No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Pom Poko: « Birthday »

Premier album pour ce combo punk issu de Norvège : ce qui a fait sa richesse est tout simplement la fusion entre mélodies pop sucrés et énergie punk complètement déjantée.

En douze titres, Pom Poko fait parler sa rage juvénile et son extravagance de façon habile que ce soit sur « My Blood » qui démarre en trombe mais encore les rythmes effrénés de « My Work Is Full Of Art » plus cacophoniques sur « Blue ».

Le quatuor norvégien mené par la voix pétillante de Ragnhild Fangel est dans son élément. Avec des titres entraînants et entêtants à l’image de « Crazy Energy Night » qui est à mi-chemin entre punk et rock progressif mais également de « Belong » et de « Milk Trust », on en verra de toutes les couleurs. Imprévisible de bout en bout, ce Birthday fait parler son énergie survoltée et ses excentricités lorsqu’on s’y attend le moins. Cela sera une raison de plus pour se pencher sur le quatuor.

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2 décembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Lingua Nada: « Djinn »

Malgré la graphisme de sa pochette et l’intitulé de son titre, Djinn n’est pas un album surgi d’une région exotique mais tout simplement le disque d’un combo allemand, sis, plus précisément, dans le région de Leizpig.

Évidemment qu’il y a eu de la grande musique kraut, elle est surtout associée au rock des années 1970, à la musique classique des 18e et 19e siècles, et plus récemment à sa scène techno, qui attire en fait des artistes du monde entier.

Lingua Nada s’est formé en 2015 après une courte existence sous le nom Goodbye Ally Airships, et ses médias sociaux indiquent qu’il compte trois membres permanents et neufanciens membres, ce qui fait imaginer un leader intransigeant, ambitieux et possiblement invivable. Et cette personne a tout l’air d’être Adam Lenox Jr., qui endosse à la fois les rôles de chanteur, guitariste, compositeur et réalisateur, et qui avait lui-même joué de tous les instruments sur l’unique enregistrement de Goodbye Ally Airships .

Lingua Nada case beaucoup d’idées, de styles et d’énergie dans des chansons généralement courtes, digestibles par leur brièveté, mais exigeantes par leurs coq-à-l’âne. À vouloir en mener aussi large, il arrive que ça déborde et éclabousse un peu, mais c’est l’envers de la médaille d’une voracité musicale très impressionnante. Il ne faut que quelques minutes en début d’album pour sauter subitement du jazz fusion au noise rock puis au R&B lo-fi et au space rock accrocheur.

C’est d’ailleurs ce côté accrocheur et enjoué qui sert d’unique fil conducteur ici: on sent que Lingua Nada se permet absolument tout, tant qu’il peut s’amuser avec d’une façon ou d’une autre, soit en l’exécutant avec brio, soit en y donnant une saveur personnelle et impertinente.

Musicalement, le tout manquera de cette cohésion qui rend la démarche encore un peu brouillonne et rien ne sera a uniformément captivant si ce ne sont les gros coups comme « Baraka », « Dweeb Weed » et la morceau-titre qui en sera la chanson-phare.

Mais il y a somme toute très peu à redire de cet album nettement plus évolué que les enregistrements précédents du groupe. À ce rythme, si la formation peut maintenir un peu de stabilité et avoir un peu de chance, le suivant, en parvenant à s’affranchir et à casser certains codes, sera, peut-être bien, à tout casser.

***1/2

4 novembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

Prang: « Gender Roles »

Incisif, tranchant, Prang avec son nom de méchant de film de série Z, est le premier album du trio de Brighton, UK. Et on  espère pas le dernier tant il semble réussit. Trente sept minutes de punk rock à tout berzingue, variant la vitesse selon le besoin, mais jamais l’envie. Et c’est bien d’envie qu’il est question, sinon comment expliqué l’incroyable énergie qui se dégage tout au long de l’album. Impossible de ne pas avoir envie de gigoter ou de pratiquer le air guitare frénétiquement.

La recette est connu mais reste à savourer sans modération. Une honnêteté indéniable dans la démarche, un plaisir facile qu’on ne boude pas, et toujours cette pèche contagieuse qui donne envie de ré écouter aussitôt la dernière piste terminé. Prang est un des disques qui vas enterrer l’été de la plus belle des façons.

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12 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Off With Their Heads: « Be Good »

On dit que la tistesse aime la compagnie et, qu’à cet égar‘, il n’y a peut-être pas de meilleur compagnon à la mélancolie que Be Good, le cinquième album studio de Off With Their Heads. Implacable, libérateur et rafraîchissant sans vergogne, Be Good est sans doute le meilleur album de nos punks bourrus venus Minnesota.

Les mélodies angoissantes et désagréables qui déchirent lesbaffles sur de chansons comme « Take Me Away » et « Severe Errand » sont bien adaptées à ce type d’ambiance avec, de surcroit, une de ces ambiances comme on en trouve sur « You Will Die », l’hymne ultime et profondément reconnaissable du combo. Avec les crashs volatiles des cymbales et les riffs implacables et graves, les cris torturés des vocaux on entend en fait un de ces albums avec lesquels on peut s’enfermer quand on se sent mal à l’aise.

On trouve un étrange sentiment d’exaltation, d’espoir, dans ce Be Good et luminosité apportée par Off With Their Heads procure un effet réconfortant sans sacrifier le grain des guitares grondantes et notre familiarité avec le son du groupe.

De l’impitoyable déchaînement du punk à la révolte implacable du rock, Off With Their Heads est en fin de compte un groupe qui fait de la musique de tous les instants, et Be Good est la meilleure démonstration du groupe jusqu’à présent.

***1/2

26 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

WAAX: « Big Grief »

Angoisse et angoisse, encore de l ’angoisse ; WAAX s’est mis en colère, s’est énervé et s’est montré beaucoup plus catégorique dans sa toute nouvelle livraison, Big Grief. Bien que ces mots puissent vous faire vagabonde l’esprit vers un lieu de plainte, WAXX n’est pas un autre de ces groupes punk pleurnichards. Le combo affute griffes intelligemment et créativement et il parcoure ainsi les 12 titres d’une réalité implacable qui fait que, à la limite, il n’y a rien à ne pas aimer dans ce disque.

Maz DeVita, l’avant-gardiste de Maz DeVita, déchire quelques mélodies chantantes dans la chanson-titre, une offrande pensive mais punk qui semble être livrée sans effort. Même le sublime single « Labrador », qui était impressionnant lorsqu’il est sorti en « single », avec ses tendances « who-cares-what-what-you-think », semble encore plus tenace au milieu de ses frères et sœurs.

Bien que simples dans leur forme, les tentatives courageuses de complexité se retrouvent dans les mélodies vocales de chansons comme « History » et « Changing Face ». Dans leurs formes les plus dépouillées, voire vulnérables, WAAX permette à DeVita de tisser des mélodies complexes et de donner àchaque matériau sa couleur unique.

WAAX a redéfini ce que signifie être punk au 21ème siècle. C’est un album qui marque un point, qui se situe au sommet de la gamme des angoisses sans sacrifier l’ingéniosité mélodique du groupe.

***1/2

25 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Off With Their Heads: « Be Good »

Il paraît que la mélancolie peut engendrer le désir de compagnie ; Be Good, le cinsuième album studio de Off With Their Heads, pourrait en être l’illustration parfaite tant il dévoile sans honte et de manière implacable ce sentiment cathartique et libérateur.

En effet, la colère angoissée et les mélodies usées qui font comme déchirer les hauts-parleurs sur des titres comme « Take Me Away » ou ce morceau emblématisue qu’est « Serene Errand » sont les judicieux réceptacles à ces humeurs où on se sent comme un moins que rien pour ne pas dire plus. De la même manière, « You Will Die », chanson de pub prise sur le mode extrême, ne pourra que parler à ceux qui s’identifient à cette attitude «  DILIGAF » (j’en ai rien à foutre) et s’avèrera sans problème à devenir l’hyme de cette engeance ou génération.

Voilà un disue à écouter quand on a envie de s’enfermer en présence de soi-même , en pensant partager cette sensation exaltante d’avandon porteuse d’un espoir dirigé vers, au mieux, un mur.

Off With Their Heads véhicule, ici, ce sentiment étrange de réconfort sans sacrifier pour autant le nerf de la guerre sonique du combo : les guitares qui hurelent et qui lacèrent, la bien-pensance punk qui se flagelle et se justifie dans sa révolte, voire son nihilisme. Be Good est la meilleute offrande que le groupe peut nous servir à ce stade, sur ce nouvel album.

***1/2

12 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

8 Boys: « Dudu »

En 2017, B Boys avait fait une entrée fracassante avec leur premier album Dada. Depuis, le groupe new-yorkais a su, de suite, imposer son style rugueux et implacable qui est devenu une véritable marque de fabrique pour lui. Ainsi, après le Dada vient le Dudu puisque ainsi est nommé son opus suivant.

Une fois de plus, B Boys reste dans sa zone de confort avec leur post-punk bien nerveux et incisif. Et le trio de Brooklyn ne perd pas le nord à travers des titres claustrophobiques allant de l’introductif « Cognitive Dissonance » à « Can’t Stand It » en passant par l’urgence digne de Parquet Courts ou de Preoccupations sur « Closer » et « Ceremonies of Waste » ou bien encore « Another Anthem » et « On Repeat ».

Entre épopées dignes de The Clash de la belle époque sur « Automaton » ou d’autres plus sombres avec « Instant Pace » et « Asleep/Awake », B Boys fait parler ses frustrations et angoisses perpétuelles. Dudu atteinda son sommet sur « I Want » qui convie Veronica Torres de Pill mais ne s’éloigne jamais de sa trame habituelle. De la détermination au niveau des compositions bien explosives de ce second album, tel est le dada du trio de Brooklyn.

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1 août 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Damon Locks / Black Monument Ensemble: « Where Future Unfolds »

Membre de l’ex-formation punk/math-rock Trenchmouth, Damon Locks, s’est lancé il y a quelques années dans un projet solo, consistant à mélanger samples de discours des Civil Rights enrobés de boites à rythmes. Petit à petit, il s’est vu rejoindre par une troupe de danseurs de la compagnie Move Me Soul, de chanteurs issus du Chicago Children’s Choir, et  de musiciens, Angel Bat Dawid (clarinette), Dana Hall (batterie), propulsant Where Future Unfolds dans une nouvelle dimension, digne héritier de l’afro-futurisme d’un Sun Ra et d’une liberté digne du New York Contemporary Five.

La grande force de Where Future Unfolds est de piocher dans la grande histoire de la musique afro-américaine, pour un résultat qui dépasse toutes les attentes, mélangeant les genres pour offrir un album qui fait la jonction entre passé, présent et futur, habité par un militantisme plus que jamais nécessaire.

Enregistré lors rs d’une prestation à Chicago, Where Future Unfolds résonne comme le renouveau d’un genre en pleine explosion, l’afro-futurisme retrouvant ses couleurs originelles, pour sonner de manière aussi vitale et actuelle.

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30 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Heads Off: « Everything Is Everything Else »

Le premier album des Heads Off les avait signalés sur la carte. Le deuxième devrait, dans un monde idéal, leur permettre de faire parler d’eux. Mais il est fort probable que Everything Is Everything Else devienne jamais un sujet de discussion pour personne. C’est bien dommage car cet album qui prolonge musicalement le précédent est un excellent exemple de ce que le rock devrait être plus souvent : une série d’uppercuts au menton, un enchaînement de titres confus, enthousiastes, brefs, exécutés dans l’urgence du moment et avec quelques bricoles à dire.

C’est ce qu’on vient chercher ici : l’efficacité, l’intensité d’une livraison mêlant à la fois un sens inné des mélodies et une énergie punk sous laquelle l’herbe ne repousse pas. Il suffit d’écouter « At One With Doom », l’un des meilleurs morceaux de ces dix titres, pour comprendre de quoi il est question. Danny Lowe est seul en piste, à la guitare, à la batterie et au chant. Il produit aussi. L’intro est foutraque et dissonante, la rythmique brutale et rudimentaire. La musique de Heads Off est frustre et pensée comme une performance, unique et sauvage. Le chant est lui-même poussé en limite de voix, doublé par un chœur artisanal qu’on imagine enregistré au repos. Le résultat est impeccable, infectieux, intelligent et incisif. On pense aux White Stripes en version DIY et en beaucoup plus cool, à un Jay Reatard qui aurait dépassé les 35 ans et se déchaînerait en studio après avoir été conduire les enfants à l’école. Tout est là : « Reptiles Around You », presque hard rock dans son entame et qui agit comme un pamphlet psychédélique et politique. Le groupe a déjà utilisé ce riff sur son précédent album mais qui s’en soucie quand les reptiles vous encerclent et sont prêts à vous enlever. Heads Off fourbit une musique de résistance, montée depuis l’underground.

C’est le rock des arrières-caves, des clubs cheap et des héros à guitares. « Black Magic » est épatant ; il ne nous souhaite pas la bienvenue dans la tête de son créateur car la pensée unique n’a pas cours ici et le punk est avant tout une revendication d’indépendance. Le solo de guitare après deux minutes fait penser à John Perry des Only Ones. On n’a pas fait plus cool depuis la mort de Keith Richards. « Antisocial Me » est encore meilleur dans sa vindicte qui veut bannir l’ennui et qui estime que le refus de faire société est le nouvel héroïsme, la non-participation au fantasme des autres, la seule planche de salut.

Everything is Everything Else est un cri de colère, presque amusé, une critique sociale radicale et réjouissante. Il y a encore des gens qui se foutent de tout et qui peuvent composer une chanson joyeuse et crâneuse qui s’appelle un « In Misery » et évoquera les rapports entre la dèche et la liberté et vie affranchie des nécessités et de ce qui nous attend tous quand le capitalisme n’aura plus besoin de nous pour participer à son entretien. Est-ce qu’il y a mieux à proposer ? Lowe s’en donne à cœur joie et sert un texte remarquable qu’il propulse sur une exécution à toute berzingue. L’album s’appuie sur des riffs incroyablement efficaces et puissants mais aussi sur une recherche dans la production qui donne à ce punk des origines un cachet moderne bluffant. Les guitares orientales de « Rotting » sont fascinantes et font de ce titre un des joyaux de l’album. Le morceau est imposant, critique, nihiliste tant Lowe pratique la politique de la terre brûlée. Avec lui, c’est la voix de la normalité qui s’exprime, celle des collaborateurs malgré eux et des artistes de cirque, la voix de ceux qui n’en peuvent plus et s’en amusent. La couverture du disque ne trompe pas : le monde est devenu burlesque et notre participation un numéro de prestidigitation et de clownerie surréaliste. Danny Lowe est Monsieur Loyal. Le spectacle est assuré. « Take Back Contro » est tranchant drôle et terrifiant. L’interprétation fait sourire mais met en relief la triste vérité : «celle qui nous voit expirer.

On pourra s’offusquer ou, au contraire, s’enthousiasmer pour le dernier truc à la mode, mais la subversion n’a pas changé d’adresse. Dire vite, dire fort : c’est la loi de Heads Off, celle de l’authenticité et de la force de rire de son sort.

****1/2

29 juin 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Priests: « The Seduction Of Kansas »

Priests est un quatuor punk bien brutal venu de Washington venu balancer un cocktail molotov à la face d’une Amérique plongé, avec l’élection de Trump, dans le conservatisme. Deux années plus tard, ils semblent avoir encore encore la rage dans le ventre avec The Seduction of Kansas.

Le désormais trio veut nous prouve qu’il ne se cantonne pas qu’à un seul genre. Lorsque l’on écoute des morceaux bien novateurs et sucrés comme l’introduction nommée « Jesus’ Son » où Katie Alice Greer joue les provocatrices de service ou bien encore le morceau-titre pop fuzzy, on se dit que le combo n veut élargir sa palette sans pour autant perdre de son mordant.

Ce nouveau son a une raison, et elle se nomme John Congleton. Le producteur fait sortir Priests de leur zone de confort avec des petites touches d’électronique pour relever le tout que ce soit sur les influences surf-rock de « I’m Clean » et de « Ice Cream », des morceaux digitaux avec « 68 Screen » ou sur des titres plus directs comme « Good Time Charlie » et « Control Freak » permettant à Katie Alice Greer explorerla facette obscure de la société américaine.

Contrairement à Nothing Feels Natural, le groupe n’attaque pas le gouvernement US mais le « glamourise » de façon ironique avec des références plus que glauques sur « Carol » et sur la conclusion bien rythmée de « Texas Instruments ».

On peut applaudir l’audace qu’a Priests de sortir de sa zone de confort en prouvant au monde qu’ils ne sont pas un énième groupe de punk énervé. Ce que le trio a perdu en punch, il l’a gagné en subtilité et cela de l’empêche toujours pas de taper là où ça fait le plus mal au coeur de sa cible.

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10 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire