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Overgrass: « KIlling Time »

Overgrass est un groupe suisse qui puise dans des influences qui vont des Beatles à Supergrass avec une touche d’Oasis. Pour dernier leur album Killing Time paru récemment, ils ont eu la riche idée d’aller en Alsace enregistrer dans le studio White Bat Records pour faire appel aux services de Rémi Gettliffe, réalisateur des albums des Last Train. Celui-ci a mis en valeur les talents d’écriture du quatuor helvète.. Dès l’ouverture, « Feel Alive Pt. 1 & 2 » installe l’ambiance d’abord electro puis garage : le son est vivant tant on a l’impression d’être avec eux. Overgrass balance ses influences, la nonchalance d’Oasis, les rythmiques et les mélodies rappelant Supergrass. Ca sonne et donne envie de dodeliner de la tête comme il se doit.

« Killing Time », la chanson-titre, est à elle seule une sorte de lettre d’amour à la britpop : Overgrass fait dans le simple et direct usant d’une guitare, une voix, une basse, une batterie. Les arrangements sont simples. C’est ce côté épuré qui fait tout le charme de l’album. Cette économie de moyens pousse le quatuor à travailler les mélodies et le plan des chansons, sans jamais être poseur ou prétentieux : c’est juste joliment fait, sans en faire trop. Tout le talent d’Overgrass réside dans ce juste équilibre. « My Life » reprend les mêmes codes, tandis que « I Need You » monte le ton et le son et devient plus rugueux à la manière d’Oasis. « Dancing Together » se danse avec une bière à la main et Overgrass se fait plus cajôleur avec « The Day We Met ». Pour « Emphasis », titre purement instrumental, Rémi Gettliffe apporte sa touche au synthétiseur et cela me rappelle certaines plage du Low de Bowie. « Take Me Away » est une fausse ballade qui commence acoustique avant de se rebrancher à l’électricité. « Give A Little Thing To Love » au rythme chaloupé et au son gras est un vrai titre de concert tout comme, au dernier titre, un « Won’t Let Her Go » dont la légèreté joyeuse est destinée à la foule dansante qui aurait l’idée d’aller les voir en concert.

***1/2

3 décembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Liam Gallagher: « Why Me? (Why Not) »

Après le succès (inattendu) de son premier disque solo (As You Were – 2017), Liam Gallagher remet le couvert, gonflé à bloc, avec Why Me ? Why Not.
Liam Gallagher est en tête d’affiche des festivals européens, vend des disques à la pelle et soigne sa voix. En 1996, en pleine Oasismania, il avait décidé, sur un coup de tête, d’annuler une tournée américaine sold out. En 2000, il gâchait le rêve de son frangin en arrivant totalement éméché sur la scène de Wembley pour leur second concert dans le plus grand stade de Londres. Bref, il n’y avait pas un mois voire une semaine sans que Junior flingue la carrière du groupe. Et puis… Le temps passe et les gens changent un peu. Forcé de se lancer solo après la fin d’Oasis et le manque de succès de Beady Eye, Liam Gallagher a le vent en poupe et fait tout pour le maintenir. Why Me ? Why Not reprend les choses là où As You Were les avait laissées. Liam Gallagher reste le même et est toujours obsédé par les mêmes choses : les parkas, Adidas, John Lennon et son frère. Noel, dont il est question dans « One of Us », devrait même lui permettre de décrocher un tube. Alors que le dernier single de Noel a autant de succès que le dernier Shed Seven.

Why Me ? Why Not affine le tir par rapport à son prédécesseur et fait mouche sur quasiment toutes les chansons. On oubliera peut-être les deux derniers titres. Le reste de la troupe est bon pour le service. « Now That I’ve Found You » devrait réveiller tous les fans d’Oasis endormis depuis 1996 et Meadow devrait faire plaisir aux partisans de George Harrison. Co-écrit par Greg Kurstin et Andrew Wyatt, l’album devrait faire des ravages au Royaume-Uni et en Europe.
Alors que tous les autres groupes des 90 font la tournée des foires au saucisson du Yorkshire,
Liam Gallagher nage encore cent coudées au dessus des autres. Comme au bon vieux temps… Et même « Shockwave » et « Once » ont été mis de côté, il restera encore matière à tubes avec « Be Still « et « Halo »

***1/2

15 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Jade Bird: « Jade Bird »

Il sera malaisé de cataloguer cette jeune auteure compositrice si ce n’est l’apparenter àa la nouvelle sphère britpop. Produit par Simon Felice et David Baron, qui semblent lui avoir majoritairement laissé carte blanche, on notera très vte la qualité de leur travail discret à travers des morceaux comme « My Motto » ou « Ruin »s, dans lesquels les instruments à corde accompagnent l’artiste en arrière plan, pour complètement laisser place à sa voix seule sur d’autres titres comme pour la poser sur un piédestal lumineux.

Alternant entre douces mélodies et explosions vocales (« Love Has All Been Done Before », « I Get No Joy »), entre refrains colériques et réflexions calmes sur les relations amoureuses et la découverte de soi (« Does Anybody Know »), Jane Bird fait déjà preuve d’une assurance surprenante pour ses 21 printemps.

Jade Bird afait pourtant déjà parler d’elle de l’autre côté de la Manche puisque, après avoir assuré la première partie d’Hozier, de Father John Misty, de Brandi Carlile et de First Aid Kit, cette fan de Bruce Springsteen se lance en solo pour une tournée en Angleterre et aux Etats-Unis. On remarquera à cet égard que son album rassemble les influences de tous ces artistes réunis.

Résolument country, le timbre de voix de la jeune femme n’est pas sans rappeler celui de la tout aussi talentueuse Amy McDonald. Une voix versatile, qui se veut à la fois réservée, calme et limpide sur les balades, mais aussi puissante, énervée, piquante comme du papier de verre sur les morceaux plus rock. 

Si le thème de ses chansons semble avoir été visité des centaines de fois (la réalisation soudaine qu’un couple n’est pas toujours ce qu’il semble être), la chanteuse a au moins le mérite d’attirer l’attention par son énergie destructrice et ses paroles ponctuées d’un humour sans borne, presque insolent.

Si cet album éponyme surprend, c’est aussi parce qu’il est difficile de mettre une étiquette dessus. Pop-Folk ? Country ? Acoustique ? Sur certains titres, l’auditeur se laisse porter par une douce introduction avant d’être catapulté dans une bagarre de salon, des fenêtres qui se brisent et des chaises qui fracassent le sol.

Bird a compris comment jongler entre savant mélange de solos acoustiques et refrains furieusement rock’n’roll et, par conséquent,proposer de quoi séduire tout le monde. Ne lui restera plus qu’à continuer sur une voie qui lui soit propre.

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21 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Picturebox: « Escapes »

Si l’on excepte la scène psyché-prog qui fit sa renommée dans les années 60-70, la ville de Canterbury reste bien plus célèbre pour sa cathédrale et pour son architecture médiévale que pour l’excellence de sa production musicale. Avec Picturebox, la petite cité du Kent abrite pourtant l’un des joyaux méconnus de la couronne pop britannique. Construit autour du songwriter Robert Halcrow, Picturebox est l’un de ces « super-groupes » crypto-pops comme les Anglais,en sont friands. L’ex-Hefner Jack Hayter (au violon sur « The Vicar’s Dog) » ou l’incontournable Ian Button (Papernut Cambridge, Deep Cut, Go-Kart Mozart), en sont des figures et ils apparaissent ainsi au somptueux générique de ce nouvel album.

Auteur un peu plus tôt cette année d’un excellent disque dans l’esprit des Kinks et de XTC avec District Repair Depot, le duo qu’il forme avec le comédien Stephen Evans, Robert Halcrow est un artisan pop à la plume fantasque. Ses chansons, qui exploitent le même filon que celles de Squeeze ou de Martin Newell, rappellent aussi par endroits le Blur du milieu des 90’s.

Résolument centrées sur un idyllique « village green » , les vignettes lo-fi de Picturebox évoquent l’ambiance désuète des tournois de cricket et les promenades dans la campagne verdoyante. En versant quelques gouttes de substances hallucinogènes dans le traditionnel thé de cinq heures Escapes concocte ici un breuvage qui conviendra à tous les amateurs de ladite chose.

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14 novembre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire