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Alex Kozobolis: « Somewhere Else »

C’est du côté de Londres qu’il faudra aller pour trouver l’un des plus beaux albums solo piano du moment. Il est signé du compositeur et artiste multimédia Alex Kozobolis.
Vidéaste, photographe et donc aussi pianiste à ses heures, le garçon compose des musiques instrumentales, seul au piano. Son deuxième album,
Somewhere Else, fait suite à un premier très remarqué paru en 2016.


Un album présenté par l’auteur comme un assemblage de souvenirs de lieux, qui fait la part belle à l’improvisation dans des compositions bucoliques, baignées de poésie. Il se dégage de l’ensemble une douceur et une délicatesse dans l’approche qui apporte à l’auditeur un vrai confort et une forme sérénité très agréable. Un album qui s’écoute comme une balade à travers une campagne verdoyante et tranquille sous un ciel bleu azur. Un album totalement apaisant fait de compositions très libres, remplies de poésie et d’intimité.

***1/2

15 juin 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Morgonrode: « Morgonrode »

La formation norvégienne Morgonrode développe un univers qui puise dans son héritage culturel, pour l’entrainer vers un ailleurs suspendu, qui voit la folk, le jazz et la musique traditionnelle flirter avec le temps, où voix en lévitation, violons, contrebasse, percussions et nyckelharpa, happent l’auditeur vers un ailleurs singulier, aux atmosphères rares et précieuses.

Le monde de Morgonrode touche de plein fouet l’auditeur de par son immédiateté musicale. Pas besoin d’en comprendre les mots pour se sentir soulever par ces mélodies virevoltantes, jouant avec des anges bercés par le souffle de cordes ancestrales et la magie de rythmiques raffinées.

Le quintet nous transporte titre après titre dans la succursale d’un Eden caché, dissimulant un trésor à la beauté éblouissante, gardiens d’une musique céleste aux bordures dorées et dotée d’un puissant pouvoir envoutant. Majestueux.

***1/2

13 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Ian Hawgood + Danny Norbury: « Faintly Recollected »

Le prolifique Ian Hawgood possède enrichit ici sa discographie ici par sa collaboration avec le violoncelliste et compositeur Danny Norbury, qui bien que peu prolifique dispose lui aussi d’une discographie impeccable puisqu’il a été, notamment, l’auteur de l’incontournable Lifgt In August et a œuvré dans de nombreux groupes, en particulier ce même Hawgood sur le projet Black Elk.


Faintly recollected est un opus calme et extrêmement contemplatif qui se fond parfaitement dans l’esthétique des deux artistes. A l’origine pensé comme une pièce unique, l’album a été pour sa sortie, divisé en sept pistes qui s’enchaînent logiquement parfaitement.
Les mélodies mélancoliques et soignées de Norbury sont délicatement accompagnées par des touches de kalimba d’Hawgood et par la précision de ses textures électroniques.
L’italien Stefano Guzzetti, autre habitué du label, se charge du mastering de l’album pour reboucler la dimension collaborative et quasi familiale de l’
entrprise.

***1/2

10 juin 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Aaron Martin: « A Room Now Empty »

Le compositeur américain Aaron Martin a toujours été très prolifique et il amorce un retour avec un opus nommé A Room Now Empty.

Martin étudiait le rapport à la mémoire dans sa musique, aujourd’hui l’Américain conçoit ces nouveaux morceaux comme un cheminement temporel à l’échelle d’une vie entière. Toujours centrée sur le violoncelle, la musique de l’artiste s’enrichit de nombreux instruments : guitare, ukulele, basse, lap steel, piano pour emmener l’auditeur dans son propre voyage personnel.


L’aspect brute et rustique de ses productiont que l’on retrouve à nouveau ici, apporte toujours une charge très personnelle à la musique de Martin, qui la place bien au dessus des productions très lisses des compositeurs actuels de musique neo classique.

Nostalgique et cinématique, A Room now Empty vous emmènera très loin, seulement bien sûr, si vous vous laissez absorber par son atmosphère singulière.

***1/2

10 juin 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Kinbrae: « Landforms »

Les frères jumeaux Andrew et Michael Truscott  forment Kimlbrae, mêlant instrumentation classique, production électronique et field recordings. Avec leur deuxième album Landforms, ils puisent leur inspiration de la rivière Tay en Écosse et de ses rives, au fil du temps et des saisons.

Il n’est jamais aisé de chercher à mettre en musique une géographie donnée, pouvant limiter l’auditeur dans l’appréhension de la musique proposée. Pourtant  Kimbrae relève le pari avec brio, nous entrainant dans les remous et les courants de Tay, plongeant au dessus de montagnes et de vallées en bordure, dépassant le cadre des frontières pour embrasser une universalité poétique, touchant les sens profonds de l’auditeur pour réveiller en lui une cartographie intérieure.

Landforms évite les écueils d’un néo-classicisme abscons, ouvrant en grand les portes de l’imagination, flirtant avec l’espace et le temps, mariant mélancolie mémorielle et sursauts présents, spirales climatiques et ambient tortueux sur lesquels souffle une bise d’instruments à vent, touchés par la grâce et l’élégance.

***1/2

27 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

Zachary Paul: « A Meditation On Dischord »

Violoniste ayant officié sur un album de Simon Scott, Zachary Paul sort logiquement son premier album solo ; un opus constitué de trois longs morceaux (trente-et-une minutes pour le premier, entre dix et douze minutes pour les deux autres). A Meditation On Discord permet de retrouver le violon en majesté, tout juste auréolé de quelques apports électroniques. Afin de varier un peu le propos, le musicien californien officie évidemment par samples et strates superposées, mais module également l’accordage de son instrument.

C’est ainsi que, sur « Premonition (3:30pm Lake Perris) I Rays II Clouds », il a baissé d’un ton les deux dernières cordes de son violon, de telle sorte que seules deux notes (sol et ré), à une octave d’écart, soient disponibles. Par suite, quand il appose ses doigts sur le manche de son instrument, il en résulte une forme de redondance qui apporte chaleur et profondeur aux mélodies, comme si plusieurs participants jouaient en même temps la même note.

Plus loin, dans le même morceau, l’empilement des couches de violon favorise une double prise en charge : d’un tapis sonore plus uniforme et continu, d’une part, et de notes plus aigües, dévolues à une destinée plus mélodique, d’autre part. En bonne partie improvisée, cette demi-heure conduit l’auditeur à divaguer, au gré des flux et reflux des interventions même si, passées les vingt premières minutes, on se trouve presque face à une sorte de musique expérimentale, entre couinement et sifflement.

À cette aune, les deux morceaux suivants se font plus traditionnels, accueillant une nappe électronique en arrière-plan et un concours du violon partagé entre appuis longs et petits frémissements. Seule la seconde moitié d’ « A Person With Feelings (Original Score) » se fait un peu différente, introduisant des triturations et percées perturbatrices, soit des composantes peu attendues pour une musique de film, fût-il court et abstrait.

***1/2

24 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Thomas William Hill: « Grains Of Space »

Multi-instrumentiste et compositeur de musiques pour films, Thomas William Hill fut membre de la formation Wauvenfold pendant un temps, puis fonda le trio Origamibiro aux cotés du contrebassiste Andy Tytherleigh.

Avec Grains Of Space, deuxième album sous son nom, Thomas William Hill contemple la beauté du monde et lui offre un manteau de lumière, à coups de viole de gambe, de trompette, de kalimba, bol tibétains, harpe, métallophone, piano, cordes et autres arrangements divers et variés.

Les images défilent sous nos yeux ouverts, dévalant des collines gorgées de mélancolie heureuse et de souvenirs aux couleurs effacées, faisant tournoyer les silences dans les profondeurs d’un espace au mouvement perpétuel, livrant aux tous noirs une nourriture céleste à la véhémence enivrante.

Grains Of Space s’amuse de tout, comblant les silences de notes et de mélodies virevoltantes, dansant sur les cimes nuageuses de cieux dégagés, invitant les instruments à combiner leurs textures pour s’enfuir de la médiocrité et pénétrer avec force dans l’immensité. Sublime.

***1/2

24 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

Offthesky: « Illuminate »

Depuis 15 ans, Jason Corder Offthesky  sort un rythme régulier des disques qui se comptent aujourd’hui par dizaines,seul ou en collaboration, pour divers labels. Le dernier en date parait chez le Français Eilean rec. et nous convie à l’écoute d’une œuvre assez ambitieuse, mêlant sonorités acoustiques et électroniques, entre lesquelles vient se poser la voix de la harpiste Jaqueline Sophia Cordova.

L’instrumentation est riche : violon, saxophone, violoncelle, hautbois, flûte, et harpe… le son de cette dernière offrant une résonance et une grâce toute particulière à ces musiques que l’on imaginerait très bien réalisées pour une installation.
Un disque à la beauté étrange, assez contemplatif et aux vertus méditatives, qui flirte par moment avec le jazz et le néo-classique… et dont on ne se lasse pas de découvrir les recoins.

***1/2

13 mai 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Martin Kohlstedt: Ströme »

Il y a deux ans, Martin Kohlstedt avait atteint les sommets avec son album Strom. Le compositeur néo-classique a réussi à se faire un nom aux côtés d’autres actes nationaux comme Nils Frahm entre autres grâce à son univers à mi-chemin entre musique classique et ambient. Cette année, il revient avec un nouvel album intitulé Ströme en compagnie de la chorale de Gewandhaus de Leipzig.

Une fois de plus, Martin Kohlstedt continue de captiver son auditeur avec son univers aussi bien néo-classique qu’avant-gardiste de façon primitive et puissante. Accompagné d’une chorale, les textures musicales qui ont fait la renommée du musicien allemand sont encore une fois la bienvenue à travers ces huit compositions instrumentales d’une rare beauté allant de « SENIMB » à « THIPHY » en passant par « AUHEJA », « NIODOM » et « JINGOL ».

Sur Ströme, Martin Kohlstedt passe à un niveau supérieur et il prouve qu’il sait mélanger le clair et l’obscur comme personne. Et ce ne sont pas d’autres pièces immersives comme « TARLEH » et « AMSOMB » qui nous prouveront le contraire tant il nous permet d’être dans l’intime et le contemplatif.

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10 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Catrin Finch & Seckou Keita: « Soar »

Catrin Finch est galloise et Seckou Keita est sénégalais. A priori, ça n’a rien à voir. Sauf qu’ils sont tous les deux harpistes à leur manière, des maîtres en leur matière, harpe classique pour elle, kora pour lui. Deux instruments à cordes pincées aux sonorités si distinctes, et qui délivrent pourtant une seule belle et pleine alchimie quand ils jouent ensemble. Là, on ferme juste les yeux et on se laisse bercer par leurs harmonies croisées, c’est unique, c’est magique.

Le mariage des timbres est parfait, le mélange saisissant, apaisant, enchanteur. Dans ce monde en crise où les peuples ont tendance à se recroqueviller sur eux-mêmes, il est bon de voir et surtout d’écouter que Catrin Finch & Seckou Keita et leurs harpes sont la preuve que la musique, en dépassant par essence les clivages, aura toujours son rôle à jouer pour remettre les hommes de nouveau sur la voie de l’union, de l’amitié et de la fraternité.

Mais Soar est aussi un album qui a de la mémoire et qui rappelle que blancs et noirs n’ont pas toujours été amis, les premiers ayant mis les seconds en esclavage.

C’est pour cela que ce Soar est si précieux. Il nous rappelle l’indicible cruauté au travers de l’indicible beauté et il nous les conte encore, impeccable et implacable sous ses allures si trompeuses de sereine innocence.

Irremplaçable dans sa douceur et sa splendeur, Soar nous raconte néanmoins que rien n’est jamais gagné à jamais, que l’homme sera toujours un loup pour l’homme, mais que la victoire est possible, magnifique même si si fragile ; à écouter et à réécouter par plaisir, à méditer et re-méditer par humanité.

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8 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire