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Kota Motomura: « New Experience »

Kota Motomura est un personnage quelque peu mystérieux avec une oreille pour la musique idiosyncrasique qui va de l’exotica, au jazz , à la houseou la techno. Très original, son répertoire pourrait être considérér comme baléarique, chose quei se confirme sa deuxième sortie, New Experience.

Motomura a commencé à envoyer les démos fin 2017, après le succès du tube underground international Web Of Intrigue (du dernier EP de Leonidas & Hobbes, The Rags Of Time). Ces démos ont immédiatement ébloui le patron du label Hobbes (déjà séduit par la culture japonaise, après quelques tournées en Extrême-Orient, cette ne histoire d’amour va se reflétee dans le choix de son compatriote Sayori Wada pour créer la pochette. Hobbes a demandé à entendre d’autres démos. Ils étaient également bons et le duo s’est mis d’accord sur une sortie en EP. Et puis la ligne a été coupée… pendant plus de six mois. Lorsque Motomura a repris contact, il a expliqué qu’il avait été malade ce qui fait qu’il n’a pas été possible de sortir cette musique jusqu’à présent.

Le titre d’ouverture «  Aboy «  vous fait flotter dans un ruisseau psychédélique, les cordes pincées vous berce dans un état de rêve, tandis que l’image occasionnelle d’un film miyazaki oublié de longue date passe. C’est un bijou rare, qui sonne un peu comme peu de choses du passé, mais comme rien d’autre en ce moment. « Yes » augmentera ensuite le tempo en ajoutant des beats, du saxophone et des chants d’oiseaux occasionnels ainsi que d’autres effets sonores tombant dans un mix qui devienra de plus en plus étrange au fil des dix minutes d’un marathon. Accélérant hyper-activement vers la fin, il ne manquera pas de laisser quelques DJs se gratter la tête.

La face B est un peu plus rigide : le morceau d’ouverture « Stars » est un numéro house de style bossa-nova avec des motifs de piano contagieux, tandis que «  Cry Baby » sonnera un peu comme « Throw » de Carl Craig, réimaginé avec différents chants et un piano bancal. La La bonus track « Satellites » (téléchargement uniquement) sera, elle, lu genre à renouer avec la légende de Detroit, Theo Parrish apportera ses basses boudineuses, en offrant un groove solide et en effets vocaux de style scat avec un refrain clavier lancinant alors qu’un bonus secondaire « Return » (téléchargement uniquement) conclura sur une touche techno bizniz comme pour culminer sur loufoquerie et bizarrrerie.

***1/2

3 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Hayden Thorpe: « Diviner »

Hayden Thorpe, ancien chanteur et guitariste de Wild Beasts a suivi l’évolution de l’instrumentation musicale ; exit, le rock’n’roll, les rythmiques tendues et la distorsion et bienvenue aux ballades électro accompagnées de piano.

Restent ce timbre de voix si particulier et un certain goût pour les envolées lyriques. Avec Diviner, son premier album solo, il s’inspire plus de Sam Smith que des Talking Heads. Ce goût pour les chansons fragile avec cette voix haut perchée rappellera également les acrobaties vocales androgynes d’un certain Anthony And The Johnsons.
Même s’il ne faut jamais juger un album solo à l’aune des réussites passées d’un groupe, pas sûr que l’on y gagne au change… On
fera, alors, rapidement son deuil de l’inventivité rythmique qui était a marque de fabrique du combo initial. Sur cet album atmosphérique aux légers accents nineties, on se dit que quelques morceaux plus uptempo auraient été plus déquats pour pimenter un peu le voyage.


Car ces ballades réalisées avec savoir-faire et cette voix qui nous enveloppe peinent à captiver totalement. Parmi les réussites, la chanson titre et « 
Straight Lines » sont sans doute les plus immédiates du lot. « Stop Motion » évoquera Tears For Fears et l‘instrumental « Spherical Mind » invoquera plus loin Sigur Rós tandis que le swing élégant de « Love Crimes » saura séduire.
En marquant une rupture totale avec le style musical avec lequel il était jusqu’ici associé, Hayden Thorpe prend un risque artistique avec
Diviner. Cependant, celui-ci se révèle davantage comme l’album de transition d’un musicien cherchant encore à former pleinement une nouvelle vision en matière d’inspiration On salue donc l’audace tout en regrettant l’absence de riffs ou de mélodies immédiates de ces dix titres ainsi qu’un parti-pris downtempo qui lassera sans doute certains.

***

17 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire