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Brutus: « Nest »

Brutus est une formation originaire de Leuven en Belgique et qui donne dans un mélange de métal, de punk et de post-hardcore. C’est lourd, c’est méchant et la voix de la chanteuse et persussionniste Stefanie Mannaerts qui perce à travers les pièces forment un ensemble très intéressant pour les oreilles qui apprécient la musique lourde.

Sur Nest le groupe belge continue son évolution. Son dernier album avait retenu l’attention de bien des mélomanes dont Lars Ulrich. La formation continue de parfaire son post-hardcore qui est marqué par une certaine théâtralité dans le chant et un côté emo bien intéressant.

Le premier simple, « War », donnait déjà une idée d’où s’en allait le trio. Avec ses variations qui passent d’une trame menaçante sur laquelle Mannaerts se permet de grandes envolées vocales à des moments de noise rock poignants en passant par des riffs implacables qui vous vont vibrer l’intérieur. Pendant qu’elle est occupée à taper sur ses fûts, la jeune femme ne passe pas par quatre chemin pour nous faire comprendre ce dont elle veut nous parler: la guerre.

Le groupe est doué pour créer des bonnes mélodies musicales. La bruyante « Distance » est un bon exemple. On pourrait en dire tout autant de la cadencée « Techno » avec son gros riff de basse pansu. Stijn Vanhoegaerden et Peter Mulders sont d’excellents coéquipiers qui se complètent à merveille. Parmi les autres titres qui retiennent l’attention, « Djang »o et « Cemetary » frappent dans le mile avec une force non-négligeable.

Si on peut faire un reproche à Brutus, c’est la linéarité de son album. C’est un peu la même recette sur plusieurs chanson. Mine de rien, le fait que la chanteuse est aussi la batteuse les limites et lorsqu’elle doit chanter d’avantage, les motifs de batterie se simplifient un peu toujours et, on peut, alors rarement associer un moment d’emportement vocal à un un emportement musical.

Il n’en demeure pas moins que Nest un solide album de musique lourde. Ça fera plaisir aux fans de post-hardcore qui aiment les mélanges de genres et qui révèle en Stefanie Mannaerts, une artiste qui possède un magnétisme difficile à ignorer.

***1/2

19 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Letlive: « The Blackest Beautiful »

Quand ce groupe post-hardcore explosa dans la conscience rock de L.A. en 2010 avec Fake History on chercha tout de suite des comparaisons faciles.Les parallèles avec Refused et Glassjaw suffirent dans ce premier temps pour lui permettre d’acquérir une audience convenable mais ce bon sens mettait en évidence un manque de créativité dans une optique de carnage contrôlé.

Ce troisième album, The Blackest Beautiful, les voit enfin, frénétique tel qu’il est, adopter une approche plus spécifique.

Le chanteur Jason Butler reste toujours la pièce maîtresse du combo avec une voix pleine de mordant qui restera cramponnée en cinquième (voire sixième) vitesse tout au long des 11 plages qui composent le disque.

Mais, à l’inverse de Fake History, ses performances ne sont pas systématiquement incendiaires et font preuve d’une certaine aisance modulée. On s’en rend compte dès le titre d’ouverture, « Banshee (Ghost Fame) » où il ajoute du panache à sa voix et est accompagné d’un groupe qui n’hésite pas à aller contre les conventions habituelles du genre. De ce point de vue, letlive se distingue de la cohorte des groupes post-hardore avec une une maestria étonnante.

«  White America’s Beautiful Black Market » est ainsi une composition plus qu’engageante ; un crossover rock-rap qui évolue ensuite en une section où les 32 mesures traditionnelles d’une chanson pop sont brusquement sabotées à mi-parcours avant de déboucher sur une diatribe contre les gouvernements.

Les thèmes ne seront pas nouveaux mais la façon dont ils sont véhiculés musicalement leur donne une résonance inhabituelle. Il y a ici des mélodies, des structures dans les compositions qui sont claires ce qui donne à The Blackest Beautiful un aspect presque pop.

Voici un album qui ne délaisse pas la brutalité qui a fait connaître Letlive, mais qui est parfaitement contrebalancé par un esprit qui vise à l’expérimentation. Il est prélude à une question qui ne peut que surgir alors : vers où s’aventurera ce groupe la prochaine fois.

★★★½☆

25 juillet 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire