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Joep Beving: « Henosis »

Joep Beving est un musicien hollandais dont Henosis constitue le quatrième albume. Son univers est avant tout onirique, à la fois poétique et sombre, le tout imprégné de fascination pour le merveilleux

Pour ce faire, grande place est sonnée aux mélodies et harmonies avec, pour oblectif, nous plonger dans un bain où l’imaginaire cinématographique, celui du cinéma muet des années 30, peut se déployer à foison (« Orvonton » ou « Sol Adn Luna »).

Henosis est un double album instrumental avec une belle part donnée aux cordes et une electronica dont les sonorités sont aussi ample que le spectre chisi. Entre néo classique et musique ambient on appréciera ce registre fourmillant d’inventivité et de créativité.

***1/2

17 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Rob Burger: « The Grid »

Voilà un disque qui rappellera les errances du groupe comme Arandel, dans l’esprit comme dans la forme. On est, en effet, face à un album voyageur, unique dans le style. Alliant composition néo classique, utilisations de synthés en plages brumeuses, piano triste et ambiance de paysage extra terrestre.

Un opus foutraque mais de bon goût, un disque qui se permet de partir dans tout les sens malgré un fil rouge qui permet d’amples largesses. Mais avant tout un disque univers dans lequel on plonge et replonge bien volontiers, ne serait ce parce qu’aujourd’hui, rien ne sonne comme la musique de Rob Burger.: « The Grid »

***1/2

13 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Ava: « Waves »

Ava est un jeune duo féminin basé à mi-chemin entre l’Irlande et l’Allemagne. Composé de l’Allemande Anna Phoebe (violon) et de l’Irlandaise Aisling Brouwer (piano), elles sont du genre à captiver l’auditeur avec leur musique néo-classique instrumentale comme le prouve leur premier album nommé Waves.

Composé de 10 titres, Ava puise leurs forces vers des influences cinématographiques. Sans aucune fioriture et aucun artifice, le duo européen arrive à fournir un panel d’émotions à travers ces arrangements qui ont de quoi rappeler les bandes-originales de Hans Zimmer (d’une part parce que la pianiste Aisling a composé des bandes sons pour BBC et Channel 4).

Le jeu entre piano et violon sera à son apogée avec des morceaux allant de « In Motion » à « Deep Blue » en passant par les touchants « Voyager », « Resistance » et « Into The Deep » où l’on voit défiler une multitude de paysages. Ava se fait une place sur la scène néo-classique avec un premier album résolument cinématographique et fort en sensations auditives.

***1/2

12 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Trash Kit: « Horizon »

Il y a deux mois de cela, Rachel Aggs et son acolyte Eilidh Rodgers avaient fait leur retour avec un second album nommé Run Around The Sun. Ne comptant pas s’arrêter là car elle ressuscite son autre groupe Trash Kit et sort, sous ce patronyme, nouvel opus intitulé Horizon.

On retrouvera ce qui a fait le succèsson succès au travers de ce post-punk festif teinté de couleurs zimbabwéennes déjà explorées quatre années et demi plus tôt. Avec Gill Partington (basse) et Rachel Horwood (batterie, chant), Trash Kit remet les pendules à l’heure à travers des compositions toujours aussi entraînantes comme « Coasting » qui ouvre le bal mais également « Dislocate » et « See Through ».

À grand renfort de textes qui combattent la morosité et les doutes, le trio arreindra un zénith avec des arrangements plus poussées comme l’apparition d’une violoncelle, de piano ou de cuivres notamment sur les enlevés « Every Second » et « Traffic Lights ». Horizon est aussi leur disque regroupant un panel d’émotions que ce soit sur l’instrumental hypnotique, le bien-nommé « Disco » mais également sur « Bed » et sa reprise plus enivrante. Leur post-punk afro ne fait jamais défaut et nous entraîne jusqu’à la fin avec le plus aérien « Window » qui clôt ce Horizon de la plus belle des manières.

***

9 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

Hania Rani: « Esja »

Un premier album comme Esja se célèbre. Fluide, harmonieux, très intuitif, il nous habite aussitôt — et, après, il se fait aussi insistant qu’un aimant. C’est d’autant plus étonnant que la musicienne polonaise Hania Rani, une habituée des projets et des collaborations, n’avait pas prévu de produire un album solo, pas plus que de le consacrer au piano. Mais ses bases en musique, classiques, se sont naturellement imposées. Esja incarne ainsi pour la jeune compositrice une étude de ce qui la fascine et la constitue — les sons, les harmonies, leur langage capable de traduire une partie du monde.

Enregistrées à la fois dans un studio en Islande et dans son appartement de Varsovie, ces dix plages sont un ravissement de rythmes et de climats ; leur rondeur grave rappelle parfois Nils Frahm, les séquences répétées ont un écho de Max Richter. En mêlant une organisation serrée et une liberté de mouvement, Hania Rani exprime brillamment la tragédie, la résilience, la volupté, parfois dans un même morceau (« Eden »). Que sa main ne perde jamais cette grâce.

****

5 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Daniela Savoldi: « Ragnatel »

On sait peu de choses sur l’italo-brésilienne Daniela Savoldi ; autant les pianos en solo sont légion, parfois inspirés, parfois moins, autant le violoncelle a peu de place dans la musique néo-classique ou contemporaine en instrument soliste. On pourrait bien sûr citer David Darling croisé régulièrement aux côtés du pianiste Ketil Bjornstad (superbe Epigraphs chez ECM en 2000) ou encore de Chris Hooson et de Quentin Sirjac pour Vallisa (2010), ou aussi de l’Islandaise Hildur Guðnadóttir remarquée aux côtés de Johann Johannsson ou encore pour la B.O de Chernoby.

La démarche de Daniela Savoldi est à la fois plus radicale et moins volontiers mélodique.  Ne s’estompant jamais totalement dans l’abstraction, elle privilégie un entre-deux un peu douloureux, aisément inconfortable, oscillant entre des drones grinçants et glaçants, une voix distante comme sur « Ragnatele » qui ressemble finalement à une tarentelle asséchée et neurasthénique.  S’ouvrant parfois à quelque chose de plus expérimental voire noise, Daniela Savoldi n’oublie jamais la grâce, cet « Improvviso » à la fois nerveux, fébrile et tremblant. Des tapotements fugaces, une palpitation organique.  Une chair à l’os, une pulsion qui hésite entre torpeur, menace et douceur.

Radical, le geste musical de Daniela Savoldi l’est assurément mais jamais délesté d’une belle part de délicatesse. Le jeu de violoncelle de la dame va à l’essentiel, ne s’égarant jamais et profitant d’une concision bien acquise, « Storia Di Un Attentato » enchantera par son choix des ruptures comme une ligne continue qui se diviserait.

Mais là où l’italo-brésilienne se révèle la plus pertinente c’est dans son savant calcul de l’espace et du jeu de la durée d’un son, ce minuscule intervalle que l’on appelle le silence, cette prudente combinaison de notes qui forme un lieu, un abri. « Space » prouve une fois encore que le silence est la plus harmonieuse des notes, on retrouve dans cette pièce-là l’irradiation ressentie à l’écoute des disques d’Arvo Part, le sommet d’un disque qui s’élève haut, très haut.

Ni vraiment post-Rock, ni seulement contemporaine, la musique de la violoncelliste résiste au classement. Elle échafaude des structures qui pourraient sembler fragiles, comme des châteaux de cartes qui fuiraient le vent mais à bien y regarder, en se rapprochant, on se rend vite compte malgré le caractère impalpable des lignes mélodiques d’une cohérence pleine et modeste à l’image de « Dada », mi-collage, mi déambulation sans but. En clôture du disque, « Modulator » propose d’autres voies plus électroniques pour l’auditeur de Daniela Savoldi.

Une musique somptueuse, viscéralement savante mais d’une empathie folle ; un troisième album qui s’affranchit des cofes et flirte avec la marge, la dissonance, la poésie.

****

5 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

Seabuckthorn: « Crossing »

Sortie après sortie, le label Eilean semble pousser les artistes qui y contribuent, à produire à la fois le meilleur d’eux-même et leur productions les plus singulières. C’est ce que l’on retrouve aujourd’hui avec ce nouvel et huitième album de l’anglais Andy Cartwright.
Cet album généreux par sa longueur (54 minutes), et sa densité, est principalement composé avec une guitare à résonateur. Plus qu’un album solo de guitare, Seabuckthorn dépasse les limites de son instruments le long de ces 14 morceaux sombres et habités. L’utilisation éparse de banjo, percussion et surtout de clarinette viennent apporter de nouvelles variations singulières aux morceaux.

A la fois drone, ambient ou blues, la musique de l’anglais défie les genres et les clichés pour se forger sa propre trajectoire fascinante et changeante. Catwright développe une parfaite maîtrise de l’espace dans ces productions à la fois rêveuses et viscérales.
Indispensable.

***1/2

2 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Caught In The Wake Forever: « Waypoints »

Fraser McGowan peaufine désormais quasiment un album chaque année. Si ses précédents disques étaient pour la plupart réalisés en solo, l’avant-dernier (Version & Delineation) – minimal et diversement convaincant, paraissait avec le concours du mystérieux Glacis. Avec Waypoints, le multi-instrumentiste écossais s’ouvre à nouveau aux contributions : celle électronique de Darren Galloway ; celles de Colin Morrison à la guitare classique Ibanez, et Yellow6 à la guitare électrique.

Ce nouveau cru en formation étoffée livre des passages remarquables. Ensemble ils approfondissent des esquisses créées par McGowan au cours des quatre dernières années. Les deux guitares, notamment, donnent une coloration chaleureuse à des morceaux à tonalité mélancolique, tels que « Carousel » ; ou « The Houses Here Have Changed Lately » qui commence comme une mélodie néo-classique flânant entre piano et guitare, puis se transforme en une ambiance plus organique et environnementale, animée par des sons d’insectes ou de batraciens et des grésillements radiophoniques. « Just Above The Floodlines », d’apparence très simple, répétant quelques notes de piano hypnotique sur un rythme un peu bancal, est un des plus beaux titres.

On retrouvera dans « Wool & Wire » et dans presque tout le disque ces bruissements mystérieux, craquements, glitch et autres signaux venant troubler l’atmosphère comme captés par un immense télescope sous un ciel étoilé. Ils forment une sorte de trame émotionnelle qui fait écrin à l’instrumentation mélodique et rend ce disque attachant.

***1/2

2 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Haythem Mahbouli: « Catching Moments In Time »

Le projet d’Haythem Mahbouli, compositeur tunisien vivant à Montréal révèle des accointances entre néo-classique et musiques électroniques. Centré sur un travail au piano, son premier album se déploie sur une durée d’une heure et, comme souvent avec ce registre musical, va rapidement chercher l’émotion de l’auditeur.

C’est ainsi que, dès le titre d’ouverture (le bien nommé « Catching The First Moment »), le compositeur incorpore cordes et vocalises féminines pour atteindre et attendrir son public. Plus loin, la conjonction des touches répétées de piano et de notes tenues des instruments à cordes (« Transition »), ces mêmes instruments à cordes montant vers une apothéose (Birth) ou les poussées de ces éternelles cordes (dans un schéma trop proche des musiques de films, dont on ne sera pas étonné d’apprendre que le Tunisien en compose) sur le caudal Catching The Last Moment visent assurément à la même efficacité.

Plutôt que ces procédés un rien trop voyants ou évidents, on préfèrera quand Haythem Mahbouli opte pour des approches moins immédiates, à l’image de « And Miles To Go Before I Sleep » et sa progression savamment distillée (les frémissements électroniques cédant la place aux cordes qui, elles-mêmes, laissent la fin du morceau à des samples parlés), de « Loss » avec ses éléments synthétiques entre souffles et bruissements superposés aux cordes ou encore de « Moments That Remain » et ses touches de clavier ouatées. Assurément, et cet album le prouve à nouveau, ce registre néo-classique n’a rien à gagner à aller vers la surenchère et la facilité.

****

21 juin 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Alex Kozobolis: « Somewhere Else »

C’est du côté de Londres qu’il faudra aller pour trouver l’un des plus beaux albums solo piano du moment. Il est signé du compositeur et artiste multimédia Alex Kozobolis.
Vidéaste, photographe et donc aussi pianiste à ses heures, le garçon compose des musiques instrumentales, seul au piano. Son deuxième album,
Somewhere Else, fait suite à un premier très remarqué paru en 2016.


Un album présenté par l’auteur comme un assemblage de souvenirs de lieux, qui fait la part belle à l’improvisation dans des compositions bucoliques, baignées de poésie. Il se dégage de l’ensemble une douceur et une délicatesse dans l’approche qui apporte à l’auditeur un vrai confort et une forme sérénité très agréable. Un album qui s’écoute comme une balade à travers une campagne verdoyante et tranquille sous un ciel bleu azur. Un album totalement apaisant fait de compositions très libres, remplies de poésie et d’intimité.

***1/2

15 juin 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire