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PCM : »Attraverso »

Trio formé de musiciens italiens dont les initiales composent le nom du groupe, PCM propose, ici, un album d’ambient qui s’inscrit dans la continuité du genre mais en se faisant arythmique et loin de l’electronica-shoegaze enlevée que cette structure affectionne régulièrement. Avec leurs quatre longs morceaux (plus de sept minutes de moyenne), les Milanais font, avec assurance, le choix d’installer progressivement leur propos, dans une formule assez traditionnelle, passant par la superposition graduelle de nappes de guitares et de synthé (le morceau-titre) ou bien par l’introduction de quelques touches éparses, plus ou moins mélodiques, constituant, de proche en proche, une forme de continuum (« Atraves », « Par »).

Dans ce contexte, les compositions de PCM ressortissent autant du champ ambient que d’une forme plus « futuriste », façon illustration de voyage spatial, avec effets amples et incitant à se croire au milieu d’une immensité sans fond, ni horizon. Ceux-ci peuvent aussi se parer de saturations et grésillements, venant alors donner un peu de corps à un ensemble qui pouvait commencer à se faire trop évanescent (« Durch »).

Bien articulées avec des traits mélodiques plus identifiés, ces caractéristiques témoignent de la richesse de la rencontre d’un musicien ambient (Francesco Perra), d’un producteur et compositeur (Matteo Cantaluppi) et d’un ingénieur du son (Matteo Milea). La guitare de Perra sait aussi se placer au premier plan, chargée de poser des arpèges alanguis sur des textures faites de souffles et de « vents électroniques » conduisant joliment au bout de ce court voyage.

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4 décembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Anne Müller: « Heliopause »

Après des années de collaborations fécondes avec Agnes Obel, Nils Frahm, Ólafur Arnalds et combien d’autres, la violoncelliste allemande Anne Müller fait pour la première fois œuvre seule, et pas seulement en partie : entièrement. Piano, violoncelle, arrangements, tout est d’elle — et même le titre, du nom de la frontière entre le puissant vent solaire et l’espace interstellaire où les tensions doivent supposément se résoudre, est en phase avec ce retranchement soudain.

Heliopause incarne ainsi un voyage qu’on dira initiatique : avec ses glissandos de cordes raides, ses voix humaines comme des apparitions, son contrepoint et ses arpèges venteux, ses variations au violoncelle (robuste « Solo ? Repeat ! ») et son concert d’irradiations, la fracture est évidente. Le monde nouveau où se trouve Anne Müller, bien qu’indéfini, est terriblement présent. On pourra lui trouver une certaine austérité rationnelle, mais ce premier album reste d’une maîtrise absolue et emmène en apesanteur, là où tout reste à réinterpréter, même soi.

***1/2

29 novembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Introversion: « The Point Of No Return »

Ce nouveau disque d’Introversion est le meilleur remède pour rse remettre des trips hallucinogènes. Derrière ce nom, rien, car on ne sait trop rien, artiste solo ou collectif, groupe, et finalement peu importe, l’identité du compositeur s’efface toujours devant la musique.
Un album parmi une discographie prolifique (plusieurs albums sortis par an), le dernier en fait, mais également un bon point de départ, ou introductif à une série d’albums plus qu’intéressant.

Tantôt contemplatif, tantôt mélancolique, les amateurs d’ambient et de drones sont en terrain connu.  Une musique d’ou émerge de la lumière, bien qu’elle soit, souvent masqué, dissimuler derrière quelques voiles, quelques brumes. J’ai le sentiment à l’écoute d’essayer d’attraper un fantôme, on le voit, mais les mains passent désespérément à travers. Çà vous murmure des choses à la limite de votre conscience, ça vous évoque l’amour perdue, la violence parfois. 
C’est tout ça, et bien plus encore, c’est brumeux, humide, tout en nuance de gris, mais surtout, jamais ennuyeux ni répétitif, et ça  à le bon gout de  ne pas traîner en longueur pour ne  pas gâcher le plaisir. C’est, par conséquent, hautement recommandé.

***1/2

12 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Merz, Laraaji, Shahzad Ismaily: « Dreams of Sleep and Wakes of Sound »

Merz, Laraaji, Shahzad Ismaily réunis pour un projet en forme de voyage entre spiritualité et ère post-industrielle. A l’origine de ce projet, il y a Conrad Lambert, alias Merz. Il décide de s’appuyer sur le genre mythique « industrial-devotional », qui combine l’idée d’une musique spirituelle à celle du travail dans l’industrie; une sorte de musique de dévotion pour l’ère post-industrielle.
En résidence au centre culturel Dampfzentrale de Berne, en Suisse, Merz décide alors d’explorer cette idée pour un spectacle vivant, en compagnie du musicien pakistano-américain Shahzad Ismaily et de Laraaji, joueur de cithare, pionnier de la musique ambient.

Cet association donne un album aussi étrange que singulier où les sons et les effets divers imaginés par Shahzad Ismaily se mêlent aux notes de guitare de Merz et à l’autoharp électrifiée de Laraaji. L’ensemble, qui laisse une grande place à l’improvisation, évolue sans cesse entre morceaux plus ou moins durs, plus ou moins bucoliques ou mystiques, évoquant certaines musiques expérimentales et psychédéliques des années 70. À expérimenter.

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3 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Efrim Manuel Menuck & Kevin Doria: « are SING, SINCK, SING »

Le second album d’Efrim Manuel Menuck intitulé Pissing Stars avait, peu ou prou, été mis en valeur. Le membre de Godspeed You! Black Emperor et de Silver Mount Zion avait exploré son talent jusqu’ici inexploité. Il ne compte pas se reposer sur ses lauriers cependant car le voilà qu’il revient avec un album collaboratif en compagnie de Kevin Doria, tête pensante de Total Life intitulé are SING, SINCK, SING.

Le « superduo » s’est envolé au Mexique pour mettre en boîte cinq morceaux à mi-chemin entre ambient, drone et folk psychédélique pour un contenu aussi bien musical et politique. Résolument engagé, Efrim Manuel Menuck & Kevin Doria arrivent à balancer leurs messages que ce soit l’introduction hypnotique de huit minutes nommée « Do the Police Embrace? » riches en loops électroniques menaçants ou encore « Fight the Good Fight » et « We Will » qui sont placés sous le signe de la persévérance.

are SING SINCK, SING arrive à distiller ces influences musicales pour une écoute plus que religieuse. Avec des titres magnétiques comme « A Humming Void an Emptied Place » et les hommages à l’héritage juif d’Efrim Manuel Menuck du somptueux « Joy Is on Her Mount and Death Is on Her Side », l’album entre les deux artistes arrive à nous emporter au loin et à faire revivre et entrer dans leurs univers respectifs.

***1/2

21 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire