Suburban Living: « How To Be Human »

17 septembre 2020

Ce groupe de Philadelphie présente ici son premier album depuis plusieurs années et l’attente en valait la peine. Wesley Bunch et qsn équipe ont créé un disque totalement immersif et captivant où il s’agit de rêve et d’ atmosphère mais aussi parfois chaotique, et surréaliste dans sa façon de décrire le voyage effectué au long de son écoute. Le meilleur atout de Suburban Living en tant que groupe est sa polyvalence. Chaque sortie introduit des éléments musicaux différents qui permettent de garder le projet frais et intéressant. Les premières sorties avaient une atmosphère sombre, presque gothique, alors que la précédente était plutôt du domaine de la pop de rêve. Avec How To Be Human, le groupe a plus d’éléments shoegaze mais reste cohérent avec l’obtention d’un son qui reste une esthétique reconnaissable du combo.

Le premier morceau, « Falling Water », commence par un synthé construit à la manière des guitares shoegazes qui seront utilisées durant le disque. Elles sont fortes et belles, ce qui ajoute de la profondeur au morceau, sous le chant délavé de Wesley. « Main Street » est plus proche d’un style new wave/dreampop avec une belle ambiance de synthétiseur pour appuyer le morceau. Ce morceau est agrémenté de guitares douces et scintillantes, ainsi que d’une ligne de basse groovy. « Glow » est très optimiste, et , à dautres tites, c’est un morceau qui se démarque de l’album en combinant des synthés à la sonorité douce et des guitares shoegaze. Elles sont abrasives, délavées, et s’étalent sur la piste pour la couvrir d’une ambiance onirique et atmosphérique. Le chant de Wesley se marie très bien avec les guitares, même si elles sont plus douces, elles s’intègrent parfaitement. C’est à peu près à la moitié du morceau que les guitares commencent à devenir folles. Elles s’étalent sur l’instrumentation et donnent une énergie de type My Bloody Valentine.

« Indigo Kids » pèsera plus lourd dans l’atmosphère en raison de ses lignes de synthé profondes. Le moment le plus marquant de ce morceau est le solo de saxophone à la fin. Il donne l’impression d’être un morceau de vaporwave, mais c’est quelque chose qui lui est propre. Une addiction géniale à la chanson « Dirt » ralentira les choses en utilisnt un climat plus détendue at une structure de synthé similaire à celle d’« Indigo Kids » en ce sens qu’il est décontracté, mais façonné de manière à ajouter une couche de profondeur au morceau. 

« 16 Hours » commence de manière sombre et lourde. La batterie d’ouverture et les motifs de synthé sont intenses, captivants et cinématiques et « No Rose » affichera la ligne de basse la plus percutante de tout le disque. Elle est lourde et grasse, ce qui laisse le morceau respirer et s’étendre pour permettre au groupe de faire son travail. Une fois que la base devient la toile de fond, les guitares commencent à faire ce son incroyablement réverbéré qui va progresser pour noyer le morceau.  « Video Love (T’s Corner) » et » »Once You Go » montre que Suburban Living ajoute ces synthés de façon importante au mixage et ils se combinent tous les deux pour clôturer l’album. 

La façon dont l’instrumentation fonctionne sur ces morceaux est incroyablement agréable à l’oreille. Des combinaisons fascinantes de guitares et de synthés sont utilisées sur ces morceaux qui emmènent l’auditeur dans une autre dimension.

L’ajout d’un synthétiseur beaucoup plus important est l’un des meilleurs aspects de ce disque, car il permet d’ajouter une atmosphère supplémentaire au son global du disque. Sans cela, ce disque aurait facilement pu être perdu dans le genre « dreampop ». Au lieu de cela, Suburban Living prend des risques et se lance des défis en tant que musicien et cela a porté ses fruits. N’importe quel auditeur peut reconnaître les patchs de synthétiseur, et le travail des autres musiciens est un travail complexe et d’un niveau supérieur. Le dernier cri doit encore aller au solo de saxophone sur « Indigo Kids » et aux sonorités sauvages de la guitare sur « Glow », des morceaux qui se démarquent nettement. Suburban Living est un groupe passionnant de Philadelphie qu’il ne faut pas négliger. Ils continuent à placer la barre très haut, tant sur le plan sonore que lyrique, pour donner leur meilleur disque et leur meilleur travail à ce jour !

***1/2


Bodywash: « Comforter »

4 octobre 2019

Une voix douce, éthéré et féminine, sur quelques guitares aérienne, distorsion d’arrière plan, basse et batterie métronomique, c’est du shoegaze, n’en déplaise au groupe qui n’a pas voulu inscrire ce terme dans ses mots clés. Mais c’est pas que ça non plus, c’est également un disque rock et pop, qui varient les humeurs au gré de ses neufs pistes.

Quelques bonnes surprises dans cet albums, qui résonne parfois d’un peu inattendue et nous surprend parfois au détour d’une transition étonnante.  On est plutôt sur quelque chose entre tristesse légère et nostalgie, donc ça peut s’écouter tranquillement.  C’est très réussi pour le groupe canadien qui signe un premier album qui n’augure que du bon pour la suite.

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