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These New Puritans: « Inside The Rose »

These New Puritans avaient frappé un grande coup avec leur troisième album Field of Reeds, sans conteste, leur plus belle création musicale à ce jour. Le groupe art-rock britannique composé des frères jumeaux Jack et George Bennett était au sommet de leur art avec compositions cinématographiques et élégantes. Cinq années et demi se sont écoulées et les voici de retour avec Inside The Rose.

Il aura fallu plusieurs années donc pour mettre en boîte cette inspiration tant recherchée et de le faire sous de bonnes conditions ; celle qui permettent d’écouter un disque avace l’attention qui lui est due.

These New Puritans frappent fort dès les premières notes du somptueux mais funeste « Infinity Vibraphones » qui nous ensorcelle pendant 6 minutes avec son ambiance goth des années 1980 suivi d’un hypnotique « Anti-Gravity ».

Il ne fait aucun doute que les frères Bennett sont de nouveau itayés sur un climat de bande-son que ce soit sur des ambiances à la fois impressionnistes et baroques qu’habillent les titres classieux des synthés percussifs de « Beyond Black Suns » ou avec un intense « Where The Trees Are On Fire » frôlant la darkwave. Une pointe de Hans Zimmer est à souligner sur l’audacieux « A-R-P » tant These New Puritans ont l’air de chasser les nuages gris qui les entourent afin de ne voir qu’éclaircies et de meilleurs présages.

S’achevant sur les allures ambient de « Six », These New Puritans n’ont peut-être pas donné le chef-d’oeuvre qu’il était en droit d’attendre avec Field of Reeds mais le duo britannique sait tenir en haleine son auditeur à travers neuf compositions classieuses et majestueuses.

***1/2

 

28 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

Anderlin: « Lowborn »

Si il faut partir autant que ce soit avec style ; c’est peut-être ce que se sont dit les membres de Anderlin au moment où ils ont enregistré leur septième et ultime album, Lowborn. De retour sur leur label initial, Tooth And Nail, il semble que ça a été l’intention d’un groupe qui, tout au long de ses douze années d’existence, s’est efforcé de maintenir une certaine attitude rock, à mi chemin entre la new wave et le screamo.

Le titre d’ouverture, « We Are Destroyer », a d’ailleurs cet héritage mais le groupe sait, graduellement, s’en défaire pour aborder des territoires plus calmes et subtils dès « Strange Ways » dont la cadence, plus mesurée, permet à celui qui s’en imprègne de s’approprier l’humeur de la composition (invariablement celle d’un être épris se mourant de se rappocher de son objet d’amour) et de faire coïncider tonalité et textes.

C’est ainsi que doit être perçu Lowborn, un aller-retour entre colère (un « Stranger Ways » explosif) et climats apocalyptiques impossibles à contrôler comme sur le bien nommé « Armageddon » ou « Losing It All » qui, tous deux, ambitionnent de nous rappeler qu’iil y a une fin à tout. On ne peut s’empêcher de penser alors que, passant de la déclamation théorique à quelque chose de plus personnel, le groupe fait le constat de ces douze années de perdues puisqu’il a décidé de se séparer.

Concrètement, chacun de ses membres a accepté un défi : celui de s’enregistrer lui-même comme pour faire un pied de nez au destin. Le résultat est à la hauteur puisque textes et vocaux se mêlent avec fluidité sans qu’on ait la sensation de subir un discours didactique. Chaque morceau entraîne l’envie d’accéder au suivant ce qui n’est pas une mince affaire quand on s’essaie à conceptualiser une œuvre.

Il n’y aura rien ici qui décevra les fans de la première heure, si ce n’est le regret que l’aventure se termine, quant aux autres, ile ne pourront que regretter amèrement s’arriver si tardivement à une « farewell party » en forme de doigt d’honneur parce que jamais elle n’aurait eu lieu d’exister.

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22 août 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Cold Beat: « Over Me »

Hannah Lew est surtout connue comme la bassiste et parfois chanteuse compositrice decet ouragan musical qu’est Grass Widow, ce combo de San Francisco qui débite des disques post-punks depuis des temps immémoriaux

Son nouveau groupe s’appelle Cold Beat, groupe punk mais aussi surf-rock qui garde les mêmes signes distinctifs que Grass Widow. Guiares et basse sont épaisses, travaillant ensemble pour créer une atmosphère mélancolique accentuée par les vocaux de Lew, reconnaissables entre tous. Sa voix est éthérée et venteuse et elle ne vogue pas au-dessus de la musique autant qu’elle ne la tranche. Cold Beat se veut plus accessible et plus pop que Grass Widow, plus minutieux aussi dans son approche.

Over Me ne manque pas d’atouts pour séduire : les morceaux sont concis et Lew est capable de composer des mélodies plutôt agréables. La brièveté des titres ôte pourtant cumulée aux arrangements ôte néanmoins un sens d’urgence à l’album si on considère par exemple « Rain » qui, dépourvu de basse, sonne de manière bien légère. Les orchestrations semblent ne pas vouloir appuyer sur les climats de l’album si on considère le staccato des percussions ou les coups de guitare plus imprégnés de surf rock que de rock. Seule la basse parvient à donner chair à l’ensemble mais la voix de Lew, toute esthétique qu’elle soit, ne semble pas assez précise et assurée en raison de son aspect vaporeux.

Ce paysage contrasté nous offre toutefois quelques récompenses : « Abandon » est une plage saugrenue qui rappelle un peu Ejecta ou Beach House mais Cold Beat l’interprètent à merveille et son climat se marrie alors parfaitement avec la diction de Lew. Sachnt d’où vient Cold Beat, il serait étonnant que le groupe continuera dans cette direction ; mais les fans des Vivian Girls, Frankie Rose ou Dum Dum Girls trouveront ici un autre objet de plaisir dur fond de décibels.

Over Me est un bon petit premier album, prometteur et qui ne sonne pas comme un projet secondaire. Le groupe semble à l’aise dans sa dynamique et il est possible qu’il en recueille un jour les dividendes.

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17 juillet 2014 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

We Are Scientists: « TV En Français »

Le répertoire de We Are Scientists ne se situe pas sur un registre expérimental voire mathématique puisqu’il est constitué de chansons axées sur la guitare soigneusement peaufinées. TV En Français na rien non plus de gaulois, pas même la pochette qui illustre, et le cinquième opus aussi tout au plus peut-on espérer, sans trop y croire, que c’est un allusion à la fin du « French-bashing » dont nous ont gratifié nos amis américains.*

La musique du combo installé désormais à Brooklyn se veut post new wave mais, là encore, elle n’a rien à voir avec cet esprit tel qu’il a été véhiculé par Truffaut et consorts. Si on y trouve un « vibe » 60’s incontestable

(partiellement lounge) le son de We Are Scientist se veut avant tout hors du rétro. « What You Do Best » a une consonance hypnotique et les harmonies de Murray combinent beauté du multi-couche à phrasé lyrique et éruptif.

Le rôle des percussions, Andy Burrow (ex Razolrlight) contribue à accentuer cette tendance rythmique tout comme l’élan que qui est donné par la basse solide de Cain.

Ailleurs, ce seront surtout les arrangements, dépouillés, qui procureront une détente plus désinvolte « Dont Blow It » et « Sprinkles » tenteront de fusionner indie et Beach Boys mais ce qui prédominera sera surtout la dénuement et l’introspection de « Courage » ou la mélancolie de « Return The Favor » à la pulsation poignante et aux guitares aux accords qui sont comme des cris de lamentation.

TV En Français est un disque relativement bien équilibré à qui il manquera pourtant une certaine intensité. « Dumb Luck » par exemple ne transcende pas son côté ordinaire et « Slow Down » ne parviennent pas à insuffler un quelconque élan. We Are Scientists ont certes réussi à composer des titres plus nuancés mais, dans ce processus, ils ont perdu la recette qui leur donnerait plus grande immédiateté.

guitareguitare1/2

7 mars 2014 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

White Lies: « BIG TV »

Le premier album de ce trio londonien les avait vus être comparés à Interpol ou The Editors et avait même atteint la première place des « charts ». Leur disque suivant, Ritual, les avait vu étendre leur son et leur ambition et, tout impressionnant qu’il ait été, n’avait pas recueilli que des louanges des critiques qui lui reprochaient un certain manque de profondeur.

Big TV les voit donc revenir à ce qu’ils savent le mieux faire : chorus énormes et hymnes grandioses. Des synthés palpitants et des riffs tentaculaires ouvrent l’opus avec un « BIG TV » à la combustion lente et comme insidieuse; c’est un des morceaux, en outre, où leur vocaliste, Harry McVeigh, fait allusion à ce désir un peu futile d’avoir du succès.

BIG TV est en effet un disque qui narre l’histoire d’une jeune fille qui monte à Londres précisément dans cette quête ; thème intéressant et parfaitement adapté au son qui va jalonner le disque et lui donner la tonalité d’un sombre pressentiment.

Le « single », « There Goes Our Love Again » sera, à cet égard, plus direct et impérieux mettant au premier plan ces chorus infectieux dont la groupe a le secret. « Mother Tongue » amplifiera ce côté tranchant si emblématique des années 80, tout comme un « Gettin’ Even » qui doit beaucoup à cette décennie et à Tears For Fears.

De fait, White Lies va très peu dévier de cette formule : mélodies simples mais fondamentales et chorus accrocheurs ce qui n’est pas mauvaise chose en soi dans la mesure où elle est excellemment exécutée. BIG TV est un album revival mais il ne s’en cache pas ; son attrait n’est peut-âtre pas aussi instantané que sur son premier opus mais il a le mérite de greffer une intelligence dans les textes qui l’éloigne des sempiternels clichés encombrant la new wave.

★★★☆☆

10 septembre 2013 Posted by | Quickies | | Un commentaire

Mink: « Tides End »

Parfois il serait bon de laisser le passé en paix. Voici une réflexion qui ne peut qu’atteindre celui qui prêtera oreille à Minks, cee collectif de New York, dont Tides End est le deuxième album.

Quid de la nostalgie si elle ne nous permer pas de voir le jour présent ? Quid de la synth-pop des années 80 si les arrangements lustrés qui nous sont proposés ici sous la forme de nappes de synthés soyeuses deviennent à les écouter recréées ici hygiéniques au point d’en sonner aseptisées.

Il n’y a, aucun mal, à se réclamer d’un héritage musical mais en quoi un disque comme  Tides End a de quoi ne pas nous rendre nauséeux ? L’écoute de ce deuxième opus donne la sensation qu’il a été enregistré alors que ses membres avaient encore sous le bras des disques de New Order ou Orchestral Manoeuvre in the Dark. Les seuls relativement bons moments seront ceux dans lesquels le groupe s’appuiera, d’aucuns diraient copiera, sans vergogne ses plus ou moins illustres et mémorables aînés : à ces imitations de Pulp, New Order et à ces plats rendus de Empire of the Sun ou The Big Pink, il ne sera pas difficile de préférer les originaux.

Au bout du compte, est un disque pour dinner party idéal ; il s’écoutera et sera aussi peu mémorable que ses affectations. De ce point de vue, il est un indéniable succès.

★★☆☆☆

5 septembre 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire