An Autumn For Crippled Children: « All Fell Silent, Everything Went Quiet »

28 avril 2020

An Autumn For Crippled Children est un groupe qui a toujours flotté autour de la sphère de vision, des aficionados mais auquel jceux-ci n’ont jamais réussi à donner assez de profondeur. Quand l’album numéro huit est arrivé on a peut-être l’occasion parfaite de s‘immerger suffisamment pour essayer de décrire ce qqui peut y être trouvé. Sur All Fell Silent, Everything Went Quiet, le mystérieux trio hollandais qui soude d’une manière ou d’une autre les sons inspirés de Joy Division au black metal, ça ne sera peut-être pas l’opus essentiel mais ça marche vraiment.

Il n’y a pas ici de guitare façon « Love Will Tear Us Apart » et le chant est loin d’être compréhensible, mais la batterie a un son riche en retombées du début des années 90 et en sons de synthétiseurs lourds des années 80. Imaginez qun Joy Division qui aurait remplacé Ian Curtis par un chanteur de black metal mais que, batteur en tête,le combo conserve l’esthétique originale de l’enregistrement. Bien que ce ne soit pas une nouveauté pour le groupe, ils ont quand même produit un album où rien n’est vainement répété.

Il y a quelques morceaux qui se démarquent vraiment et on peut être particulièrement attiré par le deuxième titre, un « Water’s Edge » qui possède un rythme de batterie hypnotique proche du happy hardcore des années 90 et qui aurait vraiment pu apparaître sur un « single » de Technohead. Ce qui est beau, c’est la façon dont il s’intègre dans le chant étincelant et insaisissable et les synthés qui prennent le dessus sur la guitare pour entraîner la chanson dans la rigole avant de s’envoler vers la stratosphère. La chanson « Paths » se démarque aussi car lson début ne donne aucune indication sur l’endroit où vous allez être emmené. La batterie est absolument percutante, mais avec cette faible couche d’effet 80/90 et des synthés qui s’envolent tandis que la guitare se déchire à une seconde place en arrière-cour.

L’album est d’une grande intensité et d’un grand rythme, avec des chansons qui sortent tout droit des pièges et qui se contentent d’être percutantes. Bien qu’il y ait tant de constantes, la musique n’est pas répétitive et, lorsque vous passez d’un titre à l’autre, il y a une nette distinction de ce changement. C’est une démonstration magistrale de mélange des extrêmes à un rythme élevé, sans pour autant être répétitif ou gadget. Saluons donc cette agilité qui est aussi organique que celle ici ressentie.

***1/2


Then Comes Silence: « Machine »

9 avril 2020

Machine est le cinquième album des rockers suédois Then Comes Silence, et il ressemble certainement à un album réalisé par un groupe qui a mis du temps à trouver son son. Les albums précédents semblaient souvent coincés entre les tendances lourdes du groupe et leur penchant pour les structures et les humeurs post-punk. Là où Machine réussit, c’est à trouver l’équilibre entre ces deux modes. Le résultat est un solide dossier de morceaux de rock gothique qui ne lésinent pas sur les riffs ou les rythmes dansants.

L’ouverture de « We Lose the Night » devrait vous donner une idée assez précise de ce que l’on peut attendre de Then Comes Silence. Les parties de guitare et les rythmes sont très chantés, la batterie se mélange à la manière de Joy Division et Alex Svenson chante à la basse. Ce n’est rien de particulièrement nouveau mais il est remarquable de constater à quel point le groupe travaille bien le son de chaque morceau ; « Apocalypse Flare », « Glass », « Devil » sont tous taillés dans un tissu similaire, mais se distinguent par leurs accroches mémorables.

Les principales variations du disque sont également remarquables pour certaines idées intéressantes qu’ils travaillent dans le son des pistes environnantes. « I Gave You Everything » est un couplet très sinistre, réduit à un simple riff de guitare descendant, à quelques trémolos en filigrane et à 4 simples coups de pied au sol, ce qui donne à son grand refrain un peu plus de jus quand il éclate. « Kill It » est l’un des morceaux les moins sombres, mais avec des touches psychédéliques qui rappellent le vintage Tear Garden. On peut aussi apprécier « Cuts Inside » plus proche, où le groupe se met enfin à une vague permettant aux synthés en toile de fond de briller un peu plus dans le mix pour des atmosphères plus effrayantes.

Machine ressemble en tous points au travail d’un vrai groupe de rock, avec une production et un mixage qui mettent en valeur les points forts de la chanson. Then Comes Silence n’est pas très novateur – et pour être honnête, il y a certainement des moments où ils puisent directement dans certaines de leurs influences – mais ils savent se débrouiller avec un accroche-regard et un refrain et ont le bon sens de faire bouger les choses d’un morceau à l’autre. Si vous recherchez un disque solide de rock gothique moderne, Machine devrait faire l’affaire.

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Vitja: « Thirst »

13 octobre 2019

Vitja s’est, jusqu’ici, illustré par son mélange electro metalcore parfois musclé, parfois mainstream et des pochettes quelque peu hideuses ; Thirst, lui jouit d’un artwork assez classique mais élégant D’ailleurs, « Light blue » démarre de façon très soft. On imagine sans mal le titre catapulté en « singl »e et propulsé sur les ondes avec la bannière « nouveau Linkin Park ». Bien sûr, quelques vocaux plus metal sont présents en fin de bouche, mais bon, on va plus retenir la jolie mélodie et le feeling général très pop du titre. « Silver lining », se fera beaucoup plus incisif, mais conserve toujours cette touche Vitja faite de beaucoup de sucre et d’un poil de piment.

Le reste un mélange suffisamment équilibré pour qu’on en redemande, quel que soit le côté qu’on préfère chez le combo. Comme ce qu’on avait supputé après le premier titre, Thirst a pas mal levé la pédale sur la violence (relative) sur ce disque qui se situe tout de même en droite lignée de  Digital Love dans l’intention d’axer ses efforts sur l’hybridation. Les 13 titres sont mieux produits, bénéficiant d’un son encore plus « rond », et mixe donc bien mieux la bipolarité du groupe ; tout ici sonne de manière plus naturelle, plus intégrée. C’est évident, certains ne retiendront que le fait que Vitja se soit calmé, mais on ne peut que continuer à trouver ce disque plutôt fort sympathique.

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Manchild: « Demons »

7 mai 2019

Des démons, le canadien Madchild en a pas mal dans sa besace. Avec ses goût pour un certain hip-hop et le crossover qu’il a ainsi réalisé on sait qu’il est capable de nous réserver pas mal de surprises.

La dernière en date, The Darkest Hour, avait pourtant été pour le moin raté et il n’est peut-être que logique de le voir glisser vers des terres musicales beaucoup plus « américaines » et classiques, plus groovy et typiquement hip-hop. En quelque sorte, une émancipation de son passé plus sombre.

Et si ce « Demons » est un titre qui nous est brandi sous le nez,les autres smorceaux suivent pour la plupart le même chemin. Il y a quelques succulents moments (« Brainstorm », « Demons », « Death race », « Soiled in regret »), le reste grappillant les mentions bon mais sans plus et pas mal du tout. Oui,pas vraiment de mauvais choix ici juste des options discutables. À prendre ou à laisser suivant qu’on s’attendait à mieux ou pas.

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New Years Day: « Unbreakable »

3 mai 2019

New Years Day est un groupe originaire d’Anaheim, Californie, qui mélange plusieurs éléments qui fonctionnent plutôt bien ensemble ; le néo metal ou metal alternatif, le thrashcore, le heavy metal. Tout ça au travers d’un style très accessible et catchy, mais qui ne manque pas de grosses guitares. On ne va pas se le cache, Unbreakable fonctionne un peu comme une caution pop à la mouvance metal.

New Year’s Day est l’évolution naturelle de formations comme Evanescence. Un côté moins propret dans le look, peut-être de plus grosses six codes, mais dans le fonds, peu de changements. On pourrait disserter pendant des heures du côté commercial de ce groupe (qui, pourtant, n’a pas été monté de toutes pièces, puisqu’il existe depuis 2004 et s’est bâti au travers de multiples changements de personnel), mais ce serait totalement vain.

Parce que ça aurait un intérêt si sa musique était un repoussoir, ou que le groupe n’assumait pas ce qu’il est. Mais il n’en est évidemment rien. Chaque titre assure à la perfection, et, même Unbreakable ne pourra se vanter d’être un classique à longue duré de vie, ce sera un opus qu’on pourra mettre en mode « lecture » sans trop y penser, comme une toile de fond idéale, rassurante et gorgée de queqsues décibels.

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