The Wants: « Container »

8 mars 2020

Comme ceux qui ont écouté les impressionnants « singles » du groupe le savent, The Wants exécutent remarquablement bien le post-punk motorik et kraut-rocking – le « single » principal « The Motor » s’élève avec une frénésie dansante mais toujours sombre sur fond de paroles, de guitares implacables et d’électronique pulsée. La pop, elle aussi, est un jeu d’enfant et Le titre « Containe » » est un thrash dance-punk avec sa part de bruits anxiogènes et le phrasé paniqué du chant de VanDam.

L’anxiété est un thème qui revient sans cesse, les cordes pliées de la guitare de VanDam s’entrechoquant dans le démantèlement sociétal de style Depeche Mode sur « Fear My Society ». Elle est là aussi, dans le bruit industriel grinçant de l’instrumental d’ouverture « Ramp », du rembourrage des pistes « Machine Room » et du paysage sonoique complet « Aluminium ». Dans les synthés bouillonnants, les basses vacillantes et les percussions creuses, il est facile d’entendre la proximité apolcalyptique qui fait de ce Container à un Can des temps modernes, une réexploration du genre, aujourd’hui perdu, de la positivité originale que les ancêtres de The Wants semblaient avoir tant. 

Il y a des tubes dans des chansons qui n’ont pas fait l’objet de « singles ». « Ape Trap » est une autre fête dance-rock avec un riff de guitare classique auquel The Wants fredonnent jeunesse et nouveauté. »Nuclear Party » joue avec le rock anthemique, mais conserve la nature expérimentale d’un groupe qui ne supporte pas de servir de la banalité.

Au total, Container propose une suggestion remarquable sur la façon dont la scène musicale underground peut répondre à la diversification continue des genres de la pop grand public. Bien que nous visions à identifier les genres qui ont précédé afin de les catégoriser et de les contenir, comme toujours, c’est l’impact émotionnel d’un groupe qui identifie son contenu. Et, à ce prpos, Container est un voyage exaltant qui flirte avec l’aphorisme.

***1/2


Hamerkop: « Remote »

18 février 2020

Annabel Alpers, ancienne de Bachelorette, est de retour aux côtés du batteur/ingénieur de Baltimore Adam Cooke (Future Islands, Wye Oak) dans le rôle de Hamerkop. Et leur premier LP, Remote, est une fascinante exploration sonore.

Le trio d’ouverture du disque, « Egg, We Can Wing et The Splendour That Was Rome », mélange le krautrock et le psychédélisme à base de synthétiseurs, mais tout en étant les morceaux les plus immédiats du disque, c’est en son centre, plus spacieux, qu’il prend véritablement vie.

La chanson-titre, « Remote », voit des enregistrements de terrain (field recordings) superposés à des poussées acoustiques tourbillonnantes et des voix entrelacées et répétitives pour former des phrases mélodiques étourdissantes. Sur « Deadwood », Alpers fera penser à Victoria Legrand du Beach House, mais le moment le plus éclatant du disque sera « Polisher » qui se sistingue par un arrangement envoûtant avec des guitares et des altos tordus passer de simples tubes de tabla à la meilleure performance vocale sur un Remote difficile à classer dans un genre spécifique mais savoureux à explorer dans son étincelante singularité.

***1/2


Sunflowers: « Endless Voyage »

7 février 2020

Ce garage-band psychédélique prête ici sa couronne à des machines. En 2018, Sunflowers avaient fait sensation avec un Castle Spell punky et sauvage ; aujourd’hui, les Portugais sortent leur troisième album.

Le concept de Endless Voyage est basé surune image globale dystopique : Ii s’agit de la fin du monde, le soulèvement des machines est arrivé, nous vivons dans le chaos. La question en est : est-ce que ce que nous sommes tentés de faire aujourd’hui ?

L’album, dès lors obéit à ce contenu et crée, par conqéquent, des sons d’ordinateur comme emballage musical. Des synthés bizarres, des sampes de 8 bits ; quelque chose qui ressemble à un échantillonage sonique de claviers apparaissant et disparaissant Le premier résultat en est que, longtemps, nous il faudra distinguer un morceau d’un autre.

« Defective Machine » démarre en mode robotique, la guitare prend le relais, elle devient plus rock, mais reste instrumentale. Il n’y a qu’avec « A Conflict Taking Place » qu’il y a une vraie chanson rock et i c’est ici Sunflowers montrent font montre de leurampleur avec cette piste fantastique qui s’envole d’abord, puis s’éloigne.

Les gadgets servant d’interludes ne dérangent pas, ils soutiennent l’ambiance maisce n’est que quand la guitare, la basse et la batterie se mettent en marche qu’on éprouve satisfaction auditive comme sur le crépitant « Dreamweaver » ou le véhément « Oscillations ». Endless Voyage est un merveilleux film psychologique qui se transforme en une expérience où les robots ont le dessus et où ne pouvons que nous rendre à eux.

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Les Byg Bird: « They Worshipped Cats »

23 mai 2014

Les Big Byrd est un groupe de psyche-rock suédois assez unique puisque inspiré à la fois par la force de riffs composés d’un seul accord, un Ktaurock minimaliste et un rock plus sinistre voire gothique. They Worshipped Cats est leur premier album et il semble tout entier axé sur la volonté de le démontrer.

Cerains de ses membres avaient déjà effectué quelques tournées avec, entre autres, Fireside et The Ceasars et avaient même travaillé avec eux en tant qu’ingénieurs du son dans les meilleurs studios suédois. Le combo existait donc depuis plusieurs années avant que le hasard ne les fit rencontrer Anton Newcombe qui les a invités à enregistrer avec BJM dans son studio de Berlin.

On sent d’ailleurs dès l’abord cette familiarité avec les techniques d’enregistrement dans la façon dont le vernis du son est parfaitement poli et brillant dans sa reconstitution des tonalités vintage de They Worshipped Cats.

Celles-ci semblent provenir d’une production plus Krautrock que le Krautrock avec, par exemple, les vocaux foisonnant d’échos, les sons assourdis et les rythmes à la caféine de « Tinnitus Ætérnum », un morceau qui ne pourra pas ne pas évoquer le coloré Faust IV. Les boîtes à rythme froides et les synthés vaporeux rappeleront, eux, Harmonim ou Cluster sur l’aérienne chanson titre.

L’implication de Newcombe est évidente mais elle s’exerce avant tout sur les titres qui sont moins centrés sur le Krautrock et plus axés sur le rock. Un exemple en sera le mur de guitares gutturales et les vocaux remplis de reverb qui garnissent « Back to Bagarmossen », habillant le morceau de cette pavane sinistre et de ce sentiment de danger que Newcombe sait si bien mettre en valeur.

Au bout du compte, cet amalgame de méditations robotiques et de rock dépravé tiendra véritablement la route et les textures trippy, les synthés errants et la production serrée feront de They Worshipped Cats un remarquable début.

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