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Sam Cohen: « The Future’s Still Ringing In My Ears »

Le récent succès de Kevin Morby, on le doit également à un autre homme : Sam Cohen. En effet, l’ex-membre d’Apollo Sunshine est aux commandes de ses plus grands et incontournables albums. L’homme de l’ombre basé à Brooklyna décidé de faire son grand retour après quatre années de silence radio avec The Future’s Still Ringing In My Ears.

Signé sur un label qui n’est autre que celui de Danger Mouse, Cohen nous présente ses choses à dire sous la forme de onze nouvelles compositions autoproduites (avec une aide précieuse de Danger Mouse créditée à la co-production mais sa patte est plus que présente), il poursuit sa voie qu’il avait emprunté avec son titre psychédélique « Use Your Illusion » aussi bien mystique que mélancolique et sa bande-son hantée The House of Rising Sun. Une fois de plus, son mélange de pop psychédélique et d’indie rock groovy fait effet avec ses claviers complètement trippy et ses arrangements quasi-Dylanesques comme sur « I Can’t Lose », « Something’s Got A Hold On Me » ou bien même sur « Man On Fire ».

Aussi bien rétro que psychédélique, Sam Cohen prend un regard détaché sur la société et dépeint un futur plutôt incertain et pas très optimiste. Ce sera avec des instrumentations vintage qui alimentent son sens du storytelling que l’on a affaire comme « Invisible Song », les arrangements au piano du plus bel effet de « Deafening Silence » sans oublier les guitares bien rétro et fumeuses qui habillent « Dead Rider ». Mentionnons tout de même l’audacieux « Let The Sun Come Through » qui pourrait faire office de pièce maîtresse de cet opus qui fourmille de nombreuses idées, n’en déplaise avec les nostalgiques « Waiting For My Baby » et « The Future ».

On pourra considérer The Future’s Still Ringing In My Ears comme un point tournant dans la créativité de Sam Cohen. On retrouve certains aspects qui ont fait le succès de Kevin Morby mais avec cette pointe de psychédélisme que l’on soupçonnait sur son premier album mais également lors de ses travaux précédents auprès d’Apollo Sunshine ou de Yellowbird. Grâce à l’aide précieuse de Danger Mouse, le musicien est définitivement prêt pour passer de l’ombre à la lumière avec un avenir plutôt bien tracé.

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23 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Golden Daze: « Simpatico »

Golden Daze formé en 2013 est un duo américain originaire de Los Angeles constitué de Ben Schwab et de Jacob Loeb. Pour d’emblée tenter d’aiguiller sur le genre de leur univers pop, on pourrait citer cite Ultimate Painting, Jon Brion, The Clientele et comme adjectif élégant, intime, sucré et éthéré. Le premier album paru en 2016 est suivi de ce Simpatico, cousu d’or harmonique et mélodique. Leurs deux voix à l’unisson touchent, leurs guitares mariées à la basse et la batterie, marquent un tempo chaleureux qui met dans le mille. Le mélange est somptueux, homogène et fichtrement limpide à l’oreille. L’album déploie ses mélopées de manière brillante, voire astrale. Les cordes de violons et la peau du tambourin s’invitent parfois, discrètement pour effleurer les arpèges de guitares et le chant cristallin montrant que les deux artistes sont doués pour non seulement la création mais aussi l’instrumentation et l’interprétation. Quand ce cocktail est réussi, il reste sur la platine une petite tuerie pop.

Ce qui éduit, à la première écoute, c’est la basse qui swingue, offre de l’ampleur aux guitares et se promène sur tout le disque en le portant avec gaillardise à bout de chevalet. Les mélopées s’ouvrent sur « Blue Bell » qui sonne le glas de la délicatesse et du temps qui passe, plantant un décor doré de notes romantiques et de voix duveteuses.

« Amber » enchainera sans blanc maintenant cette sensation de matière avec ses métaphores saisonnières impeccables. La chanson remplit l’attention dès l’arrivée de la basse grandiose pour évoquer une relation vibrante doans laqulle « Flowers » va créer une continuité forte et efficace. Le titre au groove subtil se fait plus insistant et persistant sur une ritournelle en guise de bouquet de fleurs, puis sentimentale sur « Took a Fall » où la distance amplifie l’amitié ou la fraternité. Les images physiques, géographiques, en mouvement se foront langoureuses sur « Lynard Bassman » avec sa mélodie pleine de fulgurance et ses arrangements enrichis de cordes. « Wayward Tide » avancera sa majesté sur ses accords et arpèges de guitares fins où l’on entend tout le travail de sculpteurs de Ben et de Jacob, idem pour l’excellent « Within » qui croise divinement l’art de la composition à celui de l’interprétation.

« Sentimental Mind » avec son tempo indie solide poursuit l’ambiance ballades pop soyeuses, qui avancent en s’encastrant et se répondant parfaitement faisant perdre la notion du temps quand un « Drift » sautillant et rythmé par le tambourin et les cymbales ajoute à l’intelligence et à la musicalité une envoutante dose d’optimisme. Arrivera ansuite cla perle du disque un formidable Where « You Wanna Be ». « Simpatico », le morceau-titre de l’album est, pour terminer l’écoute, la chanson phare, par son sens et sa construction. Folk, lo-fi, indie pop alternative, tous les éléments sont là et bien malaxés pour créer un titre brillant. Le travail effectué sur les deux voix reflètent la complicité de Ben Schwab et de Jacob Loeb, ce qui est voulu et recherché. Le résultat élégant est atypique parce qu’il est rare de pouvoir savourer une telle pépite pop écrite à quatre mains traitant du thème de l’amitié. Golden Daze signe un Simpatico beau, musclé d’harmonies, lumineux de fraternité et équilibré de sentiments positifs.

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20 avril 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire