Evans The Death: « Expect Delays »

8 mars 2015

Le deuxième album de Evans The Death commence pratiquement là où le premier, éponyme, s’était arrêté, « You’re Joking », un « closer » mélancolique qui semble avoir agi comme prédécesseur aux 30 premières secondes de l’introduction de Expect Delays, « Intrisic Grey ».

Après ce passage les guitares et la batterie entre en jeu et les vocaux de Katherine Whitaker se font moins délicats et se transforment en un hurlement de colère de la plus belle sorte. Quand elle vitupère sur le fait que rien n’est jamais suffisant on est amené à se demander si sa hargne est dirigée contre la société ou contre elle-même.

Si on compare ce disque à leur premier le groupe s’être encore plus aiguisé. Des titres comme « Terrified », avec ses habiles reprises aux claviers et sa basse funky, ou l’impétueux « Clean Up » paraissent policés mais ils ne sonnent pas pour autant plus joyeux. « Idiot Button » et cette déclaration douloureusement réaliste de type « I can’t explain the gap in my employment history » résonnera certainement aux oreilles de tous ces diplômés en quête d’un emploi stable, signe que, tout l’album étant de cette nature, n’importe qui pourra s’y identifier.

La cadence de Expect Delays demeure assez plaisante (« Bad Year », par exemple, est relativement réjouissant si on considère son titre) et, s’il est question de retard à attendre dans la dénomination de l’album, il s’agit vraisemblablement du temps qu’il faudra pour s’ajuster au disque. Ce n’est pas pochette en aquarelles de teintes pastel qui nous aidera à décrypter ce à quoi on est censé s’attendre ni la chanson titre ; il restera peut-être l’utilisation de « samples » de télévision et quelques excellents riffs de guitare pour nous indiquer vers quoi le groupe évolue sur ce deuxième album : des belles petites touches pour humaniser les diatribes.

Il faudra également avec le « single », le chant funèbre grungy qu’est « Don’t Laugh At My Angry Face » qui vient curieusement assez tard dans le « tracklisting » ou le plus calme « Don’t Beat Yourself Up » se terminant sur ce conseil de Whitaker : « Give yourself a chance », un avis qu’on peut adresser également au combo dans son ensemble.

***


Los Bonsáis: « Nordeste »

25 février 2015

Los Bonsáis est un duo noisy pop originaire des Asturies qui puise son inspiration à la fois dans le « fuzz » et dans la mélodie. Après plusieurs EPs prometteurs, Nordeste va vouloir enfoncer le clou de l’intérêt qu’ils avaient suscité auprès de la scène indie pop toujours pleine de jugeotte quand il s’agit de décrouvrir de nouveaux talents.
Sur de « debut album » on ne verra pas de grandes évolutions par rapport à leur matériel précédent, juste une manière un peu plus habile de le mettre en place. Le songwriting et le jeu instrumental de Nel sont parfaits cantonnés qu’ils sont dans le noise-pip alors que les vocaux de Elena sont plus hauts et assurés que sur Kingfisher leur précédent EP. Ce dernier était une ode à la rencontre amoureuse, celui-ci est perclus d’humeurs automnales dont le groupe est néanmoins capable da capter l’optimisme qu’on peut y trouver.


Les sons sont vibrants et colorés, et les morceaux conjuguent avec équilibre ce format où la distorsion se mêle à des climats enamourés. Les vocaux de Helena sont à cet égard doublés ce qui est manière de prouver que le duo n’a pas nécessairement besoin de mettre le volume à fond pour faire fructifier sa démarche.
On retiendra quelques morceaux up-tempos et assez accrocheurs comme « Como Si Nada » ou « Plan B », ce sera d’ailleurs une des seules qualités qu’on pourra trouver au combo dans un registre peu original, l’autre étant un art du mix utilisé comme il se doit et qui nous évitera une expérience d’écoute un peu trop pénible.
**


Spectres: « Dying »

25 février 2015

Ce disque s’ouvre sur un white noise à faire frissonner tant il est débridé et se veut marque de détermination et de confiance. Spectres est un groupe en pleine confiance et le titre qui intyroduit l’album, « Blood In The Cups », sonne comme une épopée bruitiste sans compromis. Il y a cris, il y a chuchotements, il y a rythmes chaloupés avant qu’une brusque secousse ne vous propulse vers une urgence et une peur qui ne peuvent que vous hanter. Ce sentiment ne s’effacera et, même si Spectres est un groupe, difficile à étiqueter, sa musique vous habitera.

Il s’agit pourtant de post-rock, mais celui-ci sera infusé par des paysages soniques où des bribes de noise-pop s’entrechoquent, un climat dans lequel ce quatuor de Bristol semble inébranlable dans ce qu’il exige.

Le beat de la batterie au coeur de « Mirror » évoque une poursuite au travers de tunnels remplis d’ombres, sur « Sink » , les vocaux sont remplacés par les psalmodies ténébreuses de type « You don’t see what these eyes see » avant qu’un instrumental détraqué ne fuse et qu’un refrain final ne promette un inévitable retour.

Bref, Dying peut être qualifié d’« uneasy listening ». En effet, Spectres sont parvenus à créer très vite une atmosphère et il n’y est question que de tension et d’abrasion dans un climat qui semble nimbé de brouillard. Ainsi, un volute de feedback qui enfle et phagocyte un « Sea Of Tees » semble un processus naturel et il en sera de même au long des dix plages qui jalonnent l’album.

Ce qui sauvera le disque de l’excès sera une véritable démonstration dans l’art de cultiver des refrains. Spectres pourrait, à chaque mesure, nous choquer et nous assaillir, il ne le fait pas et préfère nous titiller en privilégiant la durée de ce qui est à anticiper. Comme dans toute bonnes histoire de fantômes, le plaisir est dans l’attente ; Spectres l’ont parfaitement compris et impeccablement mis en place.

****


The Primitives: « Spin-O-Rama »

20 novembre 2014

The Primitives est un groupe indie pop de Coventry qui s’était séparé et dont le dernier album datait de 1991. Ils ont effectué un come back en 2012 avec Echoes and Rhymes qui était surtout composé de reprises de vieux titres, Spin-O-Rama bénéficie, lui, de tout nouveaux titres.

Le disque débute sur « Spin-O-Rama » leur « single » qui s’est vendu si vite qu’il s’est avéré « sold out » dès les pré-réservations. Peu de surprises dans ce titre, d’autant qu’on y retrouve une réinterprétation ralentie de « Crash » qui avait atteint le Top 5.

Le titre fonctionne bien néanmoins tout comme « Hidden in the Shadow » au parfum plus garage et trashy.

« Wednesday World » suivra, morceau très influencé par les 60’s tout comme « Follow the Sun Down » qui, lui, en sera une variante plus expérimentale et lente et dans laquelle on décèle une inspiration tournée vers les Beatles. C’est un titre assez différent de ce que The Primitives avaient produit jusqu’à lors mais, suivant la même logique, surviendra ensuite « Purifyng Tone », court moment psychédélique.

« Lose the Reason » verra le groupe entamer un duo vocal façon Lee et Nancy, un peu comme si Sinatra et Hazelwood avaient attrapé le virus de l’indie pop et « Petals » interviendra en contrepoint, rythmes vifs et véloces, façon Ramones, et vocaux louchant du côté de Debbie Harry.

Le seul titre « engagé » si on peut dire sera « Working Isn’t Working », chanson anti-travail doucement interprété avant de s’accélérer et de déboucher sur un « Velvet Valley » accrocheur à souhait et pétri d’harmonies délicates.

S’il est une introduction à l’univers de The Primitives ce sera dans cette chanson qu’on la trouvera. Spin-O-Rama est un retour pas forcément gagnant mais habilement construit ; un panorama en quelque sorte d’un combo qui n’en finit pas d’être en devenir.

***


The Hstory Of Apple Pie: « Feel Something

3 novembre 2014

Sur leur premier album, Out of View en 2013, The History of Apple Pie ont essayé de canaliser leurs héros des 90’s Blur et Lush avec une insistance mise sur le «  guitar rock  ». Feel Something voit le quintet londonien désireux de s’éloigner de ces influences et de dévoiler une identité qui leur soit propre.

Pour cela ils ont décidé de ne plus utiliser leur guitariste Jerome Watson pour assurer la production mais ont sollicité Joshua Third de The Horrors et Charles Reeve. Soniquement cela s’est accompagné d’une diversification stylistique : les riffs de guitares sont plus étalés et adoptent ces tonalités en carillons propres aux 90’s ‘ (« Come Undone ») et certaines compositions frôlent même le psyche-pop (« Jamais Vu »). On trouve m^me un peu de Btritpop dans le mix, ainsi qu’une plus grosses présence des claviers, et chacune des plages est tendue avec des lignes de guitares qui scintillent et des vocaux parfaitement ajustés.

On sent que tout a été bien répété et mise au point ce qui donne au produit fini un aspect clean mais peut-être un peu trop irréprochable de ce point de vue. Alors qu’à l’origine The History Of Apple Pie s’était fait connaître comme un des plus beaux fleurons le scène DIY (musique bricolée), ils semblent ici avoir quelque peu délaissé cette nervure épineuse.

« Keep Wondering » sera l’exemple parfait de ces moments où ils parviennent toutefois à maintenir un équilibre. Les vocaux rêveurs de Steph Min sont une mer arrosant un mur de guitares coupantes, percussions détonnantes,d’un occasionnel solo de guitare et d’accords à la fois laborieux et enlevés. Leur son est fermement établi mais il les pousse vers de nouvelles directions. Une autre instance se matérialisera d’ailleurs sur les trompettes tapageuses de « Ordinary Boy » ; cela donnera, au total, la sensation que The History of Apple Pie ont les talents et les moyens d’aller plus loin et qu’il ne leur reste plus qu’à les développer encore plus.

***


The Raveonettes: « Pe’ahi »

21 août 2014

Sharin Foo et Sune Rose Wagner, ce duo danois connu sous le nom de The Raveonettes s’est bâti une réputation en mêlant harmonies à la Everly Brothers et guitares bruyantes comme le faisaient Jesus & Mary Chain ou Sonic Youth. Le groupe a sorti 6 albums et 5 E.P.s avec l’aide de musiciens variés, tous sur le même mode aussi leur sixième, Pe’ahi, est une véritable surprise qui marque un virage fondamental alors que The Raveonettes entrent dans leur deuxième décennie.

Pe’ahi est le nom d’une étendue de plage à Maui, célèbre parmi les surfeurs pour ses vagues, énormes et imprévisibles. Même si le disque comporte encore des passages familiers (jeu de guitare en distorsion et en fuzz) l’inattendu viendra d’autres procédés, en particulier la voix de Foo qui prend plus d’ampleur tout en restant à la fois sombre et angélique et s’accorde de merveilleuses harmonies avec celle de Wagner. Cela deviendra la cœur d’un album où jamais le groupe n’a aussi bien sonné.

« When The Night Is Almost Done » est un des morceaux phares d’un disque qui en comporte un certain nombre et on se plait à admirer la façon dont la voix de Foo passe de l’innocence béate à l’expérience amère et acquise chèrement.

Le « songwriting » de Wagner est le deuxième élément fondamental. Pe’ahi est, selon lui, une réponse directe à la mort inattendu de son père fin 2013 et les textes en sont emprunts dès le titre d’ouverture « Endless Sleeper ». Les thèmes aborderont donc le trépas, le regret, l’isolation dans un album qui parfois donne l’impression d’être un disque d’adieu qui ne s’adresse pas uniquement au père de Wagner mais aussi au son précédent du duo. Peut-être n’est-ce pas une coïncidence alors qu’en langage hawaïen, le terme « pe’ahi » signifie « vague » comme quand on fait un signe d’au revoir à quelqu’un ou quelque chose.

***1/2


Viet Cong: « Cassette »

30 juillet 2014

Cassette était au départ un ensemble de titres « live » sortis pour une tournée de concerts de Viet Cong, projet formé par des anciens membres de Women (Matt Flegel et Michael Wallace ainsi que Scott Munro et Daniel Christiansen) et distribué simplement sur cassette.

Touts ceux qui appréciaient Women trouveront de quoi les réjouir dans ce nouvel avatar, ne musique qui peut se faire léger bourdonnement que buzz agité ; un « Oxygen Feed » » fracassé avec ses percussions altières, une guitare angulaire mais des vocaux qui sont un océan de salves douces censées soulager les blessures muiscales.

Les vocaux sont riches et résonnants mais ils peuvent se monter plus vindicatifs comme sur « Throw It Away » ou se faire chuchotement excentrique avec « Static Wall ».

Les sept compositions partagent néanmoins toutes cet élément détraqué, cette production qui érafle, ces rythmes spacieux comme remplis de blancs mais elles offrent chacune de subtiles variations de ces composants.

Le titre le plus excitant sera celui qui achève Cassette, un morceau épique et insistant au point de nous habiter : »Select Your Drone ». Les vocaux hurlent au lointain, l’instrumentation se construit lentement pour édifier une tension de plus en plus percutante avant de déboucher sur un chaos « art-rock » qui, même si il s’avère prévisible, ne peut que nous entraîner dans sa sauvagerie.

Viet Cong n’est pas intéressé par le terrain qui est familier, à cet égard il est une belle analogie musicale avec la manière dont la Viet Cong menait de manière atypique sa guerre contre les Américains ; il ne se repose pas sur ce qu’a été sa carrière précédente et Cassette se révèle à cet égard un disque prometteur que le label Mexican Summer a eu la bonne idée de rééditer.

***


The KVB: « Out of Body »

10 juin 2014

Ce duo britannique s’efforce de donner voix à une musique semblabe à un rêve brumeux dont on se souviendrait vaguement, un mélange de shoegaze et de production électronique minimaliste comme si, tel un songe, leur son devait être délicat mais &phémère.

Nicholas Wood et Kat Day ont sorti un premier album, Always Then, en 2012 puis deux autres ont suivi l’année suivante, Immaterial Visions et Minus One qui constitue leur premier véritable opus.

Out of Body nous fait glisser doucement dans le même style, à la fois complexe, aux multiples couches sonores mais en même temps minimaliste. Leur son est linéaire avec un harmonieux mix de guitare formant un mur sonique, de synthés apportant la ligne de basse, d’une boîte à rythmes et des vocaux doucereux de Nicholas Wood.

Le disque est composé de six plages, enregistrées en une semaine au studio de Anton Newcombe (BJM) à Berlin. Un titre hanté, au riff oriental conduit au clavier, « All Around You », servira d’hommage à ce dernier tant il reprend la signature sonique de BJM et Joe Dilworth de Stereolab apportera sa contribution aux percussions sur quelques morceaux.

Out of Body continue d’explorer la fascination du groupe pour la phénoménologie, l’immersion du corps et la conscience. Des cordes et des synthés vont alors apporter de riches nappes sonores aux compositions pendant que des « delays » sur la voix de Wood leur donnent un climat éthéré (« Heavy Eyes »).

Appairé à une rythme de percussion régulier et propulsif, the KVB ne se privent pas de référencer Joy Division et My Bloody Valentine ce qui fait de la poly instrumentation de Out of Body un disque dans lequel l’expérience sonique ne peut que nous engloutir.

***


Gold-Bears: « Dalliance »

10 juin 2014

Des guitares noisy et en feedback, des structures de pop songs plutôt indiscernables et beaucoup de moments où on a envie de reprendre des passages en cœur font de ce deuxième album de Gold-Bear, un exemple d’architecture pop punk.

Dalliance voit son leader Jeremy Underwood rejoint par un nouveau groupe de musiciens avec qui il nous entraîne dans un voyage musical fiche en octane fait d’énergie vocales et de rythmes explosifs.

Le côté positif du disque est que Underwood nous livre une palette de pop songs aux multiples parfums. La dernière plage de Dalliance, « Her Fears » a une vibration enlevée et post-punk alors que sur « rom Tallahassee To Gainesville », Gold-Bears sonne comme du Belle & Sebastian soumis à la distorsion. On notera, en particulier, l’arrangement intelligent de ce dernier titre, avec un solo de guitare en feedback accrocheur et les « backing vocals » de Pam Berry de Black Tambourine.

Ces deux plages montent que ce nouvel album a une plus grande profondeur que leur précédent et cette impression se confirmera avec le « surf rock » de « Hey Sophie » et ses guitares en carillon alors que la fin de « Death With Drums » sera une démonstration spectaculaire de speed rock qui nous mènera à « I Hope They’re Right » embellissant le répertoire du groupe d’une ballade intéressante.

La plus grande partie de Dalliance vous frappera par son allure fiévreuse sans pourtant se montrer agressive. L’album ne se veut pas novateur mais prétend néanmoins avoir insufflé une nouvelle vie à une vieille formule et mis l’accent sur ce qu’il y a de mieux en matière de noise-pop. Maintenant qu’ils sont tout au bord de la confirmation, ce sera avec curiosité qu’on observera comment le groupe va évoluer.

***


Parquet Courts: « Sunbathing Animal »

30 mai 2014

L’imagerie invoquée par Sunbathing Animal, le deuxième album de ce groupe de Brooklyn capture à la perfection l’insouciance calme qui est générée pa run disque qui, tout détendu qu’il paraisse, est capable de se lancer en pleine action à la moindre occasion.

The Parquet Courts ont été ici capable d’affiner leur pop noisy avec des éléments plus cérébraux et cette habileté à aller du languide à l’agité fournit une dichotomie sonorequi fait partie intégrante de leur charme.

Le titre d’ouverture, le lysergique « Bodies », se termine sur une vibration séductrice et jopueuse à la Pavement avant que le morceau suivant, l’urgent « Black And White », ne verse dans le chaotique avec ses guitares en feedback et les vocaux de Andrew Savage comme alimentés par du kérosène.

Voluptueux, l’album le sera comme indiqué avec « Dear Ramona » et son arrangement étrange et captivant tout comme dans la réponse légèrement hypnotique et onirique que semblera être un peu plus loin « She’s Rolling ». Tracklisting impeccable, le morceau débouchera sur la chanson titre, au staccato infernal, avant que le groupe ne paraisse se lancer dans une résignation avec le labyrinthique « Up All Night ».

The Parquet Courts ne se contentent pourtant pas de ne jouer que sur les oppositions. Il est aussi capable de décliner des schémas répétitifs avec une certaines allure : témoins en seront les rythmes haletants façon Velvet Underground de « Vienna II » ou le frénétique « Duckin’ And Dodgin’ » qui, inlassablement, va s’insinuer dans le cerveau.

Si on ajoute des moments comme « Instant Disassembly », jam de sept minutes qui rappellera The Modern Lovers et The Feelies on trouve, avec cet album, un combo qui n’est pas simplement capable de recycler ses influences mais qui est également à même de les transcender et de leur donner une direction qui en fait plus que la simple commodité revivaliste qu’aurait pu faire craindre leur « debut album ».

***1/2