Drama: « Dance Without Me »

Drama est le nom d’un projet parallèle mené par un duo composé de Na’el Shehade et Via Rosa. Shehade est le producteur derrière la musique, tandis que Rosa chante et écrit. La richesse de leurs origines et de leurs cultures respectives contribue à influencer leur art. L’objectif de Drama est de s’assurer que chaque chanson qu’ils publient est dansable. 

Leur dernier projet est, à cet égard, intitulé Dance Without Me. Il commence sur une note agréable, avec le morceau « 7:04 » qui affiche le côté plus doux de la pop, avec un rythme lent hypnotique et des percussions silencieuses. « Years », a chanson qui suit, est un peu plus optimiste, mais elle conserve la sensation mélancolique du morceau précédent, soulignée par l’écho des voix et un message sombre de type « ven in death/ I hope you’ll know I was here for you » (même dans la mort/ j’espère que vous saurez que j’étais là pour vous). 

Les deux premiers « singles » de l’album sont « Hold On » et « Gimme Gimme » qui mettent en avant le son dance-pop dont le duo est fortement influencé, avec des paroles répétitives associées à des mélodies accrocheuses. « Gimmie Gimmie » en particulier a un côté old school des années 80, mêlé aux sons de synthé actuels qui rappellent sans aucun doute le côté plus tendance de l’indie-pop.

Un morceau qui se démarquera un peu du reste sera « Good For Nothing » qui chevauche en parfait équilibre entre les éléments électroniques, l’influence des années 80 et la pop lunatique actuelle avec un chant émotionnel et des paroles vulnérables mais attrayantes comme « There’s nothing better than a good love letter to confess/ and I thought there was nothing left » ou « I used to dream of falling in love/ I had some dark, strange fantasy of/ finding the one »( Il n’y a rien de mieux qu’une bonne lettre d’amour à confesser/ et je pensais qu’il n’y avait plus rien) et (Je rêvais de tomber amoureux/ j’avais un fantasme sombre et étrange de/ trouver l’âme soeur).

Le projet se termine sur une note de piano avec le titre éponyme, « Dance Without Me » » et bien qu’il ne partage pas la qualité dansante de certaines autres, c’est le morceau qui a le plus de touches R&B et même jazz dans la voix et les styles rythmiques qui y alternent  Dance Without Me est un bon mélange de chansons faciles et accrocheuses, mais aussi sombres et profondes. Drama explore un côté plus doux et plus déchirant de la dance-pop ; des paroles tragiques, des émotions tristes masquées par des airs envoûtants et entraînants.

***1/2

Girl Ray: « Ray »

Les trois anglaises de Girl Ray font cette année leur retour deux ans après un Earl Grey fortement remarqué. Alors qu’on les avait laissées sur un premier album à la pop aussi mainstream qu’expérimentale, elles ont pu nous dévoiler il y a trois mois « Show Me More », « single » idéal pour introduire ce second opus sobrement et significativement intitulé Girl.

On retrouve sur Girl des chansons pop dans un style qui leur est prope et le trio dévoilera ensuite un second « single » avec un refrain accrocheur en diable, « Friends Like That »,, ou encore un « Because » aux synthés dansants et bipolaires. Comme précédemment se feront de nombreuses autres influences et expérimentations, à commencer par ces intonations R&B, assez légères pour ne pas aliéner les réfractaires au genre ; une approche qui fait tout le sel de la musique de Girl Ray.
Après deux tiers de pop entraînante, « Just Down The Hall » change
ra radicalement de sonorités pour nous embarquer dans une minute de soul classieuse, tandis que plus loin la formation londonienne nous propose « Keep It Tight », un de ses morceaux les plus singuliers, autant par sa structure que ses arrangements, et en son sein, un refrain des plus épiques qui soit pour le groupe.

Alors que l’on est relativement habitué à ce que les trois musiciennes nous surprennent, la première écoute de « Takes Time » prendra de court par son entame sur un couplet hip-hop. Pswuave, rappeuse londonienne à la voix douce et paisible, viendra d’ailleurs poser son « flow » sur une composition pop, le mariage fonctionnant dès lors parfaitement.
Tout aussi posé, « Let It Go « est un piano jazz aux chœurs lancinants en arrière-plan qui, à mi-parcours, bifurque sur une synthpop plus rythmée portée par une flûte de pan. Cette dernière se voit également être au centre de « Go To The Top », courte chansons entraînante et hypnotisante, à la limite de l’expérimental, qui nous amène
ra sans transition sur un irrésistible « Beautiful », pendant reggaeton de « Go To The Top » et sur lequel on ne peut s’empêcher de danser.
Ainsi est arfaitement définéie et calibrée la musique de Girl Ray : diverse et osée, complexe et débridée, mais qui se tient de la première à la dernière seconde, le tout porté par la voix protectrice et enivrante de Poppy Hankin, la basse omniprésente de Sophie Moss et la batterie percutante d’Iris McConnell. Girl est un second album qui parvient à égaler – si ce n’est le surpasser – un premier déjà nettement abouti. Un exploit que peu de groupes peuvent se targuer de réussir.

***1/2

Your Smith – Wild Wild Woman

La musicienne Caroline Smith officie sous le pseudonyme Your Smith et possède un sacré univers musical. Baignant entre indie pop et R&B, la native de Minneapolis qui a déménagé à Los Angeles continue son bonhomme de chemin avec un nouveau mini album intitulé Wild Wild Woman.

Composé de cinq titres, Your Smith s’offre les services de Tommy English à la production (Kacey Musgraves) ainsi que d’Alex et Alex, Captain Cuts et Ethan Gruska (Pheobe Bridgers) afin de peaufiner son son.

La musicienne est de nouveau dans son élément avec des titres résolument pop comme « Man Of Weakness » en guise d’introduction mais également « In Between Plans » et « You Could’ve Tell Me ». Mélangeant passé, présent et futur, elle sait incarner l’essence d’une époque avec ce second opus indescriptible et captivant.

***1/2