Houses of Heaven: « Silent Places »

1 mai 2020

Ce groupe d’Oakland en Californie possède un son qu’on pourrait qualifier de coldwave mais avec cette particularité de fusionner rythmes industriels et techno du début, avec le mélodieux shoegaze et une forte dose d’effets dub. Silent Places est leur premier album et ils avaient publié auparavant un EP intitulé Remnant. La meilleure comparaison à laquelle on peut penser serait Suicide qui rencontrerait Xymox (ou Clan of Xymox si vous préférez) avec John Foxx qui attendrait dans les coulisses. Les voix sont imprégnées de réverbération (ce qui rend les paroles un peu difficiles à comprendre, mais on a l’impression que c’est le cas) et le rythme est définitivement lourd, bien adapté à la piste de danse sombre.L’ambiance générale est très primitive, dans un genre cyberpunk, un peu froide et distante.

Dès la première écoute Silent Places se fait obsédant, malin et très puissant. Bien que Houses of Heaven ait un son cohérent tout au long de l’album, les chansons n’ont pas le même son, ni même un son assez similaire pour provoquer un ennui. Bien qu’il y ait une certaine mélodie dans la musique, elle n’est pas ce qu’on j’appellerait distinctement mélodique. Ici, c’est plutôt de l’underground, et certains des groupes les plus obscurs et les plus sombres découverts dans les années 80 et 90 et dont la plupart sont maintenant tombés dans l’oubli. Il y a en outre une certaine verve excitante que l’on ne retrouve pas dans le dernier album de Nine Inch Nails ou Cure, et c’est ce qui rend Silent Places si spécial. On appréciera « Sleep », « Dissolve The Floor » et « In Soft Confusion » dans un album qui, au demeurant, est plus qu’honnête.

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