Rotting Out: « Ronin »

Cet album de Rotting Out est implacable, punitif même,  et c’est exactement ce que ses fans attendent depuis un Wrong Way datant de 2013. Avec seulement deux chansons qui durent plus de trois minutes (le dernier morceau, « Boy », est la plus longue chanson de l’album, atteignant la barre des cinq minutes), l’album avance rapidement, mais heureusement, il est rempli de dix ccompositions diverses, agressives et pleines d’émotion. 

Le premier morceau, « Vessel », est également la chanson la plus courte et elle sert d’introduction parfaite, tandis que le deuxième morceau, « Last Man Standing », sera bientôt le préféré des fans, avec des chants prêts à être repris en choeur et un refrain accrocheur comme rare ment permis. Ensuite, vienda la rage avec un « Stones » qui frappe fort avec des répliques aussi subtiles que « fuck you / And fuck your friends too » et, en même temps et rapides comme l’éclairs, des changements de tempo et un travail spectaculaire aux guitares.

Chaque chanson de Ronin a quelque chose de spécial, mais les morceaux les plus marquants seront les titres personnels et plus lente ; « Prisoner » et « Unforgiven » accueillant des chorus de guitates et de basse indéboulonnables aux côtés de la meilleure performance vocale de Walter Delgado sur l’album. Ces deux derniers morceaux forment un final d’enfer, avec « Visceral » porté par une basse et une batterie forcenées, tandis que le dernier morceau, l’épique, « Boy », recueille certains des textes les plus puissants et les plus vulnérables de l’album. 

Ronin est le « come-back album » que tous les fans de Rotting Out attendaient ; l‘écriture destitres est très intelligente et , sur le plan sonore, elle est agressive, et rapide à souhait. C‘est, à cet égard, un album vulnérable qui explore avec pertinence l’isolement, la culpabilité, la colère et plus encore. Rotting Out est comme une machine bien huilée, ce qui rend difficile de croire que cela fait sept ans que le groupe n’a pas sorti de nouvelle musique.Ajoutez à cela une production absolument spectaculaire, et vous obtenez l’un des meilleurs albums hardcore de ces derniers temps.

***1/2

Melkbelly: « Pith »

Pith est le troisième album de ce quatuor punk basé à Chicago et il contient une multitude de riffs et d’accroches avec un peu plus de développement et d’ampleur que d’habitude. Sur les enregistrements précédents, Melkbelly a pleinement profité de sa puissance rageuse et a créé des moments de libération viscérale pleins d’énergie et d’abandon total qui ne laissaient personne indemne.  Ces caractéristiques sont toujours évidentes ici, mais il y a une sorte de douceur prudente sur Pith pour tempérer le cynisme affiché sans pour autant le dépouiller entièrement. La production de ce disque est un peu plus lumineuse, ce qui donne un opus plus vivant et plus identifiable, tout en permettant aux compositions de s’épanouir pleinement et de conserver un impact maximal.

Une chanson comme « Sickeningly Teeth » combine les tendances punk mélodiques de Melkbelly avec des mélodies plus brillantes tout en montrant un peu de muscle. Melkbelly fait contraster un joli petit refrain mélodique qui s’évanouit avec le chant de Miranda Winters avant de laisser place à des hurlements de guitare déformés et à un bruit de basse sourd et persistant tout en jouant avec le tempo, passant d’un rythme effréné à un temp plus ralenti. « Kissing Under Some Bats » permet à Melkbelly de s’étendre et d’embrasser son côté plus « noisy » avec des assauts de guitare qui crient et menacent sur une batterie rapide et enflammée savant de se transformer en une sorte de chant funèbre à la Melvins poussé à l’extrême. Il y a ici un peu de « Sturm und Drang » radical, une bagitation néo-industrielle qui est implacable et claustrophobe, la batterie claque et rugit tandis que les guitares sont noyées et submergées par des pédales à effets qui ajoutent, dans la texture, couches et nappes soniques.

Certains des morceaux les plus mélodiques du disque, des compositions comme « Humid Heart » et « Little Bug » verrontle dernier titre commencee par s’enfermer dans un groove un peu sale avec des fournées percussives ludiques et une guitare croustillante avant de se transformer en un joli chant mélodique. Le chant double de Winters ajoute un élément nouveau et bienvenu et apporte une fraîcheur par-dessus les guitares qui déroulent des vagues de crunchs et de riffs agiles. « Humid Heart », de son côté, présente une mélodie enjouée qui utilise un arrangement labyrinthique où les guitares s’entremêlent tandis que la section rythmique crée une sorte de puzzle entre les six cordes que jamais elles ne s’emmêlent les unes les autres. Une désorientation sétablit alors mais elle est ludique est présente tout au long du morceau avec une bel assemblage de gymnastique instrumentale qui tourne à l’effondrement presque total avant de se fondre en une catalyse finale.

La croissance dont Melkbelly a fait preuve en relativement peu de temps a vraiment été quelque chose à voir et ce disque montre un groupe qui se met en marche de façon exubérante. Miranda Winters et ses acolytes continuent de donner un assaut sonore à chaque morceau, mais avec Pith, il y a quelque chose de plus qui se cache sous la tension et les explosions de folies instrumentales que les fans ont appris à connaître et à aimer. L’arsenal varié présenté ici montre un groupe qui fonctionne à un niveau proche du sommet de sa performance et le resserrement de l’art de la composition ne fait qu’ajouter à la puissance qui a toujours été à portée de main. Pith est un disque plein de tension et de tessons, mais il y a maintenant une chaleur sous-jacente qui renforce son impact. C’est un disque qui s’épanouit de bien des façons et qui accueille toutes les bizarreries qui se présentent à lui, d’un point de vue unique et saisissant.

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Sorry: « 925 »

Venu du Nord de Londres, Sorry est un duo féminin composé de Asha Lorenz et Louis O’Bryen et dont 925 est le premier album. Ses membres ont travaillé avec le coproducteur James Dring pour créer une variété de chansons dream-pop lynchiennes inspirées par Tony Bennett et Aphex Twin.

En parlant de David Lynch, l’ouverture de l’album « Right Round the Clock » ressemble à un morceau de la partition de Twin Peaks avec des bribes de cuivres, des moments jazzy, une voix double et éthérée et des phrases de type « She rolls around with an entourage, she’s all dolled up like a movie star » (Elle se roule avec un entourage, elle est toute habillée comme une star de cinéma). Ensuite, passage à un son qui se situe quelque part entre Ian Dury et Dry Cleaning alors que le groupe parle de « fuck me eyes » et discute de mettre une fille dans un film personnel pour tenter de la rendre réelle. « In Unison » a des tons plus mystiques et des paroles plus sombres : «  They fall asleep and drop like flies and it makes me cry; ‘One day we’re here and one day we die »(Ils s’endorment et tombent comme des mouches et ça me fait pleurer : Un jour nous sommes ici et un jour nous mourons). « Snakes » sera plus séduisant et sombre, dans un style similaire à celui de Nadine Shah – et là encore, il contient des paroles qui ouvrent les yeux sur une référence à des baisers et lau sexe en pleine confusion : « I never thought about you in your underwear because I didn’t really care what was under there ». ( Je n’ai jamais pensé à toi en sous-vêtements parce que je ne me souciais pas vraiment de ce qu’il y avait là-dessous).

« Starstruck » s’ouvrira sur des riffs de guitare à la manière des Stones et des vibrations britpop, tandis que le morceau central de l’album « Rosie », arborera un ton conversationnel qui s’échauffe rapidement (« I love you, Rosie », « I need you, Rosie », « Fuck you, Rosie ») et « Perfect » se transformera, lui, en un hymne indie à l’américaine avec des éléments de Sleater-Kinney et de Pavement – mais avec plus de jeu vocal : «  t’s your choice, you know where the door is… You know I adore you’; ‘I’m perfect… You’re not worth it » (C’est ton choix, tu sais où est la porte… Tu sais que je t’adore ; « Je suis parfaite… Tu n’en vaux pas la peine).

Il y aura, également, des vibrations de chamber-pop cinématographique sur les inflexions vocales de « As the Sun Sets », tandis que « Wolf » délivrera un son pop anxiogène avec une basse apocalyptique et que « Rock ‘n’ Roll Star » donnera un peu comme du Nina Simone d’avant-garde, alors que le groupe parle d’une expérience avec une « rock ‘n’ roll star délaissée » : «  We fucked all night, stayed up late, felt my assets fall away ». (On a baisé toute la nuit, on a veillé tard, on a senti mes atouts s’effondrer). « Heather » ressemblera aux Carpenters qui jouent des chansons de Moldy Peaches, tandis que les guitares sse montreront enflammées par le grungey et déformées par « More » : « Give me something to look at » ; « Don’t give me too much, just give me enough » (Donne-moi quelque chose à regarder, Ne me donne pas trop, donne-moi juste assez).

Le groupe se transforme ensuite en twee indie-pop sur l’avant-dernier « Ode to Boy » at une phrase emblématique du tandem : « This is an ode for you, my boy. This is an ode for joy because there’s no joy «  (C’est une ode pour toi, mon garçon. C’est une ode à la joie parce qu’il n’y a pas de joie) et que le disque se terminera par « Lies (Refix) » – une chanson intense et expérimentalement sombre avec des paroles façon courant de conscience : « Life feels like it’s just based on the weather and I make lies like we should be together » (La vie semble être basée sur le temps et je fais des mensonges comme si nous devions être ensemble).

On ne sera donc pas déçu (sorry) si on prend le « risque » de rencontrer les demoiselles à l’heure sans doute indiquée sur ce 925.

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Aneurysm: « Awareness »

Ce combo de Boston fait du bruit depuis des années. Avec une pochette de Mark McCoy (Youth Attack) et enregistré aux God City Studios, Awareness est l’évolution d’un groupe qui avance férocement et exemplifie parfaitement la notion de chaos contrôlé ; à savoir s’attacher sur le bord d’un escalier, mais ne jamais tomber complètement dans le sous-sol sale et humide. Aneurysm apporte des rythmes de conduite solides qui vous frappent implacablement en plein visage et vous écite la rupture d’anévrisme

Si vous n’avez pas votre compte de tires aux intros sinueuses, Aneurysm saura remédier à cela à grands renfort de frappes dures et précises, fortes et vrapides. La prise de conscience est une punition, tout comme le BDSM consensuel est une punition. Vous serez en sueur, fatigué et peut-être blessé, mais c’e sera bon, bruyant, grunge et pourtant complètement efficace. Il n’y a pas de moments perdus et tout se concentre sur une chanson qui durera deux minutes maximume ; juste assez pour pouvoir les mettre sur un disque.

La musique et les voix sont toujours soutenues et se construisent de manière à provoquer une réaction vraiment viscérale. Aneurysm est un incroyable mariage de noise rock et de grunge précoce ; des rythmes crasseux et épais avec des guitares qui déchirent ainsi que des voix qui sont plus Mark Arm que David Yow et sont vraiment le moteur de Awareness

Le premier morceau, « Sorry Dad », est un véritable banger qui préfigurera ce dans quoi vous allez vous engager. « National Embarrassment » et » »Handbook for the Recently Diseased » contiennent tous deux certaines des meilleures lignes de basse entendues depuis longtemps et « Newpor » » est un numéro de grunge rebondissant qui aurait pu être trouvé sur une des premières compilations de Sub Pop. Si vous aimez le côté bruyant et sale du punk, vous ne pouvez pas vous tromper avec Awareness. Il n’y a pas un seul mécompte sur cet album, juste vingt-cinq minutes de bonheur total.

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Pop .1280: « Way Station »

En 2016, le groupe new-yorkais Pop .1280 avait marqué le coup avec leur album Paradise. À mi-chemin entre rock industriel et post-punk noisy, la formation a fait forte impression. Trois années se sont écoulées et ils nous prouvent qu’ils n’ont rien perdu de leurs atouts avec Way Station.

Pour ce nouveau disque, Pop .1280 opte pour un changement drastique et s’assagit quelque peu sur des titres plus intimistes comme « Boom Operator » en guise d’introduction mais également « Under Duress » et « Doves » qui synthétisent cette ambiance bien froide.

Avec les machines qui prennent une place prépondérante dans des compositions synthétiques et hypnotiques à l’image de « Hospice », « Empathetics » ou bien même de « Leading The Spider On », Pop .1280 reste droit dans ses bottes en nous proposant une palette musicale des plus diversifiées. Entre deux instrumentaux (« The Deserter », « The Convoy ») et rythmes martiaux (« Home Sweet Hole »), les new-yorkais font parler leur univers anxiogène et ce Way Station ne déroge pas à la règle. Varié et intimiste, ce nouvel album les affiche sous un nouveau jour.

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Buildings: « Negative Sound »

Buildings mise une fois de plus sur la sobriété de son rock frontal, et dépose avec Negative Sound un quatrième album inquiet, et inconfortable, un inconfort nourri d’observations sociétales et de sombres expériences intimes, ici lâchées dans la puissance originelle des amplis avec, en ligne de mire, la volonté de susciter l’angoisse.

Aussi noise qu’abrasif, le trio de Minneapolis s’expose sans faux-semblants, au fil de riffs toujours aussi bien sentis et de sombres déflagrations, sans pour autant s’enliser dans le pessimisme. Musicalement, les dix titres de Negative Sound ne laissent place à aucun hasard, cherchent plutôt l’immédiateté d’une musicalité instinctive.

Les cordes tremblent, on ressent la robustesse du propos dans une énergie distillée aux bons endroits, laissant tour à tour place à des dissonances obstinées et des rythmiques imparables (« A Good Hill To Die On », « Felt Like A Perfume », « Piss Up A Flagpole », « Human Filter »). : ça marche plus que bien tant ça respire le noise rock pur et dur, la frénésie destructrice.

§

On ne manquera pas de souligber la voix rageuse de Brian Lake finissant d’embellir le tout, et ce même lorsque le groupe joue mid-tempo (« Dying Nasa Scentist », « Thumb In The Eye) ».

Buildings n’étant pas né de la dernière tendance, quelques influences de jeunesse refont surface lorsqu’il alourdit ses accords tranchants (« Sit With It », « Bear The Dog », « Certain Women »). Sans singer pour autant, ces relents nineties n’ont rien de ces pétards mouillés que l’on tente en vain de rallumer, mais s’exposent de façon honnête et légitime jusqu’à permettre au groupe d’asseoir, au passage, son identité unique.

Voilà un disque à la production parfaitement équilibrée, où derrière l’apparente facilité se cache tout un panel de subtilités à découvrir. Selon les états du moment, il devient un jeu de pistes qui, au fil des écoutes, révèle nos dualités intérieures. Il ne reste donc plus qu’à explorer ses propres pôles, et voir de quel notre inclinaison penche le plus.

***1/2

Russian Baths: « Deepfake »

Un futur supergroupe 100% Brooklyn nommé Activity et composé des membres de Field Mouse, Grooms et Russian Baths s’était formé voilà quelques temps. Cest à ce dernier que l’on va s’intéresserpuisque Luke Koz (chant, guitare, électroniques) et Jess Rees (chant, guitare, synthés) évoluent dans l’ombre depuis plusieurs années. Ils publient enfin leur premier album intitulé Deepfake, un opus qui ambitionne de faire des malheurs sur la scène new-yorkaise.

Comment décrire la musique de Russian Baths ? Et il n’est que d’imaginer Sonic Youth traînant du côté de Washington dans les années 1980. Deepfake est un subtil mélange de shoegaze hynotique, de noise-rock anxiogène et de hardcore sans retenue. Afin de bien appuyer leurs propos fatalistes par rapport à l’époque sombre de notre histoire que nous vivons actuellement, le groupe de Brooklyn mise tout sur le chaos et la destruction sur ces dix morceaux intenses (dont une interlude dronesque inquiétante intitulée « Detergent »).

Dès lors, les dés sont jetés avec ces martèlements de batterie menés par Steve Levine, ex-Grooms et futur membre d’Activity, et cette ambiance étouffante qui habille l’introduction nommée « Responder » (on le retrouvera plus tard sur le plus entêtant « Wrong ») mais également sur les expéditifs « Tracks » et « Scrub It » où Jess Rees et Luke Koz alternent le chant de façon vaporeux et en contraste avec cette atmosphère anxiogène et apocalyptique. Entre riffs noisy et synthés granuleux en passant par des rythmiques tapageuses sur « Tracks », « Ghost » et « Ambulance », il n’y a qu’un pas et Russian Baths l’a franchi avec brio. Il ne manquera plus qu’un « Guts » qui s’achève sur une dernière minute étrangement silencieuse pour se rendre compte qu’il y a toujours du bon dans la noirceur. Un premier album abouti, cohérent et bien sombre, en phase avec cette période où les températures avoisinent les négatives.

***1/2

Lightning Bolt : « Sonic Citadel »

Le nouvel album de Lightning Bolt se nomme Sonic Citadel et il porte cet intitulé à bon escient. Accorsd en distortion, ferveur du mitraillement des décibels et débauche d’énergie. Mais on y retrouve aussi autre chose, un sens de l’humour totalement absurde et punk que l’on retrouve en de trop rares occasions. Chez Hüsker Dü par exemple témoin en est un titre comme « Hüsker Dön’t ».

La fureur de Brian Chippendale derrière sa batterie semble insatiable. Brian Gibson à la basse nous lance de brusque poussées de distorsions évoquant autant Shellac que Iron Maiden. La nappe de bruit est immodérée ; de cette guérilla sonore on ne sort pas indemne. C’est un beau disque à écouter, oreilles sensibles ou pas.

***12

Lungbutter: « Honey »

Un album noise-rock comme Honey est unique, abstrait et assuré, sans compromis, créé par un groupe comme le trio montréalais Lungbutter. Honey n’a pas l’air d’un album qui est surgi à partir de rien, sur un coup de tête. Lungbutter s’affaire depuis des années, joue dans des espaces DIY à Montréal et ailleurs en Amérique du Nord et cultive son approche particulière. La cassette Extractor, lancée à l’été 2014, démontrait déjà le style et la méthode du trio: une guitariste (Kaity Zozula) à la technique simple mais bourrée d’idées qui utilise plusieurs amplis à la fois pour pratiquement s’accompagner elle-même, une joueuse de batterie (Joni Sadler) qui frappe fort et en communion avec sa partenaire à cordes, et une chanteuse/réciteuse (Ky Brooks) qui crache sa symbolique nébuleuse comme si c’était la vérité la plus directe et la plus importante qui soit.

Même si le groupe œuvre dans un style qui ne remplira pas les stades, il a fait de l’effet à quelques personnes qui peuvent faire bouger les choses au point de permettre enfin ce premier album après plusieurs années d’existence en tant que groupe.

Ce n’est pas une réinvention ni un nouveau départ, mais plutôt l’occasion de présenter l’essence du groupe dans un format un peu plus long et plus soigneusement enregistré. Honey comprend d’ailleurs une nouvelle version de « Vile », qui était aussi sur Extractor cinq ans auparavant. 

Cet opus est situé stylistiquement quelque part entre Melvins et The Raincoatset on ne peut qu’être ravi qu’il se matérialise enfin. C’est le genre d’album dont il faudrait parler plus. C’est le genre d’album qui donne le goût d’arrêter de perdre son temps, à gloser et à être autre chose que créatif.

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Yeesh: « Saw You Up There »

Yeesh a décidé de tirer sa révérence après une décennie de bons et loyaux services mais le trio de Chicago a choisi de rempiler une dernière fois avec un troisième album nommé Saw You Up There faisant suite à un Confirmation Bias enregistré trois ans plus tôt.

Pour cette donc dernière fois, Yeesh a décidé de se faire aussi véhément que possible avec des titres post-punk menaçants sentant l’urgence à tout prix. Et c’est parti avec un « Inherit The Earth » où Alex Doyle, Pete Reale et Greg Obis emploient leur dernier tour de force tout comme sur les noisy « Bled Out » et « Collective Sin ».

À l’écoute d’autres morceaux comme « Shahogad » où le chant hurlé et débridé Alex Doyle fait corps avec sa guitare criarde ou encore « Had In Mind » et « Escape Plan », un sentiment de nostalgie se fera jour tout au long du disque. Sachant que ce sera l’ultime fois que l’on assistera à cette alchimie impalpable que l’on retrouve aussi chez Fugazi ouLysistrata, il sera urgent d’en profiter car « Soft Left » et le judicieusement bien nommé « Victory Lap » iront marquer le clou et clôturer le chapitre que fut Yeesh ; un post-punk noisy incontrôlable et hors du commun qui aura duré neuf années.

***1/2