Mean Lady: « Love Now »

Mean Lady est un duo mixte qui nous sert une pop sucrée et optimiste mâtinée de hip-hop. Les vocaux féminins et parfois enfumés de Katie Dill pourraient évoquer les « girls groups », en particulier avec les arrangements brinquebalants de qui lui donnent une tonalité lo-fi mais

le multi-instrumentiste Sam Nobles a le don de donner à la pop du groupe un côté expérimental inhabituel dans le genre (samples, loops de guitares inversés). Cette faculté qui rappelle certaines avancées « hippisantes » que le fausse candeur véhiculée par des ensembles comme She & Him.

Love Now est un disque addictif dans la mesure où ses compositions sont instantanées et rafraichissantes. L’ouverture, « One Big Family », s’assortit d’orchestrations décalées et atonales qui lui donnent dès l’abord ce côté fouineur quelque peu dadaïste qui contraste avec le refrains fédérateurs du titre.

On assiste, tout au long de l’album, à des viols successifs exercés avec précision à l’encontre de ce qui pourrait être convenu. Cela permet de générer une atmosphère pleine d’un « fun » atypique et déstructuré. Cela force l’audience à prêter attention à ce qui va suivre, d’autant que l’alternance entre morceaux rapides et lents, les changements de tempo au milieu même des compositions, concurrent à nous mettre en éveil.

Les textes ont ce côté irrésistible dans la mesure où ils sont souvent répétitifs et ont, ainsi, pour fonction de nous faire aller de l’avant et de créer une attente même si, parfois, un « Far Away » brisera le charme en évoquant « Here, There and Everywhere » da manière un peu trop flagrante.

Au fond, ce sera une composition comme « Why’d’ya Haftabee Sucha? » qui résumera fort bien Love Now : elle a ce côté accrocheur et éphémère de la parfaite « pop song » mais qui est aussi une impérieuse consigne à aller au-delà tant le cliché presque ridicule qu’elle véhicule est trop évaporé pour s’avérer plausible à long terme.

★★★½☆