Church Of Trees: « New Bold Dawn »

24 mai 2020

Church Of Dreams est une création du musicien/écrivain/producteur extraordinaire, Bernard Frazer. Depuis leur premier EP en 2017 (Primitive Creatures), il n’a cessé d’inventer certaines des plus belles œuvres électroniques créées aujourd’hui. La musique de Church Of Dreams est basée sur des mélodies très fortes, des paroles formidables, et une production et des arrangements stellaires.

Pour New Bold Dawn, Frazer est rejoint par deux chanteuses très fortes, Allison Stanton et Tara Hope, mais sur cet album, il trouve aussi sa propre voix et celle-ci est beaucoup plus présente que sur leur premier opus, The Dark And The Light (2018). Si Stanton et Hope sont des chanteuses fantastiques, la présence de Frazer ajoute une nouvelle dimension au son global du groupe. Les trois ensemble ont un son incroyable. Dans l’ensemble, l’album sonne puissant.

Sur le plan des textes, le disque est étincelant. Son timing est également parfait. Les thèmes abordés ici tournent autour de l’isolement, du désespoir et d’un monde quelque peu post-apocalyptique. Écoutez « End Of Days » avec les paroles incroyables « Les magasins sont vides, les bars sont fermés/larmes apocalyptiques, qui sait » ( Stores are empty, bars are closed/Apocalyptic tears, who knows ). Ailleurs, l’album ressemble beaucoup à un très bon film de science-fiction. Les paroles sont très descriptives et se déroulent comme des mini-films quand on les écoute.

Ceci dit, cela reste un album de danse remarquablement bon. Plusieurs des morceaux pourraient facilement être remixés pour être joués en club et, très franchement, avec le son plus dur de New Bold Dawn, on peut penser qu’il sera bien joué dans les clubs et sur la piste de danse. Il rappelle ainsi les albums classiques des années 1980 qui étaient parfaits pour la danse, mais qui pouvaient aussi être appréciés simplement en écoutant et en se concentrant sur les paroles. Ce n’est pas une tâche facile, mais Frazer a réussi.

Cela ne veut pas dire qu’il s’agit d’un album à la sonorité rétro, au contraire. New Bold Dawn est futuriste. Frazer emmène l’électronique et la musique de danse dans de nouvelles directions et de nouveaux domaines. Son mélange de voix, de paroles fortes, de mélodies fortes et de rythmes forts est à l’origine d’un album remarquablement solide. New Bold Dawn est un album parfait pour ces temps d’angoisse.

***1/2


King Charles: « Out Of My Mind »

16 avril 2020

Dans son nouvel album Out Of My Mind,King Charles s’est surpassé pour charmer son public. Aligné sur un mélange de techno, de R&B et de thèmes lourds en guitares, il est presque impossible de s’ennuyer en se plongeant dans sa musique.

« Freak lance » l’album et King Charles utilise immédiatement sa voix sexy sans effort et ses lignes de basse chaudes pour séduire le public dans les dix premières secondes. Immédiatement, le public trouve du plaisir à jouer avec l’idée de ce que peut être réellement un freak selon King Charles. De même, » Out Of My Mind » apporte une atmosphère épicée qui donne envie d’aller directement dans la chambre à coucher. Les deux chansons se développent en une deuxième partie plus sombre où ses intentions sont remises en question et où vous, en tant qu’auditeur, avez un aperçu plus profond de l’agitation qui règne dans sa tête.

Les quelques chansons suivantes de cet album adoptent des approches différentes de son style précédent. » Deeper Mind » est plus funky et dévoile une mélodie façon Prince tandis que « Money Is God » dépeint un côté sombre, la section parlée agissant comme une opération de lavage de cerveau pour croire que l’argent est la seule chose qui puisse vous rendre heureux. « Melancholy Julia » donne un sentiment d’espoir, tandis que son aura de rêve ressemble à celle de Coldplay.

Les deux chansons suivantes s’aventurent dans des morceaux axés sur le synthé où des inspirations évidentes des années 90 ont été utilisées. Drive All Night est un album de techno légère qui vous transporte dans une soirée heavy, un morceau unique qui sonne différemment de tous les autres sur cet album.

Les trois dernières chansons vous montrent le côté émotionnel deKing Charles alors qu’il ouvre son cœur et montre sa vulnérabilité envers quelqu’un qui a occupé une grande partie de sa vie. « Watchman » commence par une belle partie de piano dans la première section qui reflète son côté doux, tandis que la deuxième partie, plus rock, peut être considérée comme une représentation des barrières qu’il a construites pour ne pas se blesser, car il ne veut pas baisser sa garde trop longtemps. Dans « New York Sunrise », le chanteur se souvient de son ancien amant en utilisant toutes ses capacités émotionnelles et techniques dans sa voix, captivant tous ceux qui l’écoutent avec ses talents étonnants.

Dans l’ensemble, cet album est vraiment quelque chose dont King Charles peut être fier. Les différents styles auxquels il s’adapte, sa voix infaillible et sa capacité à attirer sans effort l’auditeur font de cet album son meilleur à ce jour.

***1/2


Boris Brejcha: « Space Diver »

29 janvier 2020

Boris Brajcha sort ici son nouvel album Space Diver. Le producteur et DJ allemand masqué a parcouru un long chemin depuis ses débuts au milieu des années 2000. Sa musique a évolué, passant d’un minimalisme décalé à un mélange plus optimiste de house, de techno et de trance, reflétant probablement la taille de son public lors des spectacles. Aujourd’hui, sur son neuvième album, Space Diver distille ce qui a été pour lui un parcours remarquable au cours des dernières années.

Ce diqsue n’ouvre pas de nouvelles voies, mais il apporte un complément utile à son canon et au paysage de la musique électronique. Il reste ancré dans les rythmes de la house à quatre pattes, mais flirte avec divers autres genres pour garder l’auditeur engagé. Qu’il s’agisse de distorsions, de synthés à la Justice sur « To The Moon And Back », de mélodies ambiantes apaisantes sur « Blue Lake » » de musique house entraînante sur « Lieblingsmensch » et de lourdes influences trance pour « Never Look Back », on y trouve un peu de tout.

L’album cherche à combler largement le fossé entre la house et la trance, en utilisant des mélodies de type trance pour ajouter du caractère et de l’émotion à chacun des disques. Certains d’entre eux sont strictement destinés aux pistes de danse, comme le numéro d’acid velouté « Take It Smart » » Cependant, la majeure partie du disque tourne autour de la house progressive avec des rythmes endiablés et des mélodies endiablées.

Le disque tourne à 12 pistes et plus et à une heure et demie. Bien qu’il soit assez long, il semble toujours assez cohérent. Il s’intègre bien, même si certaines pistes peuvent être un peu raccourcies. Brejcha apporte le dancefloor à son album et fera venir Space Diver sur le dancefloor. Il ne s’agit pas de réécrire le dogme de la musique dance, mais de l’ajouter à l’esprit du temps actuel.

***1/2