif étayé qu’il est par sa collaboration avec Jason Falkner. Si la « bedroom pop » a besoin de titres de gloire, Bird Streets en est un sans discussion aucune..

****

17 août 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Tony Molina: « Kill the Lights »

Tony Molina est adepte du vite fait bien fait. Ce combo « power pop » résume assez bien, lui aussi, l’essence punk puisque son « debut album »avait réussi à intégrer 12 compositions en autant de minutes !

Son nouvel opus, Kill the Lights, est un peu plus étoffé (10 titres sen 15 minutes) mais la concision demeure néanmoins pour lui la composante fondamentale.

Elliott Smith, le chanteur, écrit et interprète ses morceaux de manière forcée mais pas artificielle ce qui en soi est une qualité. Molina est capable ainsi de fourrer une nombre incalculable d’idées musicales en moins de temps qu’il ne faut pour le dire et de les nuancer par des guitares acoustiques dont a simplicité peut, par moments vous chavirer (“Now That She’s Gone” at “Look Inside Your Mind/Losin’ Touch” ).

Cette floraison sonique donne, paradoxalement, espace à Kill the Lights un disque dont la touche mélancolique et sage permet avec bonheur de ne pas nous saturer.

***1/2

9 août 2018 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Cende: « #1 Hit Single »

Cende jouent de la power pop sans prétention et leur « debut album », #1 Hit Single, offre une énergie précieuse véhiculée à merveille par les vocaux gaillards de Cameron Wisch, ses mélodies sucrées et sa candeur lyrique.

Les textes de ce dernier offrent pourtant une vision beaucoup moins émotionnelle que ce à quoi on aurait pu s’attendre ; une incursion dans le domaine « emo » avec ce « I’m the only one that I could let down » qui illustre la titre d’ouverture « Bad » ou une faconde au lyrisme appuyé aqui se manifeste par des vocaux en staccato et du multi-tracking.

On pourrait parler d’approche athlétique tant la place des arrangements et les multiples couches soniques vont bien au-delà de l’envergure qui serait celle d’un simple groupe pop

Le « single » « What I Want » est particulièrement notable à cet égard par ses orchestrations à cordes et un vocaliste invité offrant un contrepoint mystérieux en matière de perspective.

Ce sera ce procédé stylistique qui jalonnera brillamment l’album ; il restera pourtant réducteur si il se fait trop systématique comme sur « Vodi » ou « While I’m Alive ».

Il y a donc ici de quoi satisfaire n’importe quel auditeur mais, tout comme ce qui est immédiat et addictif, le risque est grand que le diqtance ne puisse être tenue sur la durée.

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1 juin 2017 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Charly Bliss: « Guppy »

Charly Bliss est un combo power pop dont le premier album nous rappellera immanquablement des groupes comme The Primitives, Veruca salt ou Belly. Guppy est, en effet, immédiat et addictif et qui, même si il n’est pas original, ne peut que gratifier nos oreilles et simuler noter appétit de choses fraiches et avenantes.

Ce dernier qualificatif est mérité tant il est percuté par les vocaux à la fois innocents et crapuleux de Eva Hendricks, une chanteuse qui, tour à tour, évoquera aussi bien Björk que Cindy Lauper.

On aimera la frénésie gourmande de titres comme « Ruby » ou un « Gatorade » parfumé au soda façon Weezer, les incursions discordantes de « Glitter » ou « Black Hol » », le tout servi sur un mode passif agressif où frustrations, sentiment d’insécurité et aventurisme se partagent le rôle principal.

À mi-chemin entre l’insolence gratuite et décérébrée à la Britney Spears et les élans vindicatifs de Pearl Jam ou PJ Harvey, Charly Bliss nous enrobent d’un délicieux arôme de douceurs où le miel est saupoudré de saupodré de piments.

***1/

13 mai 2017 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

EZTV: « Calling Out »

Écouter le « debut » album de EZTV, Calling Out, c’est comme jouir d’un jour d’été. Le disque dans son intégralité nous prodigue une douce chaleur réminiscente des années 60 : vocaux nous rappelant Ray Davies, mélodies insidieuses, et cette façon toute particulière de faire chaque plage se fondre vers l’autre comme oulevée par une légère brise. En fat on pourrait carrément comparer EZTV aux Kinks tant les chansons sont impérieuses sans être impératives.


Calling Out nous propose un mix bien équilibré de chansons sur lesquelles on pourrait danser le bop («  (« Pretty Torn Up », « The Light ») et d’autres avec qui on ne pourrait que se sentir une consanguinité (« Hard To Believe », « Everything Is Changing »).

Le premiers vers se « Blue Buzz », «  Loneliness will make you age faster than you want to » montre que le combo ne s’éloigne pas de la thématique classique des peines de coeur, mais, en dépit de cet aspect monocorde, chaque titre se veut plaisant et agréable à l’oreille.

Malgré une certaine longueur Calling Out est un bien bel entremet pour une belle après-midi entre soleil et brise.***

11 avril 2016 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Salad Boys: « Metalmania »

Avec Metalmania, les Néo-Zélandais de Salad Boys se réclament de Flying Nun ce légandaire label indie dont la réputation est d’avoir donné naissance aux combos les plus notables de ce pays dans les années 80.

La comparaison tient la route, à condition qu’on y ajoute l’influence d’un Real Estate qui aurait avalé quelques pilules de speed ; les deux combos nous offrent des accords carillonnants et pleins de bonhomie mais Salad Boys appuient un peu plus dort sur les gas, un peu comme l’influence principale de Real Estate, R.E.M.

Les « single » « Dream Date »est un des morceaux phares de l’opus ; ne mélodie qui déchire dans la bonne humeur avec des éclairs de guitares merveilleusement mis en place et essaimés tout au long de la composition.

Salad Boys ont le truc pour trouver le riff qui tue comme sur une « My Decay » qui débute sur un « drome » lo-fi et se transforme méthodiquement en un mouvement auquel on ne peut résister. Pour assaisonner la sauce, le combo va nous chatouiller les tympans avec un « I’m A Mountain » puisant l’énergie des Parquet Courts et une vocifération : « I won’t let you fuck up » qui sonne comme un chant de bravoure.

***1/2

5 avril 2016 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Martin Newell: « Teatime Assortment »

Dans les années 80, du temps où il enregistrait dans sa propre demeure et se faisait appeler Cleaners from Venus days, Martin Newell semblait être frappé de génie comme par accident. Ses compositions étaient des véritables chefs d’oeuvre de power pop étincelante avec, par exemple le fabuleux « Marilyn on the Train », émergeant de manière resplendissante et épanouie d’un cerveau facétieux infecté de fuzz, de riffs et de loufoquerie.

Maintenant, après trente années, sa main est restée toujours aussi ferme et son inspiration à son top. Il est facile de l’imaginer en train de composer de superbes mélodies, avec lenteur et minutie, tout en conservant cette approche empirique où l’échec est toujours inspiré par l’expérience tentée, mais où le succès est toujours à la clef. Ainsi Newell a perçu ce qui fonctionnait ou pas, augmentant progressivement cette faculté à façonner des « hits » at à battre en brèche tout ce qui pouvait être de la niaiserie.

Le génie frappe comme il le souhaite (et il le fait un certain nombre de fois sur cette compilation de 24 morceaux) et les vallées y sont on ne peut plus plates et les erreurs patentes néanmoins. La résultante en est que loin y discerne une minutie artisanale mais que celle-ci s’appuie moins sur une inspiration délirante que sur une application pratique d’habiletés et de connaissances acquises.

Les titres qui s’égrènent sur Teatime Assortment ont été écrits entre 2010 et 2014, la période où son label avait réédité son catalogue initial sous forme de coffrets et que intérêt pour lui avait ressurgi.

On peut, à l’écoute, comment certains ont pu passé sous silence quelqu’un qui pouvait rivaliser sans peine avec Robyn Hitchcock et Robert Pollard tant on y entend son sens de l’harmonie mélodique même si elle est, à maintes reprises, parsemée d’une démonstration technique qui frôle l’indulgence.

La bonne nouvelle est que, sur près de dix chansons, on frise l’excellence, et ceci sans la moindre réticence. Des joyaux comme « Ghost of Jenni Rainbird » et ses riffs puissants, le désinvolte mais hanté « English Electric » ou un « Suknen City » qui nous ramène au plaisant souvenir de Robyn Hitchcock . La cerise sur le gâteau sera pourtant « St. Overdose by the Sea » à égalité avec un « Shabby Hearts » où XTC pointera le bout de ses accords et de sa mystique.

On retrouvera également cette tradition de la pop britannique qui puisait dans le music-hall quelque peu confortable (« Back in the Day », « Time We Talked Again ») tout en s’épargnant de tomber dans le piège du doucereux.

Il est ici question d’intelligence et d’esprit, de virtuosité dans des efforts qui s’efforcent d’éviter le trop maladroit ou hasardeux, de petits enregistrements pris sur le vif au bon soin d’accords mineurs, de regards pensifs plongés sur le passé à l’instar de cette Marilyn sur «  He’s Going Out with Marilyn », une jeune femme qui restera une figure indissociable de la pop où les doigts passés sur des cordes de guitares nous évoquent des carillons élusifs mais dont le tintement perdure comme réminiscence des tempos légers, frêles et bucoliques, là où l’herbe ne cessait jamais d’être verte, là où l’Âge d’Or de certaines années restait encore une ligne d’horizon indépassable.

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3 avril 2016 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire