Nick Frater: « Fast & Loose »

16 octobre 2020

La musique qui pourrait être un peu trop commerciale, accessible, populaire, radiophonique (prenez-en deux sur quatre, insérez-les dans une phrase et vous aurez la raison moyenne de rejet des soumissions aux disquaires indie dont le besoin de paraître « cool » est régulièrement lié au fait de vouloir être associé à tout ce qui est alternatif et décalé

Le Londonien Nick Frater ne remplit pas les critères susmentionnés qui lui garantiront l’entrée dans le royaume du cool. Cependant, toute personne capable de rejeter sa musique est manifestement incapable de bénéficier d’oreilles pleinement fonctionnelles.

En effet, Frater est tout ce qu’il y a de plus parfait dans le domaine de l’accessibilité, son seul modus operandi semblant consister à prendre de multiples décisions sur la façon dont il peut tirer le maximum de crochets pop des guitares power-pop, du piano rock des années 70 et du côté le plus pop de la psyché.

Ainsi, des titres comme « Lets Hear It For Love » et « Cocaine Gurls » sont Alex Chilton qui persuade le Teenage Fanclub de laisser tomber leur ssone de confort pour une seconde et d’embrasser les années 70, « Luna » et « Would You Like To Go » sont les Beach Boys transplantés sur un terrain de jeu des années 60 dans l’ouest de Londres plutôt que sur la côte ouest américaine, tandis que « Fast and Loose » et » So Now We’re Here » sreprésentent le parfait abandon de Frater aux couleurs tourbillonnantes du psychédélisme britannique.

Frater se sent peut-être en terrain familier grâce à la juxtaposition des sons les plus populaires d’antan, mais c’est la façon dont il les transforme en riffs et accroches et ce qu’il fait avec les arrangements, qui fait de lui le dernier chéri de la power-pop à être béni de ses meilleures confections

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Supercrush: « SODO Pop »

15 octobre 2020

Mark Palm a fait un tour entier du « bloc musica « ; il a fpassé du temps avec les punks de Vancouver Reserve 34, le groupe de métal Black Breath de Seattle et le groupe de dream-pop Modern Charms de San Francisco, pour n’en citer que quelques-uns Cette éphémère carrière musicale n’a d’égal que son besoin constant de bouger.

La seule constante a peut-être été son dévouement à la chanson, qu’il met en avant dans son dernier projet, Supercrush. Adorant les icônes de la power pop des années 90 comme Teenage Fanclub, les Posies et Velvet Crush, le groupe est un retour en arrière dans presque tous les domaines. Les chansons sont courtes, percutantes et remplies de belles harmonies vocales sur l’amour et le chagrin.

Pourtant, à aucun moment, Palm et ses compagnons d’orchestre, dont Phil Jones de Shook Ones, qui a également coproduit, n’ont l’impression d’essayer de recréer le passé. Au contraire, les chansons du premier opusSODO Pop – le Never Let You Drift Away de l’année dernière était surtout une collection de « singles » – sont comme une continuation, un passage de témoin. Palm utilise les sons d’hier pour explorer son point de vue actuel.

Du rythme lent de « I Didn’t Know (We Were Saying Goodbye) » au flou de « Parallel Lines », la familiarité de ces 10 titres est comme une démangeaison que l’on ne peut pas vraiment gratter ; un riff, une mélodie, même un son de guitare si familier, mais dont la source est difficile à situer.

En ce sens, leur analogue le plus proche est probablement Beach Slang, un groupe dirigé par un bricoleur (James Alex) qui utilise de vieux sons pour exciser les fixations actuelles. Palm n’a pas encore atteint le sublime amalgame de l’ancien et du nouveau que propose Alex. Mais SODO Pop a suffisamment d’idiosyncrasies pour dépasser ses influences et être adopté selon ses propres termes.

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