Origami Angel: « Somewhere City »

Il y a des albums d’emo et de pop-punk qui sortent de nulle part et qui nous prennent à la gorge. C’est le cas du premier disque de ce groupe de Washington, Origami Angel, sont le « debut album » Somewhere City se doit d’être remarqué.

Le quatuor mené par Ryland Heagy (chant, guitare) et Pat Doherty (batterie) est du genre à ne pas faire dans la litote. Après une introduction nommée « Welcome To… » remarquable pour son crescendo menant à une explosion finale, Origami Angel envoie un son énorme, du skate-punk teinté d’emo avec ses déflagrations soniques en tous genres.

Avec de bons gros riffs efficaces et des rythmiques fusant à 100 à l’heure sur « 24Hr Drive-Thru », « Doctor Whomst » ou bien sur « Say Less », Origami Angel tape dans le dur. Et ce n’est que le début car d’autres titres salvateurs come « Escape Rope » et « Skeleton Key » arrivent et montrent l’alchimie entre le tandem Heagy/Doherty qui se confirme sur le dernier morceau nommé « The Air Up Here ». Somewhere City est un opus riche en énergie dans lequel les fans de skate-punk se retrouveront sans trouver à redire.

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Slush: « Slush »

Slush fait partie de la scène indie de Melbourne et, sur ce premier EP éponyme, le trio y mêle pop-punk et riot grrl avec aisance et fougue.

Acacia Coates, Caitlyn Bardsley et Scout Tester font parler tout ce qui leur passe par la tête à travers ces cinq titres bien explosifs.

Le combo nous entraîne dans une tempête sonique où alternent rage et bonne humeur sur un « Bleed » qui ouvre le bal mais aussi sur les agressifs « Keep Cup » et « Salty ». Avec leur pop-punk bon enfant, le trio de Melbourne nous plonge dans leur quotidien électrique dans lequel on peut se surprendre à les accompagner du pied.

**1/2

The Muffs: « No Holiday »

Le légendaire groupe californien The Muffs qui a traversé les époques et en influençant la scène indie rock et pop-punk américaine d’aujourd’hui préparait son grand retour avec un septième album No Holiday. Celui-ci aura, hélas, la forme d’un chant du cygne.

En effet, Kim Shattuck, légendaire chanteuse et bassiste du groupe, connaîtra le même sort que les regrettés David Berman et Daniel Johnston qui nous ont quitté cette année. Atteinte de SLA, la musicienne décédera deux semaines avant la sortie de ce nouvel opus et pour le coup, ce No Holiday aura une saveur plus douce-amère. Tout ceci sera l’occasion de savourer une ultime fois leurs ultimes travaux montrant une Kim Shattuck pleine d’énergie sur des morceaux pop-punk comme « Down Down Down », « Late And Sorry » ou bien encore « Pollyanna » bien revigorants.

Au milieu de ces brûlots électriques et bon enfant que sont « Sick Of This Old World », « To That Happy Place » et autres « Insane », The Muffs n’ont pas oublié des moments plus acoustiques et calmes. On peut citer les moments plus mesurés comme « A Lovely Day Boo Hoo » sans oublier « The Best » et « Too Awake ». Après une autre dose de déflagrations électriques tels que « You Talk And You Talk » et « The Kids Have Gone Away », le dernier morceau aura de quoi nous émouvoir avec un « Sky » nous rappelant que Kim Shattuck restera une figure importante sur la scène pop-punk californienne. Une preuve supplémentaire que son énergie infectieuse nous manquera énormément tout comme The Muffs qui aura marqué, sans ce microcosme particulier, l’histoire.

***1/2

electric street queens: « Thank You Good Night »

Ici, on est dans l’objet « fun », on pratique le sivertissement et le second degré ; ce qui signifie qu’on se garde bien de trop vulgariser. On a pourtant choisi de laisser parler les voix féminine dans ce quatuor, parité aussi militante que possible obige . Ça parle de sexe, un peu beaucoup, dans une bonne humeur poisseuse qui sent la bière, le tabac et les coups d’un soir. Sans être totalement en roue libre, cette musique garage punk réussit à ne pas trop se prendre au sérieux tout en proposant pas mal de variations sur le même thème.

C’est aussi frais et sucré qu’un album de Caroline Rose, dans un genre différent. En tout cas, c’est franchement énergique, frais et bien composé. On sent un peu le disque enregistré à l’arrache, légère vulgarité assumée. En ces temps où règne la bienséance, parler d’envie a valeur d’Ordre du Mérite ; à écouter « sans entraves ».

***1/2

Lisa Prank: « Perfect Love Song »

En 2016, Lisa Prank était sortie des sentiers battus avec son premier album excellement bien nommé Adult Teen. La chanteuse, guitariste et musicienne originaire de Seattle se révélait comme une adulte avec une mentalité d’adolescente et le montrait judicieusemment avec ses compositions pop-punk acidulées bien efficaces. Trois années plus tard, elle remet le couvert avec son successeur intitulé Perfect Love Song.

A l’instar de son premier album où les influences bedroom-pop se font sentir, Lisa Prank décide d’employer les grands moyens en recrutant un groupe entier. Il en résulte un Perfect Love Song plus accrocheur et plus énergique qu’auparavant à travers des morceaux explosifs à l’image de l’introductifs également « Cross My Fingers » et le plus rugueux « Get Mad » montrant la musicienne de Seattle a encore du caractèregrâce à de textes destinés aux éternels romantiques désespérés tout comme sur les influences plus post-punk avec « Ignore It ».

Mis à part quelques moments plus pop comme les mélodiques « Need Too Much » et « Truth About You » ainsi que la ballade acoustique nommée « Telescope », Lisa Prank prouve qu’elle possède de la hargne et la gnaque. A l’écoute des titres électriques mais bon enfant à l’image de « IUD », « Constellations » et de « Brighton Blvd », Perfect Love Song marque un pas en avant pour notre musicienne toujours aussi pétillante mais incisive quand ça lui chante. Comme quoi, les histoires d’amour ne sont pas parfaites ce qui permet à notre native de Seattle de nous le rappeller.

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Notches: « Almost Ruined Everything »

Ce trio du New Hampshire avait fait ses premiers pas avec un premier EP nommé Huge au tout début de l’année 2015. Depuis, le groupe a poursuivi sa petite carrière avec à un premier album High Speed Crimes qui lui a valu un succés d’estime qui, malgré lé départ de son bassiste puis son retour, n’insultait pas l’avenir.

Sans doute est-ce le sens que l’on peut donner au titre de leur nouvel opus, Almost Ruined Everything.

Le trio est, en effet, de nouveau opérationne avec es nouvelles compositions à mi-chemin entre pop-punk et indie rock. L’énergie sera de rigueur avec des morceaux comme « Sellin’ Lies », « Cymbals », « Big City » en passant par « What’s In Crumbling ? », « Perfectly » et autres « Don’t Lie To Me ».

La production, digne de celle des années 90, fera le bonheur des nostalgiques de Dinosau Jr. Ou autres Lemonheads ; en bref, voici un disque qui montre que la baraque conserve ses solides fondations.

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Save face: « Merci »

Save Face est un nouveau venu de la scène pop-punk américaine. Il s’agit d’un trio venu tout droit du New Jersey composé des membres Tyler Povanda (chant, guitare), Phil McGarry (guitare), Chris Aveta (basse) et Chris Flannery (batterie) et décide de frapper fort dès le départ avec leur premier album intitulé Merci, deux ans après leur premier EP.

Marchant sur les pas de Queen et Green Day pour le côté opéra, Merci se veut être un récit en musique d’un homme qui se remet sur pied après un passage en cure de désintoxication. Et bien évidemment, tout n’est pas toujours évident car la paranoïa et les sentiments négatifs reprennent le dessus tout au long de ces quatorze titres bien explosifs mais cohérents. Que ce soit sur « Bad », « Heartache » ou bien même sur « Jonesin’ », Save Face respecte la trame comme personne.

Entre emo et pop-punk, le quatuor du New Jersey sait rendre sa musique la plus visuelle qui soit afin que l’on puisse saisir le dénouement jusqu’au bout. C’est avec l’aide de cuivres et de cordes sur certains moments que Merci peut prendre des allures de mélodrame notamment sur « Mercy », « Nothin’ » ou bien même sur « Plans ». Cela peut sonner un peu pompeux à la longue mais Save Face parvient à se démarquer et à faire preuve d’originalité pour un « debut album  »qui sauve la face.

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With Confidence: « Love and Loathing »

Le chanteur de With Confidence,Jayden Seeley, a beau arborer la même coupe de cheveux que Javier Bardem dans l’excellent No Country for Old Men des frères Coen, un tel attribut ne permettra pas de déduire que le combo, qui se réclame du courant punk rock, va nous proposer un album bien débridé et épicé en matière de décibels.

Ce ne sera, en effet, pas la cas ; beaucoup plus pop que punk, ce deuxième LP est bien gentil, peut-être même trop. Un album à offrir pour l’anniversaire de quelqu’un qui, enfin, échapperait aumainstream et permettrait à ses oreilles de s’habituer au fabuleux monde du rock. Vu la douceur du chant et la légère saturation de la guitare, ça ne serait pas un cadeau inutile dans cette phase transitoire.

**1/2

Alex Lahey: « The Best Of Luck Club »

Plus rien ne semble arrêter l’ascension fulgurante d’Alex Lahey. Révélée en 2016 avec son premier EP B-Grade University et suivi de son premier album I Love You Like A Brother la jeune australienne a réussi à se faire un nom sur la scène indie rock/pop-punk locale malgré la volonté des médias de la comparer à Courtney Barnett et Bethany Consentino de Best Coast. Deux ans plus tard, elle présente son successeur attendu, pour certains au tournant,The Best of Luck Club.

S’ouvrant sur « I Don’t Get Invited to Parties Anymore », la musicienne de Melbourne (aidé de sa productrice Catherine Marks) continue de nous partager ses galères du quotidien malgré son succès retentissant à travers ses compositions beaucoup plus pop-punk qu’à l’accoutumée.

Que ce soit sur « Am I Doing It Right? », « Misery Guts » (dont la construction musicale rappelle quelque peu « Celebrity Skin » de Hole) et « I Need to Move On », Alex Lahey partage ses doutes, ses angoisses et son envie d’être accepté par tous en étant queer dans l’industrie musicale.

Plus personnel que son prédécesseur, la jeune femme parvient à nous embarquer dans ses scénettes de tous les jours où on a l’impression d’être un spectateur que ce soit sur « Don’t Be So Hard On Yourself » avec un solo de saxophone bien incongru ou sur « Isabella » avec sa mélodie pianotée et « Black RMs ». Dans tous les cas, elle réussit à nous toucher avec ses textes sentant le vécu que ce soit sur la ballade « Unspoken History » ou bien même sur « I Want to Live With You » en guise de conclusion héroïque montrant un The Best of Luck Club ayant plus à voirà l’habileté qu’à la chance.

***1/2

An Horse:  » Modern Air »

On ne peut pas dire que ce duo de Brisbane soit très prolifique puisque leur dernier opus, Modern Air, sort après un silence de six ans par rapport au précédent, Walls, qui, lui-même, faisait suite à un silence de huit ans.

vec leur troisième album nommé Modern Air faisant suite à leur Walls huit ans plus tôt.

Une fois de plus pourtant, on refait connaissance avec leur pop-punk hybride. Kate Cooper (chant, guitare) et Damon Cox (batterie, basse, claviers) retroussent leurs manches avec des morceaux bien racés à l’image de « This Is A Song », « Live Well » ou bien même de « Get Out Somehow ». Leur énergie reste toujours intacte que ce soit sur « Breakfast » ou sur « Drown » et on c’est une chose qu’on ne peut leur retirer.

Mais c’est avec des moments plus midtempos et mélodiques qu’An Horse arrive à mieux nous surprendre. Je pense notamment aux plutôt réussis « Started A Fire » et « Bob Ross (Be The Water) » sans oublier la ballade planante intitulée « Mind Reader ». La voix de Kate Cooper résonne toujours aussi bien tandis que les instrumentations sont bien étoffées. Pour ce grand retour, Modern Air remplit ses promesses et dix ans après ses débuts, An Horse reste toujours d’actualité.

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