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Max Ananyev: « Frontier »

Un musicien peut révéler des talents divers dans des styles musicaux très variés. C’est le cas de Max Ananyev qui, après avoir sorti Water Atlas, un album d’ambient où se distinguaient les sonoités du piano et de la guitare sur des nappes très reposantes, propose cette fois un album composé uniquement autour de la guitare acoustique.

Un album constitué de 12 titres pour guitare classique que Max Ananyev dédie aux rues, à l’eau et au ciel de Saint-Pétersbourg, ville où il réside depuis 6 ans. Un album dépouillé et apaisant, lumineux et printanier dans lequel les notes de guitares rayonnent sans rien autour. Superbe.

***1/2

8 mars 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Porya Hatami / Aaron Martin / Roberto Attanasio: « Sallaw »

Tiré d’un mot kurde qui fait référence au temps qui passe, Sallaw est la réunion de trois artistes, Porya Hatami (électronique), Aaron Martin(violoncelle), Roberto Attanasio (piano), aux cultures et continents distincts, mettant à profit leurs univers respectifs pour une traversée atmosphérique dans les profondeurs de l’introspection.

On est loin du simple concept, tant la musique qui défile ici, fait appel appel à autre chose qu’à l’intellectualisation d’une idée. On est en présence de trois entités qui réunissent leurs personnalités pour en faire profiter les autres et se nourrir de celles qui les entourent.

Le temps défile tout au long des quatre titres, porteurs de cargaisons d’images tranquilles, s’attardant sur chaque secousse et chaque note pour égrener avec parcimonie leur lot de sensations, le violoncelle découvrant ses cordes pour se lover dans les mélodies fantômatiques d’un piano pris par les cambrures de nappes électroniques, nourries de field recordings et de sursauts brouillés. Un opus aux quatre saisons mouvantes, habitées de douceur et de sérénité. Superbe.

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7 mars 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Flying Hórses: « Reverie »

Que cet album puisse être joué en boucle dans nos oreilles a à voir avec notre manière de camper la pianiste Jade Bergeron et son projet Flying Hórses dans la mouvance néo-classique. La proposition nous ouvre ses bras au post-rock façon Sigur Rós et à une instrumentation enveloppante – boîte à musique et célesta vintage s’adjoignent des arrangements de corde.

Sur Reverie, enregistré en quatre temps et lieux, dont l’Islande, la multi-instrumentiste fournit une trame narrative mélancolique autour du mouvement, avec de nombreux jeux de miroirs (« Awake/Asleep », « Settled/Unsettled », etc.).

C’est à l’auditeur de remplir les cases à la lueur de son vécu, de ses souvenirs, de sa sensibilité… Ainsi, l’ambiance métallique de Migration évoque chez nous un enfant migrant qui fuit sur la pointe des pieds, tandis que Fearless, inénarrable, nous laisse les yeux humides.

Difficile, devant les images qui se bousculent et la nomenclature des titres, d’évacuer le contexte politique. Comme si Jade Bergeron voulait nous dire: là où s’érigeront les murs, il y aura toujours des chevaux volants.

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3 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Snow Palms: « Everything Ascending »

Disons le d’emblée, les deux titres qui composent Everything Ascending sont d’une beauté éblouissante. Un éclat auditif qui vous prend dès les premières mesures pour ne plus vous lâcher d’une semelle.

Snow Palms alias David Sheppard combine les instruments percussifs avec subtilité, entremêlant glockenspiel, marimba, synthé modulaire avec l’aide de Matt Gooderson (Infadels), appuyé par la clarinette de Christian Forshaw (Michael Nyman Band, Icebreaker) et les vocaux de Megan Gooderson (London Philharmonic Choir).

Avec « Everything Ascending » le temps s’arrête pour nous enchainer à un instant d’élévation méditative, où les images se bousculent et nous entrainent au delà des mots.

Si Everything Ascending est une nouveauté, le deuxième titre « Circling » (tiré de l’album Origin And Echo) est une relecture éclatante réalisée par Matt Dunkley avec le String Quartet. Un deux titres en forme de petit bijou jouissif.

***1/2

2 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Kryshe: « Hauch »

Alors que ses EP étaient publiés sur diverses structures (voire en autoédition), Kryshe semble avoir trouvé une terre idoine pour ses albums ; de même, sur le plan musical, il paraît s’être fixé sur un registre entre ambient et avant-jazz. Sous ce rapport, les bois sont à nouveau présents, comme quelques instruments à vent et un piano. Tous ces concours retrouvent les tonalités étouffées qu’on mettait déjà en exergue il y a deux ans, forme de permanence stylistique qui résulte aussi des conditions d’enregistrement d’Hauch.

En effet, enregistrés à l’occasion d’un déménagement par Christian Grothe, les huit morceaux de l’album ont été saisis sur tablette numérique avant d’être retranscrits sur cassette, avec la compression qui accompagne ce support.

 

Cette compression entraîne alors cette double impression d’entendre des instruments très contenus mais qui, mis côte à côte, constituent des ensembles à la belle ampleur. Il en va également ainsi des vocalises, présentes sur la moitié des titres ou quand les doigts courent sur les doigts des cordes atonales et dialoguent avec un clavier plus cristallin (« Luftspalt II »).

Lorsque la guitare est davantage mise en avant, ou quand il s’agit d’éléments plus directement électroniques, l’atmosphère se fait plus sépulcrale, voire un peu anxiogène (« Gong »). On s’en sera rendu compte : la variété est de mise chez Kryshe, alors même que l’Allemand ne propose pas forcément des morceaux très étendus dans le temps ; c’est dire sa qualité d’écriture.

***1/2

24 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Tim Linghaus: « About B. (Memory Sketches B-Sides Recordings) »

Moins d’un an après Memory Sketches, Tim Linghaus est déjà de retour avec un format un peu particulier puisqu’en dix-sept morceaux et vingt-cinq minutes, il livre une sorte de suite à son album précédent. Alors que celui-ci avait fini par nous faire une bonne impression, malgré nos réticences de départ, nous redoublons de scepticisme à l’entrée dans About B. : proposer aussi rapidement un recueil de chutes de studio, centré sur des titres très courts (alors que, justement, nous avions marqué notre préférence pour les développements plus longs), laissait augurer un disque plutôt anecdotique.

Néanmoins, le velouté du toucher de piano de Tim Linghaus s’impose, une fois encore, comme une caractéristique toute particulière, conférant une suavité certaine à ses compositions (« Anatomy Of Our Awkward Farewell Gestures »). Plus encore, capable de convier quelques invités, l’Allemand accueille à ses côtés violoncelle, violon et saxophone, destinés à enrober délicatement les interventions du piano ou à agir au premier plan (« I Was Atoms And Waves (Reprise, Pt. V) »).

 

Sans surprise, c’est sur le seul morceau dépassant les trois minutes et trente secondes que l’ensemble prend la plus belle ampleur, les lignes de clavier se superposant dans un réconfortant enchevêtrement (« Jonathan Brandis »).

À côté de cette belle réussite, le reste du disque souffre, à l’évidence, de la trop grande brièveté des morceaux, empêchant d’en profiter puisqu’on y est à peine entré qu’on en est déjà sorti. Il en résulte que cet album est à réserver à ceux qui auront été chamboulés par le premier effort de Tim Linghaus et qui souhaiteraient prolonger une telle expérience musicale.

***1/2

22 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Julia Kent: « Temporal »

Bien que composés pour des spectacles de danse ou des pièces de théâtre, les sept titres qui composent Temporal forment un tout cohérent qui fait appel à ces émotions enfouies qui circulent dans nos entrailles.

Julia Kent continue de composer des titres à la beauté intemporelle, armée de son violoncelle avec lequel elle semble former une entité indissociable, magicienne de mélodies aux volutes en arabesques.

Sur Temporal, le temps prend un plaisir certain à se laisser surprendre par l’intensité des cordes que l’on caresse, offrant à l’auditeur la possibilité de se lover dans les recoins de sonorités boisées enrobées de touches électroniques subtiles.

Le classicisme plonge dans les bras d’une modernité en quête de racines, mixage d’âmes perdues et d’histoires brouillées par un trop plein d’humanité et de sensibilité, d’énergie brute et de douceur tourmentée. Julia Kent ensorcelle nos sens, plantant ses drones dans nos tympans fébriles, avec une sensualité fragile toujours au bord de la rupture. Un album intense à l’intensité tortueuse. Très fortement recommandé.

***1/2

21 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Hauschka: « A Different Forest »

Hauschka délaisse pour un temps ses pianos préparés pour revenir à quelque de chose de plus traditionnel avec un travail en solo sur son instrument de prédilection.
Cet album rassemble des titres assez sobres, avec des tonalités différentes de titre en titre. Pas forcément ce qu’on a entendu de plus saisissant dans le genre, mais on passe malgré tout un agréable moment en compagnie de cet excellent pianiste allemand.
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13 février 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Erik Griswold: « Yokohama Flowers »

Avec son piano préparé, ses interventions percussives et ses instrumentaux, Erik Griswold opère assurément dans un champ tout à fait indiqué pour servir de fondement illustratif. C’est alors assez logiquement qu’on le retrouve, à nouveau sur Room40, dans l’exercice de la musique de film ou, plus précisément, dans celui d’accompagnateur de films réalisés par l’Australienne Louise Curham puisque le travail des deux créateurs fut conjoint pour concocter ce Yokohama Flowers.

Alors qu’il y a trois ans, on pouvait reprocher à l’Américain une certaine sécheresse, caractérisée par le son très mat de ses attaques, on constate avec satisfaction qu’il parvient, cette fois-ci, à mettre davantage de couleur dans son propos, par le truchement de notes plus harmoniques (« Distraction »), d’une alternance entre frappes quasi-pincées et notes graves ou, au contraire, très aigues (« Shinkansen »), ou encore d’une approche plus ouatée (« Domestic Bliss) ».

Toujours capable de tirer des sonorités étonnantes de son piano, Erik Griswold sait ainsi le faire passer pour un violon, un clavecin ou un marimba ; en outre, son jeu rapide favorise également cette impression comme dans le tendre et primesautier morceau-titre. Comme souvent avec les bandes-sons destinées à servir de support à des images, les morceaux de l’album sont peu longs (dans deux cas sur trois, ils font moins de trois minutes), ce qui permet d’illustrer un maximum de séquences mais aussi, sur le plan musical, à l’auditeur de ne pas éprouver trop de lassitude lors de la « simple » écoute. Assurément, compte tenu des qualités décrites précédemment, ce n’est pas le cas avec Yokohama Flowers.

***1/2

1 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

Once Upon A Winter: « Existence »

Existence est le deuxième album de ce one-man band grec et dire qu’il retient l’attention est un euphémisme. Les six titres qui se partagent les 41 minutes de ce disque peuvent être qualifiées de belles, de lancinantes, de poétiques, de dramatiques, de progressives, de post rock, de post metal, mais pas de véhémence

Certes, on y croise parfois un chant parlé lourd et éraillé, mais cela reste exceptionnel. Quasi-totalement instrumentale, la musique de Once Upon A Winter est guidée par l’émotion.

Souvent mélancolique, toujours subtile, elle est tout simplement grandiose et hautement évocatrice. Il n’est que de laisser son magination divaguer accepter d’être porté par ses lignes mélodiques et fermer les yeux car rarement la musique n’aura mérité d’être ainsi gouvernée par ce qui est sa fonction première ; l’oreille.

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31 décembre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire