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Off With Their Heads: « Be Good »

Il paraît que la mélancolie peut engendrer le désir de compagnie ; Be Good, le cinsuième album studio de Off With Their Heads, pourrait en être l’illustration parfaite tant il dévoile sans honte et de manière implacable ce sentiment cathartique et libérateur.

En effet, la colère angoissée et les mélodies usées qui font comme déchirer les hauts-parleurs sur des titres comme « Take Me Away » ou ce morceau emblématisue qu’est « Serene Errand » sont les judicieux réceptacles à ces humeurs où on se sent comme un moins que rien pour ne pas dire plus. De la même manière, « You Will Die », chanson de pub prise sur le mode extrême, ne pourra que parler à ceux qui s’identifient à cette attitude «  DILIGAF » (j’en ai rien à foutre) et s’avèrera sans problème à devenir l’hyme de cette engeance ou génération.

Voilà un disue à écouter quand on a envie de s’enfermer en présence de soi-même , en pensant partager cette sensation exaltante d’avandon porteuse d’un espoir dirigé vers, au mieux, un mur.

Off With Their Heads véhicule, ici, ce sentiment étrange de réconfort sans sacrifier pour autant le nerf de la guerre sonique du combo : les guitares qui hurelent et qui lacèrent, la bien-pensance punk qui se flagelle et se justifie dans sa révolte, voire son nihilisme. Be Good est la meilleute offrande que le groupe peut nous servir à ce stade, sur ce nouvel album.

***1/2

12 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

8 Boys: « Dudu »

En 2017, B Boys avait fait une entrée fracassante avec leur premier album Dada. Depuis, le groupe new-yorkais a su, de suite, imposer son style rugueux et implacable qui est devenu une véritable marque de fabrique pour lui. Ainsi, après le Dada vient le Dudu puisque ainsi est nommé son opus suivant.

Une fois de plus, B Boys reste dans sa zone de confort avec leur post-punk bien nerveux et incisif. Et le trio de Brooklyn ne perd pas le nord à travers des titres claustrophobiques allant de l’introductif « Cognitive Dissonance » à « Can’t Stand It » en passant par l’urgence digne de Parquet Courts ou de Preoccupations sur « Closer » et « Ceremonies of Waste » ou bien encore « Another Anthem » et « On Repeat ».

Entre épopées dignes de The Clash de la belle époque sur « Automaton » ou d’autres plus sombres avec « Instant Pace » et « Asleep/Awake », B Boys fait parler ses frustrations et angoisses perpétuelles. Dudu atteinda son sommet sur « I Want » qui convie Veronica Torres de Pill mais ne s’éloigne jamais de sa trame habituelle. De la détermination au niveau des compositions bien explosives de ce second album, tel est le dada du trio de Brooklyn.

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1 août 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Damon Locks / Black Monument Ensemble: « Where Future Unfolds »

Membre de l’ex-formation punk/math-rock Trenchmouth, Damon Locks, s’est lancé il y a quelques années dans un projet solo, consistant à mélanger samples de discours des Civil Rights enrobés de boites à rythmes. Petit à petit, il s’est vu rejoindre par une troupe de danseurs de la compagnie Move Me Soul, de chanteurs issus du Chicago Children’s Choir, et  de musiciens, Angel Bat Dawid (clarinette), Dana Hall (batterie), propulsant Where Future Unfolds dans une nouvelle dimension, digne héritier de l’afro-futurisme d’un Sun Ra et d’une liberté digne du New York Contemporary Five.

La grande force de Where Future Unfolds est de piocher dans la grande histoire de la musique afro-américaine, pour un résultat qui dépasse toutes les attentes, mélangeant les genres pour offrir un album qui fait la jonction entre passé, présent et futur, habité par un militantisme plus que jamais nécessaire.

Enregistré lors rs d’une prestation à Chicago, Where Future Unfolds résonne comme le renouveau d’un genre en pleine explosion, l’afro-futurisme retrouvant ses couleurs originelles, pour sonner de manière aussi vitale et actuelle.

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30 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Heads Off: « Everything Is Everything Else »

Le premier album des Heads Off les avait signalés sur la carte. Le deuxième devrait, dans un monde idéal, leur permettre de faire parler d’eux. Mais il est fort probable que Everything Is Everything Else devienne jamais un sujet de discussion pour personne. C’est bien dommage car cet album qui prolonge musicalement le précédent est un excellent exemple de ce que le rock devrait être plus souvent : une série d’uppercuts au menton, un enchaînement de titres confus, enthousiastes, brefs, exécutés dans l’urgence du moment et avec quelques bricoles à dire.

C’est ce qu’on vient chercher ici : l’efficacité, l’intensité d’une livraison mêlant à la fois un sens inné des mélodies et une énergie punk sous laquelle l’herbe ne repousse pas. Il suffit d’écouter « At One With Doom », l’un des meilleurs morceaux de ces dix titres, pour comprendre de quoi il est question. Danny Lowe est seul en piste, à la guitare, à la batterie et au chant. Il produit aussi. L’intro est foutraque et dissonante, la rythmique brutale et rudimentaire. La musique de Heads Off est frustre et pensée comme une performance, unique et sauvage. Le chant est lui-même poussé en limite de voix, doublé par un chœur artisanal qu’on imagine enregistré au repos. Le résultat est impeccable, infectieux, intelligent et incisif. On pense aux White Stripes en version DIY et en beaucoup plus cool, à un Jay Reatard qui aurait dépassé les 35 ans et se déchaînerait en studio après avoir été conduire les enfants à l’école. Tout est là : « Reptiles Around You », presque hard rock dans son entame et qui agit comme un pamphlet psychédélique et politique. Le groupe a déjà utilisé ce riff sur son précédent album mais qui s’en soucie quand les reptiles vous encerclent et sont prêts à vous enlever. Heads Off fourbit une musique de résistance, montée depuis l’underground.

C’est le rock des arrières-caves, des clubs cheap et des héros à guitares. « Black Magic » est épatant ; il ne nous souhaite pas la bienvenue dans la tête de son créateur car la pensée unique n’a pas cours ici et le punk est avant tout une revendication d’indépendance. Le solo de guitare après deux minutes fait penser à John Perry des Only Ones. On n’a pas fait plus cool depuis la mort de Keith Richards. « Antisocial Me » est encore meilleur dans sa vindicte qui veut bannir l’ennui et qui estime que le refus de faire société est le nouvel héroïsme, la non-participation au fantasme des autres, la seule planche de salut.

Everything is Everything Else est un cri de colère, presque amusé, une critique sociale radicale et réjouissante. Il y a encore des gens qui se foutent de tout et qui peuvent composer une chanson joyeuse et crâneuse qui s’appelle un « In Misery » et évoquera les rapports entre la dèche et la liberté et vie affranchie des nécessités et de ce qui nous attend tous quand le capitalisme n’aura plus besoin de nous pour participer à son entretien. Est-ce qu’il y a mieux à proposer ? Lowe s’en donne à cœur joie et sert un texte remarquable qu’il propulse sur une exécution à toute berzingue. L’album s’appuie sur des riffs incroyablement efficaces et puissants mais aussi sur une recherche dans la production qui donne à ce punk des origines un cachet moderne bluffant. Les guitares orientales de « Rotting » sont fascinantes et font de ce titre un des joyaux de l’album. Le morceau est imposant, critique, nihiliste tant Lowe pratique la politique de la terre brûlée. Avec lui, c’est la voix de la normalité qui s’exprime, celle des collaborateurs malgré eux et des artistes de cirque, la voix de ceux qui n’en peuvent plus et s’en amusent. La couverture du disque ne trompe pas : le monde est devenu burlesque et notre participation un numéro de prestidigitation et de clownerie surréaliste. Danny Lowe est Monsieur Loyal. Le spectacle est assuré. « Take Back Contro » est tranchant drôle et terrifiant. L’interprétation fait sourire mais met en relief la triste vérité : «celle qui nous voit expirer.

On pourra s’offusquer ou, au contraire, s’enthousiasmer pour le dernier truc à la mode, mais la subversion n’a pas changé d’adresse. Dire vite, dire fort : c’est la loi de Heads Off, celle de l’authenticité et de la force de rire de son sort.

****1/2

29 juin 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Priests: « The Seduction Of Kansas »

Priests est un quatuor punk bien brutal venu de Washington venu balancer un cocktail molotov à la face d’une Amérique plongé, avec l’élection de Trump, dans le conservatisme. Deux années plus tard, ils semblent avoir encore encore la rage dans le ventre avec The Seduction of Kansas.

Le désormais trio veut nous prouve qu’il ne se cantonne pas qu’à un seul genre. Lorsque l’on écoute des morceaux bien novateurs et sucrés comme l’introduction nommée « Jesus’ Son » où Katie Alice Greer joue les provocatrices de service ou bien encore le morceau-titre pop fuzzy, on se dit que le combo n veut élargir sa palette sans pour autant perdre de son mordant.

Ce nouveau son a une raison, et elle se nomme John Congleton. Le producteur fait sortir Priests de leur zone de confort avec des petites touches d’électronique pour relever le tout que ce soit sur les influences surf-rock de « I’m Clean » et de « Ice Cream », des morceaux digitaux avec « 68 Screen » ou sur des titres plus directs comme « Good Time Charlie » et « Control Freak » permettant à Katie Alice Greer explorerla facette obscure de la société américaine.

Contrairement à Nothing Feels Natural, le groupe n’attaque pas le gouvernement US mais le « glamourise » de façon ironique avec des références plus que glauques sur « Carol » et sur la conclusion bien rythmée de « Texas Instruments ».

On peut applaudir l’audace qu’a Priests de sortir de sa zone de confort en prouvant au monde qu’ils ne sont pas un énième groupe de punk énervé. Ce que le trio a perdu en punch, il l’a gagné en subtilité et cela de l’empêche toujours pas de taper là où ça fait le plus mal au coeur de sa cible.

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10 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Anteros: « When We Land »

Anteros rêve de CBGB comme aux meilleures heures du débuts des années 2000. Avec leur pop rock’n’oll en étendard, ils entament leur premier album avec un « Call Your Mother » dont l’énergie et la mélodie rappellent les Strokes de Is This It. Leur ambition est palpable (« When We Land ») et ils arborent, chanteuse peroxydée en tête, suave mélange de pop à guitares et discoïde qui crient leur envie de s’imposer comme le Blondie de 2019. Ça tombe bien, ils ont les chansons pour. « Fool Moon » agit ainsi comme une sorte de « Heart Of Glass » miniature « Honey » et sa mélodie bubble gum donnent une furieuse envie de danser et la soul mutante de « Ring Ring » rappellera les meilleures heures de cette période mésestimée.

Le quatuor enchaîne les « singles » potentiels sans se poser de questions avec une efficacité redoutable : « Wrong Side, «  Drive On », « Breakfast » .Les morceaux délivrent leur dose de bonnes vibrations en suivant la formule éprouvée : riff accrocheur, couplets posés et refrains explosifs.

Mais Anteros font aussi merveille quand le tempo se calme, comme sur « Ordinary Girl » façon No Doubt ou sur une ballade comme « Let It Out. »
Anteros réussissent donc avec brio leur atterrissage sous le format album avec When We Land. Sans amais baisser la garde, le groupe enchaîne les coups avec élégance pour laisser l’adversaire K.O. devant une telle énergie et vista musicale. Couplé à leur chanteuse au charisme indéniable, cela suffira peut-être à permettre au combo de faire la pluie et le beau temps un peu plus loin que là où ils ont décidé d’atterrir.

***1/2

14 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Radkey: « Dark Black Makeup »

Quand Radkey émergea vers 2010, ces trois frères teenagers du Missouri furent rapidement considérés comme des prodiges punk. Seront-ils des nouveaux espoirs du genre ou simplement des nouveaux Hanson en mode punk ? Leur premier Dark Black Makeup, n’apporte pas réellement de réponse.

Il s’agit d’une collection de titres garage rock furieux qui justifie ce que la rumeur disait d’eux ; à savoir qu’ils sont des musiciens de rock rétro très compétents. On ne peut s’empêcher néanmoins d’avoir cette impressions que le trio s’efforce avant tout de peindre ses morceaux comme si il imitait les grands figures du punk rock.

Ironiquement, pour un combo dont la réputation se fonde sur des tempos frénétiques, les moments les plus prometteurs sont avant tout les passages les plus lents.
spotify:track:0E2YQ2vdVXd1514usN4qEc

« Feed My Brain », le « single », choisit une approche axée principalement sur la mélodie avec, toutefois, un chorus bien poussif et la voix de Dee Radkey, charmante dans une variante tamisée, est le mieux mise en valeur à côté des la basse funky et des riffs aigus de « Hunger Pain ».

Radkey peut, sans aucun doute, se faire entendre, reste à parvenir à se faire écouter.

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7 août 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire