No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Evan Thomas Way & The Phasers: « Long Distance »

Evan Thomas Way & The Phasers est une excroissance de The Paroson Red Heads, combo ayant migra de Californie en Oregaon qui s’était fait connaître sur la compilation Twelve String High sorte de Nuggets à la sauce «jangle pop». Comme en témoigne le mélange de country alternative et de power-pop proposé sur son dernier album en date, Blurred Harmony (2017), le quatuor construit sa trajectoire selon un axe classique et légendaire déjà emprunté avec bonheur par leurs aînés de The Jayhawks, allant des Byrds à Big Star en passant par Buffalo Springfield.

Aboutissement de travaux parallèles ébauchés dans le plus grand secret pendant ces dix dernières années, le deuxième album solo de leur leader Evan Thomas Way nage dans des eaux similaires, tout en apportant une touche plus personnelle et introspective.

L’objectif avoué de ce projet, que le bonhomme avait d’abord imaginé était  d’enregistrer seul en mode « singer-songwriter » avant de décider de se faire accompagner par quelques amis musiciens regroupés sous le nom de The Phasers, était de sonner comme une version shoegaze de Neil Young. Long Distance n’est pas loin d’atteindre son but, déroulant paisiblement une succession de chansons folk-rock atmosphériques parfois ornées d’un saxophone mesuré (« Gone ») et qui pourraient figurer des croisements entre le Loner et Mojave 3 (« Don’t Fall Away », « Hope », « Change Your Mind »).

Le sommet de ce disque qui ne fréquente que les hautes altitudes sera sans doute, le « twangy » « Fire at the End of the Line », un petit miracle d’équilibre instrumental qui replonge l’auditeur au cœur des rêveries nocturnes du Luna de la période Penthouse. Lumineux avec The Parson Red Heads, ou plus contemplatif sous son propre nom, Evan Thomas Way séduit et impressionne par la constance de son inspiration.

****

26 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

The Frights: « Hypocondriac »

Inspiration punk, natifs de Californie, accrocheurs, on peut les décrire comme des rejetons de Green Day. Mélodies puissantes et sens inné de la chanson pop, ils peuvent être comparés à des combos venus de l’autre côté de l’Atlantique comme The Fratellis ou Supergrass. Distorsions soignées et voix douce assez sucrée capable de nous embarquer en quelques secondes, on peut les comparer à Radish ou Weezer. Album rempli de tubes immédiats à l’écriture en prise avec les soucis de teenager et un sens certain du clin d’œil (« Whatever ») et les voilà comparables à Ash. La liste pourrait se poursuivre à condition de trouver d’autres combos qui ont été capables de marquer durablement les esprits avec des titres simples mais ô combien efficaces sans pour autant ne pas être dénués d’honnêteté.


Seul bémol à cette avalanche de louanges, la toute relative faiblesse de la fin de l’album où l’on trouve « No place like (not being) home » »avec une influence ska qui sonne comme un petit hommage à
Rancid et « Alone » une ballade sympa mais sans plus que Mikey Carnevale aurait pu garder pour ses shows en solo. Si ces titres apparaissent « faibleards » c’est qu’auparavant The Fights a sorti l’artillerie lourde avec une série de compositions aussi excellentes les unes que les autres : « Crutch » (et son clip déliro-crado), « Whatever » (et son refrain entêtant), « Over it » (et son clip déliro-mantique), « Me and we and I » (et son clip déliro-sanglant), « Goodbyes » (et son orgue). Pas moins de 5 hits absolus, accompagnés de titres bien cools (« Broken Brain », « Pills », « Hold me down ») », ça donne un album de rock rempli d’énergie et de bonnes ondes. Ça fait du bien et et pas qu’aux oreilles.

***1/2

17 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Woolly Bushmen: « In Shambles »

Jouer des hymnes pop à la sauce garage, c’est précisément ce qui a poussé les frères Palombi à fonder The Woolly Bushmen, groupe originaire de Cleveland, désormais basé à Orlando, dont on pourra difficilement prétendre qu’il ne maîtrise pas avec panache le credo qu’il s’est ainsi assigné. Le nouvel opus du groupe, In Chambles en est une magnifique illustration. Le combo assène en quelques trente minutes des morceaux inspirés qui font de lui l’une des formations les plus pertinentes du genre,

On trouvera donc ici pêle-mêle, des guitares rieuses agrémentées de fuzz, des orgues aux sonorités sixties dont la présence est très intelligemment mise en avant sur « Dense », « Weeping Eyes », « I Pushed You », une voix furieuse qui crache des refrains qui feraient danser sur les tables les plus comateux.

Les chœurs ne seront, en oute, pas en reste (où l’on voit que l’influence des Beach Boys traverse les générations sans prendre une ride…) et viennent soutenir une rythmique souvent infernale, quoique pondérée par quelques plages plus paisibles.
Le morceau d’ouverture « What Yer Doing to Me », donne à lui seul la couleur du disque mais il ne faudra pas s’arrêter à ces premiers accords sauf à accepter de se priver des classiques en devenir que sont « Paid », « Fine », « Let It Be Known », « The Noose ».

La fine équipe concocte ici un opus qui est un véritable morceau de bravoure. Si, interpréter de la pop façon garage, est la mission du combo, l’objectif est atteint, voire même dépassé.

***1/2

17 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Charly Bliss: « Young Enough »

En 2017, Charly Bliss avait tfait parler de lui avec un premier album, Guppy. Le quatuor power-pop vient de Brooklyn et présente le successeur de son opus initial, Young Enough où le combo veut prouver qu’il a mûri

On commencera par la voix d’Eva Hendricks qui est moins aiguë que d’habitude. Celle-ci arrive à survoler avec classe et maîtrise ses nouvelles compositions plus bubblegum et plus pop qu’auparavant à l’image de l’introduction nommée « Blown To Bits » ou bien même de « Under You » et « Camera » même si ses textes reflètent ses mésaventures amoureuses et son quotidien plutôt difficile.

La différence entre leur premier album et Young Enough est l’utilisation plus importante de synthétiseurs rendant leur bubblegum power-pop beaucoup plus hybride qu’à l’accoutumée. Ce résultat plus pop se fait entendre à l’écoute des allures discoïdes de « Chatroom » ou de la ballade synthétique nommée « Hurt Me » mais ils n’ont pas oublié leurs origines power-pop comme « Capacity », « Bleach » sans oublier « Hard To Believe » qui a de quoi rappeler The New Pornographers dans la démarche.

Ce virage plus pop ira dérouter plus d’un car on était habitué à des compositions plus rentre-dedans et musclées. Au final, Charly Bliss a passé l’âge adulte tant on appréciera plus les textes d’Eva Hendricks sur ce Young Enough plus fiévreux et plus bubblegum qu’à l’accoutumée.

***1/2

13 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Matthew Sweet: « Tomorrow’s Daughter »

Si la power-pop a acquis ses lettres de noblesse, Matthew Sweet fait partie de ceux qui les lui ont données aux côtés d’autres contournables. C’est dire si l’auteur de Tomorrow Forever l‘année dernire avait à nouveau eu son heure de gloire auprès d’un public de plus en plus large. On comprends alors qu’il ne souhaite pas en rester là et qu’il « récidive » aujourd’hui avec cette « sequel » logiquement nommée Tomorrow’s Daughter.

Une fois de plus, Matthew Sweet reste dans son élément avec sa power-pop toujours aussi implacables. De l’introductif « I Belong To You » rappelant quelque peu The Byrds dans la démarche à « Show Me » en passant par les entraînants « Lady Frankenstein », « Years » ou encore « Something Someone », ll’artiste possède toujours autant sa verve et son énergie aussi caractéristique.

Même si rien de révolutionnaire n’est à souligner sur cet opus, Matthew Sweet reste toujours aussi constant dans sa démarche allant de la jangle-pop au rock alternatif des années 1990 réminiscent de l’âge d’or de MTV. Que ce soit sur « Girl With Cat », « Now Was The Future » ou bien même sur « Ever After », on a affaire à un plutôt bon album de faces B de Tomorrow Forever montrant un talent quasi-intact.

***1/2

22 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Maureens: « Someting In The Air »

The Maureens fait partie de ces groupes qui comme aux USA, (Fountains Of Wayne, The Posies, Matthew Sweet…) ou en Écosse (Teenage Fanclub, Attic Lights, Dropkick…) cultivent le culte de la power-pop, en particulier celui de Big Star. Le combo, lui, est originaire des Pays-Bas, patrie de Alamo Race Track et surtout The Nits.

Sur son troisième album Something In The Air, le groupe d’Utrecht applique une formule déjà fréquemment testée et approuvée. Une recette savamment dosée à base de mélodies raffinées, de guitares qui carillonnent et d’harmonies vocales en mille-feuilles.

De « 4AM » à « Valentine », The Maureens plaquent leurs accords de manière lumineuseet y superposent des entrelacs de voix qui évoquent bien souvent les échanges entre Jon Auer et Ken Stringfellow, les magiciens qui animaientThe Posies.

La fougue power-pop des Néerlandais est, par moments, adoucie sur quelques chansons plus introspectives par des intonations alt-country qui les rapprochent davantage de The Jayhawks ou encore de The Wyntown Marshals A l’image de ces derniers, dont la notoriété a toujours été inversement proportionnelle à la qualité de la production discographique, The Maureens mériteraient d’être plebiscités.

***1/2

4 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Weezer: « Teal Album »

Y a-t-il plus délinquants garnements que les vieillissants ados de Weezer ? Comme ça, pour le plaisir de faire ce qu’il ne faut pas faire, et pour tuer le temps jusqu’au prochain disque de matériel original, messieurs Cuomo, Bell, Wilson et Shriner se sont offert une salve de reprises anti-insolentes. Exprès. Revisiter l’« Africa » de Toto, symbole du commerce pop le plus lisse qui soit ? Oui. Et « Take on Me » de a-ha, à l’identique ? Oui. C’est tout juste s’ils flanquent du riff bien dégorgé sur leur galette bien composée, pour rester dans l’époque : les guitares grinçantes, c’est tout ce qui distingue leur « Happy Together » de l’originale des Turtles.

Un quart de siècle après leur « Buddy Holly » (dont le clip parodiait la série Happy Days), nos gamins quasi cinquantenaires ne respectent vraiment rien : pensez, leurs vilaines versions sont méchamment jolies. Blasphématoires puisque, comme le disait si bien Oscar Wilde, « La Jeunesse est un Art ».

***1/2

2 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Basement: « Beside Myself »

Après un troisième album intitulé Promise Everything Basement avaient, enfin donné un peu de corps à leur « power pop », les voilà qui récidivent sur ce nouvel opus Beside Myself.

Le combo semble vouloir continuer à mettre la pédale douce avec des accents californiens qui n’oublient pas , néanmoins, d’être flamboyants. On notera, à cet égard ,le titre d’introduction, « Disconnect » mais surtout des échos façon Weezer ou Green Day (« Ultraviolet » ou « Keepsake »).

Ce que l’on retiendra surtout avec ce Beside Myself, c’est leur volonté de s’aventurer vers des territoires beaucoup plus « arena rock » comme l’atteste d’autres titres pluas ampoulés dedans comme « Changing Lines », « New Coast » et « Slip Away ».

Avec ce quatrième opus Basement assument de plus en plus leurs désirs d’évolution ; reste à savoir si ces influences nouvelles ment assumées leur permettront de ne pas trop s’enliser dans les ornières du cheminement à l’aveugle.

**1/2

16 novembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

BIrd Sreets: « Bird Streets »

La « power pop » est un genre souvent mésestimé bien qu’il ait généré un nombre impressionnant de compositions qui font date Notons, liste non exhaustive, « My Sharona » (The Knack), « Surrender » de Cheap Trick, » What I Like Abut You » des Romantics ou « Just What I Needed » des, peut-être les plus créatifs, Cars.

Si on ajoute des combos comme Big Star, The Shoes, 20/20 ou the dBs, on comprendra pourquoi ces légendes font partie du lexique de la musique populaire américaine et représentent une inspiration pour maints autres groupes dont un artiste comme John Brodeur, un new-yorkais qui excelle dans la « bedroom pop » avec des album comme Tiger Pop éminemment inspiré par XTC (2000), le lo-fi Get Through en 2009 et, en 2013, Little Hopes, son effort le plus abouti soniquement jusque là.

Bird Steets est son nouvel avater et, enregistré de concert avec Jason Falkner (Jellyfish, Three O’Clock), le duo nous concocte un nouvel opus éponyme qui reprend et transcende tous les principes de base de la « power pop ».

Les guitares y carillonnent bienheureusement dès l’ouverture avec un « Carry On » fleuri comme le meilleur d‘un R.E.M.porteur d’avantures, « Betting on the Sun » suit avec son savoureux alliage de refrains emplis de clarté et de paroles où, peu à peu, s’introduit une légère noirceur, réflexion encore plus accentuée sur l’endeuillé « Spaceship ».

Ce titre, une évocation de la dépendance à l’alcool, est lyrique à souhaits avec des paroles touchantes où l’alcooBird STreetlisme est apparenté à un véhicule spatial en perte de contrôle. Ce parallèle s’exemplifie avec la compraison que fait Brodeur de son propre style de vie, manière d’évoquer l’intime de façon grandiose et digne.

La difficulté à changer côtoiera alors la volonté de ne pas le faire sur un « Some Dream » où le chanteur n’est pas loin de se stigmatiser y compris quand il reprend une thématique habituelle,celle de l’amour qui s’en ests allé.

Sur « Heal » il chante avec justesse comment une relation toxique peut se dénaturer alors que la vindicte sera réservé à une ex dans « Thanks for Calling ».

Peu à peu, Brodeur montre combien il devient un songwriter de plus en plus affuté et introspectif étayé qu’il est par sa collaboration avec Jason Falkner. Si la « bedroom pop » a besoin de titres de gloire, Bird Streets en est un sans discussion aucune..

****

17 août 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Tony Molina: « Kill the Lights »

Tony Molina est adepte du vite fait bien fait. Ce combo « power pop » résume assez bien, lui aussi, l’essence punk puisque son « debut album »avait réussi à intégrer 12 compositions en autant de minutes !

Son nouvel opus, Kill the Lights, est un peu plus étoffé (10 titres sen 15 minutes) mais la concision demeure néanmoins pour lui la composante fondamentale.

Elliott Smith, le chanteur, écrit et interprète ses morceaux de manière forcée mais pas artificielle ce qui en soi est une qualité. Molina est capable ainsi de fourrer une nombre incalculable d’idées musicales en moins de temps qu’il ne faut pour le dire et de les nuancer par des guitares acoustiques dont a simplicité peut, par moments vous chavirer (“Now That She’s Gone” at “Look Inside Your Mind/Losin’ Touch” ).

Cette floraison sonique donne, paradoxalement, espace à Kill the Lights un disque dont la touche mélancolique et sage permet avec bonheur de ne pas nous saturer.

***1/2

9 août 2018 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire