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Priests: « The Seduction Of Kansas »

Priests est un quatuor punk bien brutal venu de Washington venu balancer un cocktail molotov à la face d’une Amérique plongé, avec l’élection de Trump, dans le conservatisme. Deux années plus tard, ils semblent avoir encore encore la rage dans le ventre avec The Seduction of Kansas.

Le désormais trio veut nous prouve qu’il ne se cantonne pas qu’à un seul genre. Lorsque l’on écoute des morceaux bien novateurs et sucrés comme l’introduction nommée « Jesus’ Son » où Katie Alice Greer joue les provocatrices de service ou bien encore le morceau-titre pop fuzzy, on se dit que le combo n veut élargir sa palette sans pour autant perdre de son mordant.

Ce nouveau son a une raison, et elle se nomme John Congleton. Le producteur fait sortir Priests de leur zone de confort avec des petites touches d’électronique pour relever le tout que ce soit sur les influences surf-rock de « I’m Clean » et de « Ice Cream », des morceaux digitaux avec « 68 Screen » ou sur des titres plus directs comme « Good Time Charlie » et « Control Freak » permettant à Katie Alice Greer explorerla facette obscure de la société américaine.

Contrairement à Nothing Feels Natural, le groupe n’attaque pas le gouvernement US mais le « glamourise » de façon ironique avec des références plus que glauques sur « Carol » et sur la conclusion bien rythmée de « Texas Instruments ».

On peut applaudir l’audace qu’a Priests de sortir de sa zone de confort en prouvant au monde qu’ils ne sont pas un énième groupe de punk énervé. Ce que le trio a perdu en punch, il l’a gagné en subtilité et cela de l’empêche toujours pas de taper là où ça fait le plus mal au coeur de sa cible.

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10 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Anteros: « When We Land »

Anteros rêve de CBGB comme aux meilleures heures du débuts des années 2000. Avec leur pop rock’n’oll en étendard, ils entament leur premier album avec un « Call Your Mother » dont l’énergie et la mélodie rappellent les Strokes de Is This It. Leur ambition est palpable (« When We Land ») et ils arborent, chanteuse peroxydée en tête, suave mélange de pop à guitares et discoïde qui crient leur envie de s’imposer comme le Blondie de 2019. Ça tombe bien, ils ont les chansons pour. « Fool Moon » agit ainsi comme une sorte de « Heart Of Glass » miniature « Honey » et sa mélodie bubble gum donnent une furieuse envie de danser et la soul mutante de « Ring Ring » rappellera les meilleures heures de cette période mésestimée.

Le quatuor enchaîne les « singles » potentiels sans se poser de questions avec une efficacité redoutable : « Wrong Side, «  Drive On », « Breakfast » .Les morceaux délivrent leur dose de bonnes vibrations en suivant la formule éprouvée : riff accrocheur, couplets posés et refrains explosifs.

Mais Anteros font aussi merveille quand le tempo se calme, comme sur « Ordinary Girl » façon No Doubt ou sur une ballade comme « Let It Out. »
Anteros réussissent donc avec brio leur atterrissage sous le format album avec When We Land. Sans amais baisser la garde, le groupe enchaîne les coups avec élégance pour laisser l’adversaire K.O. devant une telle énergie et vista musicale. Couplé à leur chanteuse au charisme indéniable, cela suffira peut-être à permettre au combo de faire la pluie et le beau temps un peu plus loin que là où ils ont décidé d’atterrir.

***1/2

14 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Radkey: « Dark Black Makeup »

Quand Radkey émergea vers 2010, ces trois frères teenagers du Missouri furent rapidement considérés comme des prodiges punk. Seront-ils des nouveaux espoirs du genre ou simplement des nouveaux Hanson en mode punk ? Leur premier Dark Black Makeup, n’apporte pas réellement de réponse.

Il s’agit d’une collection de titres garage rock furieux qui justifie ce que la rumeur disait d’eux ; à savoir qu’ils sont des musiciens de rock rétro très compétents. On ne peut s’empêcher néanmoins d’avoir cette impressions que le trio s’efforce avant tout de peindre ses morceaux comme si il imitait les grands figures du punk rock.

Ironiquement, pour un combo dont la réputation se fonde sur des tempos frénétiques, les moments les plus prometteurs sont avant tout les passages les plus lents.
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« Feed My Brain », le « single », choisit une approche axée principalement sur la mélodie avec, toutefois, un chorus bien poussif et la voix de Dee Radkey, charmante dans une variante tamisée, est le mieux mise en valeur à côté des la basse funky et des riffs aigus de « Hunger Pain ».

Radkey peut, sans aucun doute, se faire entendre, reste à parvenir à se faire écouter.

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7 août 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire