Ghost Funk Orchestra: « An Ode To Escapism »

5 décembre 2020

Parfois, vous tombez sur un album qui semble fait sur mesure pour vous. Peut-être que les chansons correspondent parfaitement à ce qui se passe dans votre vie à ce moment-là. Peut-être qu’elles correspondent au bon mélange de genres et de styles, au point qu’on a l’impression qu’elles ont été créées par un algorithme basé sur votre collection de disques. Peut-être que les chansons sont vraiment bonnes. Ou peut-être que c’est tout ce qui précède. Cet album a pu être pour certains A Song For Paul de Ghost Funk Orchestra en 2019, un disque qui donnait l’impression que Seth Applebaum et ses collaborateurs avaient fouillé dans mes rayons et construit un album autour de ce qu’ils avaient trouvé : du rock psychédélique, de la soul, du funk, du jazz, et même un peu de prog. C’était un début époustouflant qui ne pouvait que donner envie de voir ce qui allait suivre.

La réponse est la dernière série de chansons de GFO, An Ode To Escapism. Suivre un disque aussi bon que A Song For Paul serait une tâche difficile pour n’importe quel groupe, mais GFO n’est pas seulement à la hauteur de cet album, il pourrait bien placer la barre encore plus haut. An Ode To Escapism reprend, en effet, tous les points forts de l’album précédent et s’appuie sur eux, créant une expérience d’écoute à la fois plus diversifiée et plus cohérente, tout en conservant leur son caractéristique.

L’album commence avec une guitare jazzy, un piano électrique et une voix off de la chanteuse Alba Ponce De Leon qui encourage l’auditeur à éteindre les lumières, à débrancher son téléphone, à fermer les yeux et à laisser son esprit vagabonder. C’est le genre de chose que l’on s’attend à entendre sur un disque vintage d’auto-assistance ou de méditation guidée, et cela donne le ton pour les 40 prochaines minutes. Les chansons se succèdent sans interruption, avec parfois une voix off qui permet de les relier entre elles.

Des morceaux comme l’ouverture instrumentale reflètent l’orchestre au nom du groupe, avec des couches denses de cordes et de cors soutenant l’arrangement imprégné d’âme. C’est à partir de là que les choses commencent à se ramifier : « Little Bird », un morceau de funk psychédélique, est un gros morceau de piano électrique sur un rythme 5/4, tandis que l’instrumental « Stoop Talk » apporte quelques touches afrobeat.

La face 1 culminerasur le sinistre « Fuzzy Logic », un monstre absolu de morceau avec une batterie caverneuse, des guitares réverbées et une coda avec des solos de cuivres et de flûte qui se battent pour le dernier mot, le tout couronné par une performance vocale mortelle de Romi Hanoch. La deuxième face n’est pas en reste, avec des titres comme « Drop Me A Line », « Queen Bee » et « King of Misdirection » (ce dernier avec le chanteur Kam Franklin) qui montrent que Seth Applebaum est un grand auteur-compositeur, en plus d’être un arrangeur et un producteur doué. Les paroles sont également cohérentes tout au long de l’album, chaque morceau abordant le thème de la fuite de la monotonie et de l’anxiété de l’existence quotidienne (pour le meilleur ou pour le pire). Ce n’est pas un album concept en soi, mais les thèmes communs et le flux ininterrompu des chansons travaillent ensemble pour créer un tout unifié.

Toute cette analyse minutieuse pourrait cependant masquer un fait important : cet album est une écoute envoûtante du début à la fin. Comme les meilleurs albums, il vous saisit immédiatement mais récompense aussi une écoute plus attentive. Si une évasion dans le soul-jazz-funk, imprégné de psychologie, vous semble être l’idée que vous vous faites d’un bon moment, Ghost Funk Orchestra a une ode qu’il aimerait vous faire entendre.

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Tankus The Henge: « Luna Park! »

5 décembre 2020

C’est une bonne chose, aujourd’hui, que de reconnaître et mentionner un groupe comme Tankus the Henge, mais ça ne va pas plus loin. Si vous vous demandez à quoi ils ressemblent, on pourrait peut-être dire que c’est un combo taillé pour les festivals. Pour être honnête, c’est ce qu’ils sont selon les médias sociaux, un style de musique éclectique et unique qu’ils appellent Gonzo rock’n’roll avec des influences de jazz de la Nouvelle-Orléans, de psychédélisme, de rock et de funk des années 70. Le groupe a un nouvel album, leur troisième intitulé Luna Park !, fin prêt à sortir. Bien qu’e ce ne soit pas un album concept, il a un thème et s’inspire d’une série de personnages hauts en couleur, dont « Susie Sidewinder », « Sundance Kid » et « Pilgri » ». Le disque suit leurs voyages, chacun tournant le dos à une ville qu’ils ont aimée et se rendant à l’utopique Luna Park ! à la recherche d’une vie meilleure.

L’album s’ouvre sur « God Oil Money », avec des riffs de cuivres et de guitare annonçant l’arrivée de TTH, tandis que des voix langoureuses viennent s’ajouter à la cacophonie du son qui a une sorte d’aspect sordide. Il y a des cuivres, des solos de guitare avec des harmonies et des claquements de mains vers la fin et un refrain vraiment captivant de type « ‘amour est là où nous commençons et l’amour là où nous finissons » (love is where we start and loves where we end). Il y a aussi du vrai Southside Johnny et The Asbury Dukes sur « Fayaway », mais avec un accent anglais typique de l’estuaire britannique. Le titre est basé sur le personnage semi-fictionnel de Typee, un roman d’aventures nautiques d’Herman Melville (qui a ensuite écrit Moby Dick). Un habitant de l’île sur laquelle le personnage principal débarque, il ne peut s’empêcher de tomber sous son charme dans l’étrange nouvelle terre où il se trouve.

La ville d’où les personnages s’échappent est polluée par le « Glitterlung » dont parle ladite chanson qui s’ouvre avec la chanteuse Jaz Delorean et un piano avant d’être rejointe par divers membres du groupe pour remplir ce morceau assez triste. Il y a un autre morceau assez mélancolique avec « Back to you », mais il a une sorte de texture hypnotique et rêveuse parfois.

Le premier des personnages qui nous sont présentés est « Suzie Sidewinde », qui, musicalement, a une sorte d’air jazzy et burlesque. C’est une dame qui répète les paroles de « Oh, Susie Sidewinder, tu me fais sourire comme un chat du Cheshire, comment se fait-il que le blues ne te trouve jamais, je dors mieux qu’un jour comme ça » (Oh, Susie Sidewinder you got me grinning like a Cheshire cat, How come the blues just never find ya, I get my finest sleep from one day like that). Se trouve aussi un côté beaucoup plus funky sur « Sundance Kid », qui fait penser à certains des trucs que Kid Creole and the Coconuts faisaient à l’époque de leur gloire.

João Mello reprendra le chant sur « (Living like a) Pilgrim », un morceau plus groovy avec de délicieuses touches de cuivres. »Worries » affichera, lui, une ambiance de club enfumé très tard dans la nuit, avec des paroles racontées comme dans un style proche de la confession et dont on pourra adorer la contrebasse et les harmonies du groupe au refrain.

« The Only Thing That Passes Here is Time » a un côté merveilleusement rétro et commence avec une pointe de chapeau à Jacques Brel, mais il est suivi par l’ensemble du groupe et les cuivres à intervalles réguliers, et un solo de saxophone de rêve à la moitié. Dans « Glitterlung (reprise) », nous aurons droit à un bref retour sur le morceau plaintif précédent, mais sous une forme modifiée.

Avec « Luna Park », ce sera un mélange d’éléments rock et de jazz latin, un peu trop rythmé aui aura nos faveurs et l‘album se terminera sur un « Staying On This Side Of The Dirt » qui fait comme un clin d’oeil à la notion de folie ; une sorte de composition centrée sur Londres, avec des éléments de « I Could Be So Good For You » de Dennis Waterman et un air thématique emprunté aux années 60.

Luna Park est une sortie intéressante même si on peut ne pas être convaincu de l’efficacité de son concept dans la mesure où on ne peut avaoir que beaucoup de respect pour un groupe qui est prêt à essayer quelque chose de différent. Ces excellents musiciens Jaz Delorean (chant, piano, trombone), Tim Fulker (guitare), George Simmonds (trombone), João Mello (saxophone ténor, clavier, guitare), Franco Pellicani (batterie) sont assistés de manière compétente par Tom Sinnett (basse, guitare, moog, cordes), Seb Skelly (trompette) et Jodie Marie (chœurs). Tankus the Henge est une force sans fin, furieuse et joyeuse et ce résumé est amplement suffisant pour qu’on s’en satisfasse.

***1/2


The Budos Band: « Long In The Tooth »

12 octobre 2020

Célébrant les quinze ans après leur première sortie, The Budos Band continuent de faire la feux de tous bois avec leur nouvelle création, lunecollection de onze titres intitulée Long in the Tooth. Bien qu’ils y travaillent depuis un certain temps, l’engagement du groupe envers les instrumentaux funkifiés est resté toujours aussi fort.

Leur effort précédent, l’excellent Budos V avait permis au groupe de s’agrandir en mélangeant l’amour des premiers groupes de métal (Black Sabbath, Led Zeppelin) avec leur son breveté pour de superbes résultats. Pour Long in the Tooth, nos vétérans basés à Staten Island se détendent dans des instrumentaux raccourcis et teintés de lounge qui rappellent leurs premiers albums. 

Le groupe, composé de Brian Profilio [batterie], Daniel Foder [basse], Tom Brenneck [guitare], Mike Deller [orgue], Jared Tankel [saxophone], Andrew Greene [trompette], Dave Guy [trompette], Rob Lombardo [bongos, congas], se décrit comme une famille et passe d’une chanson à l’autre. 

La chanson titre d’ouverture commence par une pulsation de tonalité avant qu’un groove cool ne prenne le dessus, ce qui ne serait pas déplacé dans un film de James Bond, tandis que la suite « Sixth Hammer » utilise des percussions en écho et du funk profond, mieux adaptés à la bande-son d’un film de Blaxploitation. « Dusterado » et « Mierda de Toro » afficheront deux influences occidentales spaghetti d’Ennio Morricone, avec des trompettes brillantes, un orgue qui fredonne et des guitares qui bégaient.

Les énormes basses et les pièges de « Budonian Knight » ainsi que les orgues vampiriques et les cors éclatants de « The Wrangler » en feront de ces morceauxdes échantillons de choix pour les producteurs de hip-hop entreprenants, tandis que « Renegade » est le plus avant-gardiste avec ses loops à l’envers et ses cors déformés. 

L’ensemble du disque se déroule sans heurts, mais deux pistes débordent d’une saveur supplémentaire. « Gun Metal Grey » affiche des lignes de guitare/basse diaboliques et des palmarès de cors en plein essor, avec une batterie éclatante et un solo de saxophone tout en douceur, tandis que « Haunted Sea » débitera une basse riche et des échos grinçants pendant son groove rapide. 

Avec l’afro-funk branché de Long in the Tooth, The Budos Band continuent ainsi de produire des jams contagieuses et imprégnées de coups declairons addictifs.

***1/2


Yellow Days: « A Day In A Yellow Beat »

22 septembre 2020

Le très attendu deuxième album de Yellow Days est enfin arrivé. L’auteur-compositeur-interprète de A Day In A Yellow Beat a donné sa propre version de « la musique de danse ironique, pleine de vérités déprimantes sur la distance entre amis… », selon les propres termes de George Van den Broek.

Avec des morceaux comme « Who’s There », un délicieux morceau d’influence disco, plein de fanfaronnades, qui parle de son sentiment d’isolement, on comprend aisément pourquoi : « Je me sens un peu drôle, bébé, je ne sais pas pourquoi, je me sens un peu triste, ça se voit dans mes yeux » (I’m feeling kinda funny baby, I don’t know why, I’m feeling kinda sad, you can see it in my eyes). L’atmosphère nostalgique est accentuée par les synthés et les basses qui rappellent quelque chose que vous auriez pu voir sur Soul Train à l’époque.

La chanteuse Shirley Jones des années 70 y participe, ainsi qu’à « Open Your Eyes », accompagné de Nick Walters. Parmi les autres collaborateurs de cet album figurent Bishop Nehru et Mac DeMarco. « The Curs » » avec DeMarco est un morceau psychédélique et sensuel, mais cette collaboration et les talents de DeMarco auraient pu faire plus. Les paroles parlent de se sortir du marasme, il proclame « Je vis dans un état de peur ». J’ai peur du monde, il est temps que je lève la malédiction »(I been livin’ in a state of fear. I been fearin’ the world, bout time I lift the curse.).

Van den Broek a été comparé à DeMarco au cours de l’histoire et le Canadien l’a même choisi comme première partie lors de sa tournée au Royaume-Uni l’année dernière. La spiritualité occupe toujours le devant de la scène, et il y a des influences de Curtis Mayfield, de Marvin Gaye pour n’en citer que quelques-uns, et bien sûr du héros de Van den Broek, Ray Charles. Mais il y a aussi des touches de jazz, de lo-fi, d’indie et, bien sûr, de gospel. « Let’s Be Good To Each Other’ »nous encourage à être, bons les uns envers les autres, un message avec une mélodie inoubliable avec une accroche classique et intemporelleme si elle semble un peu rudimentaire et clichée : « Maintenant les gens peuvent être si cruels, non ils ne semblent pas s’en soucier, non, mais ils devraient » (Now people can be so cruel, no they don’t seem to care, no, but they should).

Van den Broek a également décrit A Day In A Yellow Beat comme une « musique existentielle et joyeuse de crise du millénaire ». Il y a encore des éléments de cette même émotion que l’on retrouve sur son premier album Is Everything Okay In Your World, mais avec des morceaux comme le très funk « Be Free » qui souligne l’importance de la liberté créative sur les ventes de disques et avec des paroles comme « Les gens font de leur mieux pour dominer, mais il faut être libre » (People try their best to supress, but you gotta be free »).

Cet album de 23 titres, qui comprend sept (comptez-les !) intermèdes, est d’une durée d’une heure et vingt minutes. Certains pourraient dire que c’est un peu trop long, mais dans l’ensemble de ce qu’il essaie de réaliser, cela a du sens – à peu près. L’introduction comprend des extraits d’un musicien anonyme qui parle avec lyrisme de l’importance d’avoir un « règne libre » accompagné d’un morceau de muzak facile influencé par le jazz et de la façon dont personne ne lui a dit quoi faire. On sent bien que ce dialogue donne le ton de tout l’album. Il ne s’agit pas de vendre des disques ou d’être numéro 1, mais de la liberté de création. Il ne s’agit pas non plus de vendre des disques ou d’être numéro un, mais de liberté créative. Il s’agit aussi de l’importance d’avoir un son distinctif, ce que Van den Broek s’efforce certainement de réaliser.

A Day In A Yellow Beat est une suite intrigante de son premieropus en 2017, Is Everything OK In Your World, un album à l’âme forte qui aborde des thèmes complexes et mûrs allant de la dépression à la politique. Sans aucun doute, l’angoisse du millénaire est toujours là, mais son son son a mûri et évolué en donnant une impression plus sophistiquée. Cependant, il manque parfois un élément de crudité qui était historiquement présent dans son précédent album. On ne peut cependant pas nier sa qualité de star, ses prouesses à la guitare et bien sûr son chant à la fois émouvant et graveleux qui est à la fois captivant et réconfortant.

***1/2


Monophonics: « It’s Only Us »

13 mars 2020

Il est facile de considérer que les références à l’âme des années 60 et 70, qui se sont développées pendant une décennie, sont en quelque sorte une réaction à un paysage musical défini par des logiciels et des algorithmes. Tout comme iTunes et Spotify ont donné lieu à une nouvelle reprise des ventes de vinyles – dont l’avenir semble un peu incertain pour l’instant – EDM a connu un groove organique et chaleureux. Mais des artistes comme Sharon Jones et Lee Fields ont prouvé à quel point le public était avide de soul analogique il y a encore longtemps, suggérant qu’un groupe de scène avec des titres et des chants livrés avec une émotion douloureuse et un cool intemporel aura toujours un public. Tout cela n’a pas été particulièrement nouveau ou innovant, mais au moins, ça fait sacrément du bien.

Le groupe Monophonics de Bay Area existe depuis plus d’une douzaine d’années, et il a créé des morceaux de soul denses et cinématographiques, conçus pour sonner aussi bien dans une paire d’écouteurs que sur scène. C’est dans ce dernier cas que le groupe est vraiment dans son élément, s’étant bâti une réputation de groupe au meilleur de sa forme lorsqu’il se produit devant un public. Mais comme le montre le cinquième album It’s Only Us, c’est sur une bonne paire de haut-parleurs, peut-être un dimanche après-midi sans distraction, que les nuances et les riches détails des arrangements complexes du groupe se révèlent pleinement.

Une grande partie du contenu de It’s Only Us vous rappellera sans doute une autre chanson ou un autre disque. Le voyage en douceur et psychédélique de « Last One Standing », avec ses couches de conga drum et ses cordes majestueuses, est un clin d’œil à « Move On Up » de Curtis Mayfield. « Tunnel Vision » porte un tempo accéléré de la version funky et inquiétante d’Isaac Hayes sur « Walk On By » dans les couplets, tout en faisant la transition avec les sons de tempête des Spinners dans le refrain. Les influences du groupe sont transparentes, et leur but n’est pas nécessairement de réinventer. Ils réinventent plutôt les styles qu’ils adoptent, se mettent à l’aise, redécorent un peu et laissent entrer une brise fraîche pour évacuer l’air vicié du fétichisme vintage.

Bien entendu, le fait que le groupe soit toujours sur la bonne voie, sans jamais lâcher le rythme, est un atout. Les accords d’orgue charnus et les riffs de guitare en fuzz de « Run For Your Life » frisent avec une alt!re méchanceté tandis que le morceau d’ouverture « Chances » »est une tapisserie complexe de cors, de voix et de réverbérations qui apporte un peu de tourbillon kaléidoscopique dans le funk socialement conscient mais bienveillant du groupe. It’s Only Us ne se termine cependant pas sur une note joyeuse, ce qui est peut-être la surprise la plus notable ici. Portant le deuil, la tristesse et le poids du monde, c’est un disque plus lugubre qui se rapproche d’un disque qui ressemble surtout à un baume chaud et apaisant. Parfois, il est préférable d’avoir une musique qui nous aide à échapper à ce que nous vivons, mais parfois ce dont nous avons vraiment besoin, c’est de quelque chose qui dise la vérité d’une manière qui ne fait qu’adoucir les dommages.

***1/2


Winston Surfshirt: « Apple Crumble »

18 novembre 2019

En 2017, Winston Surfshirt avait ses premiers pas dans la musique avec un premier album intitulé Sponge Cake. Le groupe australien a rencontré un succès minime sur le plan national, ce qui est un peu dommage car leur musique est une sacrée bouffée d’air frais. Toutefois, le sextet australien compte imposer son cool quoi qu’il advienne avec Apple Crumble.

A mi-chemin entre hip-hop, neo-soul et funk, Winston Surfshirt ne compte pas jouer les cailleras ou les mumble rappers à la mode. Ici, tout est en mode « peace, love, unity and have fun » avec une pointe néo-hippie pour l’originalité comme l’atteste des morceaux organiques comme « Need You » qui ouvre le bal de façon smooth et raffiné. Entre la voix somptueuse de Winston, leader du groupe, alternant chant et rap de façon posé et naturel ainsi que les instrumentations purement live et légères, il n’y a qu’un pas et ils arrivent à la franchir avec les groovy « For The Record », « That Just Don’t Sit You Right » et autres « Show Love ». De quoi nous redonner le « Smile » comme l’indique un de ses morceaux cuivrés.

Apple Crumble est riche en surprises en tous genres comme la rythmique new jack swing sur le old school jamais suranné « NobodyLikeYou » ou les influences dignes du regretté J Dilla sur le quelque peu jazzy « Someone New » qui est prolongé par la splendide conclusion instrumentale nommée « Bolney Stage 2 ». Plonger dans l’univers néo-hippie de Winston Surfshirt est plus que conseillé surtout qu’ils nous envoient des vibes positives et pleines d’amour avec « Where Did All Our Love Go ? » et « Crypto ». Un second opus qui nous donnera du baume au cœur.

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