Psychic Flowers: « Jumbled Numbers »

Depuis la dissolution de Ex-Breathers, David Settle est resté prolifique et inspirant, avec d’excellents projets comme Big Heet, The Fragiles et Psychic Flowers (sans parler des groupes de musique pour le podcast, Under The First Floor). Il reste très occupé et la qualité reste élevée, qu’il s’agisse de faire du « egg punk » ou du lo-fi, chaque projet apporte un élément différent de ses inspirations et puise dans l’essence même de ce qui le rend si influent au départ. Après les débuts de The Fragiles, Settle travaille à nouveau sur Psychic Flowers se un dernier album, Gloves To Grand Air. Enregistré dans sa cave sur un magnétophone à cassette 8 pistes, l’album est une power-pop volontaire qui équilibre le fuzz lo-fi et le sifflement de la bande avec des mélodies incontournables. Il est plein de magie d’enregistrements maison.

Le single « Jumbled Numbers » reprend un lead de guitare perçant inspiré de Guided By Voices et le transforme en une chanson pop grouillante, enfouie dans un bruit déformé et des cymbales qui engloutissent presque tout le mix. La chanson, un message pour laisser vos sentiments s’envoler librement (« vos émotions ne sont pas un crime » – your emotions are not a crime – ), est secouée par le son de guitare à électricité statique de Settle, chaque accord se frayant son chemin dans la myriade detonalités. C’est la dureté de la power-pop qui vous rappelle que vous n’avez pas toujours besoin d’être aussi dur, et que, souvent, le laissez- aller est préférable. Psychic Flowers écrit des chansons qui vont du punk garage à la pop slacker et l’attention que porte Settle aux détails sonores de la variété 8 pistes pousse tout délicieusement dans le rouge des émois de songeries imaginaires ainsi exacerbées.

***

Ratboys: « Printer’s Devil »

Pour la première fois de leur vie de groupe, l’auteure-compositrice-interprète Julia Steiner et le multi-instrumentiste Dave Sagan ont une certaine stabilité. Le duo a passé les dernières années à travailler avec un aéropage de membres qui les ont rejoints pour des tournées aux côtés de PUP, Foxing, Wild Pink et d’autres. Aujourd’hui, ils ont enfin pu se contenter d’une version à quatre musiciens de Ratboys, et ce soutien à plein temps a permis d’ouvrir le son de leur troisième album, Printer’s Devil, de manière passionnante.

Tout de suite, l’impresssion est qu’ils s’amusent beaucoup ensemble. « Alien With a Sleep Mask On » offre une retraite sonore tirée de films pour adolescents qui dateraient du tournant du millénaire comme American Pie et Road Trip – sans les hormones enragées et l’immaturité masculine -et avec un rebondissement de power-pop qui rendrait jaloux Bowling for Soup et Fountains of Wayne. Ce choc électrique se répercute sur » »Look To » et « An » » deux titres énergiques et touchante qui parlent de l’évolution de la vie et de certaines relations datées. Si vous êtes devenu adulte au début des années 2000, ces morceaux, en en effet risquent d’alimenter vos poussées nostalgiques

Ces chansons turbulentes ne sacrifient qu’une petite partie de la tendresse qui a rendu l’effort précédent des Ratboys aussi saisissant et enveloppant qu’il puisse être. Sur Printer’s Devil, l’esprit adolescent de Wheatus rencontre la béatitude adulte de Big Thief dans un charmant mélange printanier qui mêle une power-pop floue et confuse à une acoustique brillante et clinquante.

Des chansons comme « My Hands Grow » et « A Vision » sonnent comme une profonde bouffée d’air frais par un matin d’été idyllique, avec de jolis arrangements qui utilisent l’espace à bon escient. « Listening » adopte un joli rythme de croisière entre alt-country et indie rock, « Victorian Slumhouse»  est un petit air noueux et groovy, et « Printer’s Devil » sera un petit morceau de stratification qui remplit et vide l’espace autour de sa boucle lo-fi composée d’une simple mesure mais fatalement addictive. Seul un final sans grand impact, leméandreux « Clever Hans », empêche ce très bon album d’être vraiment génial.

 D’une certaine façon, Printer’s Devil ressemble à l’équivalent musical de l’ami d’enfance que votre mère a toujours aimé – doux, agréable, poli et, surtout, il vous fait sourire. Il est difficile de développer davantage cette analogie, mais si vous voulez avoir une meilleure idée de ce que sont les Ratboys, pensez brièvement à savoir si vous et cet ami êtes toujours en contact.

Printer’s Devil tourne autour d’un mantra de David Byrne et Brian Eno : « I’m lost, but I’m not afraid. » (Je suis perdu, mais je n’ai pas peur). Si vous vous absentez assez longtemps, les choses peuvent vraiment changer et vous reconnaîtrez peut-être de moins en moins l’endroit que vous appelez chez vous. Il y a aussi une étrangeté innée à grandir, car les gens eux-mêmes commencent à prendre de nouvelles formes et significations. Avec leurs chansons, Ratboys témoignent d’une recherche permanente de stabilité au milieu d’un sentiment de mouvement et de bouleversement imparable – que cela signifie trouver une épaule sur laquelle s’appuyer, un souvenir à revivre ou un endroit qui ressemble vraiment au vôtre, une bonne compagnie à avoir pour un voyage sonique cristallin.

***1/2

Roomtones: « So Long (Shadow) »

Exsudant un climat power-pop mélodique et contemplatiif, So Long (Shadow) est un délicieux morceau sorti aujourd’hui par roomtones, un groupe formé en 2017 et basé à Brooklyn, NY. Des rythmes acoustiques luxuriants et un tendre vibrato de guitare constituent un départ facile. Les voix émergent avec un charme mélodique peu après, le ton général et les moments de chorale comme « 00:57 » rappellent affectueusement Teenage Fanclub. Le riff de « station on your radio « station de votre radio » est attachant et mémorable, comme une supplique à la redifusion. So Long (Shadow) » est une tranche de nourriture réconfortante et audible.

On peut attendre avec impatience le premier album de Roomtones, Beginning to Begin. Le disque a été produit par Martin Bisi (Sonic Youth, Swans, Herbie Hancock) dans son célèbre studio Gowanus. Selon le groupe, on peut espérer un concept album libre composé de souvenirs étincelants de la vie à New York au début du 21e siècle, Beginning to Begin tourne autour des thèmes de la perte, de la mémoire, du vieillissement et du regret. En termes d’influences, le groupe cite The Modern Lovers, Alex Chilton, Scott Walker, The Zombies, Field Mice et Pavement. À suivre donc.

***

Ali Barter: « Hello, I’m Doing My Best »

Avec son premier album A Suitable Girl sorti en 2017, Ali Barter semblait bien partie pour devenir l’un des plus beaux secrets trop bien gardés de la scène australienne. Son nouveau disque peut espérer dépasser les frontières de son pays puisqu’il bénéficie aujourd’hui d’une distribution internationale.

Son panel musical s’est, de ce fait, élargi et pas seulement d’un point de vue géographique. On pourrait, en effet, parler de montée en puissance car, si son premier album revisitait avec brio l’indie rock des années 90, avec une vision très féminine et affirmée façon Liz Phair, Hello, I’m Doing My Best fait exactement la même chose, mais en plus grand et plus fort. A programme : distorsion et gros riffs de guitares accompagnés de sa voix plus haut perchée que jamais. Peu d’artistes prennent, de nos jours, le parti de se référencer à une musique qui n’est plus dans l’ère du temps ; les solos de « History Of Boys » voudront, à cet égard, nus ramener à la période du le premier album de Weezer.

Hello, I’m Doing My Best va naviguer en plein power pop, ce qui, en outre permettra de nous gratifier de chansons addictives mais, cerise sur le gâteau, de nous présenter pune collection de titres au ton très autobiographique qui retracent ses différentes relations. On aura droit ainsi à des allusions pertinentes et matures à son corps, à ses instincts, à la sobriété et ses anciens vices, ainsi qu’aux personnes qui lui sont chères. On pourra, à ce sujet, mettre en exergue le très tranchant « Ur A Piece Of Shit » qui se déploie sans filtre et qui est comme une illustration significative de la moue désinvolte qu’elle affiche sur la couverture du disque.

On ressent d ’ailleurs comme une envie d’en découdre et une ambition décuplée. Chaque morceau est très direct et marche à l’instinct, celui d’une sensibilité musicale de singer songwriter sous un costume de rockeuse enragée. Cette formule lui permet de faire mouche à de nombreuses reprises. C’est certain, elle n’a pas besoin de dire qu’elle fait de son mieux pour arriver à ses fins et séduire son audience. Ce nouvel album lui offre l’occasion de s’exprimer haut (« January ») et fort (« Big Ones ») et d’attirer sur elle une attention plus que méritée. En bref, un vrai disque de rock comme on en entend trop rarement et dans lequel elle fait bien plus que son mieux.

***1/2

Allah-Las: « LAHS »

Allah-Las a réussi à se faire une place sur la scène indie rock américaine. On les avait quittés en 2016 avec leur album Calico Review toavant d’effectuer une mini-pause pour retrouver son inspiration. Après un album solo du guitariste Pedrum Siatadan qui a officié sous le pseudonyme PAINT, le groupe californien prolonge la saison estivale en octobre avec leur nouvelle livraison intitulée LAHS.

Une fois de plus, Allah-Las nous séduit avec ce qu’il sait faire de mieux, et ce, cette fois-ci, grâce à l’aide de Jarvis Tarveniere de Woods aux commandes pour élargir un peu plus la palette musicale du combo. Ce seront donc des compositions sentant toujours les années 1960 comme le titre introductif « Holding Pattern » qui annonce sans réelle surprise la couleur mais également le guilleret « In The Air » et le gentiment mélancolique « Star ».

La véritable nouveauté sera le virage psychédélique qu’entreprend Allah-Las. La fusion entre folk psychédélique et jangle-pop fait effet sur des pièces toujours aussi nostalgiques que sont « Electricity » aux faux airs de bossa nova et « On Our Way ». Mais le groupe californien ne tournera pas le dos à ses origines surf notamment avec « Light Yearly » et « Polar Onion » qui raviront les fans d’antan face à un panel de nouveautés comme les instrumentaux prenants de « Roco Ono » et de l’hypnotique « Houston ».

La dernière nouveauté est également son côté cosmopolite où des morceaux chantés en espagnol (« Pleasure ») et en portugais (« Prazer Em Te Conhecer ») sont à souligner. Force est de constater qu’Allah-Las a décidé de ne pas tourner en rond même si les vibes ensoleillées de Californie sont toujours mises en avant mais avec une pointe de psychédélisme en prime. Un opus en phase avec avec d’où vient le groupe et avec les vibes dont ll peut nous gratifier.

****

Susan: « As I Was »

Ce trio féminin vient de Los Angeles, féministe comme il se doit désormais mais ce qui compte est son approche de la musique et, sur ce plan-là, elles démentent le stéréotype qui range Susan du côté du sxe faible.

As I Was est un album de ce que l’on pourrait qualifier de « Power Pop » , cette musique est à cheval entre la chanson pop et un idiome aux guitares plus rock. Cet équilibre demande une belle dose de doigté et, à cet égard, il est parfaitement respecté.

Sa brièveté (un peu moins de trente minutes) est un adjuvant qui permet de déployer énergie et nervosité sans que As I Was ne s’englue dans la mélasse.

Les compositions sont, d’ailleurs, dignes d’un talent naissant en particulier grâce à des arrangements particulièrement bien travaillés. Sans réinventer le genre, Susan propose une relecture agréable, jamais ennuyeuse et jamais trop clinquante ; une sobriété don aloi pour un  « debut album » prometteur.

***

 

Beach Baby: « Songs From The Limbo Lounge »

Beach Baby serait-il le groupe le plus sous-estimé du Royaume de Sa Majesté ? Ils viennent en tous cas de signer une perle pop-rock qu’il serait dommage de voir filer tout droit vers la case oubliettes. Déjà, sur No Mind, No Money, son premier album, le groupe enchaînait les pépites énergiques devant autant aux Strokes qu’aux Smiths. Et pourtant, Beach Baby demeurait largement confidentiel. Que reste-t-il aujourd’hui de ce talent à pondre des pop songs ignorées de tous ?
Songs From The Limbo Lounge explore de nouveaux territoires sonores. Les guitares passées au chorus laissent la place à un son très seventies avec orgue vintage, percussions et cuivres. Les mélodies ensoleillées se font tortueuses. Dans ce grand chambardement, reste le don d’Ollie Pash et Lawrence Pumfrey à pondre des chansons aux mélodies mémorables et musicalement ambitieuses. Pas sûr pour autant, hélas, que cela leur ouvre les portes des charts.

L’amateur de pop bien troussée serait en revanche inspiré d’y laisser traîner une oreille curieuse. Car, à l’écoute de ces chansons échappées du Limbo Lounge, on pense à des cousins anglais de Twin Peaks ayant croisés la route d’Elvis Costello en costumecintré (« Human Remains » et « Lovin’ Feeling »). Cette power pop excentrique propulsée à coup de riffs lourds fait aussi penser à Supergrass période In It For The Money (ce riff sur  « Lonesome Jim « qui n’est pas sans rappeler Cheapskate, la bluesy Big Wow, la soul-pop de « Cherries For My Sundae »). Les ballades ne sont pas en reste, comme la nostalgique « Big School », dont la mélodie colle au cerveau comme un chewing gum sous un bureau de bois. Ou cette « Candy Thunder « qui évoque les tribulations nocturnes new-yorkaises de Lou Reed. « Babe Rainbow » est une autre réussite dans une veine 1980ies chère à Mac DeMarco, quand la bastringue « Limbo Lounge » rappellera The Coral.

Pourtant, l’album n’a pas été enregistré dans les meilleures conditions. Bien loin des prestigieux studios de Maida Vale où avait été mis en boîte No Mind, No Money en tous cas. C’est que, après avoir tourné pendant de longs mois, le groupe s’est trouvé largué par son label puis par son bassiste. Sans le sou, enchaînant les boulots alimentaires, Ollie Pash, Lawrence Pumfrey et Josh ‘Shep’ Hodgson ont donc improvisé un studio de fortune dans l’abri de jardin du dernier nommé, avant d’être rejoint par Kit Jennings à la basse. Les quatre anglais y ont imaginé un lieu, le Limbo Lounge, peuplé de freaks et autres beautiful losers entre crise existentielle et dérive amoureuse. Ils livrent aujourd’hui cet album hors du temps, bourré de chansons tordues, entre glam, cabaret, power pop et new wave.
Le charme capiteux de Songs From The Limbo Lounge n’est pas sans rappeler celui de Len Parrot’s Memorial Lift de Baxter Dury, en bien plus énergique. Celui d’une pop un peu étrange, décantant avec le temps mais restant toujours tapie derrière des volutes mystérieuses. Pourtant, bien qu’à l’aise dans ce clair-obscur, les chansons de Beach Baby mériteraient de recevoir la lumière tant le groupe défend avec ferveur une certaine idée du pop-rock où la poésie et la mélodie priment. Chaudement recommandé aux amateurs de ces plaisirs désuets.

***1/2

Matthew Sweet: « Kimi Ga Suki * Raifu »

Matthew Sweet est un artiste très populaire au Japon; il l’est tellement qu’en 2003, il leur a adressé un message d’amour : Kimi Ga Suki * Raifu, un album à l’originé destinés à ses fans nippons.

Le voici ressorti sous forme physique dans tous les pays et, à l’écoute, il s’avère être un disque de beauté pop effervescente et d’une intensité qui pourrait presque en faire un « feel good album ».

S’ouvrant sur un « Dead Smile » plein d’urgence la barre est placée très haut en matière de qualité. La voix de Sweet est à son mieux et les tempos se faufilent entre les morceaux avec une fluidité que l’in retrouvera sur l’accrocheur « Morning Sun »qui oscillera enre hballade folk et hymne pop ancré dans un territtoire façon Big Star. Même équilibre sur « I Love You » entre luminescence et fuzz contrôlé et splendeur californienne dans ce « Waving » où les lignes de guitare se fraient un passage sur fond de mur acoustique.

La pop old schoool ne sera pas oubliée avec un « Spiral » qui saura parfaitement évoquer l’esprit de Steve Miller galvanisé par une cithare électrique et une basse surgie des tréfonds alors que « Love Is Gone » aura cette douceur de chansonette bercée par un fond de guatres sèches.

« Hear This » nous ramènera vers un rock plus affuté mais ne se départira pas de ce magnifiques harmonies vocales qui apportent un brin de miel dans le sel des riiffs à la six cordes. Le reste de l’opus suivra ce même processus entre bruitisme et harmonie dont le point culminant sera la conclusive « Through Your Eyes », un final de sept minutes entre délires soniques et enluminures vocales.

Si on ajoute que le mixage a été fait par Sweet lui-même dans un enregistrement fait dans son propre studio, on ne pourra que regretter que Kimi Ga Suki * Raifu ait mis tant d’années à atteindre les sols occidentaux.

***1/2

Young Guv: « Guv 1 »

Avec un tel patronyme et un titre d’album sur le même registre on aurait tendance à penser que Young Guv est un autr edes ces rappeurs anglais dont la phraséologie ne va pas plus loin que l’horizon, forcément obscur, de la périphérie londonienne et d‘un quotidien aussi flamboyant que le smog britannique.

Young Guv, de son vrai nom Ben Cook, est tout autre que cela puisque ce Canadien n’est ni plus ni moins que le leader du combo hardcore Fucked Up. De cette origine on pourraot déduire alors une inspiration du même tonneau mais c’est pourtant le contraire qui va se dérouler à l’écoute de Guv 1.

En effet, comme beaucoup d‘artistes aujourd’hui, Cook a chosi une certaines mouvance crypto 70’s moins abrasive qu’on peut résumer par des alliances de type Big Star rencontre Lennon, qui lui-même rencontre Guied By Voices qui, à leur tour, s’entremêlent avec Teenage Fan Clab.

Ce rejeton mutant se veut filtré par le lo-fi et, même s’il ne laisse pas indifférent, il sonne plutôt anachronique. Les compositions sont, en général, bonnes mais le résultat d’ensemble est quelquep eu laborieux, comme si le revival power pop n’était plsu d’actualité. Rien à dire sur l’exécution, simplement il serait peut-être plus simple de réécouter des classiques, par exemple Nuggets, pour entendre matière à autre chose que du dérivatif.

**1/2

Dude York: « Falling »

On ne le pense pas souvent mais Dude York fait parti d’un des groupes les plus importants de la scène power-pop américaine de cette décennie. On avait laissé le trio de Seattle avec l’explosif et sombre Sincerely il y a trois années de cela et, cette fois-ci, le groupe est de retour avec un Falling qui est placé paraît-il, sous le signe de la sagesse.

Peter Richards (chant, guitare) et Claire England (chant, basse) ainsi qu’Andrew Hall (batterie) ont décidé d’entreprendre un virage plus pop et plus émotionnel tout en conservant leur base rock sur cetnouveau disque soulignée par une production ambitieuse signée Patrick Brown. lI est question de ruptures et de douleurs sentimentales tout au long de ce Falling avec la bassiste qui a décidé d’ouvrir son cœur brisé au monde entier sur un « Longest Time » qui ouvrira le bal et sera suivi des allures post-punk 80’s de « Box ».

Pour la première fois, les deux têtes pensantes se partagent les prestations vocales afin de nous plonger dans un tourbillon d’émotions. C’est avec des refrains qui rentrent facilement dans la tête comme « I’m the 1 4 U » et « Should’ve » en passant par « Doesn’t Matter » et « :15 » que l’on a affaire et montrant un relifting musical plutôt audacieux de la part de Dude York. Mais le trio de Seattle ne renieea pas ses origines plus énervées et saturées avec les allures punk de « Only Wish » ou frôlant les accents psychédéliques sur « Unexpected » et « How It Goes » avec des solos de guitare à la clé.

Avec Falling, Dude York effectue un virage musical hardi mais pleinement assumé. Le trio de Seattle étonne pour ses textures émouvantes mais n’oublie pas de revenir aux racines plus rêches comme bon lui semble, ce qui semble être un sacrément bon compromis.

***1/2