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Korn: « The Nothing »

Le treizième album de Korn contient treize chansons et sort un vendredi 13 : reconnaissons au groupe un certain sens de la symbolique.
Il s’agit d’un album particulier dans la discographie, le plus personnel pour Jonathan Davis, plus encore que
Black Labyrinth, son disque solo sorti l’an dernier. The Nothing – le néant – est né dans la douleur : celle liée au décès de sa femme Deven en août 2018. Le chanteur l’a dit lui-même : il était au plus mal lors de sa création, d’ailleurs il a travaillé seul. Le groupe a enregistré la musique avec Nick Raskulinecz (qui était là lors de l’album précédent, The Serenity Of Suffering, paru en 2016) et lui a enregistré les voix de son côté.
L’album débute par un son de cornemuse – comme « Dea » sur le titre d’ouverture d’
Issues – et l’on entend Davis lui demander pourquoi elle l’a quitté avant de finir en pleurs à la fin du qui n’est pas sans rappeler « Daddy » sur le premier album. Au fil de l’écoute, ce n’est pas la seule parenté que l’on trouve avec les premiers efforts du groupe.

Car au fond, qu’est-ce qui définissait le son de Korn à ses débuts ? Une ambiance sombre, parfois malsaine, le chant torturé de Davis, le jeu de guitare complémentaire de Munky et Head, la basse qui claque de Fieldy et une batterie sèche que Ray Luzier a su ramener. Et malgré les annonces fréquentes de retour aux sources sur Korn III : Remember Who You Are (2010) ou encore The Paradigm Shift (2013), jamais le groupe n’a semblé aussi proche de ses origines que sur The Nothing. Le côté brutal de « Cold » avec ses grognements ou le riff dévastateur « The Darkness is Revealing » font indéniablement penser au Korn des années 1990. « You’ll never find Me » rappelle que le groupe sait toujours écrire des « singles » aussi efficaces et fédérateurs qu’à l’époque de « Falling Away From Me » ou de « Blind ». Et, à cet égard, depuis combien de temps n’avait-on pas entendu un titre aussi poignant que « This Loss » ? L’album se termine avec un Jonathan Davis à la voix brisée répétant « I’ve failed », la boucle est bouclée.
The Nothing a réussi à capturer les tourments du chanteur, la musique composée par le groupe porte assez remarquablement la détresse exprimée sans retenue par Davis dans ses paroles. Et c’est peut-être dans cette concentration que ce treizième opus rappelle tellement les premiers efforts de la bande de Bakersfield – car il contient une émotion brute qui leur faisait défaut depuis longtemps – et surtout, la sincérité.

***1/2

25 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Cold: « The Things We Can’t Stop »

Les trois premiers albums de Cold c’était quelque chose. 13 Ways To Bleed On Stage, leur deuxième opus reste un monument du courant nu-metal / post-grunge. 19 ans plus tard, 8 ans depuis le plus qu’oubliable Superfiction et 10000 changements de line-up plus tard, la bande à Scooter Ward revient avec The Things We Can’t Stop, son sixième album. Cold n’a jamais eu autre chose qu’un succès d’estime quand un Staind a cartonné, dans le même genre, et pas forcément mieux d’ailleurs. Malgré tout, la bande a continué son petit bonhomme de chemin et cette nouvelle livraison était attendue. On s’attendait à un album sombre, torturé, guitares rugissantes ; le seul hic est qu’onne rugit pas beaucoup et qu’il faudra arrément attendre le septième morceau de l’album pour que ça s’énerve un peu avec « Without You » qui, effectivement, fait carrément plaisir pour ce côté retour aux sources.

Malheureusement, ce sera à peu près tout… Les mid-tempo sont trop nombreux, sont trop longs, les premiers passent « Shine », « Snowblind » et « The Devil We Know » sont sombres comme ils se doivent de l’être), mais on finit par s’ennuyer au bout de la cinquième chanson où rien ne se passe. Une reprise de Snow Patrol (« Run »), totalement inutile. L’émotion est bien présente dans la voix, mais malgré un piano omniprésent sur la fin de l’album, on ne peut plus cacher notre déception et ces 45 minutes paraissent malheureusement bien longues. Si les morceaux pris à part tiennent la route, sur l’ensemble d’un disqueils manquent de liant. The Things We Can’t Stop n’est même pas un mauvais album, c’est juste un album où rien ne se passe et qui laisse, hélas, indifférent ; un peu comme si il est des choses que rien ne peut plus arrêter.

**1/2

21 septembre 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | , | Laisser un commentaire

Alien Ant Farm: « Always & Forever »

Voilà une bonne dizaine d’années, un pléthore de groupes que l’on qualifiait de « nu metal » est arrivée sur la scène musicale. Certains embrayaient sur l’approche qui avait été celle de combos comme The Deftones, Slipknot ou Körn mais d’autres, Alien Ant Farm pour ne pas les nommer, s’essayaient à une esthétique différente ce qui leur a permis d’avoir un petit succès.

Quelle était son origine ? Dans le cas de AAF ça a pu être les visuels farfelus de leurs photos ou vidéos, ça a pu être également leur reprise du ‘Smooth Criminal » de Jacko ; dans un cas comme dans l’autre leur présence a peu duré et ils ont très vite disparu de nos radars, du moins jusqu’à aujourd’hui.

Après avoir connu des hauts et des bas pendant neuf ans, les voilà de retour avec un Always & Forever au titre emblématique tout comme l’est le morceau d’introduction, « Yellow Pages » qui montre que, musicalement, le groupe n’as pas énormément changé.

Ils furent les hérauts d’un « nu metal » daté désormais, toutefois, alors que le disque se promène de manière débridée et désinvolte le long de nos oreilles, il est quelque part revigorant de constater qu’ils sonnent comme on se doit de sonner en 2015.

Always & Forever aurait, en effet, pu éclater en vol mais avec des compositions comme un « Our Time » lui aussi à la symbolique marquée, le combo parvient à s’approprier des tonalités énormes et anthémiques qui résonnent de manière plus fraîche qu’il y a 15 ans. Nous n’avons pas affaire à un groupe vivant dans le passé et son ombre mais à un combo atteint par le groove, le funk, la virilité ; bref la vie.

Les morceaux sont plutôt bons et sains (« American Pie » par exemple) avec ce qu’il faut de facéties pop-rock et « camp » pour séduire aux marges et mériter un passage à la radio. AAF sont parvenus à nous offrir un opus commercial au bon sens du terme, un « nu metal » accessible sans s’édulcorer et quand ils déclarent sur « Our Time » : « This is our time right now ! » on ne peut qu’être d’accord avec eux.

***1/2

3 mars 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire