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Cherubs: « Immaculada High »

Cherubs est un trio noise-rock originaire d’Austin, Texas, qui a rendu l’âme en 1994, dans des circonstances encore aujourd’hui nébuleuses (consommation de drogues dures, dissensions à l’interne, etc.). Mais en 2016, à la grande surprise des fans, la formation renaissait de ses cendres en lançant une véritable bombe sonore : 2 Ynfynyty, un disque qui a reçu plus que sa part d’approbations.

Trois ans se sont écoulés et Cherubs revient à la charge avec Immaculada High; album réalisé par Erik Wofford (Explosions in the Sky, The Black Angel, My Morning Jacket)u et l’apport du réalisateur n’est pas étranger aux incursions dans le psychédélisme lourd (« Old Lady Shoe ») et le shoegaze (« IMCG) » que le groupe propose sur cet album studio, le quatrième de sa carrière.

Si sur 2 Ynfynyty, la formation misait sur sa naturelle force de frappe – évoquant parfois l’explosivité de Nirvana– sur Immaculada High, Cherubs est nettement plus subtile, et en l’occurrence, plus intéressant.

La voix du chanteur-guitariste Kevin Whitley est plus inharmonieuse que jamais en plus d’être mixée dans les catacombes et le son de guitare, excessivement saturée, est une mixture réussie du son de Buzz Osbourne des Melvins et celui de Kevin Shields ( My Bloody Valentine) avec une section rythmique aussi impeccable que martiale.

De sa voix haute perchée et un peu nasillarde, Whitley nous balance des références à des porcs vautrés dans la crasse, à des insectes stridents et menaçants ainsi qu’à des serpents voraces, avides de chair humaine : une nature qui reprend ses droits en punissant sévèrement la démesure consumériste de l’humanité.

Parmi les brûlots qui vous écorcheront les oreilles, on peut avoir un faible pour la mélodie de Whitley dans « Sooey Pig », pour cette fureur martelée dans « Tigers in the Sky, » pour le rythme dance-punk dans « Cry Real Wolves », pour l’influence punk dans « Pacemaker » de même que pour les guitares imprécises et dissonantes dans « Full Regalia ».

Immaculada High ne plaira pas au commun des mortels, mais ceux qui sont familiers avec la musique de combos comme le MC5, Shellad, Melvins, Metz ou Nirvanane pourront que mettre un « like » sur ce disque, une des meilleures réalisations du genre de ces dernières années.

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2 août 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Hey Colossus: « Four Bibles »

Hey Colossus est un combo, non pas difficile à cerner ou à appréhender, mais à apprécier. Entre son chrurgical, In Black And Gold, et domestiqué il est parfois délicat de faire la part des choses et c’était d’ailleurs le cas le cas sur The Guilottine, le précédent opus du groupe.

Four Bibles nous ménagera ce même itinéraire en dents de cie. Pour exemple, un disque qui est capable de faire se succéder un morceau plein d’emphase avec force piano et violon qui frôle le trop-plein sans jamais l’atteindre (« It’s A Low) » et un instrumental complètement bizarre, faussement inachevé, qui emmène le groupe loin des stades qu’il semblait convoiter l’instant d’avant (« Decompression »).

Sur he Guilottine, on naviguait déjà allègrement entre îlots de désespoir et vagues tendues et bruitistes. Four Bibles conservera cette dynamique qui fait que l’on ne saura jamais trop à quoi s’attendre lorsqu’un morceau s’achève et que va débuter le suivant. Surtout, on a de plus en plus l’impression d’être face à un humanoïde à la peau translucide sous laquelle on pourra lire les conflits émotionnels et telluriques qu’il abrite son enveloppe, véritable moteur du groupe depuis ses débuts, il y a onze ou douze disques. C’est pour çette raison qu’on ne peut pas taxer Four Bibles d’album fondamentalet encore moins de ratage complet. C’est pour cela aussi que tout ce qu’il sort est approximativement plus intéressant que n’importe quoi d’autre.

Four Bibles, c’est d’abord une poignée de morceaux grande classe où le spleen érode et consume une éradication qui égratigne le spleen à son tour dans un va-et-vient ininterrompu : « Memory Gore », « Confession Bay », « It’s A Low » ou encore « Babes Of The Plague » sont autant de petites saletés qui ne paient pas de mine de prime abord mais finissent par révéler leur potentiel hautement addictif sans qu’on n’y prenne garde. D’autant plus que la production massive fait briller leurs chromes de mille feux

On pourra préférer le Hey Colossus un peu dégueulasse, recouvert de rouille et de boue amère, cherchant une mise au point approximative où le flou est aussi important que la netteté mais force est de constater que ces morceaux – au cordeau et bien peignés désormais – sont tout simplement imparables. Peut-être pas autant, toutefois, que le fabuleux Carcass – l’indépassable sommet dont il s’avère très difficile de ne pas succomber à son écoute.
Four Bibles, ce sont aussi les onze minutes de « The Golden Bough », un morceau tout mou, légèrement invertébré au regard de ce qui l’entoure, mais qui lui aussi finit par se frayer un chemin vers l’encéphale pour y déverser des endorphines à grande eau. Pourtant, fondamentalement triste et mal foutu, rien ne le prédestine à faire naître autre chose qu’un ennui renfrogné chez l’auditeur mais dans ce cas-là, ce sera tout l’inverse qui se produira.
Four Bibles, ce sont enfin « Palm Hex/Arndale Chins » et le titre éponyme, deux trucs un peu anecdotiques qui peinent à s’imposer mais dont le disque ne pourrait se passer. Le premier permet au groupe de recouvrer tous ses muscles après avoir joué au mollusque et le second emmène rlentement et brusquement Four Bibles vers le silence définitif.
C’est vrai qu’Hey Colossus a changé et qu’il touche aujourd’hui au dernier élément qu’il n’avait pas encore touché et faisait jusqu’ici le lien entre tous ses albums – le son crade, le gros grain – mais il reste néanmoins ce qu’il a toujours été : un groupe colossal.

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19 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Deaf Wish: « Lithium Zion »

Deaf Wish a fait ses premiers pas il y a une dizaine d’annés et, depuis, le groupe domine la scène indie australienne. On avait laissé le quatuor de Melbourne avec un Pain paru en 2015 à la hauteur de nos attentes et les voici donc de retour avec un nouvel opus intitulé Lithium Zion.

Et c’est reparti pour une bonne dose de rock’n’roll avec un quatuor qui semble ne pas navoir perdu la main. Dès le premier titre « Easy », Deaf Wish remet les pendules à l’heure et compte nous assommer comme auparavant avec leur noise-rock digne de Sonic Youth et Sebadoh à l’écoute d’autres trouvailles à l’image de « Metal Carnage », « The Rat Is Back » et autres « Deep Blue Cheated ».

A l’écoute de Lithium Zion, il est clair que la comparaison avec Sonic Youth est plus que palpable. Entre riffs grésillants entre fuzz, larsens et pédale wah-wah, chant féminin enragé alternant avec chant masculin plus contrôlé et cette ambiance bien tendue, il n’y a qu’un pas mais Deaf Wish fait part de son originalité à l’écoute de « Ox » et de « Afraid For You ». Il ne manque plus qu’un « Smoke » en guise de clôture où l’urgence reste présente du début à la fin.

***1/2

12 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Body/Head: « The Switch »

Depuis la séparation de Sonic Youth, chaque membre s’épanouit chacun de son côté. Surtout la mythique bassiste Kim Gordon qui continue de faire parler son inventivité sans faille avec son superduo Body/Head en compagnie du guitariste Bill Nace. Après un premier album paru en 2013 et un album live trois années plus tard, les voici de retour avec un nouvel opus intitulé The Switch.

Avec ces cinq nouvelles compositions, Body/Head nous fait voir une autre facette du rock expérimental. La guitare de Bill Nace et la basse de Kim Gordon nous entraînent dans des contrées bien étranges et oppressantes où les distorsions et autres moments bruitistes venus d’ailleurs sont légion.

Il suffitra, à ce propos, d’écouter l’introduction bluesy complètement déglinguée de « Last Time » pour s’en apercevoir suivi du plus monotone « You Don’t Need » pour se rendre compte que l’on est jamais à l’abri de quoi que ce soit.

En une demie-heure, le duo propose des moments complètement éclatés et anxiogènes que ce soit sur « Change My Head » et sur le final bouillonnant « Reverse Hard » qui iront avoisiner à eux deux les 20 minutes. Toujours dans l’art de l’improvisation, The Switch est un successeur bien nihiliste mais complètement peut-être un peu décousu où le duo Gordon/Nace privilégie les ambiances glaciales et inquiétantes au profit d’un fil conducteur.

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7 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Balm: « Mirror »

Balms ets un trio noisy-pop de San Francisco proposant ici un album qui se veut irrésistible tut en se montrant musclé. Tel le miroir qui donne nom à cet opus le combo cultive, voire confond, rage et mélodie et ça lui réussit plutôt bien.

C’est le cas, entre autres et par exemple, sur « Dark Rider » qui offre, en surplus, une belle fusillade rythmique ou avec un « Nothing In » dont sa mélodie malmenée par une vague noisy et une flamboyance mélodieuse déviante qui font la différence. On se fera aussi du shoegaze dont la porte d’entrée est noisy, le vestibule pop et l’excès sonique guette à tous les étages comme sur « Bones ».

Tout cela n’oubliera jamais la mélodie qui étincèle au beau milieu des compositions. Il n’y aura d’ailleurs rien à jeter sur Mirror : « Plane » souffle raune pop « sonic » aux reflets dreamy vivaces, et « No one is a way down » fera, lui aussi, briller l’air pop de façon aérienne. Derrière ceci, l’orage est à l’affût. Retenu ou plus direct, il est partie intégrante du panel des musiciens

« I Feel Fine » instaurera une subtilité mais celle-ci se fera mordante, à mi-chemin d’airs avenants et de souillures shoegaze et « Mirror », lui, étale sa durée (plus de 7 mns), ce qui en fait un titre plus psyché, qui lui se parera d’embardées bruitistes. « The Room », pr alternera contemplation et montées tapageuses tout comme « Hands Out » qui rappelera Mogwai.

On ajoutera un brin de dream pop (« Candle ») et une conclusion saccadée (« Setting Sun ») mettant un terme spatial à un opus brut de décoffrage mais qui ne s’égarera pas dans les circonvolutions et le vacarne.

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18 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Psychedelic Porn Crumpets: « And Now For The Whatchamacallit »

Avec And Now For The Whatchamacallit, leur troisième album, les Australiens de Psychedelic Porn Crumpets pourraient enfin accéder à une reconnaissance bien méritée. Leur psychédélisme bruitiste des débuts fait place à plus de modulation, sans perdre en puissance ni en originalité.

Pour se faire sa place dans la nasse de la scène psyché musclée, la recette du groupe est simple : empêcher l’auditeur de respirer, le prendre à la gorge, et le matraquer avec des titres à la rythmique survitaminée, aux riffs ravageurs, à la voix sursaturée. Pour résumer le début de l’album, on pourrait qualifier sa musique de Temples sous acide, de King Gizzard épileptique, de Thee Oh Sees enragé… Dans ce déluge de puissance, PPC réussit même à conserver un sens mélodique incroyablement raffiné, en faisant impeccablement surnager les voix dans des arrangements certes moins riches, mais beaucoup plus lisibles que sur les albums précédents.

De cette ouverture, on retient l’enchaînement irrésistible des trois premiers titres, jusqu’à l’impeccable « Hymn for a Droid », son pilonnage rythmique mathématique et la voix héroïque de Jack McEwan.. Puis on se rafraîchit les idées avec la petite virgule de « Fields, Wood, Time », avant que le disque ne prenne une toute nouvelle musicalité. Beaucoup plus délié, le son du groupe prend alors de l’ampleur, les guitares respirent, dans des atmosphères qu’elles disputent aux claviers. Psychedelic Porn Crumpets alterne ballades planantes (« Native Tongue », « Dezi’s Adventure ») et titres clairement heavy « (Social Candy », « When In Rom »e), au milieu desquels trône « My Friend’s A Liquid », pièce pop décalée très élaborée, renforcée par des ajouts de voix, de flûtes..

Avant de clôturer cet album manquant parfois de liant ou de cohérence, le groupe laisse s’épanouir les claviers sur le trépidant et addictif « Digital Hunger », confirmant sa capacité à jouer avec nos représentations, à nous projeter dans toutes les directions et ainsi nous essorer à chaque écoute. Si tel était l’objectif des Australiens au moment d’entrer en studio, qu’ils le considèrent atteint.

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14 juin 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Empath: « Active Listening: Night on Earth »

Pour dénicher de l’originalité sur la scène riot grrl, on peut se pencher sur Empath, un quatuor venu de Philadelphie qui teinte et tinte sa musique de noise pop sur un premier album intitulé Active Listening: Night On Earth.

Ce qu’on remarquera dès lentame c’est la fluidité avec lquelle les titres s’enchaîne. Le groupe féminin tente de nous étonner à travers des morceaux aussi bien efficaces qu’envoûtants à l’image de « Soft Shape » en guise d’introduction mais également « Hanging Out of Cars » et « Roses That Cry ».

Entre le mur du son bien noisy et les claviers fiévreux, Empath arrive également à créer un paradoxe sonique entre ombre et lumière, lourd et léger, jour et nuit.

Bien évidemment, l’interprétationfait paraître un sentiment de désespoir que ce soit sur « Pure Intent », « IV » et sur la conclusion nommée « Redeo Fever ». A travers ces neuf titres, Empath arrive à prouver leur originalité sur cette scène de plus en plus concentrée et à réaliser un disque aussi bien fun que lancinant.

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8 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Pile: « Green and Gray »

Le groupe de Boston reste toujours aussi actif sur la scène noise rock avec une discographie des plus irréprochables. Deux ans après l’emblématique A Hairshirt of Purpose, le voici de retour avec leur septième album intitulé Green and Gray.

Toujours aussi constant dans sa démarche, la bande à Rick Maguire qui étonne toujours par son interprétation tantôt aérienne tantôt délurée continue à exceller sur ce terrain post-hardcore et indie rock à travers des morceaux intenses et implacables comme l’introduction explosive nommée « Firewood » mais également « Your Performance » qui suit. Comme sur son prédécesseur, Pile continue de creuser le sillon un peu plus loin avec beaucoup plus de précision au niveau des orchestrations changeant d’humeur selon les morceaux ).

Ainsi, il ne sera pas rare que Green and Gray vacille entre calme plat qui saisit son auditeur avec les ballades comme « Other Moons », « Half » et autres « My Employer » et tempêtes noisy des plus dévastatrices avec « A Labyrinth With No Center » et « Lords of Calendar ». Plus on avance, plus on sent que le combo continue à marquer par son originalité et redouble d’ambition notamment sur « On A Bigger Screen », « The Soft Hands Of Stephen Miller » sans oublier la pièce maîtresse de 7 minutes nommée « Hiding Places » montrant toute la quintessence du groupe.

Il ne fait aucun doute que Green and Gray élargit les horizons musicaux de Pile. Toujours en s’inscrivant dans leur mouvance post-hardcore noisy, les Bostoniens se montrent plus audacieux (témoins en ont les allures étrangement britpop de « Bruxist Grin ») et permet de prouver qu’ils restent un des actes leessentiels de la scène dans laquelle il se fraie son cemin.

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7 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Brutus: « Nest »

Brutus est une formation originaire de Leuven en Belgique et qui donne dans un mélange de métal, de punk et de post-hardcore. C’est lourd, c’est méchant et la voix de la chanteuse et persussionniste Stefanie Mannaerts qui perce à travers les pièces forment un ensemble très intéressant pour les oreilles qui apprécient la musique lourde.

Sur Nest le groupe belge continue son évolution. Son dernier album avait retenu l’attention de bien des mélomanes dont Lars Ulrich. La formation continue de parfaire son post-hardcore qui est marqué par une certaine théâtralité dans le chant et un côté emo bien intéressant.

Le premier simple, « War », donnait déjà une idée d’où s’en allait le trio. Avec ses variations qui passent d’une trame menaçante sur laquelle Mannaerts se permet de grandes envolées vocales à des moments de noise rock poignants en passant par des riffs implacables qui vous vont vibrer l’intérieur. Pendant qu’elle est occupée à taper sur ses fûts, la jeune femme ne passe pas par quatre chemin pour nous faire comprendre ce dont elle veut nous parler: la guerre.

Le groupe est doué pour créer des bonnes mélodies musicales. La bruyante « Distance » est un bon exemple. On pourrait en dire tout autant de la cadencée « Techno » avec son gros riff de basse pansu. Stijn Vanhoegaerden et Peter Mulders sont d’excellents coéquipiers qui se complètent à merveille. Parmi les autres titres qui retiennent l’attention, « Djang »o et « Cemetary » frappent dans le mile avec une force non-négligeable.

Si on peut faire un reproche à Brutus, c’est la linéarité de son album. C’est un peu la même recette sur plusieurs chanson. Mine de rien, le fait que la chanteuse est aussi la batteuse les limites et lorsqu’elle doit chanter d’avantage, les motifs de batterie se simplifient un peu toujours et, on peut, alors rarement associer un moment d’emportement vocal à un un emportement musical.

Il n’en demeure pas moins que Nest un solide album de musique lourde. Ça fera plaisir aux fans de post-hardcore qui aiment les mélanges de genres et qui révèle en Stefanie Mannaerts, une artiste qui possède un magnétisme difficile à ignorer.

***1/2

19 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

American Pleasure Club: « fucking bliss »

Le prolifique et infatigable Sam Ray, tête pensante de American Pleasure Club nous arrose d’un fucking bliss alors qu’on venait à peine de digérer son album A Whole Fucking Lifetime Of This . Ce nouveau projet du natif du Maryland, eb dépit de son titre enjoleur, n’est pas pour autant un chemin de roses.

Déjà sur Teen Suicide (son projet précédent) et pour l’album suivant, il avait le chic pour passer du coq à l’âne brutalement. Pour fucking bliss, Sam Ray tente de rectifier le tir en nous offrant un disque purement cohérent, expérimental, très sombre à la limite du glauque.

Enregistré bien avant de tirer sa révérence avec Teen Suicide entre 2014 et 2015, American Pleasure Club se rapproche de ce qu’il a pu faire avec un autre artiste du Maryland, Ricky Eat Acid, mais en plus noisy et industriel et là où aucune pointe de lumière ne se faufile. Bien entendu, il fait parler de son mal-être le plus extrême à travers des morceaux riches en distorsions comme la montée en puissance de « the miserable vision » et « what kind of love ? ».

La voix de Sam Ray est quasi-inaudible et trafiquée par ces bruits venus d’ailleurs qui donnent cette sensation d’inconfort avec les oppressants « ban this book » (qui s’avère être un morceau jumeau de « Beauty » de Teen Suicide) mais aussi « let it go out » ou les un peu plus décontractés « hello grace » et « it’s everything to me ». Ayant parfois recours aux hurlements rauques et saturés ou à l’Auto-Tune sur « dragged around the lawn », il est clair que l’on ne peut se sentir que mal à l’aise à l’écoute de ce fucking bliss. Inutile de chercher ici morceaux indie rock plus accessibles ou ballades lo-fi mélancoliques en son déroulé on n’y trouvera que chaos et noirceur, même si on a le coeur bien accroché.

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4 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire