No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Balm: « Mirror »

Balms ets un trio noisy-pop de San Francisco proposant ici un album qui se veut irrésistible tut en se montrant musclé. Tel le miroir qui donne nom à cet opus le combo cultive, voire confond, rage et mélodie et ça lui réussit plutôt bien.

C’est le cas, entre autres et par exemple, sur « Dark Rider » qui offre, en surplus, une belle fusillade rythmique ou avec un « Nothing In » dont sa mélodie malmenée par une vague noisy et une flamboyance mélodieuse déviante qui font la différence. On se fera aussi du shoegaze dont la porte d’entrée est noisy, le vestibule pop et l’excès sonique guette à tous les étages comme sur « Bones ».

Tout cela n’oubliera jamais la mélodie qui étincèle au beau milieu des compositions. Il n’y aura d’ailleurs rien à jeter sur Mirror : « Plane » souffle raune pop « sonic » aux reflets dreamy vivaces, et « No one is a way down » fera, lui aussi, briller l’air pop de façon aérienne. Derrière ceci, l’orage est à l’affût. Retenu ou plus direct, il est partie intégrante du panel des musiciens

« I Feel Fine » instaurera une subtilité mais celle-ci se fera mordante, à mi-chemin d’airs avenants et de souillures shoegaze et « Mirror », lui, étale sa durée (plus de 7 mns), ce qui en fait un titre plus psyché, qui lui se parera d’embardées bruitistes. « The Room », pr alternera contemplation et montées tapageuses tout comme « Hands Out » qui rappelera Mogwai.

On ajoutera un brin de dream pop (« Candle ») et une conclusion saccadée (« Setting Sun ») mettant un terme spatial à un opus brut de décoffrage mais qui ne s’égarera pas dans les circonvolutions et le vacarne.

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18 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Psychedelic Porn Crumpets: « And Now For The Whatchamacallit »

Avec And Now For The Whatchamacallit, leur troisième album, les Australiens de Psychedelic Porn Crumpets pourraient enfin accéder à une reconnaissance bien méritée. Leur psychédélisme bruitiste des débuts fait place à plus de modulation, sans perdre en puissance ni en originalité.

Pour se faire sa place dans la nasse de la scène psyché musclée, la recette du groupe est simple : empêcher l’auditeur de respirer, le prendre à la gorge, et le matraquer avec des titres à la rythmique survitaminée, aux riffs ravageurs, à la voix sursaturée. Pour résumer le début de l’album, on pourrait qualifier sa musique de Temples sous acide, de King Gizzard épileptique, de Thee Oh Sees enragé… Dans ce déluge de puissance, PPC réussit même à conserver un sens mélodique incroyablement raffiné, en faisant impeccablement surnager les voix dans des arrangements certes moins riches, mais beaucoup plus lisibles que sur les albums précédents.

De cette ouverture, on retient l’enchaînement irrésistible des trois premiers titres, jusqu’à l’impeccable « Hymn for a Droid », son pilonnage rythmique mathématique et la voix héroïque de Jack McEwan.. Puis on se rafraîchit les idées avec la petite virgule de « Fields, Wood, Time », avant que le disque ne prenne une toute nouvelle musicalité. Beaucoup plus délié, le son du groupe prend alors de l’ampleur, les guitares respirent, dans des atmosphères qu’elles disputent aux claviers. Psychedelic Porn Crumpets alterne ballades planantes (« Native Tongue », « Dezi’s Adventure ») et titres clairement heavy « (Social Candy », « When In Rom »e), au milieu desquels trône « My Friend’s A Liquid », pièce pop décalée très élaborée, renforcée par des ajouts de voix, de flûtes..

Avant de clôturer cet album manquant parfois de liant ou de cohérence, le groupe laisse s’épanouir les claviers sur le trépidant et addictif « Digital Hunger », confirmant sa capacité à jouer avec nos représentations, à nous projeter dans toutes les directions et ainsi nous essorer à chaque écoute. Si tel était l’objectif des Australiens au moment d’entrer en studio, qu’ils le considèrent atteint.

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14 juin 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Empath: « Active Listening: Night on Earth »

Pour dénicher de l’originalité sur la scène riot grrl, on peut se pencher sur Empath, un quatuor venu de Philadelphie qui teinte et tinte sa musique de noise pop sur un premier album intitulé Active Listening: Night On Earth.

Ce qu’on remarquera dès lentame c’est la fluidité avec lquelle les titres s’enchaîne. Le groupe féminin tente de nous étonner à travers des morceaux aussi bien efficaces qu’envoûtants à l’image de « Soft Shape » en guise d’introduction mais également « Hanging Out of Cars » et « Roses That Cry ».

Entre le mur du son bien noisy et les claviers fiévreux, Empath arrive également à créer un paradoxe sonique entre ombre et lumière, lourd et léger, jour et nuit.

Bien évidemment, l’interprétationfait paraître un sentiment de désespoir que ce soit sur « Pure Intent », « IV » et sur la conclusion nommée « Redeo Fever ». A travers ces neuf titres, Empath arrive à prouver leur originalité sur cette scène de plus en plus concentrée et à réaliser un disque aussi bien fun que lancinant.

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8 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Pile: « Green and Gray »

Le groupe de Boston reste toujours aussi actif sur la scène noise rock avec une discographie des plus irréprochables. Deux ans après l’emblématique A Hairshirt of Purpose, le voici de retour avec leur septième album intitulé Green and Gray.

Toujours aussi constant dans sa démarche, la bande à Rick Maguire qui étonne toujours par son interprétation tantôt aérienne tantôt délurée continue à exceller sur ce terrain post-hardcore et indie rock à travers des morceaux intenses et implacables comme l’introduction explosive nommée « Firewood » mais également « Your Performance » qui suit. Comme sur son prédécesseur, Pile continue de creuser le sillon un peu plus loin avec beaucoup plus de précision au niveau des orchestrations changeant d’humeur selon les morceaux ).

Ainsi, il ne sera pas rare que Green and Gray vacille entre calme plat qui saisit son auditeur avec les ballades comme « Other Moons », « Half » et autres « My Employer » et tempêtes noisy des plus dévastatrices avec « A Labyrinth With No Center » et « Lords of Calendar ». Plus on avance, plus on sent que le combo continue à marquer par son originalité et redouble d’ambition notamment sur « On A Bigger Screen », « The Soft Hands Of Stephen Miller » sans oublier la pièce maîtresse de 7 minutes nommée « Hiding Places » montrant toute la quintessence du groupe.

Il ne fait aucun doute que Green and Gray élargit les horizons musicaux de Pile. Toujours en s’inscrivant dans leur mouvance post-hardcore noisy, les Bostoniens se montrent plus audacieux (témoins en ont les allures étrangement britpop de « Bruxist Grin ») et permet de prouver qu’ils restent un des actes leessentiels de la scène dans laquelle il se fraie son cemin.

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7 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Brutus: « Nest »

Brutus est une formation originaire de Leuven en Belgique et qui donne dans un mélange de métal, de punk et de post-hardcore. C’est lourd, c’est méchant et la voix de la chanteuse et persussionniste Stefanie Mannaerts qui perce à travers les pièces forment un ensemble très intéressant pour les oreilles qui apprécient la musique lourde.

Sur Nest le groupe belge continue son évolution. Son dernier album avait retenu l’attention de bien des mélomanes dont Lars Ulrich. La formation continue de parfaire son post-hardcore qui est marqué par une certaine théâtralité dans le chant et un côté emo bien intéressant.

Le premier simple, « War », donnait déjà une idée d’où s’en allait le trio. Avec ses variations qui passent d’une trame menaçante sur laquelle Mannaerts se permet de grandes envolées vocales à des moments de noise rock poignants en passant par des riffs implacables qui vous vont vibrer l’intérieur. Pendant qu’elle est occupée à taper sur ses fûts, la jeune femme ne passe pas par quatre chemin pour nous faire comprendre ce dont elle veut nous parler: la guerre.

Le groupe est doué pour créer des bonnes mélodies musicales. La bruyante « Distance » est un bon exemple. On pourrait en dire tout autant de la cadencée « Techno » avec son gros riff de basse pansu. Stijn Vanhoegaerden et Peter Mulders sont d’excellents coéquipiers qui se complètent à merveille. Parmi les autres titres qui retiennent l’attention, « Djang »o et « Cemetary » frappent dans le mile avec une force non-négligeable.

Si on peut faire un reproche à Brutus, c’est la linéarité de son album. C’est un peu la même recette sur plusieurs chanson. Mine de rien, le fait que la chanteuse est aussi la batteuse les limites et lorsqu’elle doit chanter d’avantage, les motifs de batterie se simplifient un peu toujours et, on peut, alors rarement associer un moment d’emportement vocal à un un emportement musical.

Il n’en demeure pas moins que Nest un solide album de musique lourde. Ça fera plaisir aux fans de post-hardcore qui aiment les mélanges de genres et qui révèle en Stefanie Mannaerts, une artiste qui possède un magnétisme difficile à ignorer.

***1/2

19 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

American Pleasure Club: « fucking bliss »

Le prolifique et infatigable Sam Ray, tête pensante de American Pleasure Club nous arrose d’un fucking bliss alors qu’on venait à peine de digérer son album A Whole Fucking Lifetime Of This . Ce nouveau projet du natif du Maryland, eb dépit de son titre enjoleur, n’est pas pour autant un chemin de roses.

Déjà sur Teen Suicide (son projet précédent) et pour l’album suivant, il avait le chic pour passer du coq à l’âne brutalement. Pour fucking bliss, Sam Ray tente de rectifier le tir en nous offrant un disque purement cohérent, expérimental, très sombre à la limite du glauque.

Enregistré bien avant de tirer sa révérence avec Teen Suicide entre 2014 et 2015, American Pleasure Club se rapproche de ce qu’il a pu faire avec un autre artiste du Maryland, Ricky Eat Acid, mais en plus noisy et industriel et là où aucune pointe de lumière ne se faufile. Bien entendu, il fait parler de son mal-être le plus extrême à travers des morceaux riches en distorsions comme la montée en puissance de « the miserable vision » et « what kind of love ? ».

La voix de Sam Ray est quasi-inaudible et trafiquée par ces bruits venus d’ailleurs qui donnent cette sensation d’inconfort avec les oppressants « ban this book » (qui s’avère être un morceau jumeau de « Beauty » de Teen Suicide) mais aussi « let it go out » ou les un peu plus décontractés « hello grace » et « it’s everything to me ». Ayant parfois recours aux hurlements rauques et saturés ou à l’Auto-Tune sur « dragged around the lawn », il est clair que l’on ne peut se sentir que mal à l’aise à l’écoute de ce fucking bliss. Inutile de chercher ici morceaux indie rock plus accessibles ou ballades lo-fi mélancoliques en son déroulé on n’y trouvera que chaos et noirceur, même si on a le coeur bien accroché.

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4 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

Health: « Vol4 :: Slaves of Fear »

Avec la sortie de Death Magic, Health ruait dans les brancards en affichant une nouvelle orientation musicale, nettement plus accessible qu’à ses débuts noise et lofi : résultat de longs mois passés à travailler sur les bandes originales de jeux video l’obligeant à gagner en ampleur, à soigner l’atmosphère lourde et glaciale de sa musique, jusqu’à adresser de francs clins d’oeil à Depeche Mode.

Depuis, deux albums de remixes ainsi que de multiples collaborations ou les Californiens ont pu se frotter aux univers de Youth Code, Perturbator, et Soccer Mommy, ils ont rejoint le studio sous la houlette de leur équipe de choc :The Haxan Cloak, Lars Stalfors (The Mars Volta) et Andrew Dawson (Kayne West) reconduite pour l’occasion.

Devenu trio après le départ de Jupiter Keyes (claviers), Health ne redistribue donc cette fois pas ses cartes. Dans la même veine quelque peu formatée de son prédécesseur, bien que légèrement plus lourd encore, Vol4 :: Slaves of Fear renoue avec les sonorités indus (« Strange Days »), les rythmes electro (« The Message »), les mélodies pop (« Loss Deluxe »), et même quelques percées métal (« God Botherer », « Slaves of Fear »), donnant ainsi naissance à une poignée de hits sombres et bruitistes.

Avec la même aisance et la même précision martiale que celles affichées il y a trois ans, les Californiens livrent ici une nouvelle salve des plus denses et compactes, dominée par les assauts mélo-mélancoliques de « Feel Nothing », « Strange Days » et « Slaves of Fear », leur offrant ainsi l’occasion de reprendre un grand bol d’air.

S’il n’a donc rien perdu de sa redoutable efficacité, Health manque seulement ici de ce qui a fait l’impact de Death Magic : cet effet de surprise considérable, cette considération égale entre le fond et la forme qui, ici, est quelque peu déséquilibrée. Surviendra, alors, la conslusive conclusion « Decimation », ballade semi acoustique et mélancolique, qui annoncera peut-être, un prochain virage passionnant, inédit chez lui.

***1/2

20 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

A Place to Bury Strangers: « Pinned »

Pinned marque l’amorce d’une annonce petite révolution chez les New-Yorkais d’A Place to Bury Strangers sur ce nouveau disque. Le trio a accueilli l’ex-batteuse de Le Butcherettes, Lia Braswell. La remplaçante de Robi Gonzalez a la particularité d’être à l’aise avec d’autres instruments mais également et surtout au chant, ce dernier étant devenu un complément non négligeable dans la formation. Pinned en bénéficie donc et change quand même un peu la face de ce groupe réputé pour fêtre pour le moins bruyant sur scène. Dans sa noise-rock historique teintée de cold-wave, ce dernier disque chevauche des éléments pop superbes « « Situations Changes », « Was it electric ») mais sait aussi durcir le propos quand il le faut (« Too tough to kill » « Look me in the Eye » ».

Pinned convaincra ainsi en raison de ce besoin d’explorer la mélodie dans des soubresauts shoegaze et bruitiste, et vient poursuivre une voie déjà entamée sur les précédentes sorties du trio. Quoi de plus excitant de constater que le combo garde le cap, sans se réinventer certes, mais en apportant ce petit « plus » à chaque nouvelle sortie, un plus qui se nomme ici Lia Braswell.

***1/2

11 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Bob Mould: « Sunshine Rock »

Avec son look de quinquagénaire rangé des affaires, Bob Mould peut tromper don monde. En effet, il avait formé avec feu Grant Hart l’un des groupes les plus excitants du rock indé des US des 80’, Hüsker Dü. Trente ans après Workbook son premier album solo Bob Mould nous montre qu’il toujours dans le coup et publie un impeccable Sunshine Rock.

En un peu moins de quarante minutes, Mould envoie une dizaine de chansons qui pourraient, sans ambages, filer un coup de vieux à toute la concurrence. Le temps qui passe n’a aucune prise sur l’écriture de cet Américain. Toujours fine et incisive, elle a le mérite de nous mettre des uppercuts avec une économie de moyens impressionnante.

Enqgilant les riffs à marche forcée, l’ex Hüsker Dü positive tout ce qu’il trouve pour éviter de tomber dans une dépression qui lui était promise suite aux décès de ses parents.
Sunshine Rock est un disque d’une efficacité redoutable qui double par la droite ses concurrents et sème les autres dans un nuage de poussière.

***1/2

7 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Gum Takes Tooth: « Arrow »

L‘écoute du nouvel album de Gum Takes Tooth, nous montre deux anglais capables de créer un marasme sonore, dans lequel se télescopent des batteries hallucinées, des pulsations synthétiques d’un autre monde, des sons venus d’on ne sait où mais qu’on devine savamment placés ça et là dans un seul but, faire monter la tension, voire l’adrénaline.
Si l’on retrouve d’évidentes accointances évidentes avec Battles et Fuck Buttons, Ces deux musiciens développent un univers bien eux
avec des lignes de chant déstructurées, vocodées ou passées à travers n’importe quel filtre, jouant à armes égales avec le reste des sonorités souvent psychédéliques qui traversent les titres de cet Arrow.

En ajoutant à ça un sérieux côté krautrock et une véritable science de la montée, on sent que les deux acolytes n’ont pas envie d’arrêter avant d’atteindre le point de non-retour. Toujours sur la tangente à rajouter des couches à foison, ils nous tiennent en haleine, aux premières écoutes at attisent l’envie de savoir ce qu’ils vont ajouter à ce capharnaum mis sous cloche.
Pour cela, Gum Takes Tooth mérite toute notre attention : en album c’est déjà proche de la transe, en concert l’expérience devrait être inexprimable.

***1/2

1 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire