Nova Charisma: « Exposition II »

Nova Charisma est un side project mené par Donovan Melero (Hail The Sun) et Sergio Medina (Stolas, Sianvar) étiqueté post hardcore progressif. Un descriptif qui ne s’impose pas vraiment lors de l’écoute de « Diary (don’t speak) », superbe ballade indie rock prog porté par une voix androgyne. « Gemini » est un tantinet plus musclé, mais pour du post hardcore, ça reste assez soft. « Hoxton » est dans la même veine, avec une couleur plus emocore. Enfin, « Sonya » verse plus franchement dans le post hardcore.

Il ne s’agit que d’un deuxième opus, donc l’équilibre n’est pas totalement atteint. Cependant, le savoir-faire est assez présent pour qu’on s’y laisse prendre, et assez également pour subir des écoutes successives. Encourageant et à suivre !

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Helms Alee: « Noctiluca »

Poursuivant la tradition des groupes d’exception de Seattle, les Helms Alee sont de retour avec leur cinquième album en douze ans d’existence. Intitulé Noctiluca, les 10 titres qu’il contient vous apportent joyeusement plus de leur mélange caractéristique de riffs boueux, de mélodies déjantées et d’expérimentation bruyante qui place Helms Alee sur un registre d’unicité assez grandiose. Le trio composé de Dana James (basse, chant), Hozoji Margullis (batterie, chant) et Ben Verellen (guitare, chant) se combine sans effort pour créer une étonnante éruption de bruit étayée par une sremarquable mélodie.

Noctiluca est une algue marine bioluminescente qui brille lorsqu’elle est excitée. Pour la plupart d’entre nous, une lampe conventionnelle se trouvait à côté de notre lit, mais Hozoji gardait un soupçon de Noctiluca à côté de son lieu de repos nocturne. Ainsi, le thème marin qui figurait sur les précédents albums de Helms Alee est maintenu, comme l’approximation la plus proche de leur son : mystérieux, magique et apportant de la lumière dans l’obscurité.

Une fois que ces guitares familières et ces batteries martelées ont repris vie sur le premier album Interachnid. C’est le son d’un groupe agité et enflammé comme jamais, avec juste la bonne quantité de bruit et de mélodie et un groove percutant qui sonne comme dix batteries dévalent d’une grande montagne. Le « Beat Up », bien nommé, est comme si un champion des poids lourds vous mettait en boîte en vous hurlant des insultes à la figure, alors que vos traits se transforment en pulpe sanglante. La seule grâce salvatrice que l’on puisse trouver est sa compagne qui s’interpose avec sa propre ligne de déprédation avant que vous ne tombiez au sol en morceaux.

Juste au moment où vous pensiez que ces puissants tambours avaient atteint le zénith de leurs martèlements d’oreilles explosifs, vient « Play Dead » pour détruire cette notion. Le premier grand moment mélodique de l’album sort des enceintes et c’est à ce moment que l’on réalise qu’il n’y a pas d’autre groupe sur la planète comme Helms Alee. Cette collision de volume intense, primale et brutale, avec des mélodies merveilleuses et décalées est finalement un accident de voiture dans lequel vous êtes attiré par la scène cauchemardesque.

Si les Pixies ont pillé un son plus métallique et que les bras de Dave Lovering ont été remplacés par des marteaux-piqueurs, on aimera penser que « Be Rad Tomorrow » sera proche de cette analogiere. Les lignes de basse grondantes créent un groove sublime pour les voix de James et Margullis qui taquinent une mélodie monotone méchamment infectieuse. Verellen glisse quelques belles lignes de guitare lors du premier grand moment de l’album et la chanson devient de plus en plus limposante sur ses six minutes. Avec une fausse fin ajoutée pour faire bonne mesure, les guitares ondulantes du titre sont un pur délice alors que s’installe pour une sieste, comme elle seule sait le faire. Le réveil est brutal et le rythme gargantuesque qui annonce l’arrivée de « Lay Waste, Child », fera claquer les écouteurs, telle est l’énergie physique générée par ce son bestial.

Sous la batterie tonitruante et les guitares glissantes de « Illegal Guardian », on peut entendre un piano qui tente d’échapper à la rétention tendue de ce qui précède. La tension est exacerbée par les guitares qui bourdonnent et l’assaut de la batterie qui s’effondre avant que Verellen ne déchaîne de façon menaçante certains de ses propos démoniaques. « Spider Jar » est une ligne de guitare psychédélique tourbillonnante avec un groove à couper le souffle. Le glorieux refrain aux cordes somptueuses arrive de nulle part, c’est vraiment une belle chose. Les voix combinées s’apparentent aux belles harmonies de REM et cela pourrait être dû au choix du producteur/ingénieur, Sam Bell, qui a déjà travaillé avec les meilleurs d’Atlanta.

Il y a une bizarrerie dans « Pleasure Torture » où James et Margullis nous implorent de nous ouvrir encore plus à leurs guitares et, alors qu’elles s’animent comme des foreuses maniaques, vous vous retrouvez à entrer dans le jeu. Des mélodies déchirantes combinées à des cordes qui s’envolent n’est pas quelque chose que vous pourriez associer à la Helms Alee, et voilà que « Pandemic » coche cette case. Les guitares font retentir une merveilleuse sirène mélancolique entre les fabuleux moments qui constituent les couplets. Les échos des sirènes de « Pandemic » s’attardent sur le fond de la dernière sortie qu’est  » »Word Problem » », comme pour démanteler toute notion de ramollissement de la Helms Alee, cette chanson est un autre blaster guttural.

Après cinq albums et de nombreux EP, Helms Alee continue d’apporter une puissante concoction de bruit et de mélodie qui vous confondra, vous déconcertera et vous convaincra comme un secret bien gardé etun trésor absolu. Les Helms Alee ont un goût acquis, mais il n’est pas donné à tout le monde de l’acquérir tant, avec Noctiluca, le trio nous a servi une nouvelle fois une excellente sélection de mélodies et de chaos, un ensemble pour lequel il n’y a pas de retour en arrière.

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Sleeping With Sirens: « How It Feels To Be Lost »

On a perdu Sleeping With Sirens il y a 2 ans avec un Gossip qui ne confirmait pas les promesses que Madness avaient semées en explorant une facette poppy mais toujours bourrée de guitares et jonchée de tubes potentiels. L’annonce de la sortie de How It Feels To Be Lost faisait craindre le pire mais les doutes vont s’estomper très vite (en fait dès la première note de « Leave It All Behind » ». Ce nouvel album prend le contre-pied total de son prédécesseur, et revient carrément aux sources de leur son.

Grosses guitares, passages déclamés (« Leave It All Behind », « Break Me Down »), refrains ultra bien ficelés (« How It Feels To Be Lost », « Ghost »), grosse production (« Agree To Disagree » et « Another Nightmare » qui viennent lorgner sur Bring Me The Horizon.

Du post-hardcore donc, bien caccrocheur avec cette voix si partciculière de Kellin Quinn, géniale pour certains, complètement insupportable pour d’autres. On est loin de l’album de l’année car Sleeping With Sirens n’apporte absolument rien de neuf à leur son mais on aura toutefois plaisir à retrouver un disque homogène signalant à quel point rien n’est perdu pour nos sirènes.

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Pile: « Green and Gray »

Le groupe de Boston reste toujours aussi actif sur la scène noise rock avec une discographie des plus irréprochables. Deux ans après l’emblématique A Hairshirt of Purpose, le voici de retour avec leur septième album intitulé Green and Gray.

Toujours aussi constant dans sa démarche, la bande à Rick Maguire qui étonne toujours par son interprétation tantôt aérienne tantôt délurée continue à exceller sur ce terrain post-hardcore et indie rock à travers des morceaux intenses et implacables comme l’introduction explosive nommée « Firewood » mais également « Your Performance » qui suit. Comme sur son prédécesseur, Pile continue de creuser le sillon un peu plus loin avec beaucoup plus de précision au niveau des orchestrations changeant d’humeur selon les morceaux ).

Ainsi, il ne sera pas rare que Green and Gray vacille entre calme plat qui saisit son auditeur avec les ballades comme « Other Moons », « Half » et autres « My Employer » et tempêtes noisy des plus dévastatrices avec « A Labyrinth With No Center » et « Lords of Calendar ». Plus on avance, plus on sent que le combo continue à marquer par son originalité et redouble d’ambition notamment sur « On A Bigger Screen », « The Soft Hands Of Stephen Miller » sans oublier la pièce maîtresse de 7 minutes nommée « Hiding Places » montrant toute la quintessence du groupe.

Il ne fait aucun doute que Green and Gray élargit les horizons musicaux de Pile. Toujours en s’inscrivant dans leur mouvance post-hardcore noisy, les Bostoniens se montrent plus audacieux (témoins en ont les allures étrangement britpop de « Bruxist Grin ») et permet de prouver qu’ils restent un des actes leessentiels de la scène dans laquelle il se fraie son cemin.

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La Dispute: « Panorama »

La Dispute est un groupe post-hardcore originaire de Grand Rapids qui a connu une sacrée trajectoire musicale après Après une poignée de sorties musicales en tous genres, le groupe formé par Jordan Dreyer a enfin atteint la consécration en signant chez le réputé label Epitaph pour qui ils sortent leur nouvel opus intitulé Panorama.

Ce nouveau disque marque donc une nouvelle étape pour La Dispute. Eux qui mélangent sans vergogne emo, post-hardcore et spoken word se retrouvent dans un nouveau cheminement où la mort, le deuil, la vie et l’amour ont habité le groupe, surtout son leader qui n’est autre que Jordan Dreyer. Après une introduction plantant le décor du nom de « Rose Quartz », la voix du frontman retentit sur « Fulton Street » et choisit les bons mots pour traduire ce tsunami émotionnel qu’il a confronté durant ces années.

Alternant le calme plat et la tempête des plus dévastatrices, Dreyer sait faire le parallèle entre spoken-word et screamo comme il se doit sur d’autres morceaux faisant référence au patriotisme symbolique du Michigan comme « Rhondonite and Grief » et « In Northern Michigan ». Il chante, susurre et hurle de façon incontrôlable tout en exorcisant ses souvenirs aussi bien radieux que traumatisants. Cependant, La Dispute se veut plus lent au niveau du tempo tandis que les sonorités sont plus légères et plus éclairées mais restent tout de même incisives par moments.

Il n’y a qu’à juger des morceaux comme « Anxiety Panorama » et « There You Are (Hiding Place) » pour prouver qu’ils restent les maîtres en ascenseur émotionnel avant qu’une conclusion aux allures jazzy du nom de « You Ascendant » mélancolique et grave dans ses propos montre un La Dispute au zénith de leurs inspirations. Malgré le départ du guitariste Kevin Whittemore auquel il formait une bonne alchimie avec Chad Sterenberg, Panorama est moins porté vers les guitares mais le groupe arrive à combler ce manque via d’autres moyens instrumentaux à forte charge émotionnelle. Après la pluie vient donc le beau temps et le quatuor de Jordan Dreyer arrive à chasser tous les fantômes qui sont venus les hanter comme jamais. Beaucoup devraient en prendre de la graine.

***1/2

Polar: « Nova »

« Intime, cathartique, thérapeutique », tels sont les adjectifs qui décrivent le mieux le message de ce nouvel opus post-hardcore par Polar, qui livrent leur disque le plus personnel à ce jour.
Après 3 ans d’un silence brisé le temps du « single » « Breathe » en 2017, les Anglais de Polar sortent cette année leur 4ème album : Nova. Un nom sobre et impactant derrière leur opus le plus intime à ce jour, un nouveau chapitre post-hardcore entre ombre et lumière explorant des thèmes et des combats très personnels et qui représente pour le groupe un retour à l’introspection, cette fois-ci dans sa forme la plus brute et nue.
Nova succède à No Cure No Saviour (2016), un album engagé abordant différents problèmes de société, en particulier la tragédie vécue quotidiennement par les SDF.
Cette fois-ci, le groupe souhaitait dès le départ adopter une écriture plus personnelle et se confier grâce à la musique, confronter leurs démons intérieurs et effectuer une sorte de…thérapie de groupe si l’on peut dire. Les paroles, principalement écrites par Adam – Woodie – Woodford (chant) et Fabian Lomas (guitare) prennent ainsi une valeur cathartique, chacune étant associée à des évènements ayant marqué l’un ou l’autre, dans une forme qui permet à la fois de rentrer dans leur intimité tout en étant suffisamment universelles dans leur message pour toucher un large public.
« Drive’ » le premier « single », au refrain très efficace, nous parle de laisser sa chance à une relation sentimentale initiée au premier regard. L’ambiance y est quelque peu dérangeante mais le ton laisse place à l’espoir sur un refrain fédérateur.


Bien plus sombre dans ses textes et sa composition est le second single : « Midnight’ » qui relate une expérience traumatisante de relation sexuelle non consentie subie par Woodie alors qu’il n’avait que 15 ans.
L’ensemble de l’album comprend des morceaux d’intimité empruntés à chacun des membres du groupe, en faisant ainsi un opus très spécial pour Polar qui souhaitent que Nova encourage ses auditeurs à effectuer le même travail d’introspection afin d’idéalement parvenir à vivre en paix avec eux-mêmes.
Musicalement, l’alliance entre riffs agressifs et mélodies qui fait la signature de la formation est toujours présente dans une forme exacerbée. Ellie Price, que Woodie et Fabian qualifient de « 6ème membre du groupe » et qui prête sa voix à la plupart des refrains des morceaux précédents, revient en force sur Nova avec deux titres qui la mettent particulièrement en valeur : « Amber », un titre aux accents sentimentaux et « Dusk » un interlude ambiant très pop qui surprend immanquablement sur un album de hardcore. Le parti-pris est osé mais force est de reconnaître que ce moment de douceur dans un ensemble bien agressif est le bienvenu.
Dans son ensemble, Nova est un album efficace et plutôt bien construit, avec ce qu’il faut d’ incursions pop pour faire de Polar un combo capable d’afficher une signature originale.

***1/2

Cursive: « Vitriola »

Groupe précurseur des sonorités emo / post-hardcore, souvent décrit à ses débuts comme proche des d’At The Drive In, Cursive a multiplié les pains tout au long de sa carrière, qui débuta au milieu des années 90s, à Omaha, dans le Nebraska. Un hiatus entre 1998 et 1999 permis à la troupe emmenée par le talentueux Tim Kasher de revenir plus inspirée que jamais, mettant un peu de piment dans ses compositions en y incorporant un violoncelle électrique. Bien que l’instrument ne soit pas au cœur des ambiances tourmentées que Cursive déploie avec brio sur un album tel que Ugly Organ (2003), il retient l’attention de l’auditeur curieux. La dernière décennie fut plutôt terne pour Cursive, incapable de livrer un album convaincant depuis Happy Hollow, sorti en 2006, ce huitième album, Vitriola, redore le blason d’une formation dont on attendait plus grand chose…

Quelle bonne nouvelle, l’inspiration est de retour ! Vitriola est un album sincère, franc et qui fait mouche, contant volontiers les malheurs du monde sur des compositions dissonantes et volontairement brinquebalantes. Le violoncelle un temps disparu, reprend sa place, pour donner un peu plus de relief aux complaintes de Tim Kasher. A la croisée des chemins entre emo et post-hardcore, Cursive livre des morceaux efficaces, à l’image de « Pick up the Pieces » ou du massif « Under the Rainbow », et réussi le pari de nous surprendre avec « It’s Gonna Hurt ». Les envolées de violoncelle, et de ce qui semble être un thérémin, nous transportent dans un univers tout à fait original.

Cursive joue de sa palette pour rompre la monotonie et dessiner des ambiances variées. Elles se font parfois lascives (« Remorse ») poussant l’auditeur à l’introspection. ou totalement contrastées par la rigueur hypnotique de riffs dissonants (« Ouroboros »). Vitriola fini par nous convaincre par un ultime brûlot indie rock (« Life Savings ») au refrain franchement entêtant, avant de s’éteindre après 7 minutes d’une complainte progressive résonnant comme un point d’orgue irréductible et quasiment pérenne (« Noble Soldier / Dystopian Lament »).

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At The Drive-In: « In•ter A•li•a »

Relationship of Command fut l’album qui permit à At The Drive-In de faire école et d’inscrire son opus comme référence de la mouvance post-hardcore. Après une séparation et diverses tentatives en solo, le combo est de retour 17 ans plus tard avec un In•ter A•li•a qui le voit renouer avec un répertoire dégraissé de toute incursion expérimentale.

Avec leurs riffs contorsionnés et leurs textes cryptiques des titres comme «  Governed by Contagions » ou «  Incurably Innocent » nous remettent en mémoire les meilleurs moments du combo. Manque pourtant cette impression de première fois qui faisait que le manque de précision dans l’exécution offrait en matière d’adhésion à l’esthétique du groupe.

Dans l’ensemble, on ne peut s’empêcher d’avoir le sentiment que le groupe s’essaie à re-capturer le son de sa jeunesse mais qu’il s’y emploie de manière forcée et manquant de spontanéité. La férocité est toujours là, toute comme les riffs addictifs mais le tout semble être lissé par une production domestiquée et une exécution qui manque singulièrement de coeur. AtThe Drive-In avait une âme, In•ter A•li•a peine à la raviver.

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Senses Fail: « Pull The Thorns From Your Heart »

Senses Fail est un groupe de post-hardcore qui a toujours fait montre d’ambition y compris dans leurs efforts les plus lourds dont Pull The Thorns From Your Heart fait partie.

Un des éléments de cette appétence est lié à la personnalité cryptique de son leader, Buddy Neilsen, et de son désir de communiquer au-delà du support qu’est le disque. Celui-ci est commenté par la chanteur lui-même, plage par plage, sur youtube ce qui apporte encore plus de proximité aux schémas souvent intimistes et rageurs qu’ils nous propose.

 

Musicalement Senses Fail alterne avec habileté assauts soniques et moments de calme, textes poétiques et vecteurs d’émotions fortes, comme sur le titre d’ouverture, « The Three Marks of Existence » qui cumule rugosité et émotion ou « Wounds » qui commence tout doucettement, de fait explosif pour se terminer néanmoins sur un mode apaisant.

« Surrender » montera que le groupe est capable de tendresse avec un léger frappé de guitare et des vocaux emplis de nuances subtiles ; il encadrera un disque qui est un triomphe dans la mesure où il montre que le hardcore peut, lui-aussi, être capable de discours articulés.

***1/2

Coliseum: « Anxiety’s Kiss »

Le titre, Anxiety’s Kiss, de cet album du groupe hardcore de Coliseum parle de lui-même. À la différence de bien d’autres combos, la souffrance qui en résulte fait partie intégrante de leur vision esthétique aussi distordue que peut l’être leur musique.

Bien sûr, les deux ont évolué et sont passés, du hard-punk des origines, à des éléments de post-punk, de noise-rock, de goth ou de alt-tock, mais cette complexité musicale progressive n’a fait que renforcer l’humeur de disques semblant explorer toutes les facettes de l’angoisse.

Le résultat, ici, est un album constitué d’un songwriting à l’intelligence tranchante, de beaucoup de sang et de tripes dans les accroches vocales, et d’habileté pleine d’astuce au sein même des textures sales.

Le tout s’amalgame on ne sait trop comment tant il est difficile de s’attarder sur une humeur plutôt qu’une autre, l’endeuillé et lugubre phrasé narré façon Tom Waits sur « Driver At Dusk » ou la virulence décharnée de « Comedown ». C’est pourtant cet inconfort permanent qui fait tenir ensemble Anxiety’s Kiss, un disque qui serait difficile à vivre mais dont l’écoute pourra rasséréner.

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