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Catrin Finch & Seckou Keita: « Soar »

Catrin Finch est galloise et Seckou Keita est sénégalais. A priori, ça n’a rien à voir. Sauf qu’ils sont tous les deux harpistes à leur manière, des maîtres en leur matière, harpe classique pour elle, kora pour lui. Deux instruments à cordes pincées aux sonorités si distinctes, et qui délivrent pourtant une seule belle et pleine alchimie quand ils jouent ensemble. Là, on ferme juste les yeux et on se laisse bercer par leurs harmonies croisées, c’est unique, c’est magique.

Le mariage des timbres est parfait, le mélange saisissant, apaisant, enchanteur. Dans ce monde en crise où les peuples ont tendance à se recroqueviller sur eux-mêmes, il est bon de voir et surtout d’écouter que Catrin Finch & Seckou Keita et leurs harpes sont la preuve que la musique, en dépassant par essence les clivages, aura toujours son rôle à jouer pour remettre les hommes de nouveau sur la voie de l’union, de l’amitié et de la fraternité.

Mais Soar est aussi un album qui a de la mémoire et qui rappelle que blancs et noirs n’ont pas toujours été amis, les premiers ayant mis les seconds en esclavage.

C’est pour cela que ce Soar est si précieux. Il nous rappelle l’indicible cruauté au travers de l’indicible beauté et il nous les conte encore, impeccable et implacable sous ses allures si trompeuses de sereine innocence.

Irremplaçable dans sa douceur et sa splendeur, Soar nous raconte néanmoins que rien n’est jamais gagné à jamais, que l’homme sera toujours un loup pour l’homme, mais que la victoire est possible, magnifique même si si fragile ; à écouter et à réécouter par plaisir, à méditer et re-méditer par humanité.

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8 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Bartellow San Ground San: « Amanogawa »

C’est à un voyage multiculturel auquel nous invite le producteur japonais DJ Ground alias Bartellow San Ground San, où les polyrythmies font vibrer les sens, appuyées par des basses aux rondeurs accueillantes.

Amanogawa invite le downtempo à danser sur des sonorités organiques, créant un dancefloor de jungle à la flore verdoyante où le bruit des branches qui se touchent, se font l’écho de frontières effacées entre le ciel et la terre.

Mélangeant Japon traditionnel et Afrique fantasmée, Bartellow San Ground San conjugue les pistes à l’envie, invitant l’auditeur à se contorsionner langoureusement sur des parterres d’effluves relaxantes, enrobées d’ondes positives au groove contorsionniste. Moelleux à souhait.

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4 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Alice Phoebe Lou: « Paper Castles »

Alice Phoebe Lou est une artiste chatoyante ; cette jeune chanteuse Sud-Africaine installée depuis longtemps à Berlin se voit comme une citoyenne du monde qui fait vivre son art avec indépendancelui apprte une certaine douceur, faiasant ainsi de sa musique une œuvre hors du temps.

Après avoir navigué entre la lolk, la pop et le jazz vocal, et donné naissance à l’album Orbit en 2016, Alice Phoebe Lou a poursuivi son chemin avec des collectifs de musiciens de rue, en quête de créativité. C’est son approche singulière de sonr épertoire qui fait d’elle un OVNI, peu comparable aux références actuelles de la Pop de de l’Indie.

Au long des 10 titres qui composent Paper Castles elle nous entraîne dans un voyage rêveur au parfum de musiques du monde, en route vers le sud, et derrière lequel se cachent – à peine – une écriture raffinée et une voix au timbre captivant, accompagnée de chœurs qui ressemblent à des chants de sirènes, notamment sur «Nostalgia ». Elle prend son temps sur chacune de ses chansons, privilégiant le charme délicat de leur atmosphère plutôt qu’un refrain direct. Sa guitare n’a d’ailleurs rien d’agressive, elle prolonge cette impression de quiétude et de sérénité qui transpire tout au long de l’écoute.

Il y a certainement quelque chose d’hippie chez Alice Phoebe Lou, une liberté, une innocence, une pureté auxquelles le public n’est guère habitué dans une époque aussi instantanée que la nôtre. Mais il suffit de s’assoir et de prendre le temps de s’imprégner de la magie du mélancolique « Fynbos » ou des lumineux « Something Holy » et « Skin Crawl » pour comprendre à quel point la musique d’Alice Phoebe Lou fait appel aux sens, lorsque votre peau frissonne de plaisir, et aux émotions les plus profondes. A travers cette expérience aussi relaxante qu’excitante, elle nous fait découvrir le son du bien-être, voire du bonheur….

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21 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire