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Sweet Williams: « Where Does The Time Come From »

On n’entend pas souvent parler de Sweet Williams mais ils tracent leur route sereinement. Le groupe britannique a publié deux albums dont le premier Please Let Me Sleep On Your Tonight paru il y a maintenant trois années de cela faisant entrevoir un son plus organique. La mystérieuse formation effectue son retour avec un nouvel opus intitulé Where Does The Time Come From.

Avec cette question philosophique, Sweet Williams continue son excursions post-punk de façon ingénieuse. Le groupe mené par le guitariste Thomas House pousse le bouchon à travers des compositions plus viscérales qu’à l’accoutumée avec entre autres « Stop It I’m Killing You » en guise d’introduction mais également les riffs cycliques comme « Fifties » avec sa pause en plein milieu inattendue et « RF » qui ont de quoi nous hypnotiser comme il se doit.

Au milieu de ces moments riches en tension comme « Stunt Freeze » ou les lourdes distorsions de « Ride A Golden Snail » et « Two Golden Sisters », Sweet Williams nous fournit quelques surprises avec les contrées étonnamment bluesy de « Very Long Division ». Le groupe britannique ne baisse jamais la tension tout au long de ce Where Does The Time Come From qui fournit des compositions pointues et agressives, et ce, sans compter en outre, le songwriting toujours aussi précis de Thomas House.

***1/2

8 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Mind: « Edge Of The Planet »

Ce combo vient de Cleveland et il est composé des membres des groupes Homostupids, Pleasure Leftists ou encore DRYROT et il sort ici un premier album bien original, Edge Of The Planet.

On ne sait pas grand-chose donc mais mais cela n’empêche pas d’apprécier leur musique résolument inventive et fantasque. The Mind étonne pour ses influences post-punk avec une bonne touche sci-fi pour l’originalité. Et cela s’entend sur des morceaux catchy et novateurs comme « Blah Na Nothin » qui ouvre le bal mais également « Running On My Head » et « Enjoy Your Fantasy ».

Tout au long de ces huit titres, The Mind impressionne par sa technicité et la capacité d’emmener l’auditeur dans des épopées bien étranges. Il suffit d’écouter d’autres trouvailles rétrofuturistes comme « Technical Intuition » et « Space Is Binary » pour s’en apercevoir et d’écouter la conclusive « Baby Rats » pour se dire que The Mind pourrait être autre chose  qu’un OVNI de la scène post-punk américaine

***

8 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Automatic: « Signal »

Parmi les figures du post-punk de demain, on peut aiter le trio Automatic. Venu tout droit de Los Angeles, le groupe est composé d’Izzy Glaudini (chant, synthés) et Halle Gaines (basse) qui se sont rencontrées via des groupes de la scène DIY californienne ainsi que de Lola Dompé (chant, batterie) qui n’est autre que la fille de Kevin Haskins de Bauhaus. A elles trois, elles pratiquent un post-punk des plus rutilants comme l’atteste leur premier album nommé Signal.

Aucune guitare n’a été utilisée durant ces onze compositions magnétiques à mi-chemin entre synthpunk, krautrock et post-punk. Très vite, on se laisse embarquer par ces synthés fuzzy malicieux et ces rythmiques hypnotiques qui habillent les titres comme « Too Much Money » en guise d’introduction mais également « Suicide In Texas » et « I Love You, Fine ». Ces morceaux sont adoucis par les harmonies vocales prenantes d’Izzy Glaudini et de Lola Dompé notamment avec « Calling It » et « Signal ».

On appréciera entre autres les expéditifs « Humanoid » et « Damage » qui nous rappelleront de la triste absence de leur reprise de Delta 5 qu’est « Mind Your Own Business » qui tourne en boucle chez moi depuis un mois. Avec l’aide de JooJoo Ashworth de Froth à la production, Automatic arrive à nous faire apprécier ces compositions minimalistes et incisives où les interprétations surélèvent le tout.

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30 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Attic Ted: « Kafka Dreaming »

Gloire texane s’il en est, Attic Ted a écumé les routes du monde entier avec son freakshow itinérant et ses masques faits à base de cartons de bières. Depuis 2002, le projet centré autour de Grady Roper développe un style unique basé sur une orchestration des plus inattendues : orgue, Casio, clarinette, percussions, Kaoss Pad ou encore une guitare au son si sale que les groupes de garage n’ont plus qu’à aller se cacher. Mais pour ce sixième album, Attic Ted a voulu mettre de côté le home-made pour un plus gros son en enregistrant avec Paul D. Millar à New York. Le résultat est loin d’être lisse, ça sent toujours autant la gnôle et la débauche, sauf que l’écriture et la production ont atteint une telle excellence que l’on tient là, sans nul doute, son meilleur disque à ce jour.
Accompagné du batteur Corby Cardosa, comparse de longue date, et de Chad Allen, grande figure de la scène texane électronique (Zom Zoms, Low Red Center, Oblong Boys…) dont les bruitages et manipulations synthétiques semblent venir directement de
La Quatrième Dimension, Grady Roper pourrait s’inscrire dans des territoires balisés par The Residents, Tuxedomoon ou Butthole Surfers, mais y ajoute une loufoquerie délurée bien à lui et une sorte de réinterprétation de la musique folk/country américaine totalement dégénérée et jouissive. « Skip to the LuLu » donne le ton, se référant à un air populaire pour enfants des années 1840 où les partenaires s’échangent au détour de pas de danse.
Bien sûr, toutes les références sexuelles sont assumées, Attic Ted restant un maître assumé de la débauche dans un coin des États-Unis où les rednecks ont la gâchette facile. Les ritournelles se font grinçantes, le post-punk théâtral et le grand Manitou sait comment nous amener sur le dancefloor. « Stand up if you want To » réinvente ainsi le disco-pogo pour freaks avisés, la ronde prend des airs apocalyptiques sur « 14 Hours », la valse sent bon la bière séchée de fin de soirée sur « Three O’Clock in the Morning » alors que le son country punk de « Tiké Mou » » évoque un voyage survolté dans le Sud-Ouest de la France. Et que dire du funk schizophrène de « Should Have » ? Du Pere Ubu sous acide sans doute.
Les sons étranges fusent de partout, trains qui déraillent, clarinettes orientales, bouteilles fracassées, et cette grande orgie nécessite plusieurs écoutes pour révéler sa fantasque richesse. Attic Ted réinvente bel et bien la pure musique populaire américaine, loin des clichés white trash. Un album fou fou fou qui amène le délire encore plus loin que sur le précédent
Parade Dust Mischief (2016). Addictif.
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27 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Mermaidens : « Look Me in the Eye »

Ce trio de Wellington avait frappé fort avec son premier album. À la croisée des chemins du post-punk et du math-rock, ils avaient, en effet, bâti un univers aux contours gothiques qui se jouait habilement des changements de rythmes et des ambiances sonores. Et créer une ambiance est probablement un sujet qui les hante en permanenece tant il définit bien ce nouvel opu qui vient confirmer l’excellente impression laissée par son prédécesseur.

Voilà un groupe qui ne manque pas d’idées, et n’hésite pas à sacrifier en chemin le format pop qui lui tend les bras sur certains morceaux. Constructions complexes et maîtrise parfaite des contretemps et des breaks à répétition, Mermaidens semble mettre un point d’honneur à ne pas tomber dans la facilité, à tel point que la première écoute de l’album n’est pas forcément la plus marquante, car leurs titres se méritent.

Ce n’est sans doute pas un hasard si la pochette de Look Me in the Eye ne permet justement pas de les regarder dans les yeux, avec ce visage en mouvement volontairement flou. Et « Crying In The Office » semble d’emblée rassembler à lui seul toutes ces intentions. A travers les pensées sombres d’un protagoniste qui déprime au bureau, Mermaidens construit une atmosphère mi-planante, mi-étouffante, portée par la complicité parfaite des membres du groupe et leur sens du rythme vraiment admirable, entre la basse de Lily West et la batterie puissante mais subtile d’Abe Hollingsworth.

A partir de là, le trio nous entraîne dans les méandres de ce disque noir, avec « Sleeptalker », une chanson hantée qui alterne couplets éthérés et refrains explosifs. Mais c’est certainement la basse ronronnante de « Milennia » et l’impeccable refrain de « I Might Disappear » qui remportent tous les suffrages.

Look Me in the Eye a été enregistré avec l’ingénieur du son James Goldsmith, leur collaborateur de longue date, au Blue Barn Recording Studio dans la ville natale du trio, Wellington. On ressent effectivement dans ce disque une grande complicité, des compositions créées « à 6 mains » dont le pouvoir d’envoûtement devient au fil des écoutes particulièrement addictif.

***1/2

21 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Bench Press: « Not The Past, Can’t Be The Future »

Tout droit sorti de Melbourne, en Australie, nous arrive une dose extrêmement contagieuse de post-punk un peu grinçant, infusé de garage-rock rempli de testostérones. En effet, bien qu’elle n’ait pas la formule pour plaire au plus grand nombre, le quatuor baptisé Bench Press saura sans doute stimuler agréablement les conduits auditifs de fans de groupes tels Fugazi ou Fountaines DC.

Après avoir fait parler d’eux pour les bonnes raisons — c’est-à-dire un premier album fort respectable qui a vu le jour en 2017 simplement nommé Bench Press ainsi que de solides concerts dans leur lointain pays natal et en Europe — les voilà de retour avec une production intitulée Not The Past, Can’t Be The Future. Le genre d’album qui est l’équivalent d’un violent coup de masse au plexus solaire, mais qui guérit autant qu’il fait mal.

L’offrande s’ouvre sur la très solide « Respite », sur laquelle le guitariste Morgan Griffiths est d’une efficacité redoutable. Et dès le départ, et ce jusqu’à la fin du disque, on remarque que la voix rocailleuse du chanteur, Jack Stavrakis, rappelle beaucoup celle d’Ian MacKaye de Fugazi. Les gens qui me connaissent bien savent que ce n’est absolument rien pour m’inciter à baisser le volume et ainsi protéger mon audition qui se fait de plus en plus défaillante. La remarquable « Good Guy », avec sa guitare simple, mais qui arrache autant qu’un dentiste de mauvaise foi, en est une autre qui frappe très fort.

Plusieurs autres chansons visent aussi en plein centre de la cible et récoltent des points bonus ; « Dreaming Again », « Amalgamation », « Baby Steps » et « Enough ». À vrai dire, plus les écoutes du disque s’accumulent, plus on réalise qu’il n’y a pas vraiment de chansons faibles et ça, c’est malheureusement de plus en plus rare sur un album de nos jours.

À noter aussi que la section rythmique du groupe, Lewis Waite à la basse, ainsi que Jordan Hicks à la batterie, est toujours dynamique et très compétente tout en étant la plupart du temps d’une simplicité désarmante. De l’excellente besogne de leur part.

Not The Past, Can’t Be The Future est un album constitué de onze redoutables brûlots qui vous donneront le goût d’y revenir plus souvent qu’à son tour. Et bien que ces trente-trois minutes de rock un peu enragé ne révolutionnent absolument rien, on peut affirmer sans aucune hésitation que dans le prévisible, on a entendu cent mille fois pire.

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18 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Tennis System: « Lovesick »

Tennis System ne fait pas partie des groupes les plus connus de la scène post-punk mais il reste parmi les plus talentueux. Le trio originaire de Washington n’avait plus donné signe de vie depuis on second album paru il y a cinq ans ; Lovesick est le nouvel opus qui lui permet de mettre fin à son silence.

À l’écoute de ce troisième album, tout nous laisse à penser que Tennis System a vécu une période de rage, d’angoisse et de frustration. Il suffit d’entendre les brûlots acides à mi-chemin entre indie rock et post-punk comme « Shelf Life » qui ouvre le bal mais encore « Alone » et « Esoteric » pour se rendre que la bande à Matty Taylor (chant, guitare) se déchaîne à tout va.

On ne sera alors pas au bout de nos surprises car Tennis System vise à exorciser tous ses maux avec une ambiance anxiogène qui persiste à chaque fois avec des riffs métalliques et une cette section rythmique qui sentent le souffre. On pensera notamment à « Deserve », « Third Time » ou bien « Turn » où la production met bien en avant le côté punchy et agressif de la musique du combo. Rares sont les moments calmes (l’interlude « Fall » n’en étant que l’exemple concret), et Lovesick est constant par sa rage qui l’habite sur « Cologne » et « Come Undone ». En ce sens, Tennis System convoque la fièvre et le côté acéré du post-hardcore pour en faire un disque faisant date dans le registre qui est le sien.

***1/2

18 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

EXEK: « Some Beautiful Species Left »

En janvier 2018, EXEK étaient sortis des sentiers battus avec leur album Ahead Of Two Thoughts. Le groupe originaire de Melbourne avait fait parler de lui pour son post-punk psychédélique totalement anxiogène. Refusant de se reposer sur ses lauriers, le combo revient donc presque un an et demi plus tard avec Some Beautiful Species Left.

Débutant avec un « Hobbyist » pour le moins tendu, EXEK montre qu’il n’a rien perdu de sa verve. Viscéral et hypnotique, son univers musical s’avère encore plus ambitieux qu’à l’accoutumée comme le prouven des titres comme « Lobbyist » qui suit mais aussi « Iron Efficiency » où on les voit arpenter des chemins krautrock mais également dub et hip-hop.

Inspiré par la philosophie de Brian Eno, le groupe de Melbourne restra toujours aussi fascinant et vecteur de claustrophobie dans ses arrangements de « Commercial Fishing » et de « Plastic Sword’s Retractable ».

Some Beautiful Species Left ira prebdre la relève d’Ahead Of Two Thoughts et EXEKappuiera là où ça fait mal avec « Unetiquetted » alors quel’audacieuse conclusion de 8 minutes « How The Curve Helps  .enfoncera avec bonheur le clou en montrant qu’il est porteur d’un peu plus que du post-punk anxiogène et que d’autres influences pourront s’y greffer sans aucun souci.

***1/2

14 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Futureheads: « Powers »

Si le post-punk a le vent en poupe ces derniers temps au Royaume-Uni avec des groupes comme IDLES, Fontaines D.C. ou The Murder Capital, The Futureheads avaient un temps d’avance sur tous ces derniers puisqu’ils œuvrent dans le genre depuis presque vingt ans. Il était donc normal qu’ils nous reviennent pour réclamer une part du gâteau post-punk qui leur est dûe. Surtout que l’on avait plus eu de nouvelles du groupe de Sunderland depuis Rant, sorti en 2012.
Powers débute de la meilleure des manières avec un « » sec et tendu, titre post-punk jouissif qui met d’emblée la barre très haute et augure du meilleur pour la suite. Mais, et l’on va vite s’en rendre compte, l’album ne se contente pas de creuser le sillon post-punk, le combo délivrant une musique où l’on peut entendre tant l’influence des Jam (l’élégant « Stranger In A New Town ») que celle de Fugazi avec en sus un côté pop que ne possèdent généralement pas les combos post-punk.


Ainsi se place « Across The Border », petite bombe pop punk que ne renieraient pas les Buzzcocks et brûlot anti-Brexit. Le titre suivant, « Electric Shock », a quant à lui un côté encore plus ouvertement pop et s’avère comme l’un des sommets du disque. The Futureheads, tout au long de cet album, convoquent ce que le rock anglais a produit de meilleur à l’instar de ces « Listen, Little Man! » ou « Idle «  qui nous rappellent le meilleur de XTC avec cette pop étrange et baroque.
Powers, et c’est sa grande force, s’aventure sur un grand nombre de territoires musicaux différents, toujours avec classe et brio. Le disque ne compte aucun moment faible et l’auditeur est impressionné de voir un groupe être capable d’être aussi brillant et efficace lorsqu’il se montre post-punk que lorsqu’il se dévoile pop. Le disque s’achève sur un grandiose « Mortals, » titre post-punk lancinant, répétitif et inventif.
Avec
Powers, The Futureheads nous offrent un superbe album qui montre que, après vingt ans de carrière, les anglais restent tout aussi intéressants qu’à leurs débuts. Un comeback retentissant pour un excellent album.

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10 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Ceremony: « In The Spirit World Now »

Même si Ceremony ne fait pas partie des groupes que l’on référence en matière de post-punk et d’art-punk, personne ne pourra leur empêcher leur consistance. On avait laissé le quintet de Rohnert Park avec leur cinquième album The L-Shaped Man en 2015 qui était plutôt de bonne facture. Quatre années plus tard, le groupe californien se rappelle à notre bon souvenir avecl In The Spirit World Now.

On retouve une bonne dose d’art-punk bien furieux avec « Turn Away The Bad Thing » en guise d’introduction mais également « Further I Was » et « Presaging The End » rappelant toute la verve de The Clash et Devo. Entrecoupés d’interludes en spoken-word, le quintet californien envoie la sauce en mettant en valeur les synthés et les voix féminines notamment sur le morceau-titre qui se singularise par sa montée en puissance.

On remarquera également sur ce sixième disque que les membres de Ceremony ont redoublé d’énergie notamment la section rythmique qui se fera par moments agressive comme sur « We Can Be Free », « Never Gonna Die Now » ou bien encore sur « I Want More ». Les riffs stridents et la basse démoniaque sont les leitmotivs d’In The Spirit World Now et le quintet de Rohnert Park arrivera à l’exploiter avec succès ; une bonne évolution qui augure de choses prometteusespour la suite.

***1/2

29 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire