Green-House: « Six Songs for Invisible Gardens »

25 mai 2020

Commencer un album avec des sons d’eau en commun est une entreprise risquée. Mais au début de l’instrumental Invisible Gardens, Green-House combine ces murmures liquides avec un peu de malléophone, et pendant près de 30 minutes, jette un sort d’autant plus remarquable que les clichés new age qui l’accompagnent sont nombreux (oui, il y a aussi des oiseaux, beaucoup d’oiseaux). De même, le tissu musical, composé de tropes ambiants de bon goût et intemporels, est superficiel, euh, superficiel.

Mais ce papier peint est émouvant ! Les tons célestes s’épanouissent et se retirent à travers des couches de synthétiseurs et de marimbas plongés et pulsés et autres, tandis que les mélodies vocales reflètent le manifeste croustillant de Green-House : Invisible Gardens n’est pas conçu comme un arrière-plan, mais comme « une communication avec la vie végétale et les personnes qui en prennent soin ». Croyez-le ou pas, c’est fort bien réalisé par cette artiste, la Calfornienne Olive Ardizoni qui compose ces musiques pour clamer son amour de plantes.

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Paul Haslinger: « Exit Ghost »

22 mars 2020

C’est un monde étrange, entre le sommeil et le choc d’être réveillé dans un endroit où l’on se demande comment on en est arrivé là. Vous connaissez la sensation… Cela semble familier mais les couleurs sont, eh bien, irréelles.

Sur l’étagère se trouve un seul tome ; Le Mage de John Fowles, ses pages sont éparpillées sur le sol, l’histoire est sans fin, la quête circulaire de « ce qui est réel et ce qui ne l’est pas » »ne se terminera jamais, ne sera plus jamais en ordre.

Et dans The Magus, il y a une référence à la salle d’attente (le titre provisoire de Exit : Ghost) qui s’avère être une métaphore pour une vie non vécue.

Dans la pièce voisine au haut plafond, un piano à queue joue de luxuriantes mélodies tandis que, quelque part, une horloge d’Alice au pays des merveilles fait tic-tac, des violoncelles sont inclinés, un essaim de quelque chose vibre et la foule hallucinée autour de Rosemary’s Baby babille. Un bourdonnement électronique résonnant se construit et tombe comme un réfrigérateur des années 50 traversé et un tableau d’effets, les choses tournent à l’envers, les cordes en staccato sont pincées… et ce n’est pas tout.

« Je n’ai jamais été heureux de rester dans une école de pensée musicale en particulier. Ce qui m’a amusé, c’est de leur faire tourner la tête, d’essayer quelque chose qu’on n’était pas censé faire. » (I’ve never been happy staying in one particular school of musical thought. The fun has been turning things on their heads, to try something you were not supposed to do.)

Nous sommes dans un voyage immersif et aventureux avec l’ancien membre du légendaire Tangerine Dream et actuellement la moitié du duo d’anciens élèves de Tangerine Dream, Neuland, Paul Haslinger – c’est un homme qui sait comment créer de la tension, retenir les humeurs, illustrer le mépris, le mensonge, la passion et le plaisir ; il peut créer la peur, la haine et l’amour – il a débloqué les nuances de telles émotions dans une carrière de compositeur de bandes sonores pour la télévision et le cinéma qui a connu un énorme succès.

Exit Ghost est son opus longuement réfléchi, un moment pris dans le temps, qui passe par des points de référence, une excursion éthérée qui imprègne les genres musicaux en les inondant de sons complexes et de rythmes à pollinisation croisée

« J’aime laisser la place au hasard et la méthode que j’ai choisie ne peut jamais être absolue. Démonter les choses est la première étape pour les reconstituer de manière plus imaginative ». ( I like to leave room for chance and whichever method I chose can never be absolute. Taking things apart is the first step in putting them back together in a more imaginative way)

Construit à l’origine à partir de la chaleur de son piano à queue Exit Ghost résonne avec pureté et puissance, d’un entre-monde sinistre et évocateur, à la fois expansif et roulant, puis enivrant et étouffant à parts égales ; la composition moderne à son plus haut niveau ; cérébrale, festive, intense et belle.

« La recherche de l’âme en rapport avec ce disque a été très étendue. Trouver des lieux de résonance, donner une couleur à vos souvenirs. C’était plus difficile parce que ce n’est pas le récit de quelqu’un d’autre. Trouver le cœur de votre propre histoire peut être la tâche la plus difficile de toutes » (The soul searching in connection with this record was extensive. Finding places of resonance, giving a color to your memories. It was more challenging because it’s not somebody else’s narrative. Finding the core of your own story can be the most difficult task of all).

Créé sur une période de huit ans et rempli de références littérales et personnelles, l’album lui-même est un témoignage de la recherche – une quête remplie d’indices, de particules et de suggestions.

***1/2


Sign Libra: « Sea to Sea »

16 mars 2020

Y a-t-il quelqu’un de plus investi dans le concept d’expansion que la compositrice electo lettone Sign Libra ? Son premier LP ntitulé Sea to Sea prend comme point de départ la lunar maria (taches sombres sur la lune, à l’origine confondues avec des masses d’eau) et s’envole de là vers divers coins du cosmos. Peu importe que la science ait depuis prouvé que les lunar maria n’ont rien à voir avec l’eau, puisque le LP vise plutôt à ce que les auditeurs reconceptualisent l’immensité de l’espace comme point de rencontre pour le jeu, la voix et l’illusion.

Sur le plan sonore, le point de référence le plus important de Sea to Sea est constitué par les compilations Pure Moods du milieu et de la fin des années 90. Ces collections new-age, annoncées en bonne place dans les publireportages de l’époque, présentaient des instruments de synthèse à la sonorité fine, organisés selon des motifs mélodiques attrayants. Leur son avait été popularisé par Enya et par des chansons de thèmes pour des émissions de télévision comme The X-Files et Twin Peaks. Sign Libra utilise de tels sons (qui représentent une esthétique résolument décalée, ainsi qu’une tentative oubliée d’entrer en contact avec la nature, l’univers et soi-même) pour des raisons nostalgiques et critiques. Elle nous invite à imaginer un côté ludique et exubérant de la nouvelle spiritualité des années 90 et à nous joindre à ses explorations en tant que participants.

Son exubérance ludique est la plus évidente dans la façon dont elle utilise la voix comme un instrument supplémentaire, un outil d’expression fantasque. De temps en temps, elle forme des mots, mais ses halètements, ses soupirs et ses sons absurdes sont la pièce maîtresse de l’album. D’autres voix, simulées et réelles, se joignent à la sienne pour créer un effet inattendu et étranger. Parfois, comme sur le premier « single » « Sea of Islands », un chant guttural façon films documentaires à la Koyaanisqatsi fait partie du tableau, qu’elle complète par un bâillement qui vise à se moquer de la dépendance de la spiritualité new age aux caricatures et clichés indigènes (par exemple, une relation non contaminée entre les indigènes et la nature). C’est comme Philip Glass lors d’une journée d’amusement du dimanche, aussi jovial et attentionné qu’un pique-nique de pâte à modeler.

Les vidéoclips qu’elle a réalisés autour de « Sea of Island » et la suite de « Sea of Nectar » attirent l’attention sur ce genre particulier de jeu critique. Les décors, les accessoires et la danse sont tous essentiels à l’effet. Elle privilégie les sols carrelés en noir et blanc, les rideaux de velours et les grands espaces peuplés d’images projetées de nuages et de lumières laser, de sphères colorées et de miroirs de funhouse. Pensez à quelque chose entre un sketch « Square One » et une peinture de Giorgio de Chirico, enfantine et surréaliste, des illusions d’optique en cours. Elle interagit avec ces décors et accessoires dans un style volontairement ringard de danse énergique et de regards souriants à la caméra qui créent une atmosphère irrésistiblement gênante. L’incertitude, de la part des spectateurs et des auditeurs, abonde.

Cette transformation constante, contenue par les limites de sa palette new age des années 90, donne naissance à une musique ambiante, parfois frustrante et abstraite. Avec neuf titres et 40 minutes, le disque dure un peu trop longtemps pour rester une expérience sonore captivante. Il n’y a pas assez de mélodie mémorable, de texture distinctive ou de variation de tempo pour retenir toute notre attention, d’autant plus que la majorité de ces chansons n’ont pas de vidéo pour combler notre désir de tangible.

Pourtant, Sea to Sea, faite de poussière d’étoile et d’écume de mer, réussit à être une musique de fond qui stimule l’imagination. Il serait encore plus efficace comme bande sonore pour un aquarium ou un voyage dans l’espace. En d’autres termes, il fonctionne mieux en couple. Dans cette optique, nous constatons que lea démarche soutient efficacement le projet d’exploration sportive et spirituelle de Sign Libra : Il suggère que nous devrions découvrir nos propres façons épiques de voyager à ses côtés qur cet opus fait de poussière d’étoile et d’écume de mer, réussit comme musique de fond stimulant l’imagination.

***1/2


Carmen Villain: « Both Lines Will Be Blue »

9 septembre 2019
La musicienne d’Oslo, Carmen Villain, délaisse le chant et le format pop pour proposer un album ambient dub tout aussi réussi que ses deux premières productions.
Des gazouillis d’oiseaux, le bruit d’une rivière, le vent dans les arbres… Les enregistrements de terrain ou Fields recordings, c’est selon votre niveau d’anglais, tiennent une place importante dans les nouvelles compositions de Carmen Villain.
Cette artiste, moitié norvégienne, moitié mexicaine, née aux États-Unis et qui vit aujourd’hui à Oslo s’était fait notamment remarquer pour la qualité de sa pop éthérée que l’on avait apprécié notamment sure l’album
Infinite Avenue en 2017, avec cette photo noir et blanc de Gena Rowlands en couverture.
Cette fois, on la retrouve dans un registre ambient New age, où le chant est cette fois inexistant. Un pari osé mais réussi pour Carmen Maria Hillestad qui se montre aussi à l’aise dans les chansons au format pop que dans les musiques contemplatives éthérées.
Ici il sera surtout question d’ambient dubby, avec des atmosphères changeantes dans des titres composés avec des instruments traditionnels (flûte, piano, percussions…) et des sonorités électroniques bénéficiant de différents effets et traitements.
Le résultat ressemble à un voyage en divers endroits du globe, et s’avère aussi apaisant que méditatif.
***1/2

Suso Saiz: « Nothing is Objective »

17 mai 2019

Avec un titre comme Nothing Is Objective on s’attend, et ce sera à juste titre, à un opus cérébral. Suso Saiz n’est pas philosophe mais il y a une part de métaphysique dans son approche et sa musique. Saiz est musicien, compositeur espagnol historique, pionnier du New Age et il sait à merveille omprégner nos conduits auditifs de la manière la plus manifeste et tangible qui soit.

Saiz s’applique à merveille à recouvrir Nothing Is Objective de sa personnalité à faire ainsi cohabiter des drones synthétiques avec des ponctuations beaucoup plus organiques. Ainsi, « Grounded » nous envelopprae dans un cocon très compact d’un drone brumeux et pesant, par définition informe, qui change parfois de note mais trop lentement pour former une quelconque mélodie, et petit à petit émergent des formes plus nettes, quelques notes de guitare, une sorte de moteur qui vrombit, des résonances métalliques, un sifflement électronique défaillant, un bip de micro-onde… L’informe ponctué par de douces effractions de matière. Saiz utilise régulièrement des field-recordings pour conférer une humanité à ses drones, pour y apporter un élément naturel. À d’autres moments, il semble plutôt essayer d’émuler la nature avec sa technologie, comme sur le ludique et émouvant « Frogs In Love », où des piaillements électroniques viennent imiter le chant des grenouilles sur fond d’enregistrement d’une forêt nocturnes, avant que les vagues synthétiques ne viennent reprendre possession de leurs terres.


En somme, c’est un beau dialogue que Suso Saiz a écrit, entre l’humain, la nature et la technologie. Son passif de newager n’y est sans doute pas étranger : il cherche l’harmonie et en a trouvé une bien belle sur ce disque apaisé, dont le seul défaut serait peut-être une certaine lenteur à s’installer ; il faut bien attendre un bon quart d’heure (sur un disque qui en contient plus de cinq) pour qu’il se mette à vraiment briller. Et en guise de climax émotionnel : « Mexican Bells (for Jorge Reyes) », une des plus belles pièces ambiantes à s’insinuer ainsi, qui utilise des sons de cloche et des enregistrements de rue, d’enfants qui jouent, pour planter une décor qu’on pourrait presque toucher. Et ces cloches qui se samplent pour se muter petit à petit en drone, alors que les gamins continuent à se courser, et les oiseaux de chanter en fond, la pluie de tomber… Une petite subversion la frontière entre drone et non-drone… Et surtout, un morceau bouleversant, en apex de ce disque qui se montre à la hauteur de sa pochette : une tâche rose, humaine, nébuleuse, qui déborde du cadre.

***1/2


Devon Townsend: « Empath »

6 avril 2019

Devin Townsend est un artiste qui donne tout son sens au mot créatif. Le Canadien écume depuis des dizaines d’années maintenant la scène musicale avec une hyperactivité débordante. Que cela soit avec Strapping Your Lad ou son Devin Townsend Project, l’artiste propose une musique riche et travaillée qui ne laisse que peu de personnes indifférentes.

Il se lance encore un nouveau défi en réalisant un album solo qui sort de ses habitudes discographiques ; le curieusement nommé Empath.

Fidèle à sa marque de fabrique, la première écoute de ce disque apparaîtra totalement déconcertante. Cela part dans tout les sens et bien malin celui qui pourra donner d’emblée la ligne conductrice de cet ensemble. Mais avec un œil et une oreille attentive, l’œuvre proposée par Townsend se révèle être minutieusement ficelée.

« Castaway » et « Genesis », qui démarrent les réjouissances le font sur les chapeaux de roues. Les ambiances se succèdent et on dénombre autant de mélodies bien pensées que de riffs efficaces avec des nappes électros du plus bel effet. Devin Townsend le montre une fois de plus, il ne se donne aucune limite et il prend même à un malin plaisir à faire cohabiter des univers qui semblent pourtant peu compatibles.

« Spirits Will Collide » reviendra à quelque chose de plus familier avec un art du riff qu-on avait déjà entrevu sous son avatar qui avait nom The Devin Townsend Project. La présence de Strapping Your Lad se fait également ressentir dans certaines compostionsavec le registre agité qui s’impose sur « Hear Me ». Devin Townsend ne fait donc pas table rase du passé. Mais il saura y ajouter de brillantes touches avec malice et à propos.

La folie créatrice du déjanté canadien est symbolisée par deux morceaux qui prennent une place considérable dans le tracklisting. « Borderland »”déroule pendant plus de onze minutes une succession de passages rock, électro et installe des ambiances propices à l’évasion. Tout cet assemblage se fait avec une cohérence assez bluffante si on considère l’éventail de styles abordés par l’artiste.

Mais cela be sera pourtant rien à côté de « Singularity » qui conclut l’écoute d son opus. Amorcé par les notes classiques de « Requiem », ce morceau de vingt-trois minutes sera l’incarnation parfaite de la frénésie créatrice qui habite le Canadien.

Cette conclusion fait ainsi étalage de toute la riche palette de ownsend : mélodies envoûtantes, riffs efficaces et ciselées, rythmiques entraînantes allant du metal le plus brut au jazz le plus surprenant. Son fidèle acolyte Steve Vai y va même de son intervention guitaristique pour agrémenter le tout. Un morceau long mais clairement saisissant et qui laissera l’auditeur pantois.

Il est évident que Empath est une œuvre massive qui necessiera un certain temps pour être appréhendée. Mais après une écoute minutieuse, le génie de Devin Townsend se révèle et confirme une fois de plus tout le bien qu’on pense de lui. Sa créativité débordante et débridée donne naissance à des compositions qui poussent à aller plus loin qu’une simple écoute basique. Le jeu en vaudra la chandelle, car une fois cet effort fait, la musique du Canadien prend tout son sens.

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Alexandra Streliski: « Inkscape »

13 janvier 2019

Deuxième album pour cette compositrice montréalaise qui signe un solo piano totalement irrésistible. Sans doute moins connue que Ludovico Einaudi, Ólafur Arnalds, Yann Tiersen, Jean-Michel Blais, ou Chilly Gonzales dont elle est l’amie, Alexandra Stréliski est quoi qu’il en soit au moins l’égale de ces grands compositeurs si l’on en juge par les qualités entrevues sur son second album Inscape.


Compositrice pour la publicité, le cinéma, la danse ou la télévisons, cette franco-canadienne installée à Montréal, a décidé de s’octroyer une pause et de se consacrer à l’écriture de cet album solo, seulement le deuxième de sa carrière.
Il en ressort des morceaux assez courts mais d’une délicatesse et d’une grâce infinie qui s’expriment à travers des arpèges de piano sublimes, légers, aériens, virevoltants.
Des musiques inspirées par Chopin notamment, pour ce qui sera l’un des plus beaux disques de piano néo-classique de l’année 2018.

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Dead Can Dance: « Dionysus »

24 novembre 2018

Écouter un album inédit des Dead Can Dance est devenu, de nos jours, un plaisir d’autant plus exquis qu’il est très rare mais toujours aussi raffiné. La réunion du londonien Brendan Perry et de la native de Melbourne Lisa Gerrard, de plus pour leur nouvel et neuvième opus studio, est donc un événement à ne surtout pas rater.

Pour peu que l’on veuille bien s’abandonner dans ces compositions avant-gardistes et que l’on se laisse envouter par le chant exceptionnel de Lisa Gerrard (à n’en pas douter, l’un des plus beaux de la planète), l’on se garantit alors un voyage céleste vers l’émotion et les frissons du bonheur. Le nouvel opéra (oui c’en est uni!) en deux actes des originaires d’Australie, Dionysus, n’échappe pas à cette vaine créatrice épique et onirique.

Le duo dans son ode imaginaire entrechoque les sonorités écossaises et orientales, confronte les temps médiévaux à la modernité et nous empêche une nouvelle fois de coller une étiquette sur cette approche harmonique venue d’une autre dimension.

Bien sûr, on pourrait trouver cette approche un peu trop mystique et « new age », il n’en demeure pas moi que DCD se situe certainement ailleurs, un ailleurs atemporel et intemporel ; un ailleurs qui fait fi de la géographie tout autant que des époques.

Muni de cette considération on pourra se laisser embrigader et courir le risque d’en être grisé, Dionysus oblige,pour de longs moments.

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Mark McGuire: « Along The Way »

10 février 2014

Mark McGuire présente ce deuxième album comme « une odyssée au travers des régions vastes et inconnues de l’esprit ». Cela peut sonner ambitieux voire ptétenteux mais pour ce prolifique guitariste expérimental venu de l’Ohio (il faisait partie auparavant du groupe « electro drone » aujourd’hui séparé, Emeralds) cette approche est presque aussi routinière qu’une journée au bureau.

McGuire édifie des paysages sonores mais avec des touches plus légères qu’avec son groupe précédent. Les nappes sonores sont taillées à partir de percussions digitales, des vocaux distants utilisant l’auto-tuning, un procédé permettant de jouer avec l’intensité sonore. Il les entoure avec son jeu de virtuose aux guitares, acoustique et électrique), lequel, peu à peu, se construit un crescendo où l’intensité se fera de plus en plus grondante jusqu’au milieu du disque, un monolithe sonore de 12 minutes nommé « Instinct ».

La deuxième partie de Along The Way se démêle quelque peu de manière plus fluide dans des climats plus personnels et touchant notre affect, (« The Human Condition (Song For My Father) » ou « For the Frienship (Along The Way) ».

Tout comme avec Emeralds, il y a un côté « new age » à la musique qui ne plaira pas çà tout le monde d’autant qu’il frôle souvent de très près unecomplaisance qui en ferait la parfaite bande-son d’une thérapie au yoga (certains passages de « In Search of the Miraculous »). Quand McGuire parvient à se préoccuper de l’éthéré, (« Ashtray », « The War of Cnsciousness ») il révèle alors un talent indéniable qui nous fait alors très vite oublier les vapeurs holistiques et le flou d’une partie de Along The Way.

★★★☆☆