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Rob Simonsen: « Rêveries »

Entre deux partitions pour des BO de films, le prolifique compositeur Rob Simonsen sort un premier album solo dominé par le piano. Co-fondateur du collectif d’artistes de Los Angeles, The Echo Society, Rob Simonsen est d’abord un multi-instrumentiste, compositeur de musiques de films (Demain Tout Commence, The Front Runner Captive State, ou encore le remake de Intouchables (The Upside)…
Entre deux BO (il en a sorti
une pléiade), il propose son premier album solo, Rêveries qui, comme son nom l’indique, sera l’occasion de s’offrir un moment de d’évasion, de tranquillité au contact des notes de piano légères.

Influencé sans doute par Claude Debussy et Erik Satie, le Californien d’adoption délivre une suite de titres à la fois légers et profonds qui ne sont pas sans évoquer les compositions du regretté Jóhann Jóhannsson mais aussi de Yann TiersenHauschka, Hildur Guðnadóttir ou Dustin O’Halloran. On y entendra d’abord le piano, mais aussi des sonorités électroniques discrètes ou  encore des cordes qui viennent accompagner les notes délicates de Rob Simonsen. Classique mais bien agréable.

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10 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Lindsey Sterling: « Artemis »

L’anomalie qu’est Lindsey Sterling était de retour avec son cinquième album, Artemis. Son disque précédent était un album de Noël, lancé en 2017. Elle présente des chansons qui amalgament le dubstep, l’EDM et la pop au violon classique, voire celtique par moments. Artemis arrive au début de l’automne comme un vêtement chaud tissé de mailles solides. Les sonorités de la grande prêtresse du violon (et de la danse!) se marient à merveille avec le craquement des feuilles sous les pieds.

Lindsey Stirling a lancé le majestueux « single, «  Underground », sortant aussi le clip où elle incarne Artemis (déesse grecque de la nature, de la chasse et de la lune). Celui-ci a eu 300 000 vues en six heures! Comment un instrument aussi traditionnel dans sa forme peut-il sonner comme un véritable hymne pop? Et le tout, sans paroles? Sa façon d’aborder la musique classique, jamais pompeuse, est vraiment unique. Elle la libère, celle-ci auparavant enfermée dans de vieux manuels, et la sert au peuple, surtout à la jeunesse. Si la divinité Artemis évoque la lune, l’ambiance de l’album, elle, est plutôt solaire. Parlant de ciel, les éléments aériens de l’album font en sorte de bien propulser l’album vers la stratosphère. L’artiste ne lâche jamais sa vitesse de croisière se faisant tantôt avion, tantôt fusée. 

Avec une pochette illustrant un avatar en pixel art qui lui ressemble, Lindsey Stirling sait être à l’affût de ce qui est «tendance», sans toutefois compromettre son identité. Son branding fait partie de ce qui la rend attachante. On sait à qui on a affaire. Cette femme présente à la fois un esprit vif et enfantin, mais en même temps des caractéristiques marquées «d’adulte» – on dirait une vieille âme. Qui aurait cru que cette participante rejetée d’America’s Got Talent puisse continuer de mener une telle carrière?

Deux invitées figurent sur l’album, soit Amy Lee et Elle King, ce qui est vraiment moins intense que sur le précédent Brave Enough (2016), où il y en avait 8 sur 14 titres. Cela rendait l’album vraiment plus pop; Artemis est définitivement plus instrumental et cela le sert bien. « Love goes on and on », avec Amy Lee, attire particulièrement notre oreille. La voix de la chanteuse d’Evanescence se joint merveilleusement au violon, étant habituée à ce type de chanson larmoyante. « The Upside » (avec Elle King), de son côté, frôle l’insipide à cause de la voix; celle-ci est bourrée d’effets et a vraiment trop d’autotune… Cela flirte avec un EDM trop facile, presque digne d’une désagréable liste de lecture de centre d’achats avec boutiques pour ados. C’est aussi un peu discutable de mettre deux fois cette même chanson sur l’album, une avec paroles et l’autre sans.

Le violon étant bien évidemment la vedette de l’album, les beats sont souvent pareils, comme sur cette dernière, ainsi que sur « Guardian » et « Aurora ». C’est un album-volcan, qui est quand même long et répétitif par moments (surtout dans les moments EDM). L’album est malheureusement sans véritable relief, si ce n’est que de sa superbe ouverture et du featuring avec Amy Lee. Ce qui n’empêche pas d’apprécier d’autres chansons comme « Til the Light Goes Out » et « Sleepwalking », où on dénote certaines influences vaguement celtiques. En outre, « Foreverglow »démontre que l’artiste est encore plus multidisciplinaire qu’on pensait en chantant sur cette chanson. Y a-t-il quelque chose que Lindsey Stirling ne peut pas faire? Bref, le monde a besoin de Lindsey Stirling, y compris, peut-être même, de son côté frivole.

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24 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Toby Andersen: « Chasing Shadows »

Toby Andersen a déjà derrière lui une carrière bien remplie, à la fois riche et variée. Il a d’abord connu le succès avec le groupe de disco pop britannique Funkapolitan en 1980 avant de devenir un musicien de studio travaillant pour divers groupes mais aussi pour des commandes pour l’univers de la publicité ou de l’illustration sonore (pour la BBC) dans les années 90 et 2000.
Aujourd’hui,
Toby Andersen s’offre un premier album en mode solo piano, fort plaisant, assez loin de son univers d’origine.

En effet, ici pas question de démonstration de virtuosité, mais plutôt l’envie avec ce Chasing Shadows de proposer des ritournelles simples, faciles à écouter et vite mémorisables qui rappelleront forcément les premiers albums de Yann Tiersen. Un disque rempli de notes de piano virevoltantes, aux allures de musique de film et plutôt riche en émotions ; une jolie parenthèse, légère et bucolique.

***1/2

18 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Leo Svirsky: « River Without Banks »

Bien plus calme et mélodieuse que les œuvres précédentes de Leo Svirsky, River Without Banks a en plus des racines profondes. Pour s’inspirer cette étude charnelle et fluide, le pianiste américain (établi à La Haye) a puisé dans un chapitre de The Tree of Music, un traité sur la philosophie de la musique écrit par le mari de sa feue professeure de piano Irena Orlov, le musicologue russe Genrikh Orlov. En découlent des compositions cérébrales, certes, mais aussi très organiques, dont les atmosphères miroitantes sont pleines d’arpèges, d’échos et de motifs louvoyants.

Avec son usage d’autres instruments (trompette, violoncelle, gong), qui ne dépassent jamais l’autorité majestueuse de son piano, Leo Svirsky montre qu’il maîtrise très bien l’incertitude, dans son acception tant théorique que pratique. Écoutez « Rain, Rivers, Forest, Corn, Wind, Sand, » puis la longue « Strange Lands and People » : bien que différentes, elles expriment la même résonance terriblement humaine. Leo Svirsky a bien trouvé la « vie » de la musique.

***1/2

13 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Jason Lytle: « NYLONANDJUNO »

Il arrive que des artistes s’imposent des contraintes en vue de l’élaboration de leur nouveau projet, parfois par manque de moyens, mais parfois aussi afin de repousser leurs propres limites. Avec Arthur King Presents Jason Lytle: NYLONANDJUNO, Jason Lytle (Grandaddy) propose un album enregistré avec une guitare classique aux cordes de nylon et un synthétiseur Juno.

Il va sans dire que ce nouveau projet n’a rien à voir ou presque avec le reste de l’œuvre de Jason Lytle, que ce soit en solo (il a lancé deux albums sous son véritable nom depuis 2009) ou avec Grandaddy, un des groupes-phares de la scène indie de la fin des années 90 et du début des années 2000. En fait, NYLONANDJUNO est le fruit d’une collaboration entre le musicien originaire de Californie et le collectif artistiqueArthur King, connu pour ses installations immersives combinant musique et arts visuels, en vue d’une exposition à la galerie 98 Orchard Street de New York. Le collectif originaire de Los Angeles a notamment travaillé dans le passé avec des noms tels que Beck, John Cale, Lou Reed, Elliott Smith ou encore Eels.

Au-delà de la particularité de son instrumentation, NYLONANDJUNO s’inscrit dans un registre de musique ambient, avec huit pièces entièrement instrumentales qui vont de la méditation sonore (la planante « Hitch Your Wagon to a Falling Star » en intro) au néo-classique rudimentaire (« Don’t Wanna Be There for all that Stuff », quasi-new age). On se surprend aussi à penser aux trames sonores de plusieurs films de David Lynch, surtout en raison des sonorités particulières du Juno, un synthé analogique conçu dans les années 80 par la compagnie Roland et célèbre pour ses sonorités de basses frottées et ses notes longues jouées en fondu qui imitent le son des vagues.

Il est toujours délicat de juger de ce type d’album sans tenir compte du support visuel censé l’accompagner (difficulté déjà souligner sur Tangerine Reef d’Animal Collective, conçu pour être écouté en même temps qu’un documentaire montrant des récifs coralliens). NYLONANDJUNO se distingue néanmoins par sa capacité à capter notre attention par des accroches mélodiques qui ponctuent la plupart des pièces et qui permettent à Jason Lytle de jouer sur les codes de la musique ambient, mais sans qu’on y perde sa signature sonore.

Cette médaille a deux côtés. D’une part, il est réconfortant de pouvoir s’appuyer sur quelque chose de connu en se retrouvant devant une proposition aussi différente, d’autant plus que Lytle demeure tout un mélodiste. Mais il y a aussi une « manière » Jason Lytle, quelque chose dans le ton dont il n’arrive jamais à se défaire et qui crée une forme de redondance dans son œuvre. C’est le cas sur ses propres albums, mais aussi lorsqu’il collabore à d’autres projets, comme sur l’album Volume 1 du groupe BNQT (incluant des membres de Midlake et Franz Ferdinand), pour lequel il a fourni deux titres qui sonnent exactement comme du… Grandaddy.

Sans être mémorable, NYLONANDJUNO s’avère quand même un ajout intéressant à la discographie de Jason Lytle, lui permettant de renouer avec certaines sonorités électroniques qui ont fait la marque de Grandaddy (par exemple les premiers albums du groupe, et, accessoirement, Last Place lancé en 2017). L’instrumentation minimale donne aussi une couleur particulière au projet, même si une certaine fatigue s’installe au fil des huit pièces, étant donné leur timbre similaire. Sans doute le disque prend-il tout son sens dans le contexte d’une expo, mais la musique arrive presque à se suffire à elle-même, pourvu qu’on accepte son côté uniforme et répétitif.

***1/2

29 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Ecovillage: « Hold My Hand »

Après six albums, Ecovillage (Emil Holmstrom et Peter Wikstrom) considère,qu’aveHold My Hand, il enfin trouvé ce qu’il cherchait. Un voyage an Asie du Sud-Est aurait influencé le duo ce qui se manfeste sur la pochette du disque mais ce nouveau son s’avère, dès la première écoute, délicat à identifier.

Le titre d’ouverture commence sur une guitare douce et des chants d’oiseau comme si ces deux seuls éléments étaient suffisants pour se distinguer. Mais, au fur et à mesure que le décor se dévoile, de nombreux invités apportent leurs effluves au mix au point d’aboutir aux frontières de la compsotions moderne. Le piano ert les cordes de la chanson-titre sont les premiers signes de ce confort calculé, la phrase en leitmotiv reprenant le titre de l’album ayant alors une fonction protectrice et attendrissante.

Le timbre va devenir plus profond sur « Heaven In Your Eyes » quand un violoncelle et un piano interviennent subrepticement, donnant à l’auditeur l’impression qu’aucun danger ne le guette.  « Fields » va augmenter le volume et permettre depourquivre sa rêverie. C’est alors que la trompette de Kryshe va nous amner à un niveau encore plus élévé avec un « Sacrificial Love » où l’électronique le dispute à l’organique , le réel à l’imaginaire, le sacré au profane. Des carillons feront, par moments, retentir des tonalités asiaatique laint ainsi fond et forme, décor et émotion.

Avec « Novus Lux » l’album va prendre une nouvelle vie au moyen d’effets stéréo tet bruits de grillons envahissant le paysage sonore. Puis, une paix profonde va s’installer, comme un brouillard s’apesantissant sur l’auditeur et, pour rester dans le domaine asiatique, la répétition des carillons sear alors évocatrice de ce que peut être un templs personnel.

L’apparition de la harpe sur le dernier morceau ne pourra alors que suggérer le survol d’anges vêtus de leurs atours sur terre et se tenant les mains. «  Sometimes I Hear Your Voice » implique en effet la possisbilité d’une vie au-dalà de celle-ci, une existance où la paix déborde de son lit pour nous submerger. Si on en est suffisamment imprégné, ce surplus de tranquilité va mprégner notre monde ; Ecovillage suggère que nous ne devoans pas vivre avec la peur du trépas et que, même si nous avons fait nos adieus, ceux que nous avons quittés connaiessent notre coeur, notre âme, nos regrets et savent que le Paradis n’est pas, si on considère cette oeuvre, perdu.

***1/2

21 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

Joep Beving: « Henosis »

Joep Beving est un musicien hollandais dont Henosis constitue le quatrième albume. Son univers est avant tout onirique, à la fois poétique et sombre, le tout imprégné de fascination pour le merveilleux

Pour ce faire, grande place est sonnée aux mélodies et harmonies avec, pour oblectif, nous plonger dans un bain où l’imaginaire cinématographique, celui du cinéma muet des années 30, peut se déployer à foison (« Orvonton » ou « Sol Adn Luna »).

Henosis est un double album instrumental avec une belle part donnée aux cordes et une electronica dont les sonorités sont aussi ample que le spectre chisi. Entre néo classique et musique ambient on appréciera ce registre fourmillant d’inventivité et de créativité.

***1/2

17 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Rob Burger: « The Grid »

Voilà un disque qui rappellera les errances du groupe comme Arandel, dans l’esprit comme dans la forme. On est, en effet, face à un album voyageur, unique dans le style. Alliant composition néo classique, utilisations de synthés en plages brumeuses, piano triste et ambiance de paysage extra terrestre.

Un opus foutraque mais de bon goût, un disque qui se permet de partir dans tout les sens malgré un fil rouge qui permet d’amples largesses. Mais avant tout un disque univers dans lequel on plonge et replonge bien volontiers, ne serait ce parce qu’aujourd’hui, rien ne sonne comme la musique de Rob Burger.: « The Grid »

***1/2

13 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Ava: « Waves »

Ava est un jeune duo féminin basé à mi-chemin entre l’Irlande et l’Allemagne. Composé de l’Allemande Anna Phoebe (violon) et de l’Irlandaise Aisling Brouwer (piano), elles sont du genre à captiver l’auditeur avec leur musique néo-classique instrumentale comme le prouve leur premier album nommé Waves.

Composé de 10 titres, Ava puise leurs forces vers des influences cinématographiques. Sans aucune fioriture et aucun artifice, le duo européen arrive à fournir un panel d’émotions à travers ces arrangements qui ont de quoi rappeler les bandes-originales de Hans Zimmer (d’une part parce que la pianiste Aisling a composé des bandes sons pour BBC et Channel 4).

Le jeu entre piano et violon sera à son apogée avec des morceaux allant de « In Motion » à « Deep Blue » en passant par les touchants « Voyager », « Resistance » et « Into The Deep » où l’on voit défiler une multitude de paysages. Ava se fait une place sur la scène néo-classique avec un premier album résolument cinématographique et fort en sensations auditives.

***1/2

12 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Trash Kit: « Horizon »

Il y a deux mois de cela, Rachel Aggs et son acolyte Eilidh Rodgers avaient fait leur retour avec un second album nommé Run Around The Sun. Ne comptant pas s’arrêter là car elle ressuscite son autre groupe Trash Kit et sort, sous ce patronyme, nouvel opus intitulé Horizon.

On retrouvera ce qui a fait le succèsson succès au travers de ce post-punk festif teinté de couleurs zimbabwéennes déjà explorées quatre années et demi plus tôt. Avec Gill Partington (basse) et Rachel Horwood (batterie, chant), Trash Kit remet les pendules à l’heure à travers des compositions toujours aussi entraînantes comme « Coasting » qui ouvre le bal mais également « Dislocate » et « See Through ».

À grand renfort de textes qui combattent la morosité et les doutes, le trio arreindra un zénith avec des arrangements plus poussées comme l’apparition d’une violoncelle, de piano ou de cuivres notamment sur les enlevés « Every Second » et « Traffic Lights ». Horizon est aussi leur disque regroupant un panel d’émotions que ce soit sur l’instrumental hypnotique, le bien-nommé « Disco » mais également sur « Bed » et sa reprise plus enivrante. Leur post-punk afro ne fait jamais défaut et nous entraîne jusqu’à la fin avec le plus aérien « Window » qui clôt ce Horizon de la plus belle des manières.

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9 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire