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The Austerity Program Bible: « Songs 1 »

Cela fait plus de vingt ans que Justin Foley et Thad Calabrese développent une formule basse-guitare cadencée par une programmation rythmique. Dans leurs jeunes années sous le nom de Polonium, puis plus tard avecThe Austerity Program, les deux n’ont cessé d’alimenter leur sérieux penchant pour un punk-noise teinté de métal, où les angles arrondis n’existent pas. C’est sur ces principes intacts qu’ils reviennent dynamiter, en six versets, une nouvelle sauvagerie intitulée Bible Songs 1.

Ce troisième album ne laisse aucune place à l’incertitude. Vingt-deux minutes frontales et largement convaincantes suffisent à ériger une mécanique du chaos parfaitement orchestrée. On y retrouve l’esprit des deux précédents disques,Black Madonna 2007) et Beyond Calculation (2014), même si le degré d’inclinaison du tumulte penche nettement vers la bizarrerie, et que l’ambiance générale se révèle aussi extrême qu’inattendue. On prendra cher ! Répétitions entêtantes, ambiances lapidaires, l’intensité est élevée dès le mid tempo « Isaiah 6 32 – 6 « en ouverture, ou plus loin avec les furieux » Ezekiel 39 17 – 20 » et « Kings 25 1 – 7 ».

Guitare stridente aux riffs teigneux, basse lourde et rythmes aussi vigoureux qu’une horde de marteau-piqueurs viennent épauler la voix scandée de Justin Foley qui bazarde, tel un prêcheur défroqué, toute l’étendue de son éloquence. Les new yorkais en mettent clairement plein la figure et, sans soulager un instant la tension de leurs mélodies infectées de rage, ils touchent même le grâle sur le titanesque « Numbers 31 13 – 18, » ou les fanatiques « Ezekiel 23 31 – 35 » et « Samuel 6 12 – 23 » aux revers surprenants.

Bible Songs 1 est un disque fou. Déstabilisant à la première écoute, il devient unique dès la deuxième. Et bien qu’il ne soit pas facile à appréhender, il est un décalaminage aussi extravagant que remarquable, magnifié par deux talentueux allumés s pour qui musique rime avec performance et mystique. Il conviendra alors de se positionner dans cet axe si l’on veut pleinement s’approprier l’étendue de cette messe déglinguée dont la décharge n’incite qu’à une seule chose : communier.

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12 juin 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Show Me The Body: « Dog Whistle »

Show Me The Body est un trio de New-York qui sévit dans le noise-punk pur et dur depuis un premier opus, Corpus I, très caractériqtisue du style. Dog Whistle lui succède deux ans plus terd avec l’intention de frapper encore plus fort.

Les premières minutes mélodiques et tranquilles de « Camp Orchestra » plantent petit à petit le décor avant de repartir à la furie la plus complète. Dès lors, Show Me The Body est parti pour balancer leur noise-punk explosif où la paranoïa, la frustration et le ras-le bos général se font sentir sur des titres fougueux comme « Not For Love », « Badge Grabber » et « Drought ». Le combo ne donne aucune chance à l’auditeur de respirer à travers ces morceaux oppressants.

Dog Whistle est caractéristique pour son interprétation d’écorché vif, ses riffs bien rugueux et sa section rythmique bien métallique donnant cette sensation d’étouffement. Que ce soit sur « Forks And Knives » ou bien même « Now I Know », impossible de rester insensible. On peut noter qu’une seule éclaircie avec le morceau le plus mélodique du disque, « Arcanum », avant de repartir de plus belle sur la conclusion percutante de « USA Lullaby », point d’orgue idéal qui exemplifie sa démarche.

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3 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire