Sphaèros: « Possession »

8 mars 2020

Après 30 ans passés à créer dans de multiples médias (sculpture, visualisation rétinienne, voyages, musique, poésie) jil décidé de tout mélanger en un seul monstre protéiforme : Sphaèros Possession.

On y touve sept pièces musicales et sept films, nés de sphères, sans forme préconçue, créés spontanément comme une écriture automatique, pour laisser parler les esprits. Ce travail est constitué d’une superposition de couches successives de sons, de visions, de poésie et de couleurs. Une fois reliés entre eux, ces éléments créent un univers kaléidoscopique vivant unique qui mêle la vision, l’audition et la pensée spirituelle à l’Au-delà et à ses mondes parallèles.

Pour créer cette pièce, il a passé trois ans dans mon monde intérieur, vivant une vie presque monastique afin de trouver l’essence même de la création, et de partager sa vision de la magie et de la réalité aussi ouvertement que possible, sans aucune concession.

Bien qu’il s’agisse d’un projet personnel, quelques amis l’ont aidé tout au long du chemin pour le chant, la danse, les arrangements, la batterie. La liste qu’il en dresse est explicite et édifiante :

« Holly Carlson (danse envoûtante), Adrian Bang (double batterie), Louise Ebel Pandora (Lucifer), symphonie monotone (danse du sang), Machiavel Machina (la bible isaac contre Xvl), Lenny Kray (studio /mix recording), Sylvia Kochinski (récital de poésie de Sphaèros), Stephanie Swan Quills (chant de poésie d’Aleister Crowley), Dante Fontana (Neckrocifer act), Anja, Attila bela babos, Roky Erickson (de l’interview d’Atom Brain »)

Ne restera plus alors que de plonger dans le paranormal, laisser couler toutes ses obsessions et explorer son mysticisme, un univers ténébreux et mystérieux. On embarquera alors dans l’au-delà, dans l’irréel et on sera perdu dans ce périple inquiétant dès les premières notes de l’obscure introduction nommée « Lucifero ». Mélangeant savamment krautrock, rock psychédélique et musique avant-gardiste afin de n’en garder que des codes peu conventionnels, le membre d’Aqua Nebula Oscillator évoque les forces maléfiques durant ce magma puissant des morceaux solennels tels que « Sorcière » et « Vibration » où tous les sonorités allant de cris de jouissance de femme aux mélodies déconstruites. Nous voici en plein délire rituel où les aspects théâtraux de « Void » et « Oeil » convoquent cris d’animaux, sons de synthés monocordes tout comme la voix de notre hôte bien spectral qui se lance dans diverses incantations sataniques. Vous voilà prévenus au menu de ce Possession qui ne fait pas du tout dans le conventionnel.

***1/2


Water From Your Eyes: « Somebody Else’s Song »

23 novembre 2019

Depuis leur apparition en 2017 avec leur premier album, Water From Your Eyes ont fait sleur bonhomme de chemin avec deux albums bien singuliers. Le duo de post-punk new-yorkais ne compte toujours pas rester statique sur leur troisième album en trois ans, Somebody Else’s Song.

Une fois de plus, Water From Your Eyes étonne avec sa fusion musicale à mi-chemin entre post-punk, krautrock et synthpop au travers d’un troisième opus on ne peut plus versatile. On passera donc du coq à l’âne entre des moments calmes comme l’introduction, et d’autres plus furieux et hypnotiques dont un « Break » s’étirant sur 10 minutes et où les influences krautrock sont présentes grâce à ses rythmiques complexes contrastant avec l’interprétation sereine de Rachel Brown.

Le duo new-yorkais oscille entre calme et tempête sans se perdre dans ses idées. Quoi qu’il en soit, on navigue dans leur univers riche en contraste sur la pop mécanique de « No Better Now » et la douceur de « This Is Slow » mené à la guitare et avec une boîte à rythme et des moments plus dynamiques comme « Adeleine » et le dansant « Bad In The Sun ». C’est dans cette optique que Water From Your Eyes arrive à nous étonner une troisième fois avec ce Somebody Else’s Song qui nous entraîne comme jamais.

***1/2