No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Bones UK: « Bones UK »

Bones UK est, comme son nom l’indique, britannique, mais c’est avant tout un duo féminin que l’on pourrait qualifier de « décadent », dans le sens où, pour définir sa musique, les djeunes femmes ont choisi « des serpents, du sexe, du cuir et des motos ». Cliché mis à part ou aura, en fait, droit à une sorte de rock industriel / electro-rock souvent attaché à la mélodie mais subversif dans la forme ; un croisement entre, pour schématiser, INXS et Nine Inch Nails. Ce style ne se prend pas la tête et n’attend rien d’autre qu’un lâcher-prise salvateur dans un monde où le paraître règne en maître en toutes circonstances. On est, d’ailleurs, accueillis par une excellente « Beautiful is boring » bien jouissive alors que « Filthy freaks » prendra des atours beaucoup plus pop. « Pretty Waste » reprendra vite le flambeau. et« Leach » consacrera l’alternance avec un rythme qui rappelle le « Adieu » de Coeur de Pirate et une guitare lead qui évoquera Santana.

Plus loin, on retrouvera le « I’m Afraid of Americans » de Bowie déjà présenté chez Howard Stern à l’occasion d’une émission-hommage à l’icône et « Souls » est une ballade electro-rock sexe qui, toute comme Skeletone », s’assurera pas vraiment, Il faudra attendre « Choke » et son riff imparable pour que la machine reparte et qu’un « Creature » conservant cette touche bluesy electro rock entérinera ce qui fait le charme du groupe. Ce qu’on retiendra de ce premier album ? Une somme sympathique de chansons qui s’écoute bien,mais s’oublie peut-être un peu trop vite et une écriture qui demande à être plus affinée et personnelle pour être mémorable.

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15 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Kyle Craft: « Full Circle Nightmare »

Il y a deux ans, on avait fait la connaissance de Kyle Craft et de son glam rock’n’roll vintage avec un premier album, Dolls of Highland dans lequel il donnait l’impression d’être plongé dans les disques de David Bowie ou Queen. Il récidive ici avec son successeur : Full Circle Nightmare.

Le natif de Portland restera en effet dans sa zone de confort avec ses influences classic rock notamment sur des titres flamboyants comme la power-pop de « Fever Dream Girl » avec son orgue fiévreux et les allures country-rock de « Heartbreak Junky ». L’interprétation toujours aussi caractéristique de Kyle Craft fait toujours son effet même si il a parfois tendance à en faire un peu trop sur « The Rager » ou sur « Exile Rag ».

On pourra applaudir Kyle Craft de rendre hommage à ses modèles de toujours mais seulement voilà, certains titres ont un goût de copie conforme. Ainsi on ne pourra s’empêcher de touver que sur « Fake Magic Angel » l’ombre de Bob Dylan est bien trop présente mais certains titres arrivent à sortir du lot comme « Slick & Delta Queen » ou la conclusion pianistique nommée « Gold Calf Moan ».

Bref, un second opus qui sonne comme une redite de son grand frère alors qu’on s’attendait à quelque chose d’inédit et de spontané pour Full Circle Nightmare.

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22 décembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Cullen Omori: « The Diet »

Loin d’être le moins méritant des jeunes groupes indie-rock U.S. du début de la décennie, les Smith Westerns n’ont pourtant jamais réussi à décrocher la timbale. En 2014, après trois disques de pop juvénile aux mélodies bien troussées, les frères Cullen et Cameron Omori et leurs comparses Max Kakacek et Julien Erhlich (futurs Whitney) se sont donc assez logiquement résolus à baisser le rideau.

Cullen Omori, le frontman charismatique du groupe de Chicago, n’en a pas pour autant terminé avec ses obsessions brit-pop et glam rock, comme l’a déjà prouvé New Misery, sorti en 2016. Si le premier essai en solo de ce songwriter pas encore trentenaire avait semblé vouloir ouvrir la porte à de nouvelles sonorités synthétiques.

Son deuxième album The Diet le voit clairement opérer un recentrage sur les fondamentaux d’une pop rétro aux guitares scintillantes. Les influences britanniques qui présidaient aux destinées des Smith Westerns (de T-Rex à Oasis en passant par Suede, les Beatles ou Bowie) sont à nouveau brandies comme des étendards.

Bien décidé à obtenir enfin son rendez-vous tant espéré avec la gloire, Cullen Omori joue ici son va-tout à grand renfort de refrains enjôleurs et de solos pailletés (« Four Years », « Happiness Reigns »). Parfois profond (« Quiet Girl », éA Real You »), sans cesse accrocheur (« Natural Woman », « Last Line »), The Diet est l’œuvre d’un incurable romantique qui a choisi de ne pas renoncer à ses rêves de grandeur.

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12 novembre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

The Struts: « Young&Dangerous »

Young&Dangerous est le deuxième opus de ce combo britannique au look néo-glam. Ils se sont constitués une fanbase assez conséquente aux USA en ouvrant pour The Foo Fighters ce qui donne sans doute à la suite de Everybody Wants un son plus produit mais guère moins efficace.

À cet égard, l’ensemble des titres peut se reprendre « à poumons perdus » dans les stades à l’instar d’un morceau comme « Body Talks » ou de « Primadonna Like Me ».

On appréciera des refrains accrocheurs, une voix, Luke Spiller, puissante qui n’est pas sans rappeler Queen (« Bulletproof Baby » ou « I’m In Love With A Camera » qui est peut-être un clin d’oel à « I’m In Love With My Car »).

L’ensemble est amusant, dansant, narcissique comme il se doit quand on se réclame de telles références mais, hélas aussi, cette inconséquence  peu originale qui peut nous faire douter de sa rémanence.

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12 novembre 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Art d’Ecco: « Trespasser »

Nom d’artiste et pochette énigmatiques : Art d’Ecco nous vient du Canada et son look est tout droit hérité de l’ambiguïté androgyne façon Ziggy Stardust. Trespasser (intrus, contrevenant), le premier opus du bonhomme , semble en prendre le relais que ce soit au niveau de la coloration musicale et de la bizarrerie visuelle.

Le produit se veut sophistique et glam ou glitter mais aussi tranchant que les lames de six cordes qui nimbent son album. Dernières revendications, Lindsay Kemp pour le mime, Marc Bolan, Moloko ou Goldfrapp pour les climats extravagants.

Trespasser est un album à la mise en scène théâtrale et soignée avec cette part de mystère, d’expérimentations et de psychédélisme pour que chacun puisse s’y reconnaître et y plonger ou en être interloqué voire rebuté mais fasciné.

Les deux « singles » sont annonciateurs de la minutie de l’artiste, « Never Tell » et « Nobody Home », révérences à des références impeccablement assimilées et surtout ingérées. L’élégance est, ici, assumée mais toujours un tantinet outrancière voire déréglée.

Ce pourrait n’être qu’artifice ou fabrication si le musicien n’avait pas de réels talents de compositeur et si, se réclamant aussi de Of Montreal, Deerhunter ou MGMT, il est capable de transfigurer l’art déco auquel il a emprunté le pseudonyme pour en faire autre chose qu’une décoration.

Est-ce pour autant encore artistique ? Si on sait que l’art est fait d’emprunts et que la créativité et l’inspiration sont du domaine de l’indicible, on attendra la suite pour savoir si cette épiphanie relève du divin, tout éblouissante qu’elle puisse être jusqu’à présent.

****1/2

3 novembre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Smith Westerns: « Soft Will »

Pour un groupe dont le premier disque est sorti lorsque ses membres étaient adolescents, Smith Westerns ont diablement grandi par rapport à leurs deux premiers albums.

Soft Will est autrement plus sophistiqué et on remarque instantanément le soin avec lequel il a été conçu grâce à de riches couches sonores et des bruits oniriques remplaçant le « canal Nuggets-David Bowie » dans lequel ils s’étaient engouffrés.

Dans un sens, l’album est une extension de cette mouvance, passant de ce proto-punk âpre typiques des seventies à des conjugaisons plus orientées vers les solos de claviers, une approche conceptuelle ou « arty » et les traficotages bruitistes plus ou moins gratuits à la Todd Rundgren.

Il n’en demeure pas moins que la qualité première de Soft Will est d’être facilement accessible même si la reverb, les guitares carillonantes et les harmonies ont été supplantées par une atmosphère plus laid back et ensoleillée.

En termes d’instrumentation et de production le rendu respire un optimisme presque béat, presque parce que contrebalancé par un cynisme juvénile toujours présent. Le disque va donc baigner par des guitares à l’essor chatoyant et une coloration pop soigneusement lustrée. Le résultat va donner une affaire plus sophistiquée, expérimentale et moins simpliste par rapport aux précédents disques et chaque morceau ménagera des ruptures et virages sans que ceux-ci sonnent ostentatoires.

En dépit d’une production « solaire » une atmioopshère de mélancolie va pourtant perdurer tout au long de Soft Will («  Fool Proof », « White Oath » ou « Varsity »). Quelque part, règne le sensation que la fête est finie comme des titres tels le « floydien » « XXIII » ou « Idol » et son approche de la thématique de l’isolation l’évoquent.

Au-delà d’une apparence relaxe, on aura finalement le sentiment que l’atmosphère se voudra contemplative avec pafois des moments poignants et « bluesy ». On en arrivera donc à la conclusion finale que, tout comme Bowie, Smith Westerns ont très vite compris de quoi était composée l’autre facette du « glam ».

★★★½☆

20 juin 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

US Girls: « GEM »

U.S. Girls n’est pas un groupe féminin, puisqu’il est composé d’une seule personne, Megan Remy qui n’est pas non plus Américaine puisque native de Toronto. Fausse piste également que la couverture « mode » de l’album tout comme son titre : JOYAU.

Ce disque (le quatrième mais premier sous ce nom) pourrait, en effet, être qualifié comme entrant dans la catégorie du bricolage low-fi. Celui-ci sonne, qui plus est, tout sauf « fashion » puisque agrémenté de bruits divers au mixage comme pour donner un aspect habité à ses compositions pop.

GEM est donc un opus peuplé de fausses-pistes où voisinent une esthétique brute de décoffrage et penchants certains pour une pop plus domestiquée.

L’intéressant est que Remy est capable de juxtaposer les deux registres et de greffer des vocaux presque « glam » et « pattismithiens » en diable à des titres sombres comme la guitare en reverb qui hante les couloirs de « Don’t Understand That Man » ou à la désolation qui imprègne « Another Color ». Le résultat n’est pas un assemblage artificiel mais, précisément, une complémentarité qui permet d’éviter aux titres de sonner de manière trop grinçante.

La palette de la chanteuse sera donc résolument axée sur la discordance comme en témoignera aussi un « Rosemary » effrayant même si on se trouve parfois plongé dans un bain de jouvence plus pop avec la synth-glam de « Work From Home » ou la reprise du « Jack » de Brock Robinson.

GEM est un album indéniablement ambitieux ; il capture avec facilité ces univers antinomiques en apparence que sont musique accessible et pop déconstruite façon P.J. Harvey ou Julia Holter.

★★★½☆

9 janvier 2013 Posted by | Quickies | , , , | Laisser un commentaire