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Mats Eilertsen: « Reveries & Revelations »

Contrebassiste de renom au CV bien garni dans la sphère jazz norvégienne, Mats Eilertsen s’éloigne ici de sa zone de confort en s’aventurant dans l’écriture d’une œuvre différente, dans le fond comme dans la forme. Rien ne préfigurait d’ailleurs un tel revirement à l’écoute de la plupart de ses précédents efforts, en solo comme en trio. En effet Reveries & Revelations tranche clairement avec le reste de sa discographie fraîche de seulement dix ans. Mieux : il fait basculer sa musique vers des formes abstraites difficilement identifiables tout en l’ouvrant à un intimisme à fleur de peau donnant à l’ensemble une intensité nouvelle, viscérale et plutôt remarquable.

Le musicien fait ici littéralement corps avec son instrument, cette contrebasse que l’on entend ici grincer (« Tundra »), vibrer, gronder. Celui-ci s’est comme d’habitude adjoint les services de figures majeures de la scène norvégienne pour parfaire son tableau, ainsi retrouve t-on le guitariste Geir Sundstøl (« Nightride », « Hardanger ») ou le trompettiste Arve Henriksen (« Supersilent ») sur la magnifique crtcvonclusive « Appreciate ». En donnant une impulsion quasi incantatoire voire obsessionnelle (« Endless) » à ses nouvelles compositions, Mats Eilertsen ouvre son jazz à un champ des possibles qui attise notre curiosité pour l’avenir. Nous nous contenterons pour l’instant de ces quelques percées nocturnes à la beauté saisissante et crépusculaire.

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9 août 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Theon Cross: « Fyah »

Le jazz semble reprendre des couleurs depuis quelques années, avec la profusion de jeunes artistes, surtout en provenance de Grande-Bretagne, peu, néanmoins, apportent quelque chose de nouveau et de réellement excitant, à de rares exceptions près telles que Sons Of Kemet, dont Theon Cross fait partie.

Avec la sortie de son premier album Fyah, le musicien met à l’honneur son instrument de prédilection, le tuba, dont les sonorités graves résonnent comme des basses aux vibrations profondes. Accompagné des musiciens d’exception que sont la saxophoniste Nubya Garcia et le batteur Moses Boyd, Theon Cross se réapproprie une certaine histoire du jazz pour lui offrir des couleurs contemporaines, où underground urbain, afrobeat, musique caribéenne et groove vicieux issus des fanfares de Louisiane, donnent le tournis.

Il plane sur Fyah un esprit be bop, qui donne à l’ensemble une dimension extrêmement accessible, même pour ceux qui n’ont aucune affinité avec l’univers jazzistique, appuyé par la qualité musicale de l’ensemble, alliant magistralement modernité et tradition, le tout habillé par quelques invités prestigieux : Artie Zaitz (guitare), Tim Doyle (percussions), Wayne Francis (saxophone ténor) et Nathaniel Cross (trombone). Magistral.

***1/2

18 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire