Bully : « Sugaregg »

25 août 2020

« Je veux être en contact, me sentir un peu moins déconnectée sans la béquille », s‘écrie Alicia Bognanno de Bully au milieu des guitares déchaînées sur « Stuck in Your Head » (« I wanna be in touch, feel a little less disconnected without the crutch). Le sentiment n’est pas un appel à l’aide gémissant comme cela pourrait paraître, mais plutôt une déclaration frustrée, comme si Bognanno voulait se tourner vers le passé et lui arracher sa perte de contrôle. Ce qui suit sur Sugaregg, son troisième album, est un grunge vif mais bilieux elle illustre sa désorientation avec une vie en perpétuel changement et en se libérant de traditions étouffantes.

Un sentiment de liberté d’esprit est présent sur e disque, presque nostalgique et enfantin, un changement de ton par rapport au deuxième disque plus dense du combo, un Losing sorti en 2017. Malgré cela, l’album ne craint pas les explorations plus lourdes. Bognanno cite le traitement de son trouble bipolaire II pour avoir altéré sa perception d’elle-même et sa capacité à créer de la musique, avec la désensibilisation lente à la douleur sur « Prism » et la lente combustion de « Come Down » comme reflets de cet état d’esprit.

La désorientation et l’ennui de Bognanno ne manquent cependant jamais d’âme ni de punch. Le « single » « Where to Start » s’inspire du classique «  Tubthumping » intérprété par Chumbawamba, ce qui est évident dans des chants, qui, à travers le disque et la discographie de Bully, sammplifie cette démarche d’une seule notre qui convient d’être marmonnée d’une voix râpeuse. Les sons du disque n’en sont pas moins une bouffée d’air enivrante – un mélange rafraîchissant de brut et de propreté.

Au milieu de ces bruits grinçants, Bognanno insite sur son envie de briser le moule, surtout en tant que femme, avec les titres « Every Tradition » et « Not Ashamed » qui insistent sur son désintérêt à se conformer aux attentes de la vie que les autres lui ont présentées. En bref, Bully sait comment faire de la musique pour se sentir jeune et totalement désorientée, parfois désespérée, et finalement, complètement vivante.

***1/2


Momma: « Two of Me »

12 juin 2020

Apparemment, le groupe de grunge pop de L.A. Momma n’a jamais entendu parler de l’écueil du deuxième album let on ne s’en porte que mieux. Les quatre membres du groupe ont sorti leur premier album Interloper en 2018, et deux ans plus tard, ils partagent Two of Me, un album concept qui réussit à capter l’imagination et fait preuve d’une incroyable retenue en même temps. Etta Friedman et Allegra Weingarten, qui se partagent la guitare, l’écriture des chansons et la voix, ont enregistré l’album à Los Angeles avec leurs collègues Zach CapittiFenton (batterie) et Sebastian Jones (basse).

Two of Me explore un monde de l’ombre appelé Bug House qui ressemble au nôtre, mais qui sert d’enfer aux transgresseurs. Friedman et Weingarten sont intentionnellement vagues quant à l’apparence de cette Bug House, mais les descriptions qu’ils en donnent ressemblent au royaume habité par des entraves dans le film Us de Jordan Peele, jusqu’aux éléments tordus du carnaval et aux copies de personnes du monde réel qui y vivent.

« Momma » ne vous prend pas la tête avec des descriptions exagérées de ladite Bug House, mais plutôt avec ce monde souterrain qui s’infiltre insidieusement à travers leur voix confuse, leurs paroles de rechange et leurs guitares déformées. On pourrait même confondre deux de mes chansons avec une première écoute, comme un Snail Mail plus joyeux ou une Chastity Belt plus psychédélique. Mais une fois qu’on est bien renseigné, on a l’impression que lorsque Friedman et Weingarten chantent ensemble, c’est comme s’ils se regardaient dans un miroir déformé de la funhouse, leurs voix étant souvent impossibles à distinguer l’une de l’autre. Ils ont cité cette dualité dans leur processus d’enregistrement (« Nous avons réalisé que nous sommes pratiquement les mêmes, mais juste des gens différents », ont-ils écrit dans un essai pour Talkhouse), et c’est évident dans la façon dont leurs voix non seulement se ressemblent, mais aussi se fondent en un son amorphe.

Et puis il y a la musique elle-même, qui vous attire avec des accords grunge et pourtant baignés de soleil. C’est la version auditive de quand vous fermez les yeux par une journée ensoleillée, la chaleur se déversant dans le rouge à travers les paupières. « Bug House », l’ouverture tentaculaire, vous berce dans un faux sentiment de sécurité avant de s’intensifier dans un vortex de forte distorsion. « Derby » donne à chaque membre du groupe suffisamment d’espace pour montrer ses propres prouesses, et « Double Dar » propose une série de sons de carnaval tintinnabulants et transportables. La distorsion et les guitares floues vous envahissent l’album.

Momma a fait un choix judicieux en ce qui concerne les paroles, en sélectionnant les phrases les plus évocatrices pour donner du punch et en les livrant avec soin. » »Écraser du cartilage / Se lier en pleine frénésie / L’enculé est un monstre / Appâter ce barbare » (Crushing cartilage / Binding on a binge / Fucker is a freak / Baiting this barbarian), Friedman et Weingarten chantent sur le flou avec « Biohazard », qui suit un homme atteint de trouble dissociatif de l’identité qui est envoyé au Bug World pour un meurtre que son alter ego a commis. Leur allitération et la façon dont ils savourent certaines consonnes illustrent le monde de la Maison des insectes. Une jeune fille se languit de son amant sur l’album « Carny » après qu’il ait été banni aux enfers, et vous pouvez imaginer sa détresse juste dans le désir répétitif. Le désir qu’elles expriment n’est surmonté que par leur attitude diabolique sur « Not A Runner » » en chantant « Did I fucking stutter ? I told you I’mnot a runner », si bien que vous pouvez les imaginer en train de jeter des cendres au bout d’une cigarette et de rouler les yeux en même temps. On a l’impression que ce n’est pas sincère, mais une nonchalance feinte pour ne pas être blessé. Après tout, la Bug House n’est pas un endroit où l’on peut baisser sa garde.

Pour faire confiance à un auditeur, il faut toujours faire un acte de foi, et Momma est heureuse de jeter la prudence au vent. Leur capacité à maintenir un sens clair de l’orientation tout en acceptant l’ambiguïté fait de cet album une écoute tout à fait gratifiante. Two of Me donne un aperçu non seulement du monde fantastique de la Bug House, mais aussi des échanges entre Friedman et Weingarten. L’exploration par Momma de leurs propres natures secondaires nous invite à faire de même.

***1/2


Pearl Jam: « Gigaton »

20 mars 2020

« J’ai changé en ne changeant pas du tout », avait entonné solennellement Eddie Vedder, le leader de Pearl Jam, en 1993. Ce sentiment est devenu une sorte de principe directeur pour un groupe de rock chevronné qui, malgré l’absence de l’émotion brute de Nirvana et du sens de la théâtralité des Smashing Pumpkins, a réussi à survivre à beaucoup de leurs contemporains alt-rock. Alors que Vedder a écrit des chansons rock indélébiles – « Yellow Ledbetter » n’en étant qu’un exemple – Pearl Jams emble être sous régulateur de vitesse depuis la fin des années 90, et leur dernier album, Gigaton, est, en grande partie, le même que les précédents.

Le premier titre, « Who Ever Said », est accompagné de riffs de guitare grondants et entrecroisés. La voix de Vedder est également en pleine forme (il commence à ressembler un peu à Chris Cornell, qui a toujours été un meilleur chanteur) et il livre des jeux de mots intelligents : « ‘Tout est dans la livraison’, dit le messager qui est maintenant mort. » (‘It’s all in the delivery,’ said the messenger who is now dead). L’accroche de la chanson – « Whoever said it’s all been said ? » – semble directement confrontée à la notion que le groupe est à court d’idées. Et pendant quelques minutes, Pearl Jam paraît déterminé à prouver que ses détracteurs ont tort, et ceci jusqu’à ce que la chanson se transforme en un second mouvement sinueux et finisse par mourir de lui-même. De cette façon, elle sert de microcosme à l’ensemble de l’album : quelques bonnes idées et des moments d’expérimentation aux côtés de quelques casse-tête déconcertants.

Le plus déconcertant en est « Superblood Wolfmoo » », dont le rythme en deux temps, avec des remplissages de cymbales, lui donne une énergie nerveuse qui n’a d’égal que le débit de Vedder. Mais les guitares kloutées sont étrangement déphasées par rapport à la trop grande ampleur de la chanson, et les paroles se lisent comme une tentative de confronter la catastrophe politique à travers le prisme de la perte personnelle et d’une fiction dont on se demande quel rôle elle a. Ailleurs, « Buckle Up » souffre d’un flou lyrique : « D’abord ne pas faire de mal, puis mettre sa ceinture, boucler sa ceinture ! » (Firstly do no harm, then put your seatbelt on, buckle up!) où Vedder semble essayer d’aborder l’importance de l’autogestion de la santé, mais où le rythme lent du titre et sa prestation guerrière font que les paroles sonnent maladroitement.

De temps en temps, les expérimentations de Vedder et de son groupe fonctionnent. Ainsi, malgré un titre idiot, « Dance of the Clairvoyants » est une reprise réussie de la signature sonore du groupe. La section rythmique élastique du morceau, inspirée par le funk, et le riff de synthétiseur troublant s’accordent bien avec le chant de Vedder, qui sonne alternativement enragé et épuisé. « Quand le passé est le présent et que le futur n’est plus/Quand chaque demain n’est plus » When the past is the present and the future’s no more/When every tomorrow’s no more), chante-t-il, ressemblant à un homme qui a vécu plus de vies qu’il ne peut s’en souvenir. En contraste avec le maximalisme de ce morceau, « Comes Then Goes » est une ballade douce, aux accents champêtres, qui met en valeur l’étendue vocale souvent sous-estimée de Vedder. La fiabilité est peut-être ce qui a fait de Pearl Jam un pilier si puissant, mais plus ils sortent de leur zone de confort et s’éloignent de leur identité de longue date (ou de son absence), plus ils paraissent enfermés dans un schéma de maintien.

**1/2


The New Pagans: « Glacial Erratic »

11 mars 2020

The New Pagans sont un combo qui livrent ci un nouvel EP indie-pop plein de punch.  Nominés récemment pour le prix de la meilleure interprétation en direct du Prix de la musique d’Irlande du Nord, leurs chansons n’ont rien à voir avec le fait qu’elles viennent des côtes irlandaises mais louchent plutôt du côté rock aternatif ou grunge américain. Formés en 2016 par le guitariste et chanteur Cahir O’Doherty, The New Pagans ont fait leur première apparition sur scène au Belfast Empire au début de 2017. Depuis lors, ils ont produit de nombreux « single »s tels que « I Could Die »/ « Lily Yeat » » et « It’s Darker ». Ce premier EP regroupe leurs précédentes sorties, dont le « single » « Admire », récemment sorti.

Curieusement intitulé Glacial Erratic, on peut penser, à première vue, qu’il s’agissait de deux mots abstraits réunis pour une ambiguïté artistique. En fait, le terme fait référence à une roche déposée par les glaciers, dont la taille et le type diffèrent, et qui est native de la région dans laquelle elle se trouve. L’opus est unique ou du moins assez différent de celui de leurs pairs issus de la même région.

L’énergique premier morceau « It’s Darker » ainsi que « Charlie Has the Face of a Saint » avec la ligne de basse de Miskimmin sur « Monkey Gone to Heaven », ont tous des nuances lourdes rappelant les Pixies classiques. La voix et le style de McDougall ont également des parallèles avec ceux de Kim Deal de The Breeders, Courtney Love’s Hole et Juliana Hatfield. Dans la même veine que l’explosion du rock alternatif et du grunge au début des années 90, le groupe a cité Sonic Youth comme son inspiration et son guide.

Dans l’ensemble, Glacial Erratic n’est pas que la somme de ces influences; assez disjoint et changeant dans certaines parties, mais contenant aussi des moments vraiment sublimes et créatifs. Avec des compositions plus fluides et le talent qu’ils ont en germe, il sera intéressant de voir dans quelle direction ils se dirigent ensuite. Une fois maturité acquise.

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Sodoma: « It’s All About To Change »

22 février 2020

Incontestablement, avec Sodoma, c’est la force qui jaillit des haut-parleurs dès la première seconde Ce Grunge/Noise Rock Band de Zurich est, en effet, reconnaissable sur son deuxièm ealbum dès le premier accord. It’s All About To Change est le titre du nouvel opus du combo et il fait parfaitement suite à leur premier album éponyme, sorti il y a deux ans.

Le premier titre « Alive » est court, mais il montre bien ce qu’est Sooma. Des cymbales et des toms bruyants qui enterrent les voix ternes et déformées en arrière-plan. Un son de guitare unique et strident, fraîchement pressé à travers un circuit d’overdrive. Beaucoup de choses se sont passées au cours des deux années qui se sont écoulées depuis leurs débuts. La guitare est devenue encore plus expérimentale et les sons synthétisés sont dépouillés vers la fin du morceau.

L’ensemble est groovy et défoncé dans le quatrième titre « Material Humanos ». Des riffs de type mantra entre le noise-rock et le post-punk forment une évocation du changement et de la décadence. Une glorieuse piste pour s’attarder dans les abysses.

10 morceaux couvrent l’ensemble de l’album et quelque chose se détache : Il n’y a pas un seul tube sur cet album. Quand on écoute le disque en effet, on perd rapidement l’orientation de la chanson à laquelle on se tient, car le son est pratiquement toujours le même et il domine les riffs et les mélodies auxquels on pourrait s’accrocher. Sooma est un état d’esprit et il se poursuit du début à la fin.

Ce disque résonne fort, est fort avec un nuage sonore en plein essor de basse, de guitare et de batterie ; il est une excellente occoasion de redécouvrir l’expérience grunge.

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Pretty Matty: « Pretty Matty »

23 janvier 2020

Les sonorités power-pop et grunge des années 1990 continuent à inspirer de jeunes talents en devenir. C’est notamment le cas pour Pretty Matty qui est le nom du projet musical de Matthieu Morand un jeune musicien venu tout droit de Toronto qui évoque avec goût son amour pour ces influences qui l’ont forgé à travers un premier album.

Les compositions de Pretty Matty baignent dans les nineties avec des riffs acidulés et une interprétation nonchalante pour accompagner le tout. Pretty Matty plonge dans un spleen post-adolescent comme l’attestent des titres hypnotiques à l’image de « Another Shot »mais encore de « Broken Doorbell » et « F+B ».

Entre brulôts ayant une durée moyenne de plus d’une minute (« I’m Fine », « Kicked Out », « So Down ») et moments plus abrasifs et pesants (« Be A Cop », « Vacay »), Pretty Matty est n’est pas non plus que sensiblerie. Ce premier album qui s’achève avec un « What You Did » est à l’image d’un disque qui capture rage post-adolescente mâtinée de mélancolie déjà désabusée.

**1/2


Normcore : « Six Pack »

11 janvier 2020

S’il sagit de passer à l’exégèse,, bien plus que le phénomène « Normcore » (le fait de passer incognito en portant des vêtements neutres), la musique du quatuor du même nom évoque plus les jeans déchirés et les chemises bûcherons telles que l’on les affectionnait dans les années 1990. A tout les coups si l’on se prenait à fouiller la discothèque de Normcore on y trouverait l’intégrale de Weezer et de Nirvana et peut-être même les quelques albums de Snot pour reprendre le titre d’un des morceaux du dique.

Une musique chargée en électricité qui se déguste comme un 6 pack de bière et dont les guitares reprennent l’esthétique des influences éviouées plus avant, et une agressivité justement dosée qui n’obère ni les mélodies ni les harmonies vocales du groupe. Excellent !

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Lazy Day: « Letters »

16 décembre 2019

Lazy Day avait débuté en tant que side-project de Tilly Scantlebury. L’ex-musicienne de Copyright Control a décidé de se lancer dans une nouvelle aventure musicale avant de recruter trois autres musiciens pour en faire un véritable groupe. Son nouvel EP Letters est le résultat de ce nouveau mariage.

Composé de cinq titres, Lazy Day continue à appliquer son indie rock grungy sentant bon les années 1990. Avec l’interprétation toujours riche en émotion de Tilly Scantlebury, les compositions à la fois fougueuses et entêtantes font mouche en particulier sur l’introductif « Double j ».

On peut en dire autant de titres nostalgiques à l’image de « Tell Me » et de « Mumma » irrésistibles. Letters s’achève avec un « Mostly Me » catalysant toute l’énergie de cet EP où Lazy Day arrive à mettre en scène de façon parlante son univers particulier.

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Superseed: « Superseed »

5 décembre 2019

Superseed nous vient de Bristol, Angleterre. Quintet formé en 2017 sur les cendres d’autres formations, avec la particularité de tenir dans ses rangs trois chanteurs/guitaristes, le groupe propose un rock plaisant et calibré pour que ça marchhe avec Superseed, premier album éponyme. 16 titres, 66 minutes, ça laisse le temps de se faire un avis. Belles harmonies, superbes mélodies et belles influences au programme avec pêle-mêle : The Wilhearts, Pearl Jam, Stone Temple Pilots, Supergrass, Alice In Chains ou Foo Fighters.

On a donc à faire avec, en gros, le rock des années 90. Y a pire. La pochette, dans un style psyché, est stylée, alors que la musique du groupe est multistyle, piochant notamment dans le heavy rock ’70s (« Heavy Times »), la power pop (« Turn the Screw », « This is the Way to go »), et aussi (et surtout) le grunge (« Uneasy Swarm », « Quicksand »). Ça fonctionne bien mais on n’arrive pas à percevoir une identité propre. Bien que maîtrisant son sujet à la perfection et faisant passer un bon moment à l’auditeur, le combo s’éparpille trop pour déchaîner, dans l’immédiat, les passions.

**1/2


Dead Soft: « Big Blue »

9 novembre 2019

Ce trio venu de Vancouver pratique, grosso modo, du bon gros indie rock nineties mâtiné d’une attitude grungy. Après un premier album éponyme, Big Blue débute par « I Believe You », une vraie petite pépite qui mérite son statut de « single ». À vrai dire, ce disque en compte pas mal, alors on aurait très bien pu sélectionner un autre titre. Au programme, du fuzz dans tous les coins, une rythmique solide, des mélodies infectieuses, une forme de mélancolie powerpop (les paroles parlent de malaise, de sentiments conflictuels, le genre de choses évoquées dix mille fois de dix mille manières différentes)…

Big Blue contient des titres et des mélodies qui peuvent être comparés à dix milles autres aussi, dans le même genre, quelque part entre un Weezer première période et un Pixies. Ça reste toutefois un sacré bon disque qu’on aura plaisir à écouter et réécouter.

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